Sur les traces de Jacques Cartier : le premier voyage (1/3)

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Après tant de voyages à travers le monde, vous souhaitez changer de dimension ? Les grandes expéditions sont faites pour vous ! Découvrez une aventure française, celle de Jacques Cartier sur les terres (jadis) inconnues du Canada.

Tout débute lorsqu’un marin génois, nommé Christophe Colomb, découvre le continent américain pour le compte de la couronne d’Espagne. Dès lors, un véritable contre-la-montre vers le Nouveau Monde et ses richesses se lance. Si le sud est revenu aux Espagnols et Portugais, la France elle, suit le pas, mais au Nord. Vers l’un des pays les plus visités de nos jours : le Canada.

Cette aventure du Royaume de France commence en 1534, lorsque le roi François Ier donne le feu vert à un navigateur malouin : un certain Jacques Cartier. Generation Voyage vous propose d’embarquer sur les traces du célèbre navigateur breton, en suivant le parcours de son tout premier voyage.

Le rêve asiatique

On le disait donc, la découverte de l’Amérique en 1492 donne envie aux différents royaumes européens de partir à la conquête du Nouveau-Monde. Tous cherchent alors un moyen de rallier l’Asie par la mer, en prenant la direction de l’Ouest, pour mettre la main sur les richesses asiatiques.

Néanmoins, les royaumes ibériques comprennent vite que Christophe Colomb n’a pas jeté l’encre dans les Indes, mais sur un continent inconnu. Grande perdante des premières conquêtes, la France veut elle aussi se lancer. Contrairement aux voisins du sud, le royaume de France prend la direction du Nord. Mais comment a-t-elle su qu’au Nord, des terres l’attendaient bel et bien ?

Jacques Cartier & François Ier

Crédits photo : Shutterstock – Morphart Creation | Wikipédia – Oakenchips

Il se trouve qu’un secret fut longtemps gardé par les pêcheurs européens. Loin, très loin des côtes du Vieux Continent, une terre et son littoral ont été aperçus. Il s’agit de Terre Neuve. Là-bas, les pêcheurs européens y découvrent un banc de morue stupéfiant. Ce secret, Jacques Cartier le connaît, puisqu’il y a tout simplement navigué, lorsque ce dernier accompagnait son père. Plus grand, Cartier prend son envol et part de nouveau au large de l’Atlantique, vers le Brésil, puis vers l’Afrique. De quoi lui tailler une réputation dans sa ville natale : Saint-Malo.

Du côté de la capitale, François Ier s’insurge contre le Traité de Tordesillas. Mais le monarque n’en a pas fini avec le défi des Indes, et compte bien conquérir de nouvelles terres pour se frayer un chemin vers l’Asie. En 1524, il confie à un Florentin, Giovanni da Verrazzano, de naviguer vers le Nouveau Monde. Si le navigateur trouve l’Amérique, il ne parvient à se frayer un passage vers l’Asie. Cependant François Ier n’abandonne pas l’idée de trouver cette fameuse voie.

En 1534, l’abbé du Mont-Saint-Michel lui présente Jacques Cartier. Après avoir vanté ses mérites, le navigateur parvient à convaincre François Ier, aveuglé par la promesse de ramener de l’or. Ainsi débute, le 20 avril 1534, le voyage de Jacques Cartier vers l’Amérique.

Le plongeon dans le détroit de Belle-Isle et l’arrivée en Gaspésie

Notre voyage, en ce qui nous concerne, commence à Terre-Neuve. Un paysage naturel exceptionnel, où la Terre se fait rare mais où la mer est omniprésente. Comme si nous venions de trouver le bout du monde. Un sentiment contraire à celui ressenti par Jacques Cartier, pour qui la vue de la côte est synonyme d’arrivée dans le Nouveau Monde, après vingt jours de navigation.

Paysage de Terre Neuve

Crédit photo : Shutterstock – rustycanuck

Ce n’est pourtant pas une pure découverte, puisqu’il s’agit du fameux littoral propice à la pêche. D’ailleurs, Cartier y croise un bateau venu de La Rochelle afin d’y pêcher de la morue. C’est d’ailleurs le dernier contact européen connu du navigateur et son équipage, jusqu’à leur retour. À l’instar de Jacques Cartier, continuons notre chemin vers le nord de l’île. En effet, lors de son voyage, Cartier décide de longer Terre Neuve par le nord. Un choix qui va porter ses hommes vers une embouchure, celle du fleuve Saint-Laurent. Bienvenue dans le détroit de Belle-Isle.

Le paysage est magnifique, à la fois simple et immense. C’est ici que Jacques Cartier entre véritablement dans l’inconnu. Il y aperçoit même de nouveaux animaux, comme des ours polaires, des morses ou encore des grands pingouins (espèce éteinte de nos jours). Pour nous, apercevoir cette faune serait un vrai miracle.

Néanmoins, la vue de l’embouchure reste un spectacle grandiose. Il est à l’image du Canada : tout y est plus grand, plus impressionnant.

Sur les traces de Jacques Cartier : Terre Neuve et Belle Île

Crédits photo : Shutterstock – Pi-Lens | oksana.perkins

Si le début de cette aventure est déjà magnifique, la suite n’en sera que plus belle. Il est temps de suivre l’embouchure et de plonger dans le fleuve. Désormais, la terre se fait de plus en plus présente. Et après avoir passé l’île d’Anticosti, le continent américain s’offre à nous, de la même manière qu’il s’est offert à Jacques Cartier, cinq siècles auparavant.

La première côte que l’on aperçoit est celle des Îles de la Madeleine, que jadis Cartier contourne pour se diriger vers l’Île-du-Prince-Édouard. Situées l’une face à l’autre, ces îles se ressemblent et sont facilement reconnaissables, grâce à leur sable et leur roche de couleur ocre, offrant un panorama coloré sans pareil. Là où le bleu venu de l’Atlantique prédomine. Prenons le temps d’admirer ces terres, de les regarder avec nos yeux, sans appareil.

Nous nous trouvons dans l’un des plus beaux endroits de notre planète. Un endroit à la fois sauvage, électrique car rempli d’Histoire, mais également apaisant.

Le rouge des Îles de la Madeleine et de l'Île du Prince Edouard

Crédits photo : Shutterstock – Richard Cavalleri | Vadim.Petrov

Ce temps, Jacques Cartier lui ne le prend pas, et continue à s’enfoncer dans le Golfe du Saint-Laurent. Suffisamment pour entrer dans une échancrure : la Baie des Chaleurs. Bienvenue en Gaspésie. L’environnement peut rappeler les plages normandes et britanniques, puisque l’eau se jette frontalement sur des énormes falaises, donnant l’impression que la terre s’y est stoppée net.

À côté d’une telle prouesse, impossible de ne pas se sentir minuscule. Pourtant, rien de tout ça n’est suffisant pour effrayer notre navigateur, qui met le cap sur les terres.

Baie des Chaleurs

Crédit photo : Shutterstock – Colin Woods

La rencontre avec les Amérindiens

Dès leur arrivée sur la terre ferme, les Français tombent nez à nez avec les Micmacs, un peuple autochtone. Les deux ethnies n’hésitent pas à faire du commerce, en bons termes, jusqu’à ce que Jacques Cartier n’y dépose une énorme croix de granit, sur laquelle est inscrite « Vive le roy de France ! » .

Croix de Granite, similiare à celle plantée par Jacques Cartier

Crédit photo : Shutterstock – De meunierd

Car oui, Cartier cherche l’Asie et des richesses, mais il compte bien coloniser ces nouvelles terres. Plus tard, une autre tribu, les Iroquois, devine l’intention du Malouin. Mais un mensonge (à savoir qu’il s’agirait d’un repère) suffit à apaiser les relations. Si aujourd’hui la croix n’existe plus, elle a été reproduite à l’identique et installée au même endroit, à Gaspé.

Quant aux Micmacs, ils vivent encore en Gaspésie. Leurs réserves (dont certaines peuvent d’ailleurs être visitées) permettent de ressentir la fascination éprouvée par nos aïeux occitdentaux, devant une culture complètement inédite, loin des coutumes européennes. Toutefois, la fascination est partagée. En effet, les Amérindiens (et particulièrement le chef Iroquois, Donnacona) tombent sous le charme de la gente féminine européenne présente sur le navire. À tel point que Micmacs et Iroquois demandent à la bande de Cartier de les marchander…

Rencontre entre Jacques Cartier et Donnacona

Crédit photo : Wikipédia – GreenC

Notre navigateur porte lui aussi un intérêt à la culture amérindienne et ses différentes tribus. Mais ses intentions ne sont pas des plus pacifiques… Ainsi, le Breton convie les autochtones à une grand fête et en profite pour trahir la confiance établie entre les deux peuples, en enlevant deux jeunes Iroquois !

L’un d’entre-eux n’est nul autre que le fils du chef Donnacona. Les Français reprennent le large et rentrent sur le Vieux Continent. Mais Jacques Cartier ne compte pas s’arrêter là et a une idée derrière la tête…

Pour la découvrir, rendez-vous dans l’épisode 2, où nous partirons sur les traces du deuxième voyage de Jacques Cartier. À très vite !

Poursuivez l’aventure sur les traces de Jacques Cartier avec l’épisode 2

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