L’Empire State Building dans les films : pourquoi ce gratte-ciel fascine-t-il Hollywood ?

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Un bâtiment de bureaux construit en 410 jours en pleine Grande Dépression, inauguré en 1931, et qui cumule plus de 250 apparitions à l’écran. L’Empire State Building est sans doute l’acteur le plus sollicité de Hollywood. Pas une star, pas un décor neutre, mais un personnage à part entière. Ce qui suit explique pourquoi ce gratte-ciel emblématique de New York continue d’attirer les caméras depuis plus de neuf décennies.

Construit en pleine dépression, devenu star mondiale

construction de l'Empire State Building

L’Empire State Building sort de terre à une vitesse qui tient de l’exploit industriel. 3 400 ouvriers ont travaillé sur le chantier simultanément durant 410 jours, sur l’emplacement de l’ancien hôtel Waldorf-Astoria. Le 1er mai 1931, le président Hoover inaugure le bâtiment depuis Washington en appuyant sur un bouton. Coût total : environ 41 millions de dollars. La rentabilité réelle n’intervient pas avant 1950. New York le rebaptise ironiquement « Empty State Building » tant ses bureaux restent vides.

C’est précisément cette tension entre ambition démesurée et réalité économique qui le rend fascinant. Le cinéma s’en empare presque immédiatement, parce que le bâtiment incarne quelque chose que les mots peinent à formuler. On peut le résumer ainsi : la prétention de dominer le monde au moment même où le monde s’effondre. Dès 1931, il est le plus haut bâtiment de la planète : 381 m de structure, 443 m antenne comprise. Et il le restera jusqu’en 1970, date à laquelle la North Tower du World Trade Center le dépasse en hauteur. À l’époque, il n’existe tout simplement rien d’autre à sa mesure.

King Kong, ou comment un gratte-ciel devient personnage

En 1933, deux ans seulement après l’inauguration, King Kong sort sur les écrans. Le choix de l’Empire State Building dans ce film n’est pas décoratif. C’est le seul bâtiment de l’époque à la mesure d’un monstre géant. Il s’agit aussi du point le plus haut qu’une imagination de scénariste puisse placer sous les pattes d’un gorille de 12 m. La scène finale fonctionne comme une métaphore directe, la nature sauvage contre la modernité industrielle, au sommet de ce que l’homme vient de construire de plus ambitieux.

Le bâtiment réapparaît dans presque toutes les versions successives du film. À l’exception notable de la version de 1976 qui utilise le World Trade Center. Peter Jackson le reconstitue en images de synthèse pour son King Kong de 2005. En 1983, pour le 50e anniversaire du film original, un King Kong gonflable est installé sur le toit. Et en août 2004, à la mort de Fay Wray, l’actrice de la version originale, le bâtiment est plongé dans l’obscurité complète pendant 15 min en hommage.

La silhouette qui situe New York en une seconde

Montrez l’Empire State Building dans un plan de 5 sec, même en arrière-plan flou, et le spectateur sait immédiatement où il se trouve. Ses 102 étages en gradins successifs et sa flèche créent une signature visuelle immédiatement lisible. Elle s’avère bien plus distinctive que la masse rectiligne d’un gratte-ciel ordinaire. La tour Eiffel joue ce rôle pour Paris, Big Ben pour Londres. L’Empire State fait la même chose pour New York, avec en plus une verticalité et une position dominante sur Midtown qui n’ont pas d’équivalent.

Hollywood exploite ce raccourci systématiquement. Dans Independence Day (1996), c’est sa destruction par un vaisseau extraterrestre qui frappe le plus fort, précisément parce qu’il représente le cœur de New York. Dans la saga Percy Jackson, le « 600e étage » fictif du bâtiment abrite l’Olympe. Superman 4 y loge l’appartement de Lex Luthor. Depuis 2012, son éclairage nocturne en LED diffuse 16 millions de couleurs, ce qui le rend reconnaissable de nuit comme de jour, par tous les temps.

Le rendez-vous au sommet, une convention romantique

L’Empire State Building fonctionne aussi dans un registre radicalement opposé à King Kong. En 1957, Elle et lui avec Cary Grant et Deborah Kerr popularise le principe du rendez-vous manqué au sommet. Cette idée était déjà présente dans le film original de 1939 avec Charles Boyer et Irene Dunne. Deux amants séparés qui se donnent l’observatoire du 86e étage comme point de convergence, au-dessus du bruit de la ville. Nuits blanches à Seattle (1993) réactive explicitement ce mythe. Tom Hanks et Meg Ryan se retrouvent le soir de la Saint-Valentin sur la plateforme du 86e, dans une scène romantique qui cite et prolonge le film de 1957.

Ce décor fonctionne dramatiquement parce qu’il isole les personnages du monde réel. L’observatoire crée un espace suspendu entre ciel et ville, avec une vue à 360 degrés sur Manhattan. Ce n’est plus un bâtiment de bureaux, c’est un belvédère hors du temps. Si vous voulez vivre l’expérience, l’observatoire du 86e étage est ouvert 365 jours par an de 8h à 23h30. Vérifiez les tarifs actuels et réservez sur le site officiel de l’Empire State Building pour éviter la file.

La verticalité comme outil narratif

Empire State Building

Monter vers 381 m de structure, c’est une ascension au sens littéral et figuré. Hollywood utilise cette grammaire très efficacement. Le personnage au sommet de l’Empire State Building domine la ville entière, et par extension la situation narrative. Sous ses pieds, des milliers de vies, l’échelle humaine réduite à rien. Les scènes de confrontation en hauteur, qu’elles relèvent de l’action, du drame ou de la comédie, tirent toutes leur tension du même ressort.

Cette logique déborde largement le cinéma traditionnel. Dans Futurama, l’Empire State Building est le seul bâtiment préservé en l’an 3000. Au sein de la série Doctor Who, il sert de base aux Daleks. Dans Godzilla: Final Wars (2004), il subit les assauts du monstre. Les jeux vidéo Grand Theft Auto, Spider-Man et Prototype reprennent cette logique du bâtiment-symbole à conquérir ou à défendre, signe que l’imaginaire continue de se régénérer bien au-delà des salles obscures.

Un acteur disponible, au sens propre

Un point rarement évoqué explique en partie l’omniprésence du bâtiment dans les productions. Il est filmable, et il le sait. L’Empire State Realty Trust gère le site de façon professionnelle et entretient une longue tradition d’accueil pour les tournages, les campagnes publicitaires et les séances photo. Contrairement à d’autres monuments contraints par des protocoles complexes, il a toujours joué le jeu avec Hollywood.

Après les attentats de 2001 et la destruction des tours du World Trade Center, l’Empire State Building redevient le gratte-ciel le plus visible de Midtown. Il retrouve provisoirement sa place dominante dans la skyline new-yorkaise avant d’être dépassé en hauteur par le One World Trade Center en 2012. Cette capacité à traverser les crises sans perdre son statut d’icône cinématographique est sans doute ce qui le distingue de tous les autres gratte-ciel du monde. Il est là depuis 1931, et les caméras continuent de se tourner vers lui.

Depuis King Kong (1933) jusqu’aux blockbusters contemporains, l’Empire State Building reste le gratte-ciel le plus filmé de la planète. Montez au 86e étage pour comprendre pourquoi.

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Depuis ma jeunesse, j'ai toujours été attiré par l'univers du tourisme et l'expérience de vivre à l'étranger. Alors, après avoir visité plus d'une trentaine de pays, j'ai décidé de m'installer dans un village au Sénégal en 2019 où j'ai la chance de vivre de ma passion pour les voyages.

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