Visiter Ioannina : 9 incontournables à faire et voir (Grèce)

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Ioannina ne figure sur aucune liste des principales destinations en Grèce. C’est une ville du nord-ouest, coincée entre les montagnes du Pinde et un lac vieux de plusieurs millions d’années, avec un passé ottoman lourd et une population étudiante qui la maintient vivante à l’année. Peu de francophones y posent leurs valises, la signalétique est parfois uniquement en grec, et c’est tant mieux. Comptez 2 jours pour visiter Ioannina, 4 à 5 si vous partez en excursion dans l’Épire.

1. La forteresse (Kastro)

Le Kastro, Ioannina

Crédit photo : Wikimédia – Pudelek

Le Kastro est le point de départ logique de tout séjour à Ioannina. Construit à l’époque byzantine, documenté dès les VIe-VIIe siècles, et remanié sous Ali Pacha, il est encore habité. Des locaux, des restaurants et des cafés font vivre l’intérieur des remparts. Le site s’organise autour de deux citadelles dominant le reste de la vieille ville. La citadelle nord-est abrite la mosquée Aslan Pacha, reconvertie en musée ethnographique municipal, ainsi qu’un hammam ottoman. Dans les ruelles situées en contrebas, se trouvent les traces de l’ancien quartier juif, dont la communauté a été déportée en 1944.

Its Kale, la citadelle intérieure au sud-est, regroupe le tombeau d’Ali Pacha, la mosquée Fethiye et le musée de l’orfèvrerie. Comptez 2 à 3h pour visiter l’ensemble sans vous presser. L’accès au quartier fortifié est gratuit et les musées sont payants (3 à 5 € par entrée). Les panneaux d’information étant rares au sein des ruelles, déambuler au hasard reste le meilleur moyen d’explorer le site. Privilégiez la fin d’après-midi pour monter à Its Kale afin de bénéficier de la lumière sur le lac Pamvotida. Pour dormir sur place, des appartements et petits hôtels sont aménagés à l’intérieur même des remparts.

2. L’île du lac (Nissi)

Le lac Pamvotida, cœur naturel de Ioannina

Crédit photo : Shutterstock

Depuis le petit embarcadère au pied de la forteresse, un bateau motorisé vous dépose sur l’île en 10 min, pour environ 3 € le trajet. Nissi est habitée, entièrement piétonne, et abrite plusieurs monastères byzantins dont le plus important est celui de Saint-Pantéléimon. C’est là qu’Ali Pacha a été tué en 1822, et les impacts de balles dans le plancher en bois sont encore visibles aujourd’hui.

Prévoyez 1h30 à 2h pour visiter les monastères et déjeuner dans l’une des tavernes qui servent des cuisses de grenouille, de l’anguille et de la carpe du lac. C’est une bonne façon d’agrémenter la journée.

3. Le lac Pamvotida

Le lac Pamvotida, Ioannina

Crédit photo : Flickr – efou222

Le lac Pamvotida n’est pas un simple décor qu’on admire de loin, c’est l’espace de vie des habitants d’Ioannina. Chaque soir, les berges s’animent, les cafés se remplissent et les locaux viennent longer le lac à pied ou à vélo. Le tour complet du lac fait environ 20 km. Si certains le font en courant, notre recommandation est de louer un vélo pour faire la boucle complète. À pied, l’effort est long et certaines sections éloignées longent la route sans véritable trottoir. La balade aménagée près du centre reste la meilleure option pour une marche classique.

Levez-vous tôt en automne ou en hiver : la brume posée sur l’eau au petit matin donne à la ville une ambiance très particulière. Le lac fait partie du réseau Natura 2000 et accueille environ 170 espèces d’oiseaux au fil des saisons. Côté pratique, les restaurants avec vue directe sur l’eau se concentrent du côté de la ville, autour de l’embarcadère pour l’île.

4. Le quartier historique et la vieille ville

Ioannina - ruelles

Crédit photo : Shutterstock

Le centre historique et la vieille ville se visitent à pied en une bonne heure. À l’intérieur des remparts, repérez les maisons traditionnelles du quartier juif et la synagogue, témoin d’une communauté romaniote présente à Ioannina depuis l’Antiquité et l’une des plus anciennes de Grèce. En dehors des murs, le vieux centre commerçant abrite les arcades couvertes (Stoa Louli, Stoa Liambei). La ville vit vraiment à partir de 20h : les tsipouradika s’animent, les cafés se remplissent, et l’ambiance doit beaucoup à la grande université implantée ici.

Planifiez cette balade en soirée plutôt qu’en journée pour saisir toute cette énergie. Les rues Anexartisias et Averoff concentrent boutiques d’argenterie, bars et restaurants sur quelques centaines de mètres. Ioannina n’est pas une ville-musée figée hors saison : elle fonctionne à plein régime à l’année.

5. Le musée de l’orfèvrerie

Ioannina tient une place à part dans l’histoire de l’artisanat grec. La ville abrite une longue tradition d’orfèvrerie, un savoir-faire qui remonte à plusieurs siècles et qui a exporté ses pièces jusqu’en Autriche et en Russie. Le musée, installé dans Its Kale (la citadelle intérieure de la forteresse), retrace cette histoire à travers bijoux, objets du quotidien et pièces ecclésiastiques travaillées à la main. L’établissement jouit d’une scénographie très récente. Le parcours s’appuie sur des écrans interactifs et des maquettes pour expliquer les techniques complexes de fabrication, de la fonte à la ciselure.

Visitez ce musée avant de flâner dans les boutiques d’argenterie des rues Anexartisias et Averoff. Vous regarderez les vitrines différemment quand vous aurez vu le travail technique qui se cache derrière chaque pièce. Comptez 4 € pour un adulte et 2 € en tarif réduit. La visite s’intègre naturellement dans votre tour de la forteresse. Contrairement à d’autres sites historiques de la région, ce musée géré par une fondation privée est parfaitement entretenu et ses installations sont impeccables.

6. La grotte de Pérama

La grotte de Pérama, Ioannina

Crédit photo : Wikimédia – PaigePhault

À 4 km au nord du centre, la grotte de Pérama s’avère stratégique si vous visitez Ioannina en plein été. La température y reste stable à 17°C toute l’année, une pause thermique bienvenue quand la chaleur monte. Découverte progressivement à partir de 1940 par des habitants cherchant refuge lors des bombardements de la Seconde Guerre mondiale, elle s’étend sur près de 5 km de galeries souterraines, dont 1,1 km aménagé pour les visiteurs. L’éclairage met en valeur les concrétions sans artifice inutile.

Prévoyez 45 min pour la visite guidée, seul moyen d’accès au réseau. Les groupes peuvent être assez chargés : placez-vous près du guide dès le départ pour bien entendre les explications. Renseignez-vous aussi sur la langue de la visite avant de réserver, certaines sessions alternent plusieurs langues, ce qui allonge sensiblement la durée. En sortant, enchaînez avec une montée vers le village de Ligiadès, perché à 940 m d’altitude avec une vue dégagée sur Ioannina et le lac Pamvotida. Il vous faudra prendre votre voiture car il n’existe pas de transport en commun efficace depuis le centre.

7. Le site antique de Dodone

Le site antique de Dodone près de Ioannina

Crédit photo : Wikimédia – Inkey

Dodone se situe à 22 km au sud de Ioannina, soit 30 min en voiture. Planifiez d’abord une visite du musée archéologique de Ioannina, qui expose les tablettes de plomb gravées retrouvées sur place. Ce sont de petits morceaux de métal sur lesquels les fidèles inscrivaient leurs questions à l’oracle de Zeus. La mise en contexte change vraiment la lecture du site.

Sur place, le théâtre du IIIe siècle avant J.-C. domine l’ensemble. Il pouvait accueillir entre 14 000 et 15 000 personnes et se dresse encore en très bon état devant un fond de montagnes. L’entrée coûte 8 €. Programmez une heure et demie sur place. Le site est partiellement en travaux de restauration : certaines zones peuvent être inaccessibles. Pensez à apporter de quoi manger et boire, il n’y a aucune restauration sur place. Notez qu’aucun bus ne dessert Dodone depuis Ioannina de façon pratique : la voiture est indispensable.

8. Les excursions autour d’Ioannina

Ponts de pierre du Zagori

Shutterstock – zedspider

Ioannina fonctionne bien comme base pour explorer l’Épire, à condition d’avoir une voiture. Les villages des Zagori, à une heure au nord, restent notre priorité absolue. Vous verrez 46 hameaux en pierre reliés par des sentiers pavés et des ponts en pierre arqués, avec une architecture très bien conservée. Tablez sur une journée complète pour en voir plusieurs, deux si vous randonnez dans les gorges de Vikos (environ 12 km, comptez 4 à 5h de marche entre Monodendri et le village de Vikos).

Si vous avez une demi-journée de plus, Metsovo mérite le trajet en direction de Thessalonique. Cette petite ville de montagne propose des fromages locaux, du vin produit sur place et un artisanat encore vivant. Dodone au sud (22 km, 30 min de route) complète bien une journée, surtout si vous avez déjà visité le musée archéologique de Ioannina qui expose les pièces issues des fouilles du site.

9. Gastronomie et spécialités

Ioannina - café

Crédit photo : Shutterstock

L’Épire a une identité culinaire très marquée, et Ioannina en est le reflet direct. La pite, tourte feuilletée à la pâte filo, est le plat de base de la région. Garnie d’herbes sauvages, de feta, de viande de chèvre ou de champignons, elle se mange à toute heure. Les fromages locaux, l’anguille et les cuisses de grenouille du lac servies dans les tavernes de l’île, ainsi que les baklavas aux noix et aux amandes complètent le menu. Ils illustrent une influence ottomane qui fait simplement partie de l’histoire de la région.

Pour boire, commandez un tsipouro dans l’un des tsipouradika du centre, accompagné de mezzés : c’est le rituel du soir ici. Avant de partir, goûtez le şeker börek, un massepain blanc parfumé à l’eau de rose, spécialité locale servie traditionnellement lors des mariages. Mangez au moins une fois sur l’île du lac et une fois dans le centre historique, côté rues Anexartisias et Averoff, pour avoir deux ambiances bien distinctes.

Dans la vieille ville, certaines adresses proposent aussi des plats mijotés soignés, bœuf braisé ou poisson en croûte, avec une sélection de vins grecs locaux, notamment le blanc de Zitsa. Comptez plutôt autour de 4 à 5 € le verre, un tarif nettement plus représentatif de la région. Notre recommandation : demandez conseil à l’équipe en salle sur les plats du jour, c’est souvent là que se trouvent les options les plus intéressantes.

Questions pratiques pour votre voyage à Ioannina

Comment aller à Ioannina ?

Depuis la France, le plus simple est de rejoindre Athènes en avion puis de prendre une correspondance vers l’aéroport d’Ioannina (vol domestique d’environ 50 min). Depuis Paris, comptez une journée de trajet avec correspondance. Utilisez notre comparateur de vol pour trouver les meilleures options.

Autre possibilité : voler vers Thessalonique et rejoindre Ioannina en voiture via l’autoroute Egnatia (environ 2h30). Le bus depuis Athènes existe (5h30), mais reste contraignant si vous prévoyez des excursions.

Comment se déplacer à Ioannina ?

Le centre historique et les berges du lac se visitent à pied sans difficulté. Pour l’île du lac, le bateau motorisé depuis l’embarcadère au pied de la forteresse (3 € aller-retour) suffit.

Pour les excursions dans les Zagori, à Dodone ou à Pérama, la voiture de location est indispensable. Les transports en commun vers ces sites sont inexistants ou très peu pratiques pour un visiteur. Réservez votre véhicule à l’avance, surtout au printemps et en été.

Où dormir à Ioannina ?

Le centre historique, dans les rues autour de la forteresse et du lac, est le choix logique pour un séjour touristique. Tout y est accessible à pied, les restaurants et tsipouradika sont à portée immédiate.

Pour une ambiance plus animée et des hébergements souvent moins chers, les quartiers étudiants autour de l’université (vers la place Pyrrou) sont une bonne alternative. Évitez les zones périphériques sans voiture, elles n’offrent aucun intérêt pour un visiteur.

Quelle est la meilleure période pour visiter Ioannina ?

Avril-mai et septembre-octobre sont les meilleures fenêtres : températures agréables, randonnées dans les Zagori praticables, fréquentation touristique modérée. L’été est chaud mais bien moins écrasant qu’en Grèce insulaire, avec des nuits fraîches en montagne.

Faut-il un visa pour entrer en Grèce ?

Non. La Grèce fait partie de l’espace Schengen. Une carte d’identité française en cours de validité suffit pour entrer sur le territoire. Aucun passeport ni visa n’est requis pour les ressortissants français.

Quelle est la monnaie utilisée à Ioannina ?

La monnaie est l’euro. Prévoyez du liquide : certaines tavernes de l’île du lac, petits commerces d’artisanat et marchés n’acceptent pas la carte bancaire. Un retrait à l’arrivée en ville est conseillé.

Ioannina est-elle une destination sûre ?

Oui, sans réserve particulière. La ville est calme, y compris la nuit dans le centre historique. Gardez un œil sur vos affaires dans les zones touristiques très fréquentées, notamment le bord du lac le week-end.

Carte des hôtels et logements - Grèce
Plus d'inspiration

Depuis ma jeunesse, j'ai toujours été attiré par l'univers du tourisme et l'expérience de vivre à l'étranger. Alors, après avoir visité plus d'une trentaine de pays, j'ai décidé de m'installer dans un village au Sénégal en 2019 où j'ai la chance de vivre de ma passion pour les voyages.

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