Visiter les îles Saroniques : 6 incontournables à faire et voir (Grèce)
Six îles dans le golfe entre Athènes et le Péloponnèse, à 40 min de ferry pour la plus proche. Sur le papier, un terrain de jeu évident. Dans les faits, chaque île joue dans une catégorie différente : sans voitures pour l’une, volcanique pour une autre, quasi déserte pour une troisième. Bien choisir, c’est éviter de passer sa semaine sur la mauvaise. Voici 6 choses à faire et voir sur les îles Saroniques pour s’y retrouver.
1. Le temple d’Aphaïa, site archéologique majeur d’Égine

Crédit photo : Flickr – Harris Gkioulistanis
Le temple d’Aphaïa domine le nord-est d’Égine, sur une colline boisée de pins à 160 m d’altitude. Édifié au Ve siècle av. J.-C., il compte parmi les temples doriques les mieux conservés de Grèce. Une grande partie de ses colonnes tient encore debout. Avec le Parthénon et le temple de Poséidon au cap Sounion, il formerait un triangle souvent mentionné dans les guides touristiques. Cette théorie populaire ne repose toutefois sur aucune validation archéologique établie.
Par temps clair, vous apercevrez bien l’Acropole depuis le site. L’entrée coûte 6 € et comprend le site archéologique et un petit musée. Depuis le port, rejoignez le temple en bus en 30 min environ, pour 2,20 €.
Consacrez une journée entière à Égine plutôt qu’une simple escale de 2h. Combinez le temple avec le site archéologique de Kolona, près du port, et le village byzantin abandonné de Paleochora, à quelques kilomètres. Au retour, achetez des pistaches sur le port. Égine possède une AOP pour ses pistaches, cultivées sur l’île depuis le XIXe siècle. Elles comptent parmi les spécialités incontournables à goûter en Grèce.
2. Les ruelles d’Hydra, sans une voiture à l’horizon

Crédit photo : Flickr – Dimitrios Tilis
Hydra interdit les véhicules à moteur depuis les années 1950-1960, une réglementation instaurée progressivement, sans décret unique ni date précise. Pas de voitures ni de scooters en ville. On se déplace à pied, à dos d’âne ou en bateau-taxi. Le port en fer à cheval donne immédiatement le ton. Il aligne des demeures en pierre grise des XVIIIe et XIXe siècles, anciennes résidences de capitaines. Leonard Cohen y a vécu dans les années 1960. Depuis, l’île a beaucoup changé : les prix ont flambé, la clientèle s’est internationalisée et plusieurs maisons du port appartiennent désormais à des investisseurs étrangers.
Soyez réaliste sur vos attentes : Hydra compte très peu de plages de sable. La baignade se pratique depuis des rochers aménagés, comme à Spilia ou Hydronetta. Le cadre est agréable, mais pas spectaculaire. Pour une vraie plage de galets, prenez un bateau-taxi vers Vlychos ou Bisti. Comptez 2h aller-retour à pied pour rejoindre le monastère du Prophète Elias. Au sommet, le panorama s’ouvre sur le golfe. Prévoyez des chaussures fermées. Hydra reste aussi l’île la plus chère de l’archipel : adaptez votre budget en conséquence.
3. Agistri, la plus verte et la plus tranquille

Crédit photo : Flickr – Irene Vlachou
Agistri est l’île que la plupart des voyageurs zappent au profit d’Hydra ou d’Égine. C’est précisément pour ça qu’elle vaut le détour. 13 km² couverts de pins, une eau très claire, et des spots de baignade comme la crique de galets de Chalikiadas. Louez un vélo ou un scooter au port dès l’arrivée : l’île s’explore en une demi-journée.
Évitez les week-ends de juillet-août, où les Athéniens débarquent en masse. Ils transforment la station balnéaire de Skala en prolongement du Pirée. En semaine ou hors saison, c’est une autre atmosphère. Les hébergements sont peu nombreux : réservez bien à l’avance, ou passez par Égine en excursion à la journée via le ferry local.
4. Poros et le détroit le plus étroit de Grèce

Crédit photo : Flickr – Manuel Barroso
L’arrivée en ferry à Poros surprend. Le canal qui sépare l’île du Péloponnèse ne fait que 200 m de large. On distingue les fenêtres des maisons de Galatas en face, les bateaux de pêche, les orangers sur la rive. La ville grimpe en arc de cercle sur la colline, toits rouges et façades néoclassiques. La tour de l’horloge blanche au sommet offre un point de vue direct sur le détroit et les montagnes du Péloponnèse.
Ce cadre tranche avec l’agitation d’Hydra. Montez à la tour de l’horloge, puis poussez jusqu’au monastère de Zoodochos Pigi, à 4 km dans une forêt de pins. Méfiez-vous des excursions « 3 îles » au départ d’Athènes qui incluent Poros : 1h à peine sur place ne permet pas de voir grand-chose. Prévoyez au moins une nuit pour en profiter vraiment.
5. Spetses, l’île des calèches et du vieux port

Crédit photo : Flickr – Nikos Golfis
Spetses a un passé qui pèse : l’île a armé une partie de la flotte grecque pendant la guerre d’indépendance de 1821. La maison de Laskarina Bouboulina, première femme à avoir commandé une flotte de guerre, se visite aujourd’hui en musée. Les visites se font uniquement à heures fixes avec un guide, mais aucune réservation n’est nécessaire. Les voitures sont interdites aux visiteurs, remplacées par des calèches, des deux-roues et des vélos. Préparez-vous à une ambiance radicalement différente par rapport au continent.
Éloignez-vous du port principal de Dapia pour rejoindre le Vieux Port (Palio Limani). Des chantiers navals y assurent encore l’entretien d’embarcations de petite taille, une activité résiduelle mais réelle. Attention cependant, le lieu est très touristique, les tavernes y ciblent une clientèle chic et les prix grimpent vite.
Pour la baignade, notre choix se porte sur la plage de Zogeria. Elle se niche dans une crique adossée à une pinède au nord-ouest de l’île, qui justifie la location d’un scooter. Gardez en tête que Spetses se trouve à environ 1h50 à 2h05 en ferry rapide (Flying Dolphin ou Flyingcat) depuis le Pirée, et à plus de 3h30 en ferry conventionnel. Le trajet aller-retour en rapide ampute votre journée de près de 4h de transport. On vous conseille donc d’y passer au moins une nuit plutôt que de tenter l’aller-retour depuis Athènes.
6. La péninsule de Méthana, pour sortir des sentiers battus

Crédit photo : Flickr – n.pantazis
Méthana n’est pas une île. C’est une péninsule volcanique rattachée au Péloponnèse, avec une escale régulière sur les lignes de ferry entre Égine et Poros. Le paysage tranche radicalement avec le reste des Saroniques, entre forêts de pins et roches volcaniques arides. Le volcan de Méthana a connu sa dernière éruption terrestre vers 230 av. J.-C.. Et les sources thermales du village principal sont réputées depuis l’Antiquité contre les maladies cutanées et rhumatismales.
Ici, pas de boutiques de souvenirs, pas de touristes en short qui cherchent le wifi. Les tavernes servent une clientèle locale, et il n’est pas rare que personne ne parle anglais. Notre recommandation : réservez Méthana à un itinéraire d’au moins 4 à 5 jours dans les Saroniques. Une demi-journée d’escale suffit pour ressentir le contraste, mais ce n’est clairement pas la priorité d’un premier séjour.
Questions pratiques pour votre voyage dans les îles Saroniques
Comment aller dans les îles Saroniques ?
L’avion est le moyen d’accès principal depuis la France. Des vols directs relient Paris à Athènes en environ 3h15, avec Air France, Transavia ou Aegean Airlines. Utilisez notre comparateur de vol pour dénicher les meilleures options selon vos dates.
Depuis Athènes, le port du Pirée est le point de départ de tous les ferries vers les îles Saroniques. La ligne de métro 1 (verte) relie le centre d’Athènes au Pirée en 30 min. On écarte la voiture : conduire jusqu’au Pirée puis laisser le véhicule en parking payant n’a aucun sens quand certaines îles comme Hydra l’interdisent de toute façon.
Comment se déplacer dans les îles Saroniques ?
Le ferry est le mode de déplacement central dans les îles Saroniques. C’est lui qui relie les îles entre elles sans repasser par Athènes. Hellenic Seaways et Aegean Speed Lines opèrent des lignes régulières Pirée-Égine-Agistri-Poros-Hydra-Spetses, ce qui permet d’enchaîner les îles en chemin.
Sur chaque île, les règles varient. À Égine et à Poros, des bus locaux desservent les principaux sites depuis le port (comptez 1 à 3 € le trajet). À Agistri et à Spetses, le vélo ou le scooter loué au port (environ 15 à 25 € la journée) est la solution la plus pratique. Louer une voiture n’a aucun sens dans les Saroniques. Les îles sont petites, les routes étroites, et deux d’entre elles l’interdisent partiellement ou totalement.
Où dormir dans les îles Saroniques ?
Dormir dans le port principal de chaque île est notre recommandation prioritaire. C’est là que se concentrent les ferries, les tavernes et la vie locale. Surtout, éviter une longue marche avec les bagages à l’arrivée est un vrai confort.
À Égine-ville, le bord de port propose des hôtels corrects entre 60 et 100 € la nuit en haute saison. Sur l’île d’Hydra, les maisons d’hôtes dans les ruelles en retrait du port sont plus calmes et souvent mieux tenues que celles en façade (compter 90 à 150 €). À Agistri, l’offre est limitée à quelques petits hôtels à Megalochori : réservez au moins 6 à 8 semaines à l’avance en juillet-août. On évite les hébergements annoncés « côté mer » à Poros sans vérifier la vue réelle. Beaucoup donnent sur le détroit et le trafic maritime, pas sur une plage.
Questions fréquentes sur les îles Saroniques
Quel budget prévoir pour une semaine dans les îles Saroniques ?
Une semaine dans les îles Saroniques revient à environ 800 à 1 200 € par personne, hors vol, en voyageant de façon autonome. Misez 60 à 90 € par nuit pour un hébergement correct en haute saison, 15 à 25 € par repas dans une taverne honnête, et 15 à 30 € par trajet en ferry rapide selon la destination. Hydra est l’île la plus chère des Saroniques. Les prix des restaurants et des hébergements y dépassent systématiquement ceux d’Égine ou de Poros d’environ 30 %.
Combien de jours faut-il pour bien visiter les îles Saroniques ?
Quatre à cinq jours est le minimum pour visiter les îles Saroniques sans se sentir à la course. En dessous, on survole. Un itinéraire Égine, Poros et Hydra en 4 nuits est réaliste et couvre l’essentiel. Visez une nuit par île, en vous déplaçant de l’une à l’autre sans repasser par Athènes. Ajouter Agistri ou Spetses demande au moins 6 à 7 jours. Les excursions organisées à la journée « 3 îles depuis Athènes » ne durent que 2 à 3h par île, ce qui ne permet ni de visiter ni de se baigner vraiment.
Faut-il réserver les ferries à l’avance pour les îles Saroniques ?
Oui, la réservation à l’avance est fortement conseillée pour les ferries rapides dans les îles Saroniques entre juin et septembre. En juillet-août, les départs du vendredi soir et du dimanche sont souvent complets plusieurs jours avant, surtout au départ du Pirée. Les billets se réservent sur les sites de Hellenic Seaways ou Aegean Speed Lines, ou via des agrégateurs comme Ferryhopper. Hors saison, de mai à début juin et en septembre-octobre, on peut en général acheter au guichet le jour même sans problème.
Peut-on visiter les îles Saroniques avec de jeunes enfants ?
Oui, les îles Saroniques sont compatibles avec des enfants en bas âge, à condition de choisir la bonne île. Égine et Poros sont les plus adaptées : ferries fréquents, hébergements variés, plages accessibles sans randonnée, et bus locaux qui évitent de marcher avec une poussette. Hydra est à éviter avec des enfants en bas âge. Les rues pavées et en pente rendent les poussettes impossibles, et les seuls transports sont la marche à pied ou l’âne. Agistri fonctionne bien pour les familles en semaine hors juillet-août.
Vaut-il mieux passer une nuit sur les îles Saroniques ou y aller en excursion à la journée ?
Passer au moins une nuit vaut nettement mieux qu’une excursion à la journée, et ce n’est pas qu’une question de confort. Les îles Saroniques changent complètement d’ambiance après le départ des bateaux de jour, vers 18h. Le port se vide, les tavernes locales ouvrent à plein régime, les prix baissent. En excursion, on arrive avec les groupes, on repart avec les groupes, et on ne voit que ce que tout le monde voit. Une nuit sur place coûte 60 à 100 € mais change radicalement l’expérience, notamment à Hydra et à Spetses.
Quels pièges éviter lors d’un séjour dans les îles Saroniques ?
Le piège le plus courant dans les îles Saroniques est de sous-estimer les temps de ferry et de rater sa correspondance. Les horaires changent selon la saison, et un ferry manqué peut bloquer une demi-journée, surtout vers Agistri ou Méthana où les passages sont moins fréquents. Second piège : réserver un hébergement « avec vue mer » à Hydra sans photo récente. Beaucoup de propriétaires appellent « vue mer » une fenêtre qui donne sur une ruelle. Vérifiez les avis datés de moins de 12 mois sur les plateformes de réservation.
Est-ce que les îles Saroniques sont accessibles sans parler grec ?
Oui, l’anglais est suffisant dans l’immense majorité des situations dans les îles Saroniques les plus fréquentées. À Hydra, Égine et Spetses, le personnel hôtelier et la plupart des restaurants parlent couramment anglais. La situation est différente à Méthana, où les habitants parlent peu ou pas anglais, ce qui fait partie du charme mais demande un minimum de débrouillardise. Quelques mots de grec sont toujours appréciés, notamment dans les tavernes de village. Le paiement par carte est accepté dans la majorité des établissements, sauf dans les petites épiceries locales et chez certains pêcheurs. Pensez à garder des euros en liquide avec vous.
Carte des hôtels et logements - Grèce