Que faire à Essaouira avec un petit budget ? Guide des activités (presque) gratuites et des vrais prix sur place

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Essaouira a la réputation d’être chère pour une destination à budget modéré comme le Maroc. C’est partiellement vrai depuis 2020. Les terrasses face à la mer pratiquent des tarifs touristiques assumés, et certains prestataires ont bien intégré l’afflux de visiteurs européens. Mais la réalité du terrain reste différente. La grande majorité des activités qui font l’intérêt de la ville ne coûte rien. Pour visiter Essaouira avec un petit budget, comptez entre 150 et 250 MAD par jour (14 à 23 €) hors hébergement pour bien vivre, en mangeant local et en gardant la tête hors des pièges à touristes.

Ce que coûte vraiment une journée à Essaouira

Tour d'entrée de la Médina et murs de la vieille ville d'Essaouira, Maroc

Crédit Photo : Shutterstock / saiko3p

Le taux de change tourne autour de 10,8 à 11 MAD pour 1 €. En budget serré, c’est-à-dire repas locaux uniquement et zéro activité payante, une journée complète revient à 100-130 MAD (9-12 €). Cela comprend un petit-déjeuner en boulangerie de médina (20-30 MAD), un sandwich sardine le midi (15-25 MAD), un tajine en fin de journée (40-70 MAD) et quelques jus d’orange pressés dans la journée (10-15 MAD l’unité). En budget moyen, comptez 200-250 MAD (18-23 €) en ajoutant une ou deux activités payantes ou un dîner en resto simple (70-110 MAD).

Pour un niveau confort avec terrasse le soir et une excursion, prévoyez 350-450 MAD (32-42 €) par personne. À titre de comparaison, les mêmes assiettes affichées à 50 MAD dans les ruelles de la médina grimpent à 120-180 MAD sur les terrasses touristiques donnant sur la place Moulay Hassan ou face à la mer. Le cadre reste le même mais l’addition triple. Essaouira reste nettement plus accessible que Marrakech sur l’ambiance et les prix en dehors des adresses orientées touristes.

Se balader dans la médina (gratuit)

Médina d'Essaouira

Crédit photo : Flickr – Lense23 – OFF

La médina d’Essaouira est classée à l’Unesco. Elle se parcourt en moins d’une demi-journée pour en faire le tour complet. Ce qui la distingue de Marrakech : pas de pression commerciale agressive, pas de faux guides, pas de main mise sur votre bras pour vous entraîner dans une boutique. On flâne, on regarde les artisans travailler le bois de thuya depuis le seuil des ateliers. Il est possible de pousser les portes des galeries d’art souvent ouvertes sans obligation d’achat. On photographie les portes sculptées et les chats installés sur les rebords de fenêtres. C’est l’une des meilleures façons de voir Essaouira sans dépenser un centime.

Partez tôt, avant 9h, pour profiter de la lumière rasante du matin et des ruelles encore vides. Le petit-déjeuner local en boulangerie de médina est l’un des meilleurs rapports qualité-prix de la ville. Au menu : msemen chaud, pain, café ou thé à la menthe pour 20-30 MAD tout compris (2-3 €). Les épiceries d’épices sont accessibles librement, les odeurs seules valent l’arrêt.

Les remparts et la Skala de la Kasbah (gratuit)

Remparts d'Essaouira

Crédit photo : Shutterstock / Matej Kastelic

La Skala de la Kasbah se trouve dans la partie nord-ouest de la médina. Elle donne sur l’Atlantique depuis la plateforme des canons. Ces bastions ont été construits au XVIIIe siècle sous le sultan Mohammed Ben Abdallah, sur les plans de l’ingénieur français Théodore Cornut, pas par les Portugais. C’est le meilleur spot de coucher de soleil de la ville, entre 17h30 et 19h selon la saison.

La promenade sur les remparts se fait en 30 à 45 min sans forcer. C’est une étape de fin d’après-midi, pas une journée d’activité. Attention à ne pas confondre avec la Skala du port, côté est. L’accès au niveau du quai reste libre, mais certaines parties de la plateforme intérieure de la Skala du port sont payantes. Comptez environ 10 MAD, soit moins de 1 €.

Pour ceux que ça intéresse, c’est sur ces remparts qu’ont été filmées les scènes des Immaculés dans Game of Thrones, saison 3. Ça ne change pas l’intérêt de la vue sur l’Atlantique. Mais ça donne un point de repère pour situer l’endroit. Depuis le bord du port, la vue reste accessible gratuitement même sans payer l’entrée de la Skala.

Le port de pêche (gratuit à observer)

Port de pêche à Essaouira

Crédit photo : Flickr – Citizen59

Le port d’Essaouira fonctionne encore comme un vrai port de pêche artisanal. Allez-y en fin de matinée ou en fin d’après-midi quand les chalutiers bleus rentrent au port. C’est là que l’animation est réelle. On voit les pêcheurs réparer les filets, les mouettes tournoyer sur les caisses de poissons, une criée informelle s’improviser sur le quai. C’est gratuit, c’est vivant, et c’est une des scènes les plus authentiques qu’Essaouira propose.

C’est aussi autour du port que se concentrent des tables simples où l’on fait griller du poisson acheté directement aux pêcheurs. Comptez 80 à 140 MAD (7,5 à 13 €) pour le poisson, plus quelques dirhams pour la cuisson. Négociez le poids avant de commander, pas après. Évitez les tables en vue directe depuis les remparts. Elles sont connues des touristes et pratiquent des prix en conséquence. Les meilleures adresses se trouvent dans les couloirs, loin des angles de vue.

Manger local sans se ruiner

Plats de fruits de mer, Essaouira

Crédit photo : Flickr – Thomas G.

Les ruelles autour de la place Moulay Hassan et l’avenue de l’Istiqlal regroupent les snacks et petits restos accessibles. C’est là que se trouve la meilleure street food d’Essaouira à prix honnête. Un msemen ou une crêpe marocaine s’achète à 5-10 MAD (moins de 1 €), un sandwich sardine ou kefta à 15-25 MAD. Vous pouvez aussi commander des brochettes de poulet avec pain à moins de 20 MAD. Un tajine ou un couscous dans un petit resto local revient à 40-70 MAD (3,7 à 6,5 €). Et un jus d’orange fraîchement pressé à 10-15 MAD. Ce sont des prix réels, pas des prix de négociation.

La règle est simple : dès qu’une terrasse donne directement sur la mer ou sur la place centrale, les prix doublent ou triplent pour la même assiette. On préfère nettement les tables en retrait d’une ou deux ruelles. Essaouira est par ailleurs une ville où manger végétarien est facile et peu coûteux. Vous aurez le choix entre soupes, légumes grillés, msemen, couscous aux légumes. Si vous avez accès à une cuisine, les marchés locaux proposent des fruits et épices à des prix qui ne ressemblent pas aux étals de la médina.

La plage, gratuite et immense

essaouira plage

Crédit Photo : Shutterstock / Ekaterina Pokrovsky

La plage principale s’étend sur plusieurs kilomètres au sud de la médina, accessible en 5 min à pied. Aucun accès payant, aucune chaise longue imposée, aucun balisage commercial. Ce qu’on vient y faire : marcher, observer les kitesurfeurs qui évoluent à quelques dizaines de mètres du bord. Mais aussi regarder les matchs de foot improvisés en fin de journée, et attendre le coucher de soleil. En été comme en hiver, le vent souffle fort l’après-midi. Essaouira s’appelle la cité des alizés pour une vraie raison. Prévoyez un coupe-vent ou un foulard même en juillet-août.

L’eau est froide toute l’année. La baignade est possible mais ce n’est clairement pas le point fort de la plage. Si le surf vous tente, des cours d’initiation se négocient directement sur place entre 150 et 250 MAD (14-23 €) selon la durée et le prestataire. Ce n’est pas obligatoire : passer une demi-journée sur la plage sans rien dépenser peut tout à fait convenir.

La balade vers Diabat (gratuit, pour les marcheurs)

Ruines de Diabat

Crédit photo : Shutterstock / S.Hanusch

Longer la plage vers le sud pendant 40 à 45 min mène au village de Diabat et aux ruines du Dar Sultan. Il s’agit d’un ancien palais progressivement ensablé dans les dunes. C’est la balade et le paysage qui valent le déplacement, pas les ruines en elles-mêmes. Surtout, ne vous attendez pas à un site archéologique structuré. Le chemin est quasi désert hors saison et le cadre est dépaysant. La combinaison sable, vent et lumière atlantique produit quelque chose d’assez rare à quelques kilomètres d’une médina classée. C’est l’option idéale pour sortir de la ville sans dépenser.

Pour le retour, la marche fonctionne, mais un taxi collectif depuis Diabat revient à quelques dirhams seulement. Jimi Hendrix aurait séjourné dans ce secteur en 1969, ce qui vaut à la zone une réputation bohème persistante. Le mythe a largement dépassé la réalité, et les habitants d’Essaouira le savent mieux que quiconque. Ça explique pourquoi certains y vont, mais ça ne change pas ce qu’on y trouve concrètement.

Ce qu’on peut se payer si le budget le permet

Musée Sidi Mohammed Ben Abdallah, Essaouira

Crédit photo : Flickr – βernard – γ

Si on devait choisir une seule activité payante, notre choix se porte sur le musée Sidi Mohammed Ben Abdallah. Il expose des bijoux berbères, des instruments de musique gnaoua, et des peintures d’école naïve locale. L’entrée s’élève autour de 10-20 MAD (moins de 2 €). C’est aussi l’un des rares endroits de la ville où la culture gnaoua et l’histoire de Mogador sont documentées sérieusement, pas seulement mises en scène pour les visiteurs. Pour une demi-journée de quad dans les dunes, comptez 200-350 MAD (18-32 €) selon la durée et le prestataire, à négocier sur place.

L’excursion vers Sidi Kaouki, village de surfeurs à 25 km au sud, vaut le détour si vous avez une demi-journée disponible. Le site se compose d’une plage sauvage dans une ambiance sans fioritures touristiques. Il est accessible en taxi collectif pour quelques dirhams. Enfin, si vous visitez Essaouira en juin, le festival Gnaoua propose des concerts gratuits sur les places de la ville. La programmation est payante uniquement pour certaines scènes couvertes. La majorité du plaisir à Essaouira n’est pas derrière des billets d’entrée : c’est dans les rues, sur la plage et autour du port que la ville se vit vraiment.

Entre ses remparts gratuits, son budget journalier possible à partir de 150 MAD et sa médina sans pression commerciale, Essaouira est l’une des villes marocaines les plus accessibles à vivre concrètement. Commencez par vous rendre sur le port, tôt le matin.

Plus d'inspiration

Depuis ma jeunesse, j'ai toujours été attiré par l'univers du tourisme et l'expérience de vivre à l'étranger. Alors, après avoir visité plus d'une trentaine de pays, j'ai décidé de m'installer dans un village au Sénégal en 2019 où j'ai la chance de vivre de ma passion pour les voyages.

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