Marrakech : que ramener dans sa valise ?

Marrakech : que ramener dans sa valise ?

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Les souks de Marrakech brassent des milliers de dirhams par jour, et les vendeurs savent exactement ce que les touristes cherchent. Valise cabine ou soute, produits secs ou liquides, fragiles ou roulables dans une écharpe : tout se ramène, à condition de savoir quoi choisir et où l’acheter. Le marchandage fait partie du jeu, ce n’est pas une agression, c’est une négociation. Voici les souvenirs qui valent vraiment le coup de rentrer dans vos bagages à Marrakech.

Les épices et produits du terroir

Épices à Marrakech

Crédit photo : Flick – SikrH

Le ras el hanout, le paprika fumé, le cumin et le curcuma se vendent au poids dans les souks couverts de la Médina. Vous en trouverez notamment autour de Rahba Kedima, la place que les touristes appellent souvent « souk des épices ». Sur la place Jemaa el-Fna, les mêmes épices coûtent deux à trois fois plus cher. Prévoyez entre 20 et 50 MAD (2 à 5 €) pour 100 g selon les mélanges.

Pour le safran, méfiez-vous. Le vrai safran se présente en filaments rouges séchés, jamais en poudre jaune vendue à 2 dirhams le sachet. Ce n’est pas du safran, c’est du curcuma coloré. L’amlou, cette pâte épaisse à base d’amande grillée, d’huile d’argan et de miel, voyage bien en bocal hermétique. Elle coûte autour de 40 à 80 MAD pour 200 g.

Le thé Gunpowder, vendu en vrac, tient bien en sachet plastique épais. Les citrons confits et les olives sont possibles en soute si vous les emballez dans des sacs hermétiques. Mais un bocal qui fuit dans la valise ruine deux jours de shopping. Partez sur du sec si vous doutez. Parmi les produits typiques marocains à ramener, les épices restent le choix le plus accessible et le plus léger pour la valise cabine.

Les produits de beauté et du hammam

Produits de beauté, Marrakech

Crédit photo : Flick – Marie-Aude Koiransky

L’huile d’argan cosmétique et l’huile d’argan alimentaire ne sont pas interchangeables. La première est pressée à froid sans torréfaction et s’applique sur la peau ou les cheveux. La seconde a un goût de noisette prononcé et se verse sur les plats. Achetez-les dans une coopérative féminine identifiée (elles sont plusieurs dans la Médina). Ou alors, rendez-vous dans une boutique avec label UCFA.

Les boutiques « sur la route de l’aéroport » qui se présentent comme des coopératives sont souvent des structures commerciales sans véritable lien avec les productrices. La vigilance est de mise et les mêmes critères de vérification s’appliquent. Les vendeurs ambulants qui vous proposent « la vraie huile d’argan » à 30 MAD la bouteille vendent souvent un mélange coupé. Comptez plutôt 80 à 150 MAD (8 à 15 €) pour 100 ml de qualité.

Le duo savon noir et gant kessa est le cadeau le plus solide à ramener pour la famille. Pratique, léger, peu cher (30 à 50 MAD l’ensemble), il est difficile à rater. Le ghassoul en pain ou en poudre, l’eau de rose et l’eau de fleur d’oranger complètent la trousse hammam facilement. Notez que l’eau de rose vendue dans les souks de Marrakech comme « eau de rose de Kelaat M’Gouna » (la vallée des roses, à plus de 5h de route dans le Dadès) n’est pas toujours originaire de là-bas. L’appellation ne garantit pas la provenance. Le khôl traditionnel avec son applicateur en bois (le mirwed) coûte moins de 20 MAD et fait un cadeau malin.

La maroquinerie et les babouches

Babouches, Marrakech

Crédit photo : Flick – Fabrizio LUCCHESE

Les babouches en cuir jaune tannées à la main font partie des souvenirs les plus copiés de Marrakech. Pour éviter le synthétique coloré vendu comme « cuir véritable », cherchez les échoppes du souk Cherratine (le souk des maroquiniers). Ou privilégiez les ruelles qui mènent aux tanneries de Bab Debbagh, plutôt que sur Jemaa el-Fna. Une paire de babouches artisanales en cuir pleine fleur se négocie entre 150 et 300 MAD (15 à 30 €). En dessous, c’est du synthétique, peu importe ce qu’on vous dit.

Un bon indicateur de qualité du cuir : l’odeur. Un cuir mal tanné ou traité avec des produits chimiques de mauvaise qualité dégage une odeur âcre persistante, même après plusieurs jours. Sentez avant d’acheter. Les poufs en cuir vendus à plat (non rembourrés) sont une excellente option pour la valise. Ils prennent peu de place et se remplissent de chiffons une fois rentrés. Comptez 200 à 500 MAD selon la taille et la finition.

La poterie et la céramique

Céramique, Marrakech

Crédit photo : Flick – Manuel Fernández Linera

Marrakech vend beaucoup de céramique de Safi et de Fès, et c’est tant mieux ! La qualité est au rendez-vous si vous achetez dans les boutiques de la Médina hors souk touristique. Les plats à tajine décoratifs et les plats fonctionnels ne sont pas les mêmes. Les premiers se fissurent sur le feu, les seconds sont traités pour la cuisson. Demandez explicitement si la pièce est compatible avec la chaleur avant d’acheter.

Les bols, assiettes et verres à thé colorés voyagent bien si vous les emballez dans vos vêtements, couche par couche. Prévoyez du plastique à bulles si vous savez à l’avance que vous allez acheter de la céramique.

Les prix varient énormément. Un bol simple se négocie à 20-40 MAD, un plat à tajine fonctionnel tourne autour de 80 à 200 MAD. Des pièces artisanales signées ou numérotées existent dans certaines boutiques de la Médina. Elles coûtent plus cher mais elles ont une vraie valeur. C’est un tout autre niveau que ce qui est vendu au kilo dans les souks couverts.

Les textiles et la décoration

Textile, Marrakech

Crédit photo : Flick – Wsrmatre Stpnre

Les chèches et écharpes en coton ou en sabra (une fibre extraite de l’agave, souvent commercialisée sous le nom de « soie de cactus », ce qui est un abus de langage botanique mais un terme entré dans l’usage) sont légers et compressibles. Ils font des cadeaux que tout le monde utilise. La sabra est la fibre locale la plus intéressante. Elle brille comme de la soie classique mais coûte deux à trois fois moins cher, entre 80 et 200 MAD selon la taille. Les foutas, ces grands tissus de hammam polyvalents, se plient en quatre dans un sac et servent de serviette, plaid ou paréo selon le moment.

Pour les tapis, soyez lucides : les vrais tapis anciens Beni Ouarain ou Azilal sont rares et chers. Une authentique pièce ancienne de taille correcte se négocie plutôt entre 5 000 et 15 000 MAD minimum, souvent bien au-delà pour les plus belles pièces. Ce qu’on vend à 300 MAD comme « tapis berbère authentique » est presque toujours une reproduction récente. Ce n’est pas un problème en soi si le prix est cohérent. Mais ne payez pas le prix d’un original pour une copie.

Si vous trouvez un grand tapis qui vous plaît et que vous ne pouvez pas le mettre en soute, la plupart des marchands sérieux organisent l’expédition en Europe. Vérifiez que le prix inclut les frais réels avant d’accepter.

Ce qu’on évite de ramener

Produits suspects, Marrakech

Crédit photo : Flick – Dongning Li

Les « antiquités » vendues dans les souks sont quasi systématiquement des reproductions. La vraie question est à la douane marocaine : l’exportation d’objets classés patrimoine national est interdite, et les agents n’ont pas d’humour sur le sujet. Inutile de prendre le risque pour un faux. Même logique pour tout objet en ivoire, carapace de tortue ou matière animale protégée : confiscation garantie, amende possible, et vous financez un trafic.

Les épices achetées en vrac sans emballage étanche sont un classique du désastre en valise. Un sachet mal fermé de curcuma ou de paprika rouge, et tout votre linge est coloré pour de bon. Emballez deux fois, dans des sacs hermétiques séparés. L’huile d’argan bon marché sans label ni coopérative identifiable est souvent coupée avec de l’huile de sésame ou de l’huile végétale neutre. Vous rentrerez avec un souvenir inutile de Marrakech et pas bon marché.

Les conseils pratiques pour acheter dans les souks

Souk animé de Marrakech

Crédit photo : Flick – Tony Yamanaka

Le marchandage n’est pas une confrontation, c’est le fonctionnement normal du commerce dans les souks. La règle des 40 à 50 % du prix annoncé comme point de départ, répétée dans tous les guides depuis 30 ans, est trop simpliste. Pour les épices ou le savon noir, les marges sont plus serrées et négocier agressivement agace les artisans à juste titre.

Pour les textiles ou le cuir, le prix affiché aux touristes peut être multiplié par cinq ou six. Dans ces cas-là, partir bas est légitime. La règle qui fonctionne : si le prix ne vous convient pas, partez. C’est souvent à ce moment précis que le vrai prix est proposé. Ne vous sentez pas obligé d’acheter parce qu’on vous a invité à vous asseoir ou offert un verre de thé.

Payez en dirhams marocains (MAD). La plupart des petits marchands n’acceptent pas la carte, et ceux qui l’acceptent majorent souvent le prix en conséquence. Changez vos euros dans les bureaux de change de la Médina ou en ville, jamais à l’aéroport où les taux sont systématiquement défavorables. Gardez une liasse de petites coupures accessibles sans sortir tout votre portefeuille. Dernier conseil : évitez d’acheter en tout début de matinée dans les souks. Les vendeurs considèrent que le premier client de la journée fixe la dynamique du jour et tiennent rarement sur le prix.

Épices, huile d’argan en coopérative, babouches en cuir pleine fleur ou fouta en sabra : Marrakech récompense ceux qui savent quels souvenirs chercher avant d’entrer dans les souks.

Plus d'inspiration

Depuis ma jeunesse, j'ai toujours été attiré par l'univers du tourisme et l'expérience de vivre à l'étranger. Alors, après avoir visité plus d'une trentaine de pays, j'ai décidé de m'installer dans un village au Sénégal en 2019 où j'ai la chance de vivre de ma passion pour les voyages.

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