Découvrir le Bordeaux du XVIIIème siècle

Bordeaux: Le guide touristique complet
Découvrir le Bordeaux du XVIIIème siècle

Vous partez en weekend à Bordeaux ? Profitez-en pour découvrir la ville du XVIIIème siècle au temps d’une Europe fiévreuse, en pleine mutation !

L’Europe du XVIIIème siècle s’engage tantôt dans des idées émancipatrices, tantôt dans l’obscurantisme. D’un côté nous assistons à l’avènement de l’Encyclopédie sous la plume de Diderot et d’Alembert (1751-1772), au premier inventaire contre la peine de mort rédigé par le juriste italien Cesare Baccaria en 1764 ou encore à un féminisme balbutiant mais ô combien précurseur en la personne de Mary Wollstonecraft qui inspirera plus tard les suffragettes en Angleterre. La France va connaître dès 1730 la révolution industrielle puis une révolution agricole qui permettra de mieux subvenir aux besoins de la population. L’hygiène fait en parallèle de spectaculaire progrès dans les mœurs et permet d’éradiquer les épidémies de peste dès 1720.

D’un autre côté, l’Europe est la mère de puissants empires coloniaux qui se disputent la moindre parcelle de terre de laquelle ils pourraient tirer profit. Lorsque Christophe Colomb eût mis le pied sur Hispanola (République Dominicaine) puis sur le territoire qui allait devenir les Etats-Unis d’Amérique en 1492, la question épineuse de savoir si les autochtones possédaient bien des âmes surgit. Le destin de l’Afrique fut scellé : le Pape déclara que ces dits « Indiens » avaient bien une âme, à l’inverse des habitants du continent noir. Ainsi commença le commerce triangulaire pour alimenter l’Amérique d’une main d’œuvre bon marché pour travailler dans les champs de coton et de canne à sucre.

Bordeaux, un port de première importance

Deux siècles plus tard, sous le règne de Louis XV, le port de Bordeaux commerce donc du vin mais aussi désormais du sucre, du coton, du tabac, du café, de l’or en provenance des colonies ainsi que des esclaves.

Bordeaux, premier port du royaume de France (même s’il n’est pas le premier port négrier, Nantes comptabilisaient 42% du total des expéditions négrières) se doit de se parer de ses plus beaux atours en ces circonstances. Afin de masquer les toits recouverts de milliers de tuiles en terre cuite, dite « tuiles romaines » car importées par ce peuple envahisseur, le roi fit aménager les quais de manière splendide : Place de la Bourse, toits parés d’ardoise. Ainsi, les commerçants ou les ambassadeurs faisant escale à Bordeaux ne pouvaient que s’émerveiller devant tant de prestige.

Bordeaux, monuments du XVIIIème

Bordeaux XVIIIème, classé UNESCO est à voir absolument. Tandis qu’aux Chartrons se négociait le vin, plus loin sur les quais se forment la place de la Bourse, anciennement appelée Place Royale, puis Place de la Liberté sous la Révolution et enfin Place Impériale sous Napoléon Ier. Le Grand-Théâtre sur la Place de la Comédie, classé Monument Historique, est un ancien forum gallo-romain où autrefois se situaient les Piliers de Tutelle.

Promenez-vous dans la ville donc et allez explorer l’ancienne cité médiévale devenue moderne grâce aux intendants Boucher et Tourny et au style classique de cette nouvelle architecture. Les Allées Tourny doivent de fait leur nom au fameux architecte : il s’agit d’une esplanade au cœur du centre-ville, où tourne un vieux manège avec ses chevaux de bois.

Allez à la rencontre de la Porte Dijeaux, érigée par Voisin, tenant son nom du gascon « De Jòu » d’un temple dédié à Jupiter à l’époque l’époque gallo-romaine et de la Porte de Bourgogne, aussi appelée Porte des Salinières et autrefois également nommée l’Arc de Napoléon.

Bordeaux a fait le choix d’un tramway pourvu d’une alimentation électrique par ses rails, afin de ne pas dénaturer le paysage urbain et risquer de perdre son label UNESCO. Cela permet la production de films d’époque dans un décor authentique.

Le siècle des Lumières : l’étincelle dans la nuit

Le XVIIIème siècle voit l’avènement de philosophes et d’écrivains rationalistes s’opposant à la monarchie absolue. Montesquieu, enfant du pays né en Guyenne près de Bordeaux, est un moraliste, un penseur politique français favorable à la séparation des pouvoirs dès 1721.

Il résida à Bordeaux plusieurs années, dont dans la Rue des Lauriers : le restaurant « Les Grenadines » reflète parfaitement l’ambiance de ce 18ème siècle, dans laquelle évoluait cet écrivain célèbre. Il habita également Rue du Mirail lorsqu’il publia les Lettres Persanes. Au 87 Rue Port-Dijeaux, vous trouverez la Librairie Mollat, qui occupe l’ancienne maison de l’écrivain français depuis 1928.

D’autres philosophes se joignirent à lui pour critiquer, en plus d’une séparation des pouvoirs, les abus de l’Eglise, la torture et l’esclavage, tels que Voltaire ou encore Jean-Jacques Rousseau. Tous avaient le souhait de voir émerger un système politique éclairé, avec des droits inaliénables. Il faudra attendre 1789, que l’agitation sociale gagne toute la France, pour voir prendre forme un nouvel Etat. La révolution française permit l’abolition des privilèges, la fin de l’Ancien Régime et la rédaction de la Déclaration des droits de l’Homme.

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Cependant, la monarchie absolue n’est pas encore une République : elle va se transformer en monarchie constitutionnelle, entamant ainsi sa lente mutation vers un idéal incertain.

Rousseau ne disait-il pas : « L’homme est né libre et partout il est dans les fers » ?

Crédit photo principale : Wikimedia – Olivier Aumage

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Voyageuse dans l'âme, j'ai créé un blog sur le tourisme durable (greenworldnomad.com). Sur mon temps libre, j'écris également des romans et des nouvelles de SF/Fantasy. Bonne lecture !

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