« J’ai fait le tour du monde à vélo »

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Odyssée Cyril

N’ayez pas peur et sortez de votre zone de confort ! L’humain est bon à 99%, j’en suis persuadé…

C’est en 1993 que Cyril, alors âgé de 23 ans, décide de réaliser son rêve d’enfance : l’Australie. Durant 5 mois, il va parcourir le pays en long en large et en travers… à vélo ! Bien loin d’imaginer que ce périple à bicyclette allait avoir une telle incidence sur les 30 prochaines années de sa vie…

En effet, depuis ce jour-là, il n’a jamais cessé de voyager et surtout, il n’a jamais (ou presque) voyagé autrement qu’à vélo.

Le vélo, le fil rouge de ma vie

La question que tout le monde se pose : pourquoi le vélo ?

La question du moyen de transport ne s’est pas posée. C’était comme une évidence. Le vélo a toujours fait partie de ma vie. Quand j’étais petit, je vivais dans un village – j’y vis toujours entre 2 voyages d’ailleurs -, et pour aller à l’école puis au collège, je devais prendre mon vélo. Il n’y avait pas de bus ou de taxi comme maintenant. J’allais au foot à vélo, à la fête foraine à vélo. Tout se faisait à vélo à l’époque. Au total, je ne parcourais pas moins de 1 500 km par an avec mon vélo.

Plus tard, alors que j’étais à la bibliothèque de mon village, je suis tombé sur 2 livres qui relataient les aventures de personnes qui voyageaient à vélo dans les années 1980. Ce sont leurs histoires qui m’ont inspiré. Je n’avais alors qu’une quinzaine d’années, mais c’est à ce moment-là que j’ai eu le déclic.

Vous étiez-vous préparé physiquement pour votre premier voyage à vélo ?

Non. Comme je le disais, le vélo fait partie de ma vie depuis toujours, j’avais donc une petite base de cyclisme, mais je ne me suis jamais entraîné ni préparé physiquement. En réalité, quand tu pars pour plusieurs années, l’entraînement, ce sont les 1000 premiers kilomètres. Le tout, c’est de mettre la machine en route.

Odyssée Cyril

Crédit photo : Cyril Jegado

Donc une fois que tu as fait LyonRome, tu es entraîné. Alors évidemment, tout dépend des conditions physiques initiales de chacun, l’âge et le poids rentrent en jeu également. Mais pour être parti avec ma femme durant 6 ans, alors qu’elle n’avait jamais fait de vélo auparavant, je vous assure que tout est possible.

L’art du voyage à vélo

Vous êtes plutôt roi de l’organisation ou pro de l’improvisation ?

Je ne planifie jamais mes voyages à l’avance. Je me trace brièvement un itinéraire bien sûr, mais je ne sais jamais où je vais dormir le lendemain, ni le soir même. Il y a tellement de variables. Tout dépend des rencontres que je fais sur la route, qui me feront prendre une direction plutôt qu’une autre. Cela dépend aussi de ma forme, de la température qu’il fait, s’il vente ou s’il pleut, et de tout ce qui pourrait « ralentir » ma progression.

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Crédit photo : Cyril Jegado

Au début, quand tu voyages, tu es un vrai touriste. Tu planifies tout, tu cherches à optimiser chaque minute de ton temps. Puis quand tu réalises que tu n’as pas de limite de temps, pas de date de retour, le voyage devient ton mode de vie. Le voyage devient ta vie. Ta nouvelle vie.

Ta maison « sur le dos », tu voyages au gré du vent, sans cette pression de devoir rentabiliser chaque moment, sans devoir faire une course contre la montre car il ne te reste « plus que » quelques semaines ou quelques mois. Tu te prends même des vacances parfois, pendant que tu voyages. Donc ce n’est ni de l’organisation, ni de l’improvisation. Il s’agit plutôt de saisir les opportunités quand elles se présentent à toi.

Plutôt minimaliste ou « chargé comme un bourrin » ?

Je suis plutôt de la vieille école. Et comme je suis à 100% autonome, je suis équipé en conséquence et donc assez chargé. Pour faire simple, j’ai 4 sacoches : une pour les vêtements, adaptés en fonction du climat ; une pour le couchage, avec la tente principalement ; une pour les repas, avec le réchaud et le nécessaire de cuisine ; et enfin une pour le matériel de réparation, la pompe à vélo et les cartes routières.

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Crédit photo : Cyril Jegado

Au début, je m’encombrais un peu pour rien. Mais avec le temps, mon équipement s’est amélioré. J’ai réalisé que certaines choses ne me servaient à rien. En général, quand quelque chose ne t’a jamais servi après plusieurs semaines, tu t’en débarrasses. Maintenant, avec l’expérience, je sais ce dont j’ai besoin et je peux faire mon sac en 20 minutes.

80 000 km, 2 700 jours, 75 pays

Racontez-nous votre tour du monde à vélo, on veut tout savoir !

Le plus important, le plus fondateur de tous mes voyages, c’est le tout premier. Avec un ami, on voulait absolument partir sur une île. Initialement, on avait pour ambition de partir à Bora Bora. On s’est rendu compte qu’un billet d’avion valait plusieurs mois de salaire. Et pour être tout à fait honnête, on ne savait même pas où se trouvait Bora Bora. Mais ça nous faisait rêver.

Finalement, nous sommes partis 3 semaines dans les îles grecques. Et je me suis rendu compte que voyager était bien plus simple que je ne le pensais, même à l’époque. Et qu’il y avait toujours des solutions.

C’est par la suite que mes aventures à vélo ont débuté, à commencer par l’Australie. J’y ai passé 5 mois, et c’est ce voyage qui a amorcé mon tour du monde à vélo. C’est là-bas que j’ai effectué mes 9 000 premiers kilomètres de voyage à vélo. Le début d’une longue série.

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Crédit photo : Cyril Jegago

S’en sont suivies des dizaines de voyages à travers 75 pays différents. Un véritable tour du monde, donc. Je suis allée de Saint-Etienne à Singapour en 28 mois, soit l’équivalent de 34 000 km ; j’ai parcouru 26 000 km de Bali à Saint-Etienne en 2 ans ; j’ai pédalé 3 500 km à Madagascar ; traversé le désert Wadi Rum en Jordanie et fait le tour de l’Europe ; et plus récemment, j’ai fait un tour de France de 4 200 km en 50 jours.

C’est environ à mi-parcours de notre tour du monde que mon fils est né. Nous sommes rentrés en France pour les 6 derniers mois de grossesse de ma femme, puis nous avons repris la route. Non plus à 2, mais à 3. Il a alors passé les 3 premières années de sa vie à parcourir le monde dans une petite remorque, à l’arrière de mon vélo.

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Crédit photo : Cyril Jegado

On sait qu’il est difficile de répondre à cette question, mais quel est votre pays coup de cœur ?

Tout dépend sur quel critère on se base. Si on parle des paysages, de la relation avec les locaux, de la nourriture… Mais à choisir, ce serait l’Inde, sans aucun doute ! C’est la destination que je connais le mieux et le plus exotique de tous les pays. J’ai aussi adoré le Japon, qui est très dépaysant. Le Népal également pour les treks. Ou encore la Nouvelle-Zélande, pour la diversité des paysages qui changent en peu de kilomètres.

Mais en Inde, tu vois des choses que tu ne vois nulle part ailleurs. C’est à la fois majestueux, vaste et varié, parfait pour faire des photos, mais également très déstabilisant. Tu peux être témoin de choses extrêmement dures, tu es confronté à la pauvreté, à la maladie, à la mort.

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Crédit photo : Cyril Jegado

Et à côté de ça, même si j’y ai passé 2 ans de ma vie, je ne comprends pas toujours tout ce qu’il s’y passe. Tu vois des singes sur les transformateurs électriques, des scènes de rue, des vaches qui rentrent dans les restaurants et mangent dans les assiettes, j’en passe et des meilleurs. Ce pays m’a profondément marqué, je pourrais en parler pendant des heures.

Qu’est-ce qui vous fait vibrer en voyage ?

L’humain, sans l’ombre d’un doute. L’important c’est de rencontrer des gens, c’est ce qui m’anime dans le voyage. Tout comme l’aspect nature d’ailleurs. Dormir dehors ou chez l’habitant, faire un feu, se débrouiller pour trouver où se laver, c’est ça, l’aventure. C’est de ça dont je me souviens.

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Crédit photo : Cyril Jegado

Et après toutes ces années, même si j’ai les moyens de me payer une nuit à l’hôtel, je mets un point d’honneur à garder cet aspect roots du voyage. Les souvenirs sont différents et bien plus intenses quand on vit l’aventure à fond, en pleine nature ou au sein du cocon familial des locaux.

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Crédit photo : Cyril Jegado

Qu’est-ce que le voyage vous a appris ?

Le voyage a changé ma vie. Il ne se passe pas une semaine sans que je me dise qu’on a de la chance. De la chance d’avoir de l’eau potable et l’électricité, de pouvoir appeler les pompiers en cas d’urgence, de pouvoir être soigné.

Le voyage nous apprend à relativiser, à prendre conscience du monde dans lequel on vit. Je ne vous apprends rien, nous les Français, on se plaint beaucoup, on n’est jamais content. Bref, on en veut toujours plus.

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Crédit photo : Cyril Jegado

Au-delà de ça, le voyage définit notre perception des choses, notre perception du monde. Typiquement, quelqu’un qui n’a jamais voyagé se plaint d’avoir chaud dès que le thermomètre approche les 30°C. Personnellement, pour avoir connu des températures beaucoup plus élevées en voyage, ma tolérance à la chaleur est bien plus élevée et ma perception de la chaleur est différente.

À Hanoï au Vietnam et à Madurai en Inde, il fait extrêmement chaud, je m’en souviens très bien. On atteint facilement les 48°C… à l’ombre. Le pire c’est la nuit, car les températures ne descendent jamais en-dessous des 30°C, donc le corps ne se repose jamais. On avait continuellement chaud, la sensation de fraicheur n’existe pas là-bas.

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Crédit photo : Cyril Jegado

Le voyage nous apprend aussi l’adaptation. Les gens s’interrogent régulièrement sur ma réinsertion “dans la vraie vie”, personnellement je ne suis pas inquiet ! J’ai passé ma vie à m’adapter, je sais que je trouverai toujours des solutions. Grâce à tous mes voyages, mon esprit s’est habitué. Je m’adapte continuellement, c’est devenu naturel.

L’aventure commence au coin de la rue, il suffit de tendre le pouce

Quelle a été la réaction de vos parents ?

Quand je suis parti en Australie, dans ma tête ce n’était qu’un seul voyage. Je n’avais pas prévu qu’il y en ait d’autres. Mes parents n’ont donc pas été particulièrement réticents. Mais finalement, à mon retour, je n’ai pas tardé à repartir, notamment en Tchécoslovaquie.

Nous étions dans les années 1990, juste après la chute du mur de Berlin et les pays de l’est venaient d’ouvrir leurs frontières. Évidemment, inutile de préciser que mon père m’a aussitôt mis en garde et m’a déconseillé de partir, ce qui ne m’a pas empêché de reprendre la route.

Mais mes parents ont finalement fini par se rendre à l’évidence. Ils ont arrêté d’essayer de comprendre et se sont faits à l’idée que le voyage était en moi, qu’il faisait partie intégrante de ma vie. Mais quand ma femme et moi-même sommes rentrés en France pour la naissance de mon fils, ils pensaient que j’étais rentré pour de bon. Je vous laisse imaginer leur surprise quand je suis reparti alors que mon fils n’avait que 4 mois.

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Crédit photo : Cyril Jegado

La première fois où ils sont venus nous rendre visite, c’était au Sri Lanka. Ils ont été étonnés de voir qu’avec ma femme, on parlait couramment anglais, qu’on se débrouillait très bien au quotidien, qu’on n’avait aucune difficulté à trouver notre chemin, à trouver un restaurant ou encore la gare. Et ils ont finalement intégré l’idée que le voyage était bel et bien mon mode de vie.

Quand j’étais en Australie, lors de mon premier voyage à vélo, on avait fixé une petite routine avec ma mère. Je l’appelais tous les jours à la même heure, je laissais sonner 3 coups, juste pour qu’elle sache que j’allais bien. Et s’il y avait une urgence, elle répondait.

Par la suite, lors de mes autres voyages, mes parents pouvaient passer 2 mois sans nouvelles de moi. Une fois, je me souviens les avoir appelés depuis la Grèce, et plusieurs semaines après depuis l’Égypte. Ils étaient loin de se douter que pendant cet intervalle de temps, j’avais pédalé plus de 1 500 km, visité 3 autres pays – la Turquie, la Syrie et la Jordanie – et traversé le Bosphore puis l’isthme de Suez.

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Crédit photo : Cyril Jegado

Vous n’êtes pas sans savoir que de nos jours, tout le monde a un téléphone. Avec les réseaux sociaux, on est tous connecté, on peut contacter nos proches à tout moment. À l’époque, c’était beaucoup plus compliqué. Si on voulait appeler nos proches, ça coûtait extrêmement cher. En cas d’urgence, on se débrouillait pour envoyer un fax ou alors on allait dans les ambassades si besoin, mais c’était limité.

À l’époque, je n’avais pas conscience que ça pouvait être dur pour mes parents. Je me rends compte maintenant que j’ai des enfants que ça ne devait pas être évident. À quel moment on s’inquiète ? Au bout de combien de temps on se demande s’il s’est passé quelque chose de grave ? De nos jours, on ne passe pas une journée sans nouvelles de nos enfants, sinon on se pose des questions.

Que diriez-vous à quelqu’un qui n’ose pas partir à l’aventure ?

Tout d’abord, sachez que voyager n’est ni une question d’argent, ni une question de classe sociale. Alors évidemment, si tu as un peu d’économies, ça aide, mais le voyage est possible, même sans argent.

Ensuite, n’ayez pas peur et sortez de votre zone de confort ! L’humain est bon à 99%, j’en suis persuadé après toutes ces années sur la route. En tout cas, c’est la réflexion que je me suis faite, après 30 ans de voyage. On fait forcément de très belles rencontres, on vit des expériences inoubliables qui nous changent.

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Crédit photo : Cyril Jegado

Alors évidemment, on vit des choses moins agréables parfois, mais le reste est bon, et c’est ce qu’il faut garder en mémoire. Tous ces gens qui m’ont hébergé, qui m’ont aidé quand j’en avais besoin, toutes ces rencontres et ces amitiés qui perdurent encore aujourd’hui pour certaines, c’est de ça dont je me souviens.

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Crédit photo : Cyril Jegado

À l’époque, il y avait un slogan qui m’avait marqué : just do it, de Nike. Fais-le, tout simplement. C’est exactement ça. Vous n’êtes pas obligé de vous inspirer de quelqu’un qui a fait des choses extraordinaires comme Mike Horn. Chacun peut faire ce qu’il veut. C’est à chacun de construire sa propre aventure. L’aventure commence au coin de la rue, il suffit de tendre le pouce.

De tendre le pouce. Doit-on en conclure que vous avez un passé d’auto-stoppeur ?

Oui, avant nos voyages à vélo, on s’amusait à écrire des noms de villes sur des bouts de papier avec ma femme. On en tirait un au sort et on partait. En fait les papiers, c’était juste un prétexte pour nous donner une direction. Donc on tendait le pouce, et on partait à l’aventure comme ça. Il s’en est passé des choses durant tous ces kilomètres, et on a fait de très belles rencontres. Et puis c’est très formateur l’auto-stop, ça nous a appris – entre autres – la patience et la persévérance.

J’ai même fait du bateau-stop en Polynésie. Les gens me demandaient ma destination, et je leur répondais “je vais là où vous allez”.

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Crédit photo : Cyril Jegado

Donc on se retrouvait souvent, ma femme, mon fils et moi, à monter dans des bateaux sans même savoir où ils allaient. C’est comme ça que j’ai fini sur bon nombre d’îles sans l’avoir prévu en amont, et que j’ai rencontré des gens formidables. Et c’est sans aucun doute ce qui fait la beauté et l’authenticité de tous ces périples.

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J’ai également passé 8 mois en Afrique. En 4L cette fois-ci. C’était une expérience merveilleuse mais ça ne vaut pas le vélo. Quand tu es à vélo, il n’y a pas de barrières. Les gens ont directement accès à toi, ils viennent plus facilement vers toi, le contact est beaucoup plus facile.

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Crédit photo : Cyril Jegado

Pour moi le vélo, c’est le meilleur compromis pour visiter un pays. C’est le meilleur moyen pour rencontrer des gens tout en avançant géographiquement, plus vite qu’à pied.

Et les risques alors, on en parle ?

Il ne faut pas sous-estimer les risques, il y en a forcément. Parfois, tu peux te faire voler ou agresser, ça arrive, c’est un fait. Et parfois c’est dur moralement. Comme je le disais pour l’Inde, dans certains pays, tu vois des choses qui t’atteignent psychologiquement, tu es confronté à la pauvreté, à la mort, mais le bon l’emporte toujours. Encore une fois, je suis intimement convaincu que l’humain est bon. Donc ça ne doit pas vous empêcher de partir, vous empêcher de réaliser vos rêves.

Le bonheur est au bout du guidon

Le mot de la fin, pour les derniers réfractaires ?

Lancez-vous ! Partez ! Il n’y a jamais de bon moment. Il y aura toujours quelqu’un ou quelque chose susceptible de vous freiner. La famille, les amis, l’entourage de manière générale. Et puis le travail, celui que vous avez tant attendu. La fin des études et la pression sociale qui vous obligent à vous insérer dans la vie active. Mais comme je le dis souvent : le bonheur est au bout du guidon, le bonheur est sur un vélo.

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Donc enfourchez votre vélo, et foncez ! Et puis après tout, vous ne devez rien à personne. Si c’est trop dur, si finalement ça ne vous correspond pas, il vous suffit de changer de plans, de rentrer s’il le faut et de tenter autre chose. Tout simplement.

Odyssée Cyril

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Questions / Commentaires à l'auteur
Embarquez pour des voyages extraordinaires !
Chaque semaine, de nouvelles destinations et conseils pour vivre de belles expériences de voyage !
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    Super!
    merci Perrine pour ce bel article qui résume tant de voyages.

    • avatar

      Et Merci Cyril pour ces mots inspirants pour démarrer 😉

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