Vous avez déjà croisé des touristes en France… mais d’où viennent-ils vraiment ?
102 millions de touristes en France en 2025. Un record historique. Mais derrière ce chiffre vertigineux, une question que personne ne pose vraiment : d’où viennent-ils tous ? La réponse, révélée par notre Observatoire Generation Voyage, réserve quelques surprises. Non, ce ne sont pas les Américains qui envahissent la France. Et les Espagnols, si proches, arrivent bien plus loin qu’on ne le croit dans le classement.
La France, une destination avant tout… européenne
Premier enseignement de l’Observatoire GV : la France est une destination massivement européenne. Les 10 premiers pays émetteurs de touristes vers l’Hexagone sont presque exclusivement des voisins directs. La géographie, la proximité et les liaisons terrestres expliquent en grande partie ce phénomène. Venir en France depuis Londres, Bruxelles ou Amsterdam, c’est souvent plus simple que de traverser son propre pays. Ce sont donc nos voisins qui nous connaissent le mieux, et qui reviennent le plus.
1. Royaume-Uni – 14,6 millions de visiteurs
Les Britanniques sont, de loin, les premiers visiteurs étrangers de la France avec 14,6 millions d’arrivées. Un chiffre colossal qui s’explique par une proximité géographique unique : Londres est à 2h15 de Paris par Eurostar, et les ferries transmanche déversent chaque semaine des centaines de milliers de touristes anglais sur les côtes normandes et bretonnes. La France est d’ailleurs la deuxième destination favorite des Britanniques, juste derrière l’Espagne.
Ils viennent pour Paris bien sûr, mais aussi pour les Alpes (la France est leur destination ski n°1), la Côte d’Azur, la Normandie et ses plages chargées d’histoire, et les vignobles du Sud-Ouest. Fait notable : les Britanniques tendent vers le haut de gamme, avec une forte progression des réservations en hôtels 4 étoiles ces dernières années.
2. Allemagne – 13,7 millions de visiteurs
Les Allemands arrivent en deuxième position avec 13,7 millions de visiteurs. Grande nation de voyageurs (les Allemands sont parmi les plus gros dépensiers touristiques au monde), ils trouvent en France un terrain de jeu idéal : accessible en voiture depuis la plupart des grandes villes allemandes, la France offre une diversité de paysages que peu de destinations européennes peuvent rivaliser. Paris, l’Alsace (culturellement proche), la Provence et la Corse figurent parmi leurs destinations préférées. Les touristes allemands sont réputés pour leurs séjours longs et leurs dépenses élevées sur place.
3. Belgique et Luxembourg – 13 millions de visiteurs
Le duo Belgique-Luxembourg complète le podium avec 13 millions de visiteurs, un chiffre impressionnant pour deux pays qui totalisent moins de 12 millions d’habitants. Autrement dit, statistiquement, chaque Belge et chaque Luxembourgeois vient en France plus d’une fois par an. La proximité est totale : Paris est à moins de 1h30 de Bruxelles, les Ardennes françaises sont à portée de week-end, et la côte atlantique attire massivement les familles belges en juillet-août. La France est, pour beaucoup de Belges, une destination de vacances aussi naturelle que leur propre pays.
4. Italie, Suisse, Espagne – 7,5 millions chacun
Trois pays arrivent à égalité parfaite avec 7,5 millions de visiteurs chacun : l’Italie, la Suisse et l’Espagne. Ce trio partage un point commun : tous trois ont une frontière terrestre avec la France, ce qui facilite les allers-retours rapides. Les Italiens sont attirés par Paris, la Côte d’Azur (très accessible depuis Milan ou Turin) et les Alpes.
Les Suisses, enclavés et multilingues, regardent naturellement vers la France francophone pour leurs escapades. Quant aux Espagnols, leur présence relativement modeste au regard de la frontière commune étonne : avec seulement 7,5 millions de visiteurs pour 47 millions d’habitants, ils sont moins nombreux en proportion que leurs voisins britanniques ou belges. L’Espagne, elle-même première destination balnéaire d’Europe, retient une bonne partie de ses propres voyageurs.
5. Pays-Bas – 5 millions de visiteurs
Avec 5 millions de visiteurs pour 17 millions d’habitants, les Néerlandais sont proportionnellement de grands consommateurs de France. Ce petit pays plat et dense vient chercher en France ce qu’il n’a pas chez lui : des montagnes, du soleil, des vignobles et des paysages variés. Les campings du Sud-Ouest et les Ardèches sont des destinations historiquement très prisées des familles néerlandaises, qui voyagent souvent en voiture avec caravane ou camping-car.
6. États-Unis – 4,5 millions de visiteurs
Les États-Unis arrivent en 7e position avec 4,5 millions de visiteurs, loin derrière les Européens. C’est le premier pays non-européen du classement et, sans surprise, Paris est leur destination française quasi-exclusive. Les Américains sont pourtant parmi les touristes les plus dépensiers en France : séjours plus courts en nombre mais plus intenses en termes de budget hébergement, restauration et shopping. La Côte d’Azur, Nice et Cannes constituent leur second pôle d’attraction.
7. Portugal – 2,5 millions de visiteurs
Le Portugal envoie 2,5 millions de touristes en France, un chiffre qui reflète aussi les très nombreux Portugais installés en France qui rendent visite à leur famille ou qui voyagent depuis leur pays d’origine vers l’Hexagone. La communauté portugaise est en effet l’une des plus importantes de France, créant un flux touristique particulier, à mi-chemin entre le tourisme classique et les visites affinitaires. Paris et les régions où la diaspora est installée (Île-de-France, région parisienne) concentrent l’essentiel de ces visites.
8. Chine – 2,4 millions de visiteurs
La Chine pointe à 2,4 millions de visiteurs, un chiffre en forte reprise après l’effondrement post-Covid. Le touriste chinois est un profil très particulier : il voyage en groupe organisé, concentre son séjour sur Paris et quelques sites emblématiques (Tour Eiffel, Versailles, Louvre), et affiche des dépenses parmi les plus élevées de tous les touristes étrangers en France, notamment dans le luxe et les grandes maisons parisiennes. Le retour des touristes chinois est une excellente nouvelle pour l’économie touristique française, qui avait fortement souffert de leur absence entre 2020 et 2023.
9. Japon – 1,5 million de visiteurs
Le Japon envoie 1,5 million de visiteurs en France, un chiffre modeste en volume mais remarquable en termes de qualité. Les Japonais ont une relation culturelle particulière avec la France, notamment avec Paris, vécue comme la ville romantique par excellence. Ce phénomène est si fort qu’il a même engendré le « syndrome de Paris », une forme de choc culturel que vivent certains touristes japonais confrontés à une réalité parisienne différente de l’image idéalisée qu’ils en avaient. Les Japonais sont aussi de grands amateurs de gastronomie française et de mode.
10. Pologne – 1,3 million de visiteurs
La Pologne complète ce top 10 avec 1,3 million de visiteurs, une présence croissante qui s’explique par l’essor des liaisons aériennes low-cost entre les grandes villes polonaises et les aéroports français. Paris reste la destination phare, mais la Corse connaît une progression spectaculaire auprès des Polonais, avec une hausse de +112 % des recherches de vols vers Bastia, selon les données Kayak.
Et le Brésil et la Russie ?
Le Brésil (1,2 million) et la Russie (1 million, en net recul depuis 2022 et les sanctions liées à la guerre en Ukraine) complètent le tableau des 14 principaux émetteurs de touristes vers la France. Les Brésiliens partagent avec les Japonais une fascination particulière pour Paris et le luxe à la française. La communauté brésilienne aisée fait de la capitale française une étape quasi-obligatoire de ses circuits européens.
Ce que ce classement nous dit vraiment
Trois enseignements frappants ressortent de ce portrait :
La France est d’abord une destination de proximité. Les 6 premiers pays du classement sont tous des voisins directs de la France. La géographie reste le premier facteur du tourisme entrant.
Les Américains sont moins nombreux qu’on ne le croit. Avec 4,5 millions de visiteurs, ils arrivent loin derrière les Britanniques (14,6M), les Allemands (13,7M) ou les Belges (13M). L’image d’Epinal du touriste américain bruyant à Paris ne reflète pas les réalités chiffrées.
L’Asie reste un marché d’avenir, pas encore un marché de masse. Chine et Japon réunis pèsent à peine 4 millions de visiteurs, soit moins que les Pays-Bas seuls. Mais leur dépense moyenne par séjour est sans commune mesure avec celle des touristes européens. C’est là que se jouera une partie de la bataille touristique des prochaines années.
Source : Observatoire du Tourisme Generation Voyage
