Les souvenirs à ramener de Corfou : guide pratique des produits vraiment locaux

Les souvenirs à ramener de Corfou : guide pratique des produits vraiment locaux

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Corfou a été vénitienne pendant 4 siècles, puis britannique pendant 50 ans, avant de devenir grecque. Cette superposition d’influences a produit des spécialités qu’on ne trouve nulle part ailleurs dans les îles grecques. Citons par exemple une liqueur de kumquat introduit sur l’île au début du XXe siècle, un nougat hérité de Venise, un ginger beer qui n’existe qu’ici. Voici ce qui mérite vraiment une place dans la valise parmi les souvenirs à ramener de Corfou, et où l’acheter sans payer le prix fort.

La liqueur de kumquat et ses déclinaisons

La liqueur de kumquat, Corfou

Crédit photo : Flickr – Mich et kiki

Le kumquat arrive à Corfou vers 1924. Il est introduit par Sydney Merlin, un botaniste d’origine britannique installé sur l’île, qui l’importe depuis la Chine. Aujourd’hui, l’île concentre la quasi-totalité de la production européenne de kumquat. Et le fruit se décline sous toutes les formes. Il y a la liqueur orange vif (digestif sucré, entre 5 et 12 € la petite bouteille), la confiture artisanale (8 à 15 € le pot), fruits confits, loukoums et bonbons. Les cosmétiques au kumquat, savons et crèmes, conviennent à ceux qui ne souhaitent pas ramener de souvenirs de Corfou en liquides en cabine.

Évitez les boutiques du front de mer de Corfou-ville, qui facturent l’emballage plus que le contenu. Une partie importante des bouteilles vendues en bord de mer est conditionnée industriellement hors de l’île. Pour acheter ces produits typiques de Corfou, cherchez plutôt les épiceries et petits producteurs dans les ruelles de la vieille ville ou dans les villages de l’intérieur. La liqueur de kumquat de Corfou se conserve très bien plusieurs années, les confitures plusieurs mois après ouverture.

L’huile d’olive corfiote

Huile d’olive, Corfou

Crédit photo : Flickr – Chryde

Corfou compte environ 3,5 millions d’oliviers, certains millénaires et toujours productifs. La variété dominante, la Lianolia, produit une huile extra vierge douce avec une légère note poivrée en fin de bouche. Elle s’avère très différente des huiles du Péloponnèse ou de Crète. Cherchez la mention IGP (Indication Géographique Protégée) sur l’étiquette pour vous assurer de l’origine corfiote réelle. Comptez entre 8 et 20 € selon le volume et le producteur.

Pour le transport, privilégiez les bouteilles en métal ou en verre foncé. Emballez-les dans des vêtements à l’intérieur d’un sac hermétique, et mettez-les en soute. Vous pouvez légalement embarquer jusqu’à 5 litres. Vous voulez éviter la contrainte du liquide ? Rendez-vous à la savonnerie Patounis à Corfou-ville, fondée en 1836 et toujours tenue par la même famille. Elle produit des savons 100 % naturels à l’huile d’olive selon la méthode traditionnelle au chaudron. Légers, solides, faciles à glisser dans n’importe quel bagage.

Les objets en bois d’olivier

Objets en bois d’olivier, Corfou

Crédit photo : Flickr – Ramona Răican

Avec des millions d’oliviers sur l’île, le bois d’olive est une matière première abondante et travaillée depuis des siècles. Parmi les produits locaux de Corfou les plus cohérents à rapporter, on trouve des cuillères, spatules, saladiers, mortiers et pilons, planches à découper. Ce sont des objets utiles au quotidien, robustes, qui durent des décennies si on les entretient avec un peu d’huile. Les prix vont de 5 à 15 € pour les petits objets, 20 à 40 € pour les pièces plus travaillées.

Avant d’acheter, vérifiez que la pièce est bien en bois d’olive massif. Le grain est fin et ondulé, avec des nuances de brun clair et foncé, et l’odeur est légèrement boisée et sucrée. Méfiez-vous des objets trop lisses et trop uniformes, souvent en bois générique importé. Les boutiques des villages de l’arrière-pays comme Pelekas offrent de meilleures qualité et prix que les étals du bord de mer.

Les douceurs locales hors kumquat

Boutique de produits locaux, Corfou

Crédit photo : Flickr – linakisarillas

Les mandoles sont des amandes grillées enrobées de sucre coloré, présentes dans toutes les épiceries de l’île. Le mandolato est un nougat tendre à base de miel, blanc d’œuf et amandes, directement hérité du torrone vénitien. Le marché couvert de Corfou-ville, ouvert tôt le matin, est l’endroit le plus fiable pour acheter ces spécialités de Corfou à prix honnêtes, loin de la majoration touristique du bord de mer.

Pour aller plus loin, cherchez le nounoto, une pâte d’amandes corfiote façonnée en petites bouchées. Et aussi la sikomaïda, un pain de figues séchées compressées avec des noix et de l’anis. Ce dernier ne ressemble à rien de ce qu’on mange habituellement en Grèce continentale. C’est une des spécialités les moins connues à ramener de Corfou. Le miel de thym de Corfou complète le tableau. Très aromatique, il se distingue nettement des miels standardisés vendus en supermarché.

Les épices et herbes séchées

Bourdeto, Corfou

Crédit photo : Flickr – Tai Pan of HK

Le profil aromatique de Corfou est distinct du reste de la Grèce. Le thym local a des notes citronnées marquées, l’origan séché est particulièrement puissant. Le mélange d’épices associé au bourdeto, le ragoût de poisson épicé corfiote, combine paprika rouge, poivre noir, flocons de piment et parfois du safran. Il se trouve en vrac au marché couvert, et permet de reproduire le plat chez soi sans chercher des ingrédients introuvables.

Les herbes séchées se transportent sans problème en avion. La condition : bien fermer les sachets et de les placer dans un sac hermétique, sinon l’odeur imprègne tout le bagage. Le prix est bas, le poids est minimal, et c’est l’un des souvenirs les plus concrets à ramener de Corfou d’un point de vue culinaire. À acheter au marché couvert plutôt qu’en boutique à touristes, où les mêmes sachets coûtent souvent deux à trois fois plus cher.

Les céramiques et la poterie locale

Poterie, Corfou

Crédit photo : Flickr – boebo

La poterie corfiote mélange les techniques grecques aux influences vénitiennes. Cela donne un style visuellement distinct des céramiques des Cyclades ou de Rhodes. Les motifs peints à la main s’inspirent à la fois des ornements méditerranéens et des formes byzantines. On trouve des petits bols pour les mezze et les olives. Mais aussi des cruches à huile traditionnelles et des pièces décoratives. Comptez entre 15 et 30 € pour une pièce de qualité correcte, jusqu’à 100 € pour les artisans reconnus.

Pour distinguer le travail artisanal de la production industrielle importée, retournez la pièce. Examinez les finitions intérieures, les irrégularités légères du bord et le poids. Une pièce fabriquée à la main n’est jamais parfaitement symétrique. Les pièces trop lisses, trop légères, avec un marquage imprimé sous le fond sont généralement fabriquées hors de Grèce et vendues comme « locales ».

La tsitsibira, le ginger beer de l’île

La tsitsibira est un héritage direct de l’occupation britannique du XIXe siècle. C’est une bière de gingembre gazeuse, encore produite à Corfou, introuvable dans le reste de la Grèce. Elle n’est pas facile à transporter en avion car c’est un liquide, mais elle mérite d’être citée pour son caractère vraiment local. Boire une tsitsibira bien fraîche sur l’île, c’est un des rares moments où l’influence britannique est encore tangible au quotidien.

Vous voulez rapporter une boisson parmi les souvenirs typiques de Corfou ? Sachez que les vins locaux sont une alternative plus accessible. Les blancs issus du cépage Kakotrigis ont une acidité vive et des arômes floraux. Quant aux rouges de Skopelitiko, ils sont tanniques et persistants. Mettez-les en soute, emballés avec soin, et ils supporteront très bien le voyage. Les épiceries spécialisées de Corfou-ville en proposent une sélection sérieuse, loin des bouteilles génériques des supermarchés du bord de mer.

Du kumquat introduit au début du XXe siècle au nougat vénitien en passant par les oliviers millénaires, les souvenirs de Corfou racontent 4 siècles d’histoire dans votre valise. Commencez par le marché couvert de Corfou-ville, tôt le matin.

Plus d'inspiration

Depuis ma jeunesse, j'ai toujours été attiré par l'univers du tourisme et l'expérience de vivre à l'étranger. Alors, après avoir visité plus d'une trentaine de pays, j'ai décidé de m'installer dans un village au Sénégal en 2019 où j'ai la chance de vivre de ma passion pour les voyages.

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