Les 11 plus belles randonnées à faire en Norvège
Randonner en Norvège, c’est accepter d’être systématiquement dépassé par ce que vous avez sous les yeux. Les sentiers vont du rocher aménagé fréquenté par des milliers de visiteurs par semaine à la nature sauvage glaciaire qui ne pardonne pas une mauvaise décision. Il y en a pour tous les niveaux, mais pas pour tous les équipements : venez mal préparé et vous rentrerez bredouille, au mieux. Voici 11 randonnées incontournables à faire en Norvège qui couvrent les grandes régions du pays, du Lysefjord aux îles Lofoten.
Preikestolen, le rocher au-dessus du Lysefjord

Crédit photo : Shutterstock – Landscape Nature Photo
Durée : 3h30 à 5h
Distance : 8,4 km
Dénivelé : 436 m
Période : Avril à octobre
Difficulté : Modérée
Le plateau de Preikestolen s’arrête net à 604 m au-dessus du Lysefjord, près de Stavanger. C’est la randonnée la plus fréquentée de Norvège, et cette réputation est méritée. Le sentier est très aménagé, avec des portions entières taillées en escaliers dans la roche. De bons marcheurs sans expérience alpine s’en sortent très bien. Partez du parking de Preikestolen fjellstue (comptez environ 25 €) et prévoyez des chaussures de randonnée avec une bonne semelle.
Le vrai problème, c’est juillet et août : le rocher est noir de monde en milieu de journée. Partez avant 8h ou après 17h pour une expérience radicalement différente. En plein été, le soleil ne se couche pas vraiment. La lumière sur le fjord vers 2h30 du matin est une des raisons sérieuses de bivouaquer sur place. Notez que le bivouac est autorisé un peu en retrait du plateau.
Trolltunga, la langue de roche au-dessus du vide

Shutterstock – fokke baarssen
Durée : 10h
Distance : 20 à 27 km A/R
Dénivelé : 900 à 1 200 m
Période : Mi-juin à mi-septembre
Difficulté : Difficile
Trolltunga, c’est la langue rocheuse suspendue à 700 m au-dessus du lac Ringedalsvatnet dans le Hardanger. Il s’agit de la photo la plus partagée de Norvège. La randonnée est longue, physiquement éprouvante, et la météo peut transformer une journée de rêve en galère dangereuse. Vérifiez les prévisions sur 48h avant de vous lancer et ne partez pas sans équipement imperméable complet. La distance varie selon le parking choisi. Les parkings P2 et P3, plus éloignés du départ, allongent le trajet de plusieurs kilomètres supplémentaires dans chaque sens et coûtent moins cher (30 à 80 € selon l’option).
Des guides locaux organisent des départs en groupe depuis Odda. Considérez sérieusement cette option si vous manquez d’expérience en randonnée de montagne. La plateforme de référence du DNT (l’association de randonnée norvégienne), propose des traces GPS fiables pour préparer l’itinéraire. Ne sous-estimez pas le retour : beaucoup de randonneurs arrivent au bout épuisés et oublient qu’il reste autant de kilomètres dans l’autre sens.
Boucle de Kjeragbolten, le rocher suspendu au-dessus du Lysefjord

Crédit photo : Shutterstock – Kochneva Tetyana
Durée : 8h
Distance : 10,6 km
Dénivelé : 675 m
Période : Mi-juin à mi-septembre
Difficulté : Difficile
Kjeragbolten, c’est ce rocher coincé dans une fissure à 1 000 m au-dessus du Lysefjord, côté opposé à Preikestolen. Les gens font la queue pour poser les pieds dessus et obtenir la photo tant désirée. Mais la randonnée en elle-même est plus intéressante que le rocher : passages avec chaînes, terrain exposé, descentes raides sur un terrain qui demande de la concentration. N’y allez pas par mauvais temps, les sections rocheuses deviennent glissantes et réellement dangereuses. Le départ s’effectue depuis le parking d’Øygardstøl (environ 30 €).
Ce qui rend Kjerag différent de Preikestolen, c’est la traversée d’un plateau sauvage au-dessus du Lysefjord avec des passages techniques qui méritent l’attention. Vous dominerez le fjord dans sa totalité depuis le sommet, avec une profondeur de champ que le plateau de Preikestolen ne donne pas. Prévoyez une journée entière et des chaussures de randonnée à semelle crantée. Ce n’est pas une randonnée pour ceux qui débutent.
Besseggen, la crête entre deux lacs de couleurs opposées

Shutterstock : Iwciagr
Durée : 6h à 8h
Distance : 14,8 km
Dénivelé : 1 073 m
Période : Juin à septembre
Difficulté : Ardue
Besseggen longe une arête étroite dans le parc national de Jotunheimen. Il compte le lac Gjende vert émeraude d’un côté et le lac Bessvatnet bleu foncé de l’autre. Le contraste entre les deux couleurs depuis la crête est l’image forte de cette randonnée. D’ailleurs, il est aussi saisissant en vrai que sur les photos. L’itinéraire classique commence par un trajet en bateau depuis Gjendesheim jusqu’à Memurubu. Puis la crête vous ramène à pied jusqu’au point de départ. Réservez le bateau à l’avance en haute saison.
Certains passages sur la crête sont exposés et peuvent sérieusement impressionner les personnes sensibles au vertige. Le sentier s’avère très fréquenté en juillet et août. Partez tôt le matin pour ne pas vous retrouver dans un embouteillage humain sur l’arête. La randonnée est classée très difficile principalement à cause du dénivelé cumulé et du terrain sur la crête, pas à cause d’une technicité alpine.
Romsdalseggen, la crête panoramique d’Åndalsnes

Crédit photo : Alltrails
Durée : 6h à 8h
Distance : 10,6 km
Dénivelé : 761 m
Période : Juillet à septembre
Difficulté : Difficile
Romsdalseggen surplombe la vallée de Romsdal depuis une crête qui offre une vue directe sur la Trollveggen. Bienvenue sur l’une des plus hautes parois rocheuses verticales d’Europe ! C’est une des randonnées de crête les plus exigeantes de la région, et une des moins bondées par rapport aux grandes références norvégiennes. Un bus depuis Åndalsnes vous dépose au point de départ à Venge, ce qui évite d’organiser une navette retour.
Quelques passages sur la crête sont exposés, à ne pas prendre à la légère avec le mauvais temps. Si vous cherchez une randonnée de qualité équivalente à Besseggen en évitant les foules, Romsdalseggen est un choix solide. La région d’Åndalsnes vaut le détour en elle-même, avec le Romsdalsfjord en toile de fond et une infrastructure touristique bien rodée sans être saturée.
Reinebringen, la vue sur Reine depuis les crêtes des Lofoten

Shutterstock – fokke baarssen
Durée : 3h à 3h30
Distance : 6 km
Dénivelé : 522 m
Période : Mai à octobre
Difficulté : Difficile
Reinebringen part du village de Reine, dans les Lofoten. Elle monte sur une crête qui donne la vue la plus photographiée de l’archipel : les pics acérés, le fjord, les maisons rouges en contrebas. La distance est courte, mais ne croyez pas que le sentier est facile. Le tracé historique a été remplacé par des escaliers en pierre taillée, irréguliers et souvent humides même par temps sec à cause de l’humidité ambiante des Lofoten. Cela demande de la concentration sur l’ensemble de la montée et les genoux encaissent. Prévoyez des bâtons si vous en avez l’habitude, et des chaussures imperméables à semelle crantée quelle que soit la météo annoncée.
Le terrain au-delà du point de vue officiel est fragile et a été le théâtre de plusieurs accidents. Restez sur le sentier balisé. Le parking à Reine est payant via EasyPark ou horodateur. Reinebringen fonctionne bien en début ou en fin de journée, quand la lumière rasante sur les Lofoten transforme complètement l’ambiance du paysage.
Ryten et Kvalvika, les Lofoten entre mer et sommet

Shutterstock – Wirestock Creators
Durée : 4h à 6h
Distance : 9,8 km
Dénivelé : 791 m
Période : Mai à septembre
Difficulté : Difficile
Ryten, c’est un sommet à 543 m d’où vous regardez vers le bas, sur la plage de Kvalvika, coincée entre les montagnes et la mer, sans aucune route pour y accéder. Depuis le sommet, la descente directe vers la plage est possible si vous voulez vous baigner. Mais préparez-vous : l’eau des Lofoten reste froide même en été. Sachez que le sentier vers Ryten n’est pas balisé de façon exhaustive sur l’ensemble du parcours. Téléchargez la trace GPS avant de partir.
Cette randonnée aux Lofoten combine deux expériences en une : le panorama océanique depuis la crête et l’isolement presque total de la plage de Kvalvika. C’est ce qui la distingue des autres itinéraires de l’archipel. Le parking est payant selon le point de départ choisi. En mai et juin, vous avez de bonnes chances de croiser peu de monde sur le sentier.
Segla et Hesten, l’île de Senja hors des sentiers battus

Crédit photo : Alltrails
Durée : 2h à 3h
Distance : 5,5 km
Dénivelé : 540 m
Période : Juin à septembre
Difficulté : Difficile
Senja est l’île que la plupart des voyageurs ignorent au profit des Lofoten, et c’est une erreur. Les paysages sont comparables et les foules beaucoup moins présentes. Segla est le sommet emblématique de l’île : une falaise en proue de bateau à 630 m au-dessus du fjord. La randonnée vers Hesten, le sommet voisin accessible depuis le même parking, donne la meilleure vue sur Segla. Les derniers mètres vers Hesten sont exposés et peuvent être contournés si la hauteur vous pose problème.
Le parking est payant via EasyPark. Senja mérite une vraie journée, voire une nuit sur place, pour enchainer plusieurs itinéraires. Si vous revenez de Tromsø ou des Lofoten et cherchez une étape qui sort des circuits habituels, c’est l’endroit. Moins de monde, même qualité de paysage, logistique plus simple.
Aurlandsdalen, l’itinéraire de vallée près du Sognefjord

Crédit photo : Shutterstock
Durée : 11h à 12h30
Distance : 34,9 km
Dénivelé : 1 194 m
Période : Fin mai à début octobre
Difficulté : Difficile
Aurlandsdalen relie Østerbø (820 m) à Vassbygdi au bord du Sognefjord en traversant gorges, cascades et anciennes fermes de montagne sur un ancien chemin de vallée. C’est un trekking en Norvège fondamentalement différent des itinéraires de crête. Au programme : pas d’exposition, pas de vertige, mais un terrain parfois glissant même par temps sec. Le dénivelé négatif important a tendance à fatiguer les genoux sur la durée. Vérifiez les horaires de la navette avant de partir : la correspondance du soir depuis Vassbygdi est contraignante et vous ne pouvez pas vous permettre de la rater.
La vallée abrite une flore particulièrement dense, héritée des anciens systèmes d’estive (seter) qui expliquent la présence de ces fermes de montagne traversées en chemin. Ce contexte lui donne une ambiance très différente des massifs rocheux du reste du pays. Idéalement, combinez ce sentier avec une nuit à Flåm ou Aurland. La plateforme du DNT propose l’itinéraire complet avec le profil altimétrique pour visualiser les deux tiers de descente qui dominent la fin du parcours.
Galdhøpiggen, le toit de la Norvège

Crédit photo : Alltrails
Durée : 6h à 8h
Distance : 11,4 km
Dénivelé : 765 m
Période : Juin à septembre
Difficulté : Difficile
Galdhøpiggen culmine à 2 469 m. C’est le point le plus haut de Norvège et de toute la Scandinavie, dans le parc national de Jotunheimen. L’itinéraire classique depuis Juvasshytta passe par le glacier Styggebreen. Cette variante nécessite un guide et un équipement spécifique, crampons et corde compris. Des agences locales proposent des sorties encadrées depuis Juvasshytta. Les conditions sur le glacier évoluent chaque saison : ne vous lancez pas sur cette variante sans conseils locaux récents.
Si vous voulez éviter la partie glaciaire, l’itinéraire depuis Spiterstulen est plus long mais reste accessible sans équipement alpin. La vue à 360 degrés depuis le sommet sur le massif de Jotunheimen justifie l’effort, par temps dégagé. Consultez une agence spécialisée pour la logistique de la variante glacier : les recommandations locales sont fiables et irremplaçables.
Gaustatoppen, le panorama à 360° du Telemark

Crédit photo : Alltrails
Durée : 4h30 à 5h
Distance : 10,6 km
Dénivelé : 754 m
Période : Mai à octobre
Difficulté : Difficile
Gaustatoppen s’élève à 1 883 m dans le Telemark et offre par temps dégagé un des panoramas les plus étendus du pays. C’est moins connu à l’international que les classiques du Lysefjord ou des Lofoten, ce qui en fait une belle randonnée en Norvège pour qui veut sortir du circuit habituel. Le Gaustabanen, un tunnel militaire creusé dans la montagne pendant la Seconde Guerre mondiale et reconverti en ascenseur vertical combiné à un train incliné, permet de réduire significativement le dénivelé à la montée ou à la descente. Cette option facile l’accès au sommet sans enchaîner l’itinéraire complet dans les deux sens.
La saison est plus longue qu’ailleurs grâce à une altitude plus modérée, avec des conditions praticables dès mai. Le Telemark est une région souvent ignorée au profit du corridor Stavanger-Bergen-Lofoten, et c’est précisément pour ça qu’on vous recommande d’y regarder de plus près si vous chercher de nouvelles randonnées en Norvège.
Des Lofoten au Jotunheimen en passant par le Lysefjord, ces randonnées de Norvège couvrent tous les niveaux et toutes les ambiances. Choisissez votre prochaine destination selon votre niveau et préparez sérieusement votre équipement avant de partir.

