6 îles les plus incroyables d’Italie dont vous n’avez jamais entendu parler

La Sicile, la Sardaigne, Capri : ces noms reviennent en boucle. Pourtant, l’Italie compte des dizaines d’îles que les Italiens fréquentent depuis toujours, et que le tourisme international ignore encore largement. Ces destinations insulaires offrent un nouveau visage du pays à ceux qui osent les découvrir. Voici 6 îles d’Italie méconnues, choisies pour leur caractère propre, leur accès raisonnable et leurs attraits naturels.
Ponza (Archipel Pontin, Latium)

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À 2h30 de bateau depuis Formia ou Anzio, Ponza est l’île de prédilection des Romains en été. Son port accueille des maisons en arc de cercle, peintes en jaune, rose et ocre. Quant aux terrasses, elles débordent de clients jusqu’au bout de la nuit. Mais cette île méconnue d’Italie n’est pas que festive. Sous l’île, se trouvent des tunnels creusés par les Romains pour alimenter en eau leurs villas impériales. Certains vestiges s’aperçoivent encore sur les falaises. La légende place même ici l’île de Circé de l’Odyssée.
Côté plages, ne ratez pas la Spiaggia di Frontone : musique le soir, eau turquoise la journée. Le village de La Forna, à l’écart du port, revêt un rythme différent, plus calme, avec vue sur les criques. Juillet-août demeure la période la plus animée. Si vous préférez une visite sans la foule, mai et septembre sont les bonnes fenêtres.
Tavolara (Sardaigne, mer Tyrrhénienne)

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Tavolara est techniquement un royaume. En 1836, Carlo Alberto de Sardaigne aurait reconnu la famille Bertoleoni comme souverains de ce rocher de granit de 6 km de long. Cette petite île méconnue d’Italie se situe à 15 min en bateau de Porto San Paolo, au nord-est de la Sardaigne. La table calcaire qui domine ce bout de terre culmine à 565 m et tombe directement dans une mer d’un bleu presque minéral, classée en zone marine protégée.
L’accès à l’intérieur de l’île est interdit (aire militaire), mais cela ne suscite pas de frustration. On vient surtout pour nager et plonger autour. Les fonds sont parmi les plus clairs de Méditerranée. Une poignée de maisons de pêcheurs subsiste sur la plage principale, avec quelques tables l’été. Cette destination insulaire italienne préservée se visite idéalement en juin ou septembre, quand il y a moins de monde pour les bateaux à Porto San Paolo.
Alicudi et Filicudi (Îles Éoliennes, nord de la Sicile)

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Stromboli et Vulcano captent l’essentiel de l’affluence touristique dans les Éoliennes. Alicudi et Filicudi, à l’ouest de l’archipel, fonctionnent différemment. Ces îles confidentielles comptent parmi les plus préservées de toute la mer Tyrrhénienne. À Alicudi, vous ne verrez pas de routes ni de voitures. L’âne reste le mode de transport courant pour monter vers les maisons en pierre noire volcanique accrochées à la pente. L’île possède moins de 100 habitants à l’année. Les ferries depuis Milazzo ou Palerme desservent les 2 îles. Comptez entre 2 et 4h de voyage selon votre point de départ.
Filicudi est un peu plus accessible et abrite les ruines d’un village préhistorique, Capo Graziano, occupé entre 1800 et 1200 avant J.-C. Ces deux îles éoliennes méconnues partagent une eau très propre et une végétation dense de câpriers et de ficodindia. Alicudi et Filicudi s’adressent à ceux qui veulent vraiment couper du monde et se ressourcer.
La Maddalena (Nord-est de la Sardaigne)

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L’archipel de La Maddalena regroupe 7 îles principales et une dizaine d’îlots entre la Sardaigne et la Corse. Des passages peu profonds aux couleurs de lagon les relient entre eux. La ville de La Maddalena elle-même est animée, avec un marché et des ruelles commerçantes. Saviez-vous que Napoléon y a séjourné en 1793 ? Par ailleurs, la base navale américaine qui occupait l’île jusqu’en 2008 a laissé quelques traces dans l’architecture locale.
Ce qui justifie le détour dans cet archipel sarde, c’est l’île de Spargi. Sans oublier Budelli, connue pour sa Spiaggia Rosa dont le sable légèrement rosé provient des fragments de corail et de coquillages. La plage est aujourd’hui protégée et vous ne pourrez plus y accéder. En revanche le tour en bateau depuis La Maddalena reste une excursion mémorable. L’accès à La Maddalena se fait en 15 min en ferry depuis Palau.
Capraia (Archipel Toscan, mer Tyrrhénienne)

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Entre Livourne et la Corse, Capraia est l’île la moins fréquentée de l’archipel toscan, devant le Giglio et l’Elba. Cette île italienne tranquille s’avère peu fréquentée. Elle doit son relatif isolement à une raison historique simple : l’île abritait une colonie pénitentiaire, fermée seulement en 1986, freinant tout développement touristique. Le bâtiment existe encore et donne au village une silhouette un peu particulière, entre fortifications génoises du XVe siècle et architecture carcérale.
Aujourd’hui, Capraia compte environ 400 habitants et quelques centaines de touristes en pleine saison. L’intérieur est couvert de maquis méditerranéen dense, avec des chemins de randonnée qui longent les falaises de lave noire. Ici, pas de plages de sable mais des criques rocheuses et quelques plans d’eau accessibles à la nage ou en kayak. Le traversée depuis Livourne prend 2h30 environ. Idéalement, privilégiez un séjour entre fin mai et mi-juin.
Pantelleria (Au large du sud de la Sicile)

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Pantelleria est distant de 70 km de la Tunisie et 100 km de la Sicile. Ce positionnement se ressent partout : la végétation, l’architecture et la cuisine. Les dammusi, ces maisons à toits bombés construites en pierre volcanique noire, sont la signature visuelle de cette île italienne insolite. Allez déguster le Passito di Pantelleria, un vin de dessert produit à partir du raisin Zibibbo cultivé en alberello (taillé en buisson bas contre le vent). Il est protégé par une AOC et reste l’une des productions viticoles les plus singulières d’Italie.
L’île est d’origine volcanique. Vous le constaterez au lac de Bagno dell’Acqua, en plein centre, un lac chaud à 40 degrés où les locaux viennent tremper régulièrement. Les plages ne ressemblent à rien d’autre : Cala Gadir, Cala Cottone, des anfractuosités de lave noire où l’eau est d’un vert profond. Pour rejoindre Pantelleria, prévoyez 7h de ferry depuis Trapani. Vous pouvez aussi opter pour l’avion au départ de Palerme ou de Rome (trajet de 50 min).
Conseils pratiques pour explorer ces îles italiennes méconnues
Réservez votre place en ferry plusieurs semaines à l’avance en juillet et août, notamment pour les archipels toscan et pontin. Les liaisons sont limitées et les bateaux se remplissent vite. Rater le dernier ferry du soir n’a rien d’une aventure romantique. Hors saison, les connexions sont réduites, voire suspendues sur les plus petites îles comme Alicudi.
Sur place, louez un scooter dès l’arrivée si l’île le permet (Ponza, Pantelleria, La Maddalena). C’est le seul moyen de couvrir du terrain sans dépendre des taxis ou des bus sporadiques. Gardez à l’esprit que ces îles italiennes restent des espaces naturels fragiles. Les zones marines protégées sont nombreuses, l’ancrage sauvage est souvent interdit, et les sentiers de randonnée ne supportent pas le piétinement intensif. C’est en respectant ces contraintes que ces destinations insulaires conservent leur attrait et leur charme singulier.
Ces îles méconnues racontent une autre histoire de l’Italie, plus brute et plus intime. Une invitation à larguer les amarres vers l’inattendu.