Visiter Abidjan : 9 incontournables à faire et voir (Côte d’Ivoire)
Abidjan n’est pas une ville qui s’offre au premier regard. Cinq millions d’habitants, une dizaine de communes, un trafic qui décourage, des quartiers aux ambiances sans aucun rapport les uns avec les autres. Beaucoup repartent sans avoir vraiment vu grand-chose. Pour ne pas en faire partie, voici 9 incontournables d’Abidjan, du Plateau à Grand-Bassam, et quelques clés pour comprendre ce que cette ville a vraiment à dire.
1. Le Plateau, entre béton brutaliste et lagune

Crédit photo : Wikimédia – ព្រះមហាក្សត្ររាជ
Le Plateau est le quartier des affaires historique d’Abidjan, désormais relié au reste de la ville par quatre ponts enjambant la lagune Ébrié depuis l’inauguration du pont Alassane Ouattara en décembre 2023. C’est l’un des seuls endroits de la ville où vous pouvez vous déplacer à pied, ce qui est suffisamment rare pour mériter le détour.
Les repères visuels s’enchaînent : la Pyramide, édifice brutaliste des années 70, la Tour Postel 2001 tout en verre, l’imposant siège de la Banque Africaine de Développement et les lignes futuristes de la cathédrale Saint-Paul. L’état général est inégal : plusieurs bâtiments accusent leur âge et n’ont pas été réhabilités. C’est là, aussi, toute l’ambiance du quartier.
Privilégiez une visite en semaine, en matinée, pour croiser de l’activité sans subir l’affluence de la mi-journée. Le week-end, le quartier se vide presque entièrement et perd beaucoup de son intérêt. Gardez un œil vers le ciel du côté nord : la Tour F, dont la communication officielle annonce qu’elle sera l’une des plus hautes d’Afrique de l’Ouest. Alors que sa construction doit s’achever en 2026, le gratte-ciel commence déjà à remodeler la silhouette du Plateau.
2. La cathédrale Saint-Paul

Crédit photo : Wikimédia – Jean Yves ESSIGAN
La cathédrale Saint-Paul se repère depuis le boulevard lagunaire grâce à sa tour de 70 m de haut qui domine les alentours. L’architecte franco-tunisien Olivier-Clément Cacoub a conçu cet édifice en béton brut, soutenu par des haubans et couvert d’une toiture bleue. Jean-Paul II a béni la première pierre en 1980 avant de consacrer lui-même le monument en 1985. Cette architecture atypique tranche franchement avec les immeubles de bureaux des années 70 qui l’entourent.
À l’intérieur, ce sont les vitraux qui retiennent l’attention : ils racontent l’évangélisation de la Côte d’Ivoire en images. L’atmosphère y est calme, que vous soyez croyant ou non. Entrez par l’avenue Jean-Paul II et demandez sur place si un guide est disponible. Certains commentent la visite gratuitement ou contre un petit pourboire. Comptez 30 à 45 min sur place, pas davantage.
3. Le Musée des Civilisations

Crédit photo : Wikimédia – ATV
Le musée a souffert de la crise post-électorale de 2010-2011, puis a rouvert ses portes en 2017 après réhabilitation. Il reste modeste dans sa forme, mais il remplit bien son rôle : poser un contexte culturel avant d’explorer le reste du pays. Des masques aux poids à peser l’or baoulé, en passant par des instruments de musique et des attributs de pouvoir des groupes Akan, Mande, Krou et Gour, les collections couvrent l’essentiel des grandes traditions ivoiriennes.
Prévoyez 30 à 45 min de visite, davantage si vous prenez un guide, ce que nous conseillons franchement. Sans accompagnement, les collections restent peu lisibles faute de cartels détaillés. Le musée se situe au Plateau, à côté de la Cité Administrative Vérifiez les horaires d’ouverture et l’état des salles directement sur place avant de vous déplacer. Le fonctionnement du musée reste aléatoire, certaines salles peuvent être fermées sans préavis.
L’entrée coûte 2 000 F CFA, soit environ 3 € pour les non-résidents. Les photos sont interdites à l’intérieur sans autorisation spécifique. Des boutiques d’art sont présentes dans l’enceinte, mais attendez-vous à des prix nettement plus élevés qu’au marché. En sortant, la cathédrale Saint-Paul est accessible à pied. Le quartier du Plateau se prête également à une balade, surtout en semaine quand l’activité bat son plein.
4. Le CAVA pour l’artisanat africain

Crédit photo : Flickr – International Labour Organization ILO
Le Centre Artisanal de la Ville d’Abidjan se trouve avenue Christiani à Treichville. Il regroupe masques, statues, bronzes, pagnes et mobilier en un seul endroit. Plus de 200 artisans s’y côtoient, ce qui en fait l’un des marchés artisanaux les plus fournis de la ville. L’entrée est gratuite. Attention : l’arrivée d’un visiteur étranger génère immédiatement de l’agitation et des premiers prix bien au-dessus de la réalité. Négociez fermement, les écarts avec les prix pratiqués aux locaux peuvent être importants. Gardez toutefois une certaine mesure, les vendeurs doivent vivre.
Sachez aussi qu’une bonne partie des objets proposés ne sont pas fabriqués en Côte d’Ivoire. Une part significative vient du Mali, du Burkina Faso ou du Sénégal. Si vous cherchez spécifiquement de l’artisanat ivoirien, posez la question directement aux vendeurs. Bonne nouvelle, les artisans proposent souvent d’organiser l’emballage et l’expédition des objets encombrants pour vous faciliter la tâche. Préférez une arrivée après 10h en semaine, certains stands mettent du temps à s’installer.
Si l’artisanat traditionnel ne vous suffit pas, la Fondation Donwahi et la galerie Cécile Fakhoury représentent la scène contemporaine africaine sérieusement. Consultez leur programme avant de vous déplacer. Le CAVA est ouvert tous les jours de 8h à 18h, et à partir de 9h le dimanche.
5. Le marché de Treichville

Crédit photo : Wikimédia – Alex Sirac
Le marché de Treichville est l’un des principaux cœurs commerçants de la ville d’Abidjan. La grande halle couverte sur deux niveaux s’organise par secteurs. Au rez-de-chaussée, on traverse les rayons alimentaires avec les vendeurs d’épices, de poissons fumés et les bouchers. L’étage abrite un labyrinthe de couturiers et de marchands de tissus. Notre recommandation est d’y aller pour acheter des pagnes wax ou du bazin, l’offre y est bien plus vaste et authentique qu’au CAVA.
Le lieu est bruyant, très dense et chargé en odeurs. L’expérience s’avère vite fatigante, autant le savoir avant de s’y engager. Privilégiez le milieu de matinée pour éviter la chaleur étouffante de midi et la foule du déjeuner. Laissez systématiquement vos objets de valeur à votre hébergement par précaution. Si vous cherchez une option plus douce pour un premier contact, le marché de Cocody offre une configuration similaire dans une ambiance beaucoup moins intense.
6. La forêt du Banco

Crédit photo : Wikimédia – Cyriac Gbogou
Plus de 3 000 ha de forêt primaire en plein cœur d’Abidjan : le parc national du Banco est une anomalie urbaine rare en Afrique de l’Ouest. Il s’étend entre Adjamé, Yopougon, Attécoubé et Abobo, à quelques minutes des embouteillages habituels de la ville. Des pistes permettent de marcher sous un couvert végétal dense, loin du béton et du bruit. Le dépaysement est réel : flore dense, quelques singes et oiseaux à observer si vous avancez discrètement. Le site subit une forte pression urbaine et l’entretien laisse parfois à désirer aux abords de l’arboretum. Vous constaterez que l’ensemble n’est pas toujours impeccablement propre.
L’entrée principale donne directement sur l’autoroute du Nord. Même si elle est désormais bien signalée par un grand portail d’accueil, l’accès reste délicat au milieu du trafic rapide. Serrez à droite après le premier pont de Yopougon et anticipez votre freinage. Des incidents de sécurité ont été signalés sur les sentiers isolés. Ne partez pas seul et faites-vous accompagner par un guide de l’OIPR sur place, qui sécurise la balade et vous oriente. Partez tôt le matin pour profiter de la fraîcheur sous les arbres avant que la chaleur ne s’installe.
7. Manger dans un maquis

Crédit photo : Wikimédia – Amani konan romaric
Le maquis est le centre de la restauration abidjanaise. C’est le lieu de vie de base pour manger et passer la soirée en plein air. Les plats à connaître : l’attiéké au poulet braisé (l’attiéké est une semoule de manioc fermenté, base de l’alimentation ivoirienne), l’alloco, le kedjenou (une volaille mijotée à l’étouffée avec des légumes), le tilapia grillé et le garba (attiéké et morceaux de thon frit), l’un des plats de rue les plus populaires de la ville. Côté boisson, commandez un bissap ou un jus de gingembre (gnamankoudji) pour éviter les sodas industriels.
Pour une ambiance au bord de la lagune, notre choix se porte sur les maquis du secteur de Blockhaus à Cocody. Pour plonger dans l’effervescence urbaine pure, visez plutôt la Rue 12 à Treichville.
Privilégiez toujours les adresses bondées. Attention au timing : un maquis vit surtout la nuit. Une terrasse vide à midi est habituelle, mais fuyez un établissement désert à 20h. Pas besoin de réserver pour manger. On s’installe, on commande et on s’arme de patience. La cuisson au feu de bois d’un poisson ou d’un poulet braisé demande facilement 40 à 45 min d’attente. N’hésitez pas à commander une boisson fraîche pour patienter.
8. L’île Boulay pour souffler

Crédit photo : Wikimédia – Singoloua225
À une vingtaine de minutes de bateau depuis Abidjan, l’île Boulay fonctionne comme la soupape de pression de la ville. Les Abidjanais y viennent le week-end pour décrocher : lagune calme, ski nautique, et plusieurs établissements qui proposent la journée ou le séjour. Le fonctionnement est à connaître avant de partir : l’île se divise en concessions privées gérées par chaque établissement. On paye, on profite de l’espace de l’établissement, on repart. Il n’y a pas d’île à explorer librement.
Côté budget, les prix ont grimpé ces dernières années. Tablez entre 20 000 et 35 000 FCFA par personne pour inclure la traversée aller-retour et le déjeuner. Prévoyez davantage dans les établissements les plus fréquentés un week-end.
Contactez l’établissement où vous allez à l’avance. Chacun affrète ses propres navettes depuis le boulevard de Marseille côté Biétry ou depuis l’ASNA, avec des horaires variables. En semaine, l’île est nettement plus tranquille, voire endormie. Si vous cherchez l’ambiance et la musique, visez le week-end. Si vous voulez vraiment vous reposer, venez en semaine. Côté restauration, armez-vous de patience : la cuisine prend son temps, c’est la règle ici.
9. Grand-Bassam, ancienne capitale coloniale (excursion)

Crédit photo : Wikimédia – Singoloua225
Grand-Bassam se trouve à 45 min d’Abidjan par l’autoroute, selon le trafic. La première capitale coloniale de la Côte d’Ivoire est classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Le quartier France concentre des demeures de la fin du XIXe et du début du XXe siècle dans un état de conservation variable, certaines en ruine, d’autres restaurées. La capitale a été transférée à Bingerville en 1900 après une épidémie de fièvre jaune dévastatrice, ce qui explique pourquoi ce quartier historique est resté figé dans le temps.
On se balade dans le centre historique, on visite le musée national du Costume, on monte en pirogue sur la lagune Ouladine. Ce n’est pas une visite tape-à-l’œil, mais elle donne du recul sur l’histoire du pays. Programmez une journée entière et partez en semaine pour esquiver la foule du week-end. Les plages bordées de cocotiers sont accessibles depuis Grand-Bassam, mais le phénomène de la barre rend les courants marins très dangereux sur ce littoral. Ne vous baignez que dans les zones clairement identifiées comme sûres.
Questions pratiques pour votre voyage à Abidjan
Comment aller à Abidjan ?
L’avion est le seul moyen réaliste depuis la France. Plusieurs compagnies desservent l’aéroport Félix Houphouët-Boigny depuis Paris-CDG : Air France, Air Côte d’Ivoire et Ethiopian Airlines via Addis-Abeba. Comptez environ 6h30 en vol direct. Les prix varient fortement selon la saison, les meilleurs tarifs se trouvent à l’avance. Utilisez notre comparateur de vol pour identifier les différentes options.
Comment se déplacer à Abidjan ?
Abidjan n’est pas une ville qui se parcourt à pied, sauf au Plateau. Pour le reste, deux options dominent : les wôrô-wôrô (taxis collectifs, bon marché, très locaux) et les taxis classiques à négocier avant de monter. Les applications Yango et InDriver permettent d’éviter la négociation et sont de plus en plus utilisées. Évitez les déplacements en heure de pointe : le trafic peut transformer un trajet de 10 km en 1h de route.
Où dormir à Abidjan ?
Cocody est le quartier le plus pratique pour se loger : calme relatif, bonne concentration d’hôtels et de restaurants, proximité de Marcory et du Plateau. Le Plateau lui-même convient pour un séjour d’affaires, mais il est quasi désert le week-end. Treichville est plus central et animé, mais l’environnement est dense. Pour un premier séjour, Cocody (notamment les abords des Deux-Plateaux) reste notre recommandation.
Faut-il un visa pour entrer en Côte d’Ivoire ?
Les ressortissants français peuvent obtenir un visa à l’arrivée à l’aéroport d’Abidjan, valable 90 jours. Il est aussi possible de faire la demande en ligne avant le départ via la plateforme officielle ivoirienne.
Quelle est la monnaie utilisée à Abidjan ?
La monnaie est le franc CFA (XOF). 1 euro équivaut à environ 655 F CFA. Les DAB sont disponibles en ville, mais le cash reste indispensable pour les marchés, maquis et petits commerces.
Quelle est la meilleure période pour visiter Abidjan ?
Abidjan est humide toute l’année. La grande saison sèche, de novembre à mars, offre les conditions les plus agréables : chaleur supportable, moins de pluie. Évitez juin et juillet, au pic de la grande saison des pluies.
La sécurité à Abidjan pose-t-elle problème ?
La ville s’est stabilisée depuis la crise de 2010-2011. Les risques principaux restent la petite délinquance et les pickpockets dans les marchés et transports. Évitez de sortir seul la nuit dans des quartiers peu fréquentés et limitez les objets de valeur visibles.
Carte des hôtels et logements -