Le Parthénon : histoire, architecture et symboles du trésor d’Athéna

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À Athènes, le Parthénon n’est pas tout à fait ce qu’on croit. Ce n’est pas un temple au sens strict, ce n’était pas un lieu de culte ordinaire, et ses colonnes ne sont pas droites. Construit entre 447 et 432 av. J.-C. sur ordre de Périclès, conçu par les architectes Ictinos et Callicratès sous la direction de Phidias, il concentre autant de paradoxes que de marbre. Voici ce qu’il faut comprendre sur le Parthénon avant de visiter l’Acropole.

Pourquoi le Parthénon a été construit

Le temple du Parthénon à l'Acropole d'Athènes, Grèce, au coucher du soleil

Le temple du Parthénon à l’Acropole d’Athènes, GrèceCrédit photo : Shutterstock – Sven Hansche

Après les guerres médiques, Athènes sort victorieuse et se retrouve à la tête d’une coalition de cités grecques, la Ligue de Délos, dont elle gère le trésor commun. Périclès décide d’utiliser cet argent, initialement destiné à financer la défense contre les Perses, pour bâtir un programme architectural sans précédent sur l’Acropole d’Athènes. Les cités alliées protestent mais il passe outre.

Les travaux de gros œuvre démarrent en 447 av. J.-C. et s’achèvent en 438. La décoration sculptée, elle, ne s’achève qu’en 432. Pour le seul marbre pentélique, plus de 22 000 tonnes sont extraites au mont Pentélique, à 17 km du site. Elles sont taillées et acheminées à bras d’hommes et de bêtes. Quatre noms gouvernent le chantier : Périclès comme commanditaire, Ictinos et Callicratès comme architectes, Phidias comme maître d’œuvre et superviseur des sculptures. Le Parthénon est autant un manifeste politique qu’un édifice religieux : il dit au monde entier qu’Athènes domine, qu’Athènes dure.

Un trésor, pas un temple

Le vrai culte d’Athéna se déroulait ailleurs sur l’Acropole. Plus précisément autour d’une vieille statue en bois d’olivier, le xoanon, dans l’espace qui deviendra l’Érechthéion. Un autel se dressait bien devant la façade est du Parthénon, mais aucun rite documenté ne gravitait autour de la statue intérieure. De plus, aucune prêtresse n’était spécifiquement attachée au bâtiment. La statue d’Athéna Parthénos, œuvre de Phidias, mesurait 12 m de hauteur et combinait or et ivoire. Mais ce n’était pas une statue de culte : c’était une offrande colossale et une réserve stratégique.

Dans le Livre II de son Histoire, Thucydide prête à Périclès ces mots lors d’un discours de mobilisation de guerre : l’or de la statue « peut entièrement s’enlever » en cas de nécessité. Le bâtiment abritait aussi les réserves financières d’Athènes et le trésor de la Ligue de Délos. Fonctionnellement, le Parthénon se rapproche davantage des trésors de Delphes ou d’Olympie que d’un sanctuaire ordinaire. Gardez cette clé en tête quand vous visiterez le site : vous regarderez un coffre-fort monumental, pas une église grecque.

L’architecture du Parthénon, de l’intérieur vers l’extérieur

Parthénon, Acropole d'Athènes

Le Parthénon surplombe l’Acropole

Le Parthénon est un temple dorique périptère octostyle. Il possède 8 colonnes en façade, 17 sur les côtés, 46 au total, entièrement en marbre pentélique. Le monument mesure 69,5 m de long sur 30,9 m de large, et ses colonnes dépassent les 10 m de hauteur. Un seul ratio gouverne ses proportions : 4/9, entre la largeur et la longueur, entre le diamètre des colonnes et leur espacement, entre la hauteur de façade et la largeur totale. Ce n’est pas une coïncidence : c’est un système.

À l’intérieur, vous tomberez sur deux salles sans communication directe. La salle est accueillait la statue d’Athéna Parthénos. La salle ouest, appelée le « parthénon » — d’où vient le nom de l’ensemble —, servait de réserve. Elle accueillait les jeunes filles chargées du service de la déesse. Le corps principal est dorique, mais la frise intérieure est ionique, tout comme les colonnes intérieures de la salle principale. Il s’agit d’une particularité notable dans l’architecture grecque antique. Autre détail que le grand public ignore : le Parthénon n’était pas blanc. Ses sculptures arboraient des peinture en bleu et rouge, rehaussées de bronze doré. Ce que vous voyez aujourd’hui, c’est le squelette nu d’un édifice qui était en réalité très coloré.

Les corrections optiques du Parthénon, ou comment tromper l’œil

Aucune ligne du Parthénon n’est parfaitement droite, et c’est entièrement voulu. Le stylobate, la base sur laquelle reposent les colonnes, est légèrement bombé : 6,75 cm sur les façades, 11 cm sur les côtés. Sans cette correction, la base paraîtrait s’affaisser au centre sous l’effet d’une illusion d’optique. Les axes de toutes les colonnes convergent vers un point fictif situé à environ 5 km d’altitude. Quant aux colonnes d’angle, elles sont légèrement plus épaisses pour ne pas paraître trop fines sur fond de ciel ouvert.

Chaque colonne présente une légère courbure vers l’intérieur. Mais aussi un renflement au tiers de sa hauteur, appelé entasis, pour corriger l’illusion d’étranglement d’un fût parfaitement cylindrique. La conséquence directe de tout cela : aucun bloc du Parthénon n’est identique à un autre, aucun n’est interchangeable. C’est précisément ce qui rend la restauration actuelle si longue et si coûteuse.

Ce que racontent les sculptures du Parthénon

Frises du Parthénon

Les frises du Parthénon, découvertes à Athènes en 1801, exposées au British Museum.

Le programme sculpté du Parthénon se déploie sur 3 registres distincts. Les 92 métopes, en haut-relief sur la frise extérieure dorique, représentent chacune un combat mythique selon leur orientation. Il y a la Gigantomachie à l’est, la Centauromachie au sud (les plus célèbres), l’Amazonomachie à l’ouest, le sac de Troie au nord. Toutes ces batailles partagent le même sens symbolique : l’ordre contre le chaos, la civilisation contre la barbarie, lecture directe de la victoire grecque sur les Perses. Certaines sont encore en place mais très endommagées. D’autres se trouvent au musée de l’Acropole, au British Museum, et quelques fragments de la frise des Panathénées au Louvre.

Les deux frontons racontent les origines de la cité : la naissance d’Athéna à l’est, la querelle entre Athéna et Poséidon pour la possession de l’Attique à l’ouest. La frise ionique intérieure, elle, s’étend sur 160 m. Elle représente 360 personnages dans la procession des Panathénées : cavaliers, porteurs d’offrandes, jeunes tisserandes. Ce qui la distingue de toute autre frise grecque, c’est qu’on y voit des mortels. Les 192 cavaliers représentent symboliquement les Athéniens morts à Marathon en 490 av. J.-C. Les Athéniens ont littéralement gravé leur peuple dans les murs de leur propre sanctuaire.

Quinze siècles de transformations

Le Parthénon ne s’est pas dégradé progressivement : plusieurs événements violents l’ont frappé au fil des siècles. Un incendie, probablement au IIIe siècle, détruit la charpente et le toit. Entre le Ve et le VIe siècle, sous le règne de Justinien selon la datation la plus communément retenue, il est converti en église chrétienne. On déplace alors l’entrée vers l’ouest, construit une abside et détruit ou altère une partie des sculptures. Après la Quatrième Croisade en 1204, le complexe passe au rite catholique et un clocher est ajouté à l’intérieur.

En 1456, les Ottomans conquièrent Athènes et transforment le Parthénon en mosquée. Il élèvent ensuite un minaret ex nihilo dans l’angle sud-ouest du bâtiment. En 1687, pendant le siège vénitien de l’Acropole, un tir de mortier déclenche l’explosion des munitions stockées par les Ottomans dans le naos. Cela provoque l’effondrement de 21 colonnes, souffle le toit et fait disparaître des dizaines de sculptures. Les Vénitiens aggravent les dégâts en tentant maladroitement de récupérer les statues du fronton ouest. Après l’explosion, les autorités ottomanes reconstruisent une petite mosquée à l’intérieur des ruines avant de la démonter en 1843.

Les marbres d’Elgin, un litige qui dure depuis 200 ans

Les marbres d'Elgin, Parthénon

Crédit photo : Wikimédia – Andrew Dunn

Entre 1801 et 1802, Lord Elgin, ambassadeur britannique à Constantinople, expédie à Londres l’essentiel des sculptures de la frise, des frontons et plusieurs métopes. Le British Museum les acquiert en 1816, et la Grèce en réclame la restitution depuis les années 1980, notamment sous l’impulsion de Melina Mercouri, ministre de la Culture jusqu’à sa mort en 1994. Le débat reste entier et le Royaume-Uni refuse toujours de les rendre.

Pour votre visite de l’Acropole d’Athènes, cela a une conséquence concrète. Aujourd’hui, le musée de l’Acropole à Athènes, le British Museum et le Musée du Louvre se partagent les sculptures du Parthénon et les fragments de la frise des Panathénées. Le musée de l’Acropole, ouvert en 2009, a été pensé en partie pour matérialiser cette demande de restitution. Il dispose d’une galerie entière dédiée à la frise des Panathénées, avec des moulages en plâtre blanc aux emplacements des originaux partis à Londres. Notre recommandation : passez au musée avant ou après la montée sur le site, le contexte qu’il offre est incomparable.

La restauration du Parthénon en cours

Ce que vous verrez sur place, ce sont des échafaudages. Depuis les années 1980, les archéologues poursuivent la restauration du Parthénon sans l’avoir encore achevée. Entre 1894 et 1933, les premiers restaurateurs ont utilisé des crampons en fer qui ont fini par oxyder et fissurer les blocs de marbre de l’intérieur. La campagne actuelle consiste à remplacer ces crampons par des éléments en titane. Puis à réassembler plus de 100 000 fragments recensés au sol, soit environ 20 000 tonnes de marbre pentélique, pour un budget estimé à 100 millions de dollars.

Les pierres restituées sont volontairement plus blanches que les originales pour rester identifiables, conformément aux principes de la Charte de Venise sur la restauration du patrimoine. Le chantier, initialement prévu pour une dizaine d’années, court toujours. Soyez lucide avant de monter : vous verrez un monument en partie échafaudé. Mais le site reste saisissant, et le musée de l’Acropole adjacent compense largement ce que la restauration masque encore.

Construit comme manifeste politique, transformé en église puis en mosquée, partiellement soufflé par un tir de canon et dépouillé de ses sculptures, le Parthénon reste le monument le plus complexe à lire d’Athènes. Montez sur le Rocher sacré avec ce bagage et vous l’apprécierez différemment.

Plus d'inspiration

Depuis ma jeunesse, j'ai toujours été attiré par l'univers du tourisme et l'expérience de vivre à l'étranger. Alors, après avoir visité plus d'une trentaine de pays, j'ai décidé de m'installer dans un village au Sénégal en 2019 où j'ai la chance de vivre de ma passion pour les voyages.

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