Tokyo ou Kyoto : quelle ville japonaise choisir pour votre séjour ?

avatar
Réservez vos activités au Japon Voir les offres

Tokyo ou Kyoto ? C’est souvent la première question qu’on se pose quand on prépare un voyage au Japon. Et ce n’est pas une question anodine, parce que les deux villes incarnent deux versions radicalement différentes du pays. L’une pulse 24h/24, l’autre cultive le silence et le patrimoine. Beaucoup de voyageurs font les deux, et c’est souvent la bonne décision. Mais si le temps est compté, il faut choisir avec méthode. On arbitre critère par critère, sans ménagement.

Deux villes, deux Japon

Temple Sensoji à Asakusa, Tokyo, Japon

Shutterstock – Phattana Stock

Tokyo rassemble près de 14 millions d’habitants dans les limites administratives de la métropole. Ce chiffre dépasse les 37 millions si on compte l’agglomération réelle que vous allez traverser et ressentir. Kyoto en compte 1,5 million et a été la capitale impériale pendant plus de 1 000 ans, de 794 à 1868. L’une avance à pleine vitesse, l’autre a choisi de préserver ce que le temps avait construit.

Ce ne sont pas deux versions du même Japon : ce sont deux pays dans un même pays. Comprendre la différence entre Tokyo et Kyoto avant de partir, c’est déjà faire la moitié du chemin pour choisir la bonne destination, ou la bonne répartition de votre séjour.

L’ambiance et le rythme

Le célèbre carrefour de Shibuya à Tokyo

Shutterstock – Sean Pavone

À Tokyo, l’immersion est immédiate et sans transition. Le carrefour de Shibuya voit passer 2 500 piétons à chaque feu rouge. Les néons de Shinjuku restent allumés toute la nuit. Le train JR Yamanote boucle les quartiers principaux toutes les 3 à 4 min. L’énergie n’est pas fabriquée pour les touristes : elle est structurelle, permanente, et elle ne ralentit pas. C’est un avantage si vous aimez le mouvement, un inconvénient si vous cherchez à souffler.

À Kyoto, le rythme change dès la sortie de gare. Pas de tours qui écrasent le ciel, des vélos, des bus, des ruelles pavées. Le quartier de Gion tôt le matin, avant l’arrivée des groupes, donne une idée de ce que la ville peut offrir quand on lui laisse le temps. Attention cependant : en haute saison, printemps et automne, période des cerisiers en fleurs notamment, les sites touristiques du centre sont très fréquentés. La sérénité se mérite, elle n’est pas garantie par défaut.

Notre recommandation : si vous n’avez jamais mis les pieds au Japon et que votre séjour dure moins de 10 jours, Tokyo produit le choc culturel le plus fort. Kyoto laisse une empreinte différente, plus durable. L’ancienne cité impériale convient mieux à un retour au Japon ou à un séjour plus long.

Les sites et la culture

Akihabara

Crédit Photo : Shutterstock / Sean Pavone

Tokyo n’est pas une ville sans histoire. Le temple Senso-ji à Asakusa est le plus ancien de la capitale. Le sanctuaire Meiji se niche dans une forêt de 70 ha en plein centre-ville. Les jardins du palais impérial offrent une respiration verte inattendue au cœur de la métropole. Mais l’identité culturelle de Tokyo se joue autant dans son présent que dans son passé : teamLab Planets à Toyosu pour l’art numérique immersif, Akihabara pour les mangas et l’électronique, Harajuku pour la mode de rue. Tradition et modernité cohabitent sans hiérarchie.

Kyoto joue dans une autre catégorie sur le terrain du patrimoine. La ville recense plus de 1 600 temples bouddhistes et 400 sanctuaires shinto. Fushimi Inari Taisha et ses milliers de torii vermillon sur le mont Inari demandent entre 2h30 et 3h30 pour atteindre le sommet, selon votre rythme, sur un sentier de montagne qui mérite des chaussures adaptées. Kinkaku-ji voit ses deux étages supérieurs recouverts de feuilles d’or véritable. Le pavillon actuel est une reconstruction de 1955, après l’incendie criminel de 1950, mais l’effet reste saisissant.

Kiyomizu-dera tient sur une structure de pilotis en bois assemblés selon des techniques traditionnelles qui minimisent l’usage des clous, classé au patrimoine mondial de l’Unesco. À Gion, les maisons de thé du XVIIe siècle sont toujours en activité. Pour voir le Japon traditionnel dans sa profondeur, Kyoto n’a pas de concurrent sérieux. Tokyo rattrape le match côté culture contemporaine, mais pas sur le terrain du patrimoine historique.

La gastronomie

Yakitori

Crédit photo : Shutterstock – norikko

Tokyo détient le plus grand nombre de restaurants étoilés Michelin au monde. La capitale totalise plus de 200 établissements distingués dont une douzaine de trois étoiles. Mais l’intérêt gastronomique de la ville ne se résume pas aux tables haut de gamme. Les comptoirs à ramen de gare, les yakitori grillés à Omoide Yokocho dans Shinjuku, les izakaya d’Ebisu, les sushis du marché extérieur de Tsukiji : entre 1 000 et 1 500 yens suffisent pour un repas simple de qualité.

Notez que le marché intérieur de Tsukiji, celui des enchères au thon qui avait fait la réputation du lieu, a déménagé à Toyosu en 2018. Ce qui reste sur place est un marché extérieur transformé en attraction touristique, avec des prix en conséquence. Le vrai atout de Tokyo sur le plan de la gastronomie japonaise, c’est la diversité. Toutes les cuisines régionales du Japon sont représentées en un seul endroit.

Kyoto joue une partition plus resserrée, mais plus identitaire. La cuisine kaiseki, repas multi-plats qui suit les saisons, est née ici. Prévoyez minimum 8 000 à 15 000 yens par personne pour une expérience complète, et pensez à réserver à l’avance. Le yudofu, tofu en bouillon chaud, est une autre spécialité locale, simple et précis. La rue Nishiki, marché couvert de 400 m avec plus de 100 étals de produits locaux, mérite une heure de visite. Les poulpes farcis à l’œuf de caille, les cornichons au miso et les brochettes de tofu frit donnent une lecture directe de la cuisine de Kyoto sans réserver ni dépenser beaucoup. La ruelle Pontocho, le long de la rivière Kamo, concentre des restaurants dans un cadre de lanternes qui renforce l’expérience.

Sur la diversité et l’accessibilité, Tokyo l’emporte. Sur l’identité culinaire et la profondeur, Kyoto prend l’avantage.

Les transports et la logistique sur place

Shinkansen en gare de Tokyo

Tokyo dispose d’un des réseaux de métro les plus denses au monde. La ville possède 13 lignes, auxquelles s’ajoutent les lignes JR dont la Yamanote qui relie les quartiers principaux en environ 60 min. La signalétique est en anglais dans les grandes stations. Procurez-vous une IC Card (Suica ou Pasmo) rechargeable dès votre arrivée. Elle fonctionne sur pratiquement tous les transports de la ville et évite de calculer le prix de chaque trajet. Comptez facilement 45 min pour traverser d’un quartier à l’autre : la ville est immense, et c’est une donnée à intégrer dans votre planning.

Kyoto fonctionne différemment. Le métro se limite à 2 lignes, mais le bus municipal couvre l’essentiel des sites touristiques. Le forfait journalier à 700 yens est rentable dès 3 trajets. La ville est plate : c’est une des meilleures destinations du Japon pour le vélo, disponible à la journée pour moins de 1 000 yens chez plusieurs loueurs. Pour la liaison entre les deux villes, le Shinkansen Tokaido fait le trajet en 2h15 pour environ 14 000 yens en classe ordinaire. Ce trajet est couvert par le Japan Rail Pass 7 ou 14 jours si votre itinéraire inclut d’autres étapes. Notez que Kyoto n’a pas d’aéroport international : vous passerez par Tokyo (Narita ou Haneda) ou Osaka (Kansai) pour votre vol.

La vie nocturne

Ruelles étroites illuminées la nuit à Omoide Yokocho, Shinjuku, Tokyo, Japon, novembre 2016

Shutterstock : Uraiwons

À Tokyo, la nuit est une attraction à part entière. Golden Gai à Shinjuku regroupe une centaine de minuscules bars thématiques, 5 à 8 places assises chacun, avec une ambiance impossible à reproduire ailleurs. Sachez que certains de ces bars affichent explicitement des règles sur les non-habitués et font parfois payer des frais d’entrée aux inconnus. Mieux vaut le savoir avant d’y aller pour ne pas repartir déçu. Kabukicho, juste à côté, concentre karaoké, clubs et divertissements jusqu’à l’aube. Shibuya attire les 20 à 30 ans avec ses bars décontractés. Les izakaya restent ouverts jusqu’à 2h ou 3h du matin dans toute la ville. Les rooftops de Roppongi offrent une vue sur la skyline nocturne qui vaut le déplacement. La ville ne s’éteint pas.

À Kyoto, l’ambiance nocturne existe, mais elle joue dans un registre différent. Gion et Higashiyama à la lumière des lanternes ont un charme réel. La ruelle Pontocho est le spot le plus animé du soir. Quelques bars à whisky et à saké dans le quartier Kawaramachi, des concerts de jazz dans des caves de maisons de ville traditionnelles : c’est agréable, mais ce n’est clairement pas une destination pour ceux qui veulent sortir tard. Sur ce critère, notre choix se porte sans hésitation sur Tokyo.

Les excursions depuis chaque ville

Temple Kofukuji, Nara

Crédit photo : Flickr – Fred

Depuis Tokyo, Kamakura s’atteint en 1h de train et se fait en demi-journée ou en journée : Grand Bouddha, temples, côte. Nikko demande 2h et récompense les amateurs de sanctuaires classés Unesco en forêt de montagne. Hakone, à 90 min, mise sur les sources chaudes et une vue sur le mont Fuji, mais cette vue dépend entièrement de la météo : le Fuji n’est visible que par temps dégagé. Ces destinations sont très fréquentées les week-ends, anticipez !

Depuis Kyoto, les excursions sont globalement plus accessibles et plus variées. Nara se rejoint en 45 min : le parc abrite 1 200 cerfs en liberté, et le temple Todai-ji renferme le plus grand Bouddha en bronze du Japon, à 15 m de hauteur. Himeji est à 30 à 45 min en Shinkansen Nozomi ou Hikari, avec le château féodal le mieux conservé du pays, dont la structure visible aujourd’hui date principalement de la reconstruction menée par Ikeda Terumasa entre 1601 et 1609. Osaka n’est qu’à 15 à 20 min et s’intègre facilement dans un séjour basé à Kyoto. Uji, à 30 min, abrite le temple Byodo-in et cultive le thé uji depuis le XIIIe siècle. Il s’agit de la capitale japonaise du matcha, avec une scène artisanale vivante.

La région Kansai forme un triangle facile à explorer sans changer d’hôtel : c’est un avantage concret que Tokyo ne peut pas offrir.

Pour quel profil, quelle ville ?

TeamLab Borderless à Tokyo, Japon

Shutterstock – KenSoftTH

Voyageur solo, premier voyage au Japon, moins de 10 jours : commencez par Tokyo. La ville est plus lisible pour un néophyte et plus facile à naviguer. Elle produit un effet de découverte immédiat qui reste difficile à égaler.

Voyage en couple en quête de calme et d’atmosphère : Kyoto s’impose. Les ryokan, les ruelles de Gion le soir, les jardins zen et les cérémonies du thé créent un cadre que Tokyo ne peut pas reproduire. Le ryokan, d’ailleurs, n’est pas juste un hôtel traditionnel : c’est une expérience en soi, avec tatamis, yukata, bain commun et dîner kaiseki. Les codes sociaux sont précis : horaires rigides pour le dîner et le petit-déjeuner, règles autour du bain commun, futon au sol. Mieux vaut le savoir pour vivre ça comme un plaisir plutôt que comme une source de stress. Comptez entre 15 000 et 30 000 yens par nuit selon le niveau de standing.

Passionné de patrimoine, de culture et de photographie : Kyoto sans hésiter. Fan de pop culture, de shopping, d’urbanisme ou de gastronomie éclectique : Tokyo a une offre sans fond. Famille avec enfants : Tokyo l’emporte sur le divertissement avec teamLab, DisneySea et Odaiba. Budget serré : les deux villes sont comparables sur les dépenses courantes. Comptez 1 000 à 1 500 yens pour un repas simple dans les deux cas, mais Tokyo offre plus d’options dans toutes les gammes de prix.

Peut-on faire les deux ?

Kyoto

Bateaux sur la rivière dans le parc Arashiyama, Kyoto – Crédit photo : Shutterstock – Leela Mei

Oui, et c’est souvent la meilleure option pour un itinéraire au Japon de 12 jours ou plus. La combinaison Tokyo et Kyoto est le squelette de beaucoup d’itinéraires, et elle fonctionne bien. Le Shinkansen entre les deux villes prend 2h15, une liaison rapide et confortable. Le Japan Rail Pass 7 ou 14 jours couvre ce trajet. Il devient pertinent si vous ajoutez d’autres étapes comme Hiroshima, Osaka ou Nara.

Notre recommandation selon la durée de séjour : pour 10 jours, comptez 5 jours à Tokyo et 4 jours à Kyoto. Prévoyez 1 jour pour les transports et les imprévus. Pour 12 jours, 5 jours à Tokyo, 5 à Kyoto, plus une excursion à Nara ou Osaka. Pour 15 jours, 5 à 6 jours à Tokyo, 5 à 6 jours dans la région Kansai avec les excursions.

Sur l’ordre, les deux sens fonctionnent. Commencer par Tokyo donne le ton d’entrée, commencer par Kyoto permet de ralentir dès l’arrivée avant de finir sur l’intensité urbaine. Pensez à Takkyubin pour envoyer vos bagages d’un hôtel à l’autre, fiable et disponible pour moins de 2 000 yens par valise. Ce service est idéal si vous avez accumulé des achats fragiles. Et si votre séjour dure 7 jours ou moins, choisissez une seule ville et découvrez-la en profondeur plutôt que de courir entre les deux.

Que vous partiez pour la première fois ou que vous retourniez au Japon, Tokyo et Kyoto méritent chacune votre attention. Choisissez selon votre rythme, et partez explorer à fond !

Plus d'inspiration

Depuis ma jeunesse, j'ai toujours été attiré par l'univers du tourisme et l'expérience de vivre à l'étranger. Alors, après avoir visité plus d'une trentaine de pays, j'ai décidé de m'installer dans un village au Sénégal en 2019 où j'ai la chance de vivre de ma passion pour les voyages.

0 Commentaire(s)
Laisser un commentaire

Votre voyage - Kyoto

Image newsletter popup - Génération Voyage
Envie d'encore plus d'inspiration ?

Chaque semaine, découvrez de nouvelles expériences autour de vous et partout dans le monde ! Gratuitement, dans votre boîte mail.

Generation Voyage Logo
Se connecter
Mot de passe oublié ?

Pas encore de compte ?

Generation Voyage Logo
Réinitialiser votre mot de passe

Créer un compte | Se connecter

Generation Voyage Logo
Réinitialiser votre mot de passe

Créer un compte | Se connecter

Generation Voyage Logo