10 anecdotes à connaître sur l’Atomium de Bruxelles
Construit en 2 ans à Bruxelles pour l’Exposition universelle de 1958, l’Atomium devait disparaître après 6 mois. Il culmine aujourd’hui à 102 m au-dessus du plateau du Laeken et reçoit plus de 600 000 visiteurs par an. Derrière la silhouette reconnaissable de l’Atomium de Bruxelles se cachent des détails d’ingénierie, des anecdotes juridiques et des curiosités que la plupart des visiteurs repartent sans connaître.
1. Une molécule ? Non, un cristal de fer

L’Atomium a la forme d’un cube sur pointe qui représente un cristal élémentaire de fer agrandi 165 milliards de fois
L’Atomium ne représente pas un atome isolé ni une molécule, mais la maille élémentaire d’un cristal de fer à structure cubique centrée, agrandie environ 165 milliards de fois. Les 9 sphères de 18 m de diamètre, pesant chacune environ 250 tonnes, reproduisent la disposition exacte de ce réseau cristallin : 8 sphères aux sommets du cube, une 9e au centre.
La confusion avec une molécule est quasi universelle, et elle est compréhensible. Ce qui est plus amusant : ces 9 sphères correspondent aussi au nombre de provinces belges en 1958. Mais c’est une pure coïncidence, pas une intention des concepteurs. L’ingénieur André Waterkeyn a choisi cette structure pour sa valeur symbolique liée à l’industrie sidérurgique belge, et non pas pour coller à une carte administrative de la Belgique.
2. Prévu pour six mois, resté pour toujours
L’Atomium a été conçu comme une installation temporaire pour l’Exposition universelle de 1958. Après la clôture de l’événement, il devait être démoli. Sa popularité immédiate a repoussé l’échéance d’année en année, jusqu’à ce que le projet de démolition soit définitivement abandonné.
La question de sa conservation s’est reposée avec acuité dans les années 1990 : infiltrations, corrosion, système d’étanchéité hors service. L’état de dégradation était sérieux. La décision de le rénover complètement a finalement été prise en 2001, via un partenariat entre l’État fédéral belge, la Région de Bruxelles-Capitale et la Ville de Bruxelles. Ce symbole de Bruxelles, prévu pour durer 6 mois, a finalement nécessité une opération de sauvetage impliquant trois niveaux de pouvoir.
3. Deux ans de chantier, un seul accident

Crédit photo : Shutterstock – Mali lucky
Le chantier a démarré en mars 1956 pour une ouverture le 17 avril 1958. Sur l’ensemble de ce chantier de construction, un seul accident a été répertorié : une foulure à la cheville. C’est une anecdote mise en avant par la direction de l’Atomium de Bruxelles dans plusieurs prises de parole publiques.
Replacez ce chiffre dans son contexte : les normes de sécurité des années 1950 n’ont rien à voir avec celles d’aujourd’hui. Construire une structure sans équivalent architectural, en 2 ans, sur un site ouvert, avec les standards de l’époque, et ne déplorer qu’une foulure reste une performance qui mérite d’être mentionnée.
4. L’ascenseur le plus rapide de l’époque
Le tube central abrite un ascenseur installé par la succursale belge de la firme suisse Schlieren, reprise ensuite par Schindler. En 1958, il atteignait 5 m par seconde et transportait 22 personnes à la fois, permettant d’atteindre le sommet en 23 secondes.
Aujourd’hui, ce n’est plus un record, loin de là. Mais en 1958, cette performance technique faisait partie intégrante du discours de l’Expo 58. L’Atomium n’était pas qu’une sculpture géante, c’était une démonstration concrète de ce que la science et l’industrie pouvaient accomplir. L’ascenseur en était un argument à part entière, au même titre que la structure elle-même.
5. Des escalators qui comptent parmi les plus longs d’Europe
Les tubes obliques qui relient les sphères entre elles ne sont pas vides. Ils contiennent des escaliers mécaniques. Le plus long mesure 35 m, ce qui en faisait l’un des plus longs d’Europe à l’inauguration en 1958. Les tubes d’arêtes font 29 m, les tubes de diagonales 23 m, pour un diamètre intérieur de 3,3 m.
Imaginez la traversée : un espace étroit, incliné, qui sent légèrement le métal, avec la sensation de se déplacer à l’intérieur d’un objet qui ne ressemble à rien d’autre. Ce n’est pas vraiment la même chose qu’un escalator de centre commercial. Si vous êtes claustrophobe, préparez-vous mentalement avant d’entrer dans les tubes. C’est l’une des anecdotes et curiosités de l’Atomium de Bruxelles que peu de visiteurs anticipent vraiment.
6. Il bouge avec le vent
Par grand vent, la structure peut se déplacer jusqu’à 50 cm. Ce n’est pas un défaut de conception : c’est une propriété voulue, intégrée dès l’origine. Une structure rigide aurait cédé sous les contraintes mécaniques. La flexibilité est une réponse d’ingénierie, pas une faiblesse.
Vous avez le pied marin fragile ? Évitez les journées de grand vent pour monter dans la sphère supérieure à 102 m. Le mouvement est imperceptible la plupart du temps, mais dans certaines conditions météo, il peut se faire sentir. Vérifiez les prévisions avant de réserver votre créneau.
7. Les sphères ont changé de peau

L’Atomium de Bruxelles possède 20 tubes ayant chacun un diamètre de 3,30 mètres
À l’origine, chaque sphère était recouverte d’environ 720 triangles en aluminium. Lors de la rénovation de l’Atomium menée par BESIX et sa filiale Jacques Delens entre 2004 et 2006, tout l’aluminium a été remplacé par de l’acier inoxydable. Par conséquent, le nombre de triangles est passé de 720 à 48 par sphère. Pour conserver l’aspect visuel d’origine, le dessin des anciens triangles a été gravé sur les nouvelles plaques.
Le montage a été réalisé sans échafaudage, par des cordistes, une grue amenant chaque plaque à son emplacement. Une partie des triangles d’aluminium d’origine a été vendue au public en guise de souvenir. La réouverture du site a eu lieu le 14 février 2006, et une pièce commémorative de 2 € a été frappée pour l’occasion. Cherchez-la : elle est encore facile à trouver chez les numismates.
8. Photographier l’Atomium était (presque) interdit
Pendant des décennies, la SABAM (Société belge des auteurs, compositeurs et éditeurs) protégeait les droits d’auteur de l’Atomium au nom des ayants droit. Publier des photos du monument à des fins commerciales sans autorisation ni paiement était théoriquement interdit. La situation a généré des polémiques régulières.
La plus connue date de 2008 : le bourgmestre de Malines, Bart Somers, a organisé un concours photo dont les représentations de l’Atomium avaient été effacées, pour dénoncer ces droits jugés excessifs. La liberté de panorama est entrée en vigueur en Belgique le 15 juillet 2016. Depuis cette date, vous pouvez photographier et publier librement l’Atomium, y compris à des fins commerciales.
9. Élu monument le plus bizarre d’Europe
En 2013, CNN International a classé l’Atomium de Bruxelles monument le plus « bizarre » d’Europe, devant la Banknote Building lituanienne et la Casa Milà de Barcelone. CNN ne parle pas uniquement de l’aspect extérieur : l’intérieur est qualifié d’aussi déroutant que la silhouette.
Prenez ce classement pour ce qu’il est : un constat d’unicité, pas forcément un compliment. Aucune autre structure au monde ne ressemble à l’Atomium, ni dans sa forme ni dans son organisation intérieure. C’est un fait architectural, pas un argument marketing. Visitez-le pour vous faire votre propre avis sur la bizarrerie en question.
10. Son nom est un mot-valise
Atomium combine « atome » et « aluminium », le métal qui recouvrait les sphères à l’origine. Le nom fait donc référence à la forme et au matériau. Mais depuis le remplacement de l’aluminium par de l’acier inoxydable en 2006, la seconde moitié du mot-valise ne correspond plus à rien de concret.
Il y a aussi une question de genre grammatical qui agite régulièrement les correcteurs francophones. En français, le monument s’emploie indifféremment au masculin ou au féminin. La version officielle préfère le féminin. En néerlandais, le mot est neutre (het Atomium), donc le débat ne se pose pas de ce côté de la frontière linguistique.
Construite pour 6 mois, rénovée par trois niveaux de pouvoir, photographiable librement depuis 2016 seulement : à travers ces anecdotes, l’Atomium de Bruxelles mérite clairement qu’on s’y attarde. Visitez-la sans tarder lors de votre prochain séjour dans la capitale belge.
