Les grands voyages de Sissi l’Impératrice

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« Il se trouve que je veux toujours aller plus loin et bouger. Chaque bateau qui part me donne envie d’être à son bord. N’importe où seulement pour ne pas rester au même endroit trop longtemps. »

Penser à Sissi, c’est s’imaginer Romy Schneider qui dévale les marches d’un grand château viennois dans une robe somptueuse. Car la célèbre trilogie de films, ayant faite de Sissi une icône, montre à l’écran une impératrice pugnace qui a marqué l’Histoire de l’Empire Austro-Hongrois. Mais de sa vie personnelle, cependant, nous ne savons pas grand chose.

Car Sissi aimait la mode et l’équitation. Elle adorait écrire des poèmes et faire de longues marches en nature. Néanmoins, ce qui animait le plus l’impératrice, c’était de prendre le large, de devenir une « mouette des mers » comme elle aimait se surnommer. Les voyages ont été le grand amour de Sissi, une passion qu’elle a hérité de son père.

Au-delà d’un besoin d’aventures, les périples ont également été un moyen pour l’impératrice d’échapper au carcan de la cour viennoise et à un mariage “d’amour”, pourtant malheureux. Du Portugal à la Grèce, en passant par la France, l’Italie et la Hongrie : les grandes expéditions de Sissi lui permettent de s’émanciper d’un rôle qu’elle ne veut pas, de fuir les responsabilités qui la privent de sa liberté.

Nous avons voulu retracer quelques-uns de ses plus beaux périples en vous montrant une autre facette méconnue de Sissi. Et, peut-être, vous donner envie de découvrir à votre tour ces merveilleux endroits qui gardent, encore aujourd’hui, une trace bien ancrée du passage de l’impératrice.

Vienne, la prison dorée

En 1854, la jeune duchesse de Bavière Élisabeth de Wittelsbach (« Sissi »), alors âgée de 16 ans, épouse l’empereur Austro-Hongrois, François-Joseph Ier. Leur union est célébrée à l’église des Augustins, située en plein cœur de Vienne. Désormais ouverte à la visite, cette dernière était le lieu de prédilection pour chaque mariage de la célèbre dynastie Habsourg.

Sissi

Augustinian Church à Vienne – Portrait de SissiCrédit photo : Shutterstock – Takashi Images & Nancy Beijersbergen

Jeune mariée à la cour de Vienne, Sissi tente de se conformer à l’étiquette, sous le joug d’une belle-mère tyrannique et envahissante. Rapidement, son mari délaisse le cocon conjugal, préoccupé par ses fonctions et responsabilités en pleine guerre de Crimée.

C’est dans ce contexte que ce pèlerinage singulier autour de Sissi commence. La capitale autrichienne représente en effet le début de la popularité de l’impératrice et l’apparition des premiers symptômes d’un mal-être physique et mental qui la conduiront à s’échapper régulièrement. Pour l’heure, deux endroits à Vienne permettent de mieux appréhender la vie de Sissi : Schönbrunn et Hofbourg. Nous vous y emmenons faire un tour…

Le château de Schönbrunn est la demeure impériale d’été des Habsbourg sur plusieurs générations, et a donc été la résidence de Sissi pendant de nombreuses années. Inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco, Schönbrunn est également devenu l’un des sites touristiques les plus visités d’Autriche !

Hofburg Imperial Palace

Hofburg Imperial Palace & Palm House dans le jardin du château Schoenbrunn, à VienneCrédit photo : Shutterstock – Todoran Andrei & pixelklex

Si vous décidez de vous rendre dans cette immense bâtisse aujourd’hui, vous aurez le loisir de visiter plus d’une cinquantaine de salles au décor rococo et découvrir les merveilleux jardins où l’impératrice aimait prendre l’air et faire du sport. Surplombant le site, la Gloriette permet par ailleurs d’avoir une vue imprenable.

Et à chaque hiver, Sissi et sa famille emménagent dans l’immense palais Hofburg, en plein centre-ville viennois. Comme à Schönbrunn, le passage de Sissi a laissé de nombreuses traces dans cet édifice incontournable à découvrir à Vienne. Et malgré l’impopularité de Sissi à la cour de Vienne, causant chez elle une “austrophobie”, la ville s’est repentie en installant le musée Sissi.

Palais d'Hofburg - Sissi l'impératrice

Palais impérial d’Hofburg & et appartement de Sissi Schoenbrunn, à Vienne Crédit photo : Shutterstock – Sina Ettmer Photography & marcobrivio.photo

Loin de la glorification d’une icône, c’est la Sissi dépressive, coincée dans une vie qu’elle déteste, qui apparaît ici. Par ailleurs, ses appartements ne sont pas les mêmes que ceux de son mari, elle doit donc “s’annoncer” pour le voir. Le musée Sissi reste l’occasion de découvrir l’amour de Sissi pour les beaux-arts, pour sa silhouette (il y a une salle de gym !) et pour la mode vestimentaire de l’époque. Et, bien sûr, le lieu offre une première entrevue des voyages de Sissi à l’étranger.

Crypte impériale Vienne

Crypte impériale Vienne, à Vienne Crédit photo : Shutterstock – Alberto Zamorano

Finalement, Vienne restera la ville éternelle de Sissi puisque c’est dans la capitale autrichienne que l’impératrice repose après son assassinat en 1898 à Genève. La crypte impériale, ouverte au public, permet par ailleurs de découvrir l’extraordinaire art funéraire viennois.

Salzbourg et le Tyrol, pour respirer

En dehors de sa vie viennoise, où le luxe côtoie la solitude, la vie de Sissi est marquée par de nombreux voyages au sein même de l’Empire. Ces escapades lui permettent de s’évader tout en étant proche de Vienne, et en restant donc sous haute protection.

Située à 2h30 de route de la capitale, la ville de Salzbourg et ses alentours sont importants dans la vie de l’impératrice puisqu’elle y a rencontré son mari, François-Joseph, dans les années 1850. À Bad Ischl, précisément, Sissi se réinvente poétesse dans la villa impériale, pendant que son époux part chasser.

Ses poèmes, permettant d’embrasser sa mélancolie, sont à retrouver dans Le Journal Poétique de Sissi. Ainsi, la station thermale de Bad Ischl représente alors un oasis où Sissi peut se reposer et profiter d’un cadre magnifique au cœur d’une région montagneuse.

Bad Ischl

Vue sur la station balnéaire de Bad IschlCrédit photo : Shutterstock – saiko3p

Par ailleurs, Sissi se rend régulièrement dans la région du Tyrol autrichien, notamment à Innsbruck où elle profite d’un palais impérial somptueux dans un cadre idyllique. Proche de la nature, la ville permet à l’impératrice obsédée par le sport et par son physique de faire ses 30 kilomètres quotidiens.

Innsbruck - Sissi l'impératrice

Innsbruck, capitale du Tyrol Crédit photo : Shutterstock – Olesya Kuznetsova & S-F

Plus au sud, dans ce qui représente la partie italienne du Tyrol aujourd’hui, Sissi organise de nombreux séjours pour profiter du climat méditérannen de Merano. Là-bas, on lui aménage une sorte de chemin, le “Sissi-Weg”, entouré par l’un des plus beaux jardins d’Europe.

Ce chemin à pour destination finale le château de Trauttmansdorff, où Sissi est restée pendant deux hivers dans les années 1870. Elle décide également de passer du bon temps dans les thermes de Trente, riches en arsenic et en fer, pour se refaire une santé.

Jardins botaniques du château Trauttmansdorff

Jardins botaniques du château TrauttmansdorffCrédit photo : Shutterstock – Alizada Studios & footageclips

Madère, l’échappatoire

À la fin des années 1850, Sissi tombe gravement malade, ou du moins, prétend l’être. Elle se dit épuisée, et tousse beaucoup. Les médecins l’encouragent à faire une cure en Dalmatie du Sud, ce qu’elle refuse. En effet, ce que souhaite Sissi, c’est quitter l’Empire où elle est détestée, qu’importe sa sécurité.

Poussée par ce besoin de liberté, l’impératrice part pour Madère, un île portugaise située dans un archipel de l’océan Atlantique, au large de la côte nord-ouest de l’Afrique. La reine d’Angleterre, Queen Victoria, lui prête un yacht pour un départ le 17 novembre 1860 depuis Trieste.

Madère - Sissi l'impératrice

Camara de Lobos & de MadèreCrédit photo : Shutterstock – Balate Dorin & Mertens

Celle qu’on appelle “l’île des fleurs” représente un dispensaire à ciel ouvert pour Sissi. C’est l’endroit idéal pour soigner sa santé physique, mais aussi et surtout la dépression qui la ronge. Plusieurs études prouvent que Sissi est non seulement dépressive, mais également anorexique et accro à certaines substances.

Sa condition empire avec la perte prématurée de sa fille de 2 ans quelques années plus tôt. Marquée par l’événement, elle sombre dans une profonde mélancolie que seule Madère semble être en mesure d’apaiser à ce moment-là.

Sur l’île, Sissi découvre la Quinta Vigia, logement traditionnel madérois où elle pose ses valises le temps d’une convalescence qui durera cinq mois. Cette magnifique résidence, avec une vue imprenable sur la mer et le port, se trouve au cœur de Funchal, capitale de l’île. On imagine aisément l’impératrice flâner dans le jardin de sa résidence, que vous pouvez à votre tour découvrir aujourd’hui.

Madère

Statue de Sissi l’impératrice à Funchal, et Jardin botanique de FunchalCrédit photo : Shutterstock – Thomas Marchhart & Travel Faery

Loin des obligations relatives à son statut, Sissi passe ses journées dans cet oasis de végétation, où la flore est luxuriante, au son des perruches et des perroquets dont elle s’occupe. Pour lui rendre hommage, une statue de Sissi a été érigée dans le jardin de Funchal, rappelant ainsi le passage de l’impératrice dans ce petit paradis.

Aujourd’hui, Funchal est encore un haut lieu du tourisme où il fait bon vivre. Bien qu’urbanisée, la ville a gardé un cachet d’antan, comme de vieilles bâtisses, des rues pavées ou des balcons en ferronnerie.

Les marchés sont des incontournables à découvrir à Funchal, ainsi que les caves, puisque le vin de Madère est particulièrement réputé ! En se promenant dans la ville, il est aisé de comprendre pourquoi Sissi en a fait son eldorado.

Madère - Sissi l'impératrice

Maison et marché traditionnel de MadèreCrédit photo : Shutterstock – Pawel Kazmierczak & Vadim Illarionov

L’île est particulièrement sauvage, ce qui permet à l’impératrice de continuer ses longues balades en dehors de Funchal. En effet, Madère regorge de panoramas plus beaux les uns que les autres ! Nous imaginons Sissi grimper le fameux Cap Girão, une falaise de 600 mètres de haut qui offre une vue imprenable sur la Méditerranée. Il y a le Pico Ruivo, qui fait “voler au-dessus des nuages” et représente le point culminant de l’île.

Pico do Arieiro

Pico do ArieiroCrédit photo : Shutterstock – Foto Matevz Lavric & Synergic Works OU

Si vous vous rendez à Madère, vous pouvez également tester le canyoning dans la Ribeira das Cales. Là-bas, on y trouve une vallée splendide qui permet de découvrir une autre facette de Madère, où les cascades côtoient les rochers.

Cet exil temporaire à Madère permet donc à Sissi de prendre l’air, mais pas seulement. Dans des mémoires, on apprend que l’impératrice joue de la mandoline et fait des parties de cartes avec des hommes, comme une insulte à l’étiquette de l’époque.

Corfou, les renaissances

Après son séjour à Madère, Sissi rentre à Vienne en avril 1860. Le retour à la cour, où elle est toujours détestée, la plonge à nouveau dans un terrible mal-être. Pire encore, sa belle-mère ne cesse de vouloir contrôler sa vie, ce qui l’agace au quotidien.

Épuisée, Sissi décide de s’éloigner à nouveau de Vienne en mai 1861 pour découvrir Corfou, une île grecque en pleine mer Ionienne. Avec de nombreuses petites rivières, trois grandes lagunes, et une nature aussi riche que paisible, l’endroit est de nouveau idyllique pour l’impératrice souffrante. Aussi, le climat y est doux comme à Madère.

Porto Timoni, région d'Afionas, Corfou - Sissi l'impératrice

Porto Timoni, région d’Afionas, CorfouCrédit photo : Shutterstock – Balate Dorin

Après un premier voyage à Corfou en 1861, Sissi tombe amoureuse de l’île. Elle décide donc d’y retourner à de multiples reprises. Passionnée par Homère et L’Odyssée, Sissi souhaite suivre les traces d’Ulysse. Elle entame donc des études de grec ancien et moderne et s’installe sur la côte orientale de Corfou, dans la Villa Vraila, qu’elle achète en 1888 pour en faire un palais.

L’architecte italien Raffaele Caritto transforme le lieu qui devient l’Achilleion, palais impérial en hommage à l’oeuvre d’Homère. Sissi décide d’installer des statues grecques dans le jardin, ainsi que des sculptures de centaures, et des colonnes. Car avec l’Achilleion, Sissi rend avant tout hommage à la mythologie.

Statue d'Ulysse - Sissi l'impératrice

Crédit photo : Shutterstock – Ivo Pop & jocic

À la mort de Sissi, l’Empereur Guillaume II d’Allemagne rachète l’Achilleion. Finalement, l’édifice devient successivement un musée, une école, un casino, et un palais diplomatique dès l’entre-deux guerres. Aujourd’hui, l’Achilleion est ouvert à la visite, et permet d’avoir un bel aperçu de l’hellénophilie de Sissi. Le palais est suffisamment grand pour rendre la visite particulièrement dense.

D’abord, la Salle de l’impératrice permet de remonter le temps jusqu’à une époque révolue. On y trouve un mobilier traditionnel du XIXe siècle et les peintures importantes pour Sissi : celle du château Miramare de Trieste, où Sissi a résidé, et quelques porcelaines italiennes.

Dans la salle à manger au style rococo, le thème de L’Odyssée d’Homère est bien présent. Sur le mur, se trouve un tableau de la rencontre entre Ulysse et la princesse Nausicaa par exemple. Après la visite intérieure, c’est le Jardin des Muses, le péristyle des Muses et le bois qu’il faut impérativement découvrir. L’extérieur est en effet fidèle à l’amour de Sissi pour les jardins luxuriants, pour la nature, et pour les animaux. Enfin, prenez le temps d’admirer la vue sur la mer depuis le belvédère de l’Achilleion.

Corfou aura donc la magie nécessaire pour raviver la flamme de vie d’une impératrice tourmentée. Aujourd’hui, l’île grecque est surtout prisée des touristes curieux et des passionnés de mythologie.

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Belle vue sur le Cap Drastis sur l’île de Corfou,
Grèce
Crédit photo : Shutterstock – proslgn

Elle accueille également toutes celles et ceux qui, comme Sissi, ont besoin de douceur de vie et de repos. Riche d’un mélange culturel et remplie de légendes, Corfou est devenue une destination incontournable. Sur les traces de l’impératrice, flânez dans les ruelles de la vieille ville ou sur les plages de l’île, Mirtiotissa ou Nissaki et noyez d’éventuels chagrins dans l’eau turquoise.

Par ailleurs, si la mythologie vous intéresse, organisez une découverte du rocher d’Ulysse sur la presque’île de Kanoni. Ce petit îlot serait l’endroit où le héros grec se serait échoué après avoir fui la nymphe Calypso. D’autres légendes, dont celle d’Homère, racontent que le rocher était le bateau d’Ulysse, métamorphosé par le Dieu de la mer et des océans Poséidon, en colère contre Ulysse.

La Hongrie, escapades royales

Entre ses voyages à Madère et à Corfou, et quelques séjours en Italie, c’est finalement un pays moins exotique qui attire Sissi : la Hongrie. Alors rattachée à l’Empire, la Hongrie est un nouveau terrain de jeu pour l’impératrice qui utilise son pouvoir au profit du peuple hongrois (les magyars) auprès duquel elle a beaucoup de succès. Motivée par cet élan populaire, elle décide de défendre leur liberté.

En 1867, elle est couronnée à Budapest et s’engage dans ses nouvelles missions, comme celle du compromis Austro-Hongrois qui fait de Budapest la deuxième capitale de l’Empire avec Vienne. La reine de Hongrie apprend rapidement la langue et trouve son nouvel oasis de paix : le château de Gödöllö.

Chateau de Godollo - Sissi l'impératrice

Crédit photo : Shutterstock – Geza Kurka Photos

La merveilleuse bâtisse baroque du XVIIIe siècle est située à 35 kilomètres à l’est de Budapest. Sissi est allée s’y réfugier de nombreuses fois alors que sa situation à Vienne empirait à coups de dépression, d’anorexie, d’impopularité et de déboires conjugaux.

C’est donc à Gödöllö qu’il est possible, de nos jours, de s’immiscer dans la vie de l’impératrice et découvrir ses mille et unes passions. Une visite de ce “Versailles hongrois” vous emmène dans la majestueuse salle de réception, témoignant d’une époque révolue de faste et festins. Les chambres et les pièces possèdent toutes du mobilier d’antan et d’imposantes œuvres d’art.

Car vous l’avez compris en nous lisant jusqu’ici : Sissi était une grande amatrice de peintures. L’impératrice avait également un faible pour la porcelaine, comme en témoigne l’une des expositions du château. Avec un peu de chance, votre visite à Gödöllö vous fera découvrir l’amour de Sissi pour l’équitation, pratiquée depuis son plus jeune âge. En effet, le château organise des spectacles équestres dans les somptueux jardins de ginkgos et de séquoias.

de Godollo

Crédit photo : Shutterstock – Istvan Csak

En Hongrie, l’aura de la “reine Erzsébet” inonde la capitale, Budapest. Elle fréquente quelques endroits clés de la ville, comme le salon de thé Ruszwurm, aujourd’hui vieux de deux siècles. L’impératrice, amatrice de “belles choses”, aime également fréquenter le café littéraire New York, parmi les plus beaux cafés du monde.

C’est à proximité de cet établissement, dans le quartier de Pest, que Sissi flânait. Une partie du quartier a par ailleurs été renommée “Elizabeth-ville”.

Budapest - Sissi l'impératrice

New York Palace Café & vue sur la maison du Parlement, BudapestCrédit photo : Shutterstock – Kit Leong & Andrew Mayovskyy

Ainsi, Budapest regorge d’hommages envers leur reine. Par exemple, les collines de Buda, offrant un panorama imprenable, ont été ornées d’un belvédère Sissi. Ce massif se trouve à l’ouest de Budapest et permet par ailleurs de découvrir une autre facette de la capitale hongroise.

La France, en cachette

Pendant l’été 1875, sur les conseils de son médecin, elle décide de prendre l’air dans le nord-ouest français, en Normandie. Elle s’installe dans le château de Sassetot-le-Mauconduit à proximité de Fécamp avec l’archiduchesse Valérie, sa fille. Elle s’y rend en train, tentant toutefois de rester “incognito”, malgré la présence de sa garde (de 70 personnes tout de même).

Dans ce village en pleine nature, dominant des bois, et proche de la mer, Sissi profite pour continuer sa routine de vacances : balades, poésies, équitation et repos. Elle profite également de nombreux bains privés, et navigue tantôt sur un yacht luxueux, tantôt sur une modeste barque de pêcheur. La légende raconte que l’impératrice aimait également rendre visite aux fermiers et fermières du coin pour regarder la traite des vaches et partager un moment. Plutôt rare, pour une femme de son rang.

Sissi

Manoir de Briquedalles & vue sur les Petites Dalles, FranceCrédit photo : Wikipédia – Paubry76 & JacoNed

Dans tous les cas, Sassetot-le-Mauconduit se souvient du passage de l’impératrice. Aujourd’hui connu sous le nom du Château de Sissi, l’édifice est devenu un hôtel-restaurant de charme où vous pouvez passer un séjour absolument royal.

À la fin du XIXe siècle, et à l’approche de sa mort prématurée, Sissi découvre Roquebrune-Cap-Martin dans le sud de la France, entre Menton et Monaco. De son passage, les témoins de l’époque retiennent que Sissi se levait aux aurores et qu’elle prenait un nombre incalculable de bains thalassos. À Roquebrune-Cap-Martin, dans les jardins du Grand Hôtel où elle réside, elle pleure surtout la mort de son fils, l’archiduc Rodolph, assassiné.

Roquebrune-Cap-Martin - Sissi l'impératrice

Roquebrune Cap-MartinCrédit photo : Shutterstock – alexilena

Si vous vous baladez à Roquebrune-Cap-Martin aujourd’hui, faites un tour du côté du Square Sissi, en hommage au passage de l’impératrice dans la ville, inauguré en 1899. Une balade permet également de construire un circuit historique d’environ 45 minutes sur les traces des passages de Sissi dans la ville.

Suisse, le dernier voyage

Le périple auprès de la “Mouette des mers” s’achève brutalement en terres helvètes. Alors qu’elle visite la baronne de Rothschild à l’hôtel Beau Rivage, elle décide de retourner à Montreux. Devant le paquebot Genève qui doit la ramener à bon port, elle est poignardée par un anarchiste italien du nom de Luigi Lucheni. À bord du bateau, l’impératrice agonise puis meurt à l’hôtel. Elle est alors âgée de 61 ans.

Il est possible de voir des effets personnels marquant les dernières heures de l’impératrice, comme un ruban maculé de sang, à l’hôtel Beau Rivage. Dans la basilique Notre-Dame de Genève, les traits de l’impératrice sont donnés au portrait de Sainte Elisabeth pour lui rendre un nouvel hommage.

Cet ultime voyage de Sissi reflète finalement toute son existence : la Mouette des mers meurt dramatiquement, en voyageant, et surtout loin de la cour. Mais l’âme de l’impératrice continue de vivre sur les hauteurs de Madère, dans les jardins de Corfou, au cœur de la Normandie ou dans les cafés de Budapest. L’impératrice, « influenceuse voyage » d’un autre temps, nous donne constamment envie de quitter la routine pour découvrir les merveilles du monde.

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Questions / Commentaires à l'auteur
  1. avatar

    Merci pour ces jolies voyages avec un réel plaisir de revisiter les différents voyages de Sissi et bien sûr de ces magnifiques paysages qui nous font rêver par cette triste période. Bonne continuation et aussi à d autres lectures

  2. avatar

    Merci pour ce récit et ces magnifiques photos que je dévore devant ma tasse de café ce matin
    En fait vous êtes un peu la mouette des mers version 2021.

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