Saint-Marin : voyage aux portes du temps

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Les cloches viennent tout juste de sonner sept fois. C’est à cette heure matinale que Generation Voyage vous propose de découvrir une destination unique : Saint-Marin. Si ce matin encore vous étiez dans l’un des plus jolis coins de l’Émilie-Romagne, vous êtes désormais dans un autre endroit, presque un autre monde. Une chose est sûre, vous n’êtes plus en Italie. Bienvenue à celle que les locaux nomment la Serenissima Repubblica di San Marino.

Saint-Marin est l’un des plus petits états du monde. Le troisième, derrière le Vatican et Monaco. D’ailleurs, l’état saint-marinais partage un point commun avec le premier nommé : vous voici dans une enclave de la péninsule italienne, non loin de Rimini et Bologne. Cette particularité ne date pas d’hier, puisque Saint-Marin est tout simplement la plus ancienne république du monde. Si la constitution ne date « que » du 8 octobre 1600, sa fondation remonte en réalité au 3 septembre 301. Vous voilà ainsi en train de visiter un état ancien de presque 1 720 ans.

Il apparaît donc comme une évidence qu’un patrimoine historique riche vous attend. Un patrimoine mi-Renaissance, mi-médiéval, qui donne le ton à votre séjour et l’ambiance qu’il y règne.

Drapeaux et Palazzo Pubblico, Saint-Marin

Crédit photo : Shutterstock – Matteo Gabrieli

Dès vos premiers pas sur les terres saint-marinaises, le calme et l’architecture donnent le sentiment d’avoir voyagé dans le temps. Comme si, d’un coup, vous étiez remontés des siècles en arrière. Ce sentiment, il se renforce dès la première visite, lorsque vous franchissez la porte du Palazzo Pubblico. Cet édifice Renaissance témoigne de la riche Histoire du pays, grâce aux différentes œuvres décorant les salles du palais, dont la splendide Salle du Conseil. Pas étonnant, donc, que le gouvernement y siège désormais.

En sortant, les ruelles de la ville de Saint-Marin vous attendent. Un passage idéal, qui permet de découvrir les maisons anciennes du bourg, mais aussi de rejoindre la prochaine visite : les trois Tours. Ces édifices sont un véritable trésor. Quelques siècles en arrière, ce sont ces mêmes tours qui servaient à protéger le petit état des différents assauts dont il était la cible. Des attaques auxquelles la république ne cédera pas une seule fois. Comme si la péninsule avait trouvé des cousins de nos irréductibles gaulois.

Érigées entre le XIe et le XIVe siècle, les Tre Torre constituent aujourd’hui le plus bel ensemble médiéval encore sur pied. La localisation de ces fortifications est également exceptionnelle, puisqu’elles sont posées à flanc de montagne. D’ailleurs cette montagne, elle n’est pas vraiment comme les autres : bienvenue sur le Mont Titano

Se balader dans les rues de Saint-Marin

Crédit photo : Shutterstock – Zhukov Oleg

« Quelques nuages voilent le panorama. D’ailleurs ce sont eux qui, du haut de leur atmosphère, diffusent cette aura singulière. Celle d’être sur le toit du monde, à jouer les funambules. À devenir invincible. »

Culminant à 739 mètres, lui aussi vous conte l’Histoire de Saint-Marin. C’est ici qu’un modeste tailleur de pierre de Rimini aurait décidé de s’installer, afin de fuir la persécution subie par les Chrétiens. Son nom ? Marin.

Là-haut, en haut de la montagne, vous êtes ailleurs. Quelques nuages voilent le panorama. D’ailleurs ce sont eux qui, du haut de leur atmosphère, diffusent cette aura singulière. Celle d’être sur le toit du monde, à jouer les funambules. À devenir invincible. Puis vient le soleil. Les nuages disparaissent, l’horizon se profile. A cet instant, vous y êtes : vous en prenez plein la vue. Baissez la tête, contemplez la plaine, avant de la relever et faire face aux Apennins. Car Saint-Marin c’est aussi ça, un paradis naturel hors du commun et des paysages verdoyants à perte de vue.

Même d’en bas, il y a de quoi être époustouflé·e·s. D’en haut, on a tendance à oublier qu’un rocher surgit de la plaine et que l’humain y a construit un pays à flanc de montagnes. Prenez le téléphérique, et vous comprendrez pourquoi.

Saint-Marin

La matinée se termine. Ça ouvre l’appétit toutes ces émotions, non ? Il est temps de s’offrir une pause, de refaire le plein d’énergie. C’est aussi l’occasion d’en savoir plus sur Saint-Marin et son patrimoine, à travers la gastronomie. Trouver une trattoria convaincante est un jeu d’enfant, les attrape-touristes se faisant rares dans les environs.

Profitez-en pour faire découvrir à vos papilles les pâtes traditionnelles saint-marinaises : les strozzapreti. Le temps que le chef vous les cuisine, accordez-vous une pinte de Titanbräu, la bière locale. À peine la boisson terminée, une odeur de sauce s’invite dans vos narines. Le mélange de viande, de tomates et de basilic donne l’eau à la bouche. La plat est servi.

Côté dessert, vos hôtes seront fiers de vous servir une part de Bustrengo, un dessert typique du pays fait à base de riz. Le Bustrengo est également un plat phare de la gastronomie d’Émilie-Romagne. La région a fortement influencé le terroir sammarinese, ce n’est donc pas une surprise de trouver des spécialités communes.

Mais attention, ce n’est pas une raison pour dire aux locaux qu’ils sont romagnoli, voire italiens. Ils pourraient vous conduire au Musée de la Torture et vous utiliser comme cobaye.

Saint Marin

« Le travail manuel est bien plus qu’une spécialité, c’est un art de vivre. »

Après avoir repris des forces, une marche digestive s’impose. Pour cela, deux possibilités s’offrent à vous : partez à nouveau en direction du centre historique ou bien prenez la direction du Borgo Maggiore, autre lieu d’exception. Dans les deux cas, profitez-en pour découvrir les boutiques d’artisans. Elles sont nombreuses et regorgent de trésors artistiques. Tout est façonné à la main, de la plus traditionnelle des manières.

Ici, on prend le temps de façonner son oeuvre, de vérifier chaque petit détail. Que ce soit de la poterie, des bijoux ou des tuniques estivales, rien n’est laissé au hasard. Mais le résultat en vaut la peine. Vous l’avez compris, le travail manuel est bien plus qu’une spécialité, c’est un art de vivre.

L’artisanat n’est qu’un des nombreux exemples où cette philosophie est adoptée. Pour s’en rendre compte, il suffit de diriger sa curiosité vers l’agriculture, probablement l’exemple le plus frappant. Là où les autres pays commencent à revenir aux principes de bases, à respecter le rythme de la nature, l’agriculture saint-marinaise n’a jamais cessé de les suivre. Le principal outil est la main, rien d’autre. Voilà pourquoi vos strozzapreti, votre bustrengo et votre vin étaient si délicieux ce midi.

Vignoble au pied du Mont Titan

Crédit photo : Shutterstock – Dmitry Kalinovsky

Le temps défile à une vitesse, et il est déjà temps de conclure votre escapade. Mais avant de partir, dirigez-vous vers la Basilica del Santo, le principal édifice religieux de l’État. Dédiée au saint-fondateur, la basilique nous démontre une dernière fois la beauté du patrimoine saint-marinais. De quoi finir ce voyage dans un autre temps, de la plus belle des manières.

Ainsi s’achève ce passage à Saint-Marin. Au cœur de l’Italie, dans l’Émilie-Romagne et près des Marches, Saint-Marin vaut le détour. Pourtant, trop nombreux sont les voyageurs qui oublient de l’inclure dans leurs carnets de voyage. À tort. Car si le pays est l’un des plus petits du monde, sa beauté et son Histoire sont immenses.

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