10 anecdotes à connaître sur le Buckingham Palace à Londres
Le Palais de Buckingham est l’un des bâtiments les plus photographiés de Londres. Mais la plupart des visiteurs passent devant sans vraiment savoir ce qui se cache derrière la façade en calcaire. Plus de 320 ans d’histoire, des usages qui n’ont rien de royal à l’origine, des intrusions rocambolesques et des chiffres qui donnent le vertige. Voici 10 anecdotes sur le Buckingham Palace qui changent le regard qu’on pose sur le lieu.
Au départ, ce n’était pas un palais royal

Crédit photo : Shutterstock – David Steele
Buckingham Palace n’a pas été construit pour la famille royale. En 1703, John Sheffield, duc de Buckingham, fait ériger ce bâtiment comme hôtel particulier privé. George III le rachète en 1761 pour en faire la résidence de la reine Charlotte, et l’endroit s’appelle alors simplement « Queen’s House ».
Ce n’est qu’en 1837, à l’arrivée de la reine Victoria sur le trône, que le bâtiment devient officiellement la résidence du monarque. Pendant plus d’un siècle, donc, aucun souverain n’y a vécu à titre officiel. C’est l’une des anecdotes que peu de visiteurs connaissent sur Buckingham Palace en arrivant. Les State Rooms, qui racontent une partie de cette histoire, sont accessibles au public chaque été, de fin juillet à fin septembre.
775 pièces, et une ville dans la ville
Les chiffres du palais sont difficiles à visualiser. 775 pièces au total : 52 suites royales, 188 chambres pour le personnel, 92 bureaux, 78 salles de bain et 19 salons d’apparat. Le tout est réparti sur 15 ha en plein centre de Londres. Le palais dispose aussi de son propre bureau de poste et d’une piscine installée en 1938. Mais aussi d’un cinéma, d’un poste de police et d’un centre médical.
Ce n’est pas une résidence mais plutôt un complexe autonome. Des dizaines de corps de métier y travaillent à plein temps rien que pour maintenir le fonctionnement quotidien du lieu. Si vous venez assister à la relève de la garde, levez les yeux sur la façade. Vous comprendrez mieux l’échelle de ce que vous regardez. La cérémonie se tient chaque matin à 10h45 (durée : environ 45 min).
Le drapeau qui trahit la présence du roi

Le roi Charles III et la reine Camilla sur le balcon du Buckingham Palace pendant le couronnement du roi Charles III
Un détail à connaître avant d’arriver sur le Mall : si l’étendard royal flotte sur le palais (le Royal Standard, fond jaune, rouge et bleu), le roi est présent. Si c’est l’Union Jack, il est absent. C’est une règle simple, mais elle échappe à beaucoup de visiteurs qui lèvent les yeux sans savoir quoi chercher.
Dans les faits, Charles III passe une bonne partie de son temps à Windsor, Sandringham ou Balmoral. Elizabeth II elle-même décrivait souvent Buckingham comme un bureau plutôt qu’une maison. Regardez le drapeau en arrivant : c’est gratuit et ça donne une information concrète sur ce que vous êtes en train de visiter.
Un enfant a volé les sous-vêtements de la reine Victoria
Entre 1838 et 1841, un adolescent du nom d’Edward Jones s’introduit dans le palais à trois reprises. Il vole de la nourriture dans les cuisines, des sous-vêtements dans la chambre de Victoria, et s’assoit sur le trône. Surnommé « Boy Jones », il est arrêté à chaque fois, puis relâché, car aucune loi de l’époque ne couvrait précisément ce type d’intrusion.
C’est l’une des curiosités du palais de Buckingham les plus révélatrices sur la porosité de la sécurité au XIXe siècle. L’histoire a aussi fait des émules, comme on le verra avec l’épisode suivant, un siècle et demi plus tard.
Michael Fagan, l’intrus dans la chambre royale
En 1982, Michael Fagan franchit les grilles du palais à deux reprises. La deuxième fois, il parvient jusqu’à la chambre d’Elizabeth II, s’assoit sur son lit et engage la conversation avant que la sécurité n’intervienne. L’événement provoque un scandale politique immédiat et entraîne une réforme profonde du dispositif de sécurité royale.
Les versions divergent sur la durée exacte de cette conversation, selon les sources. Mais le fait central est documenté et reste l’une des anecdotes sur Buckingham Palace les plus citées. Il rappelle, concrètement, que le bâtiment le plus gardé de Londres a connu des failles que personne n’avait anticipées.
Neuf bombes pendant la Seconde Guerre mondiale
Le palais a été touché 9 fois par les bombardements allemands entre 1940 et 1941. La chapelle royale est détruite lors d’un raid aérien, et plusieurs parties du bâtiment sont endommagées. Malgré les recommandations du gouvernement, George VI et la reine Elizabeth refusent d’évacuer.
La reine Elizabeth aurait déclaré, dans des termes rapportés par plusieurs témoins de l’époque mais sans source primaire formellement établie, qu’elle était soulagée d’avoir été bombardée, car cela lui permettait de « regarder l’East End en face ». Les images de la destruction sont diffusées dans les cinémas britanniques pour montrer que la guerre ne faisait pas de distinction. C’est une période de l’histoire du palais de Buckingham que peu de visiteurs associent spontanément au lieu.
Des murs construits avec des fossiles vieux de 200 millions d’ans

Le Palais fut agrandi par les architectes John Nash et Edward Blore, qui ajoutèrent trois ailes autour d’une cour carrée
La façade du palais est faite de Portland Stone, un calcaire oolithique extrait du Dorset, qui se forme autour de micro-organismes minéralisés. Une étude publiée en 2017 dans Scientific Reports a confirmé que ces fossiles ont plus de 200 millions d’années. Ce même type de calcaire oolithique a servi à construire la cathédrale Saint-Paul et de nombreux bâtiments officiels à travers Londres.
C’est une anecdote insolite que personne ne mentionne en se faisant photographier devant les grilles de Buckingham Palace. Pourtant, chaque bloc de pierre que vous regardez contient des traces de vie préhistorique. Prenez le temps d’observer la texture de la façade de près : ce que vous voyez n’est pas que de la pierre.
350 horloges, deux employés pour les remonter
Le palais possède plus de 350 horloges et montres, certaines d’une valeur patrimoniale considérable. Deux horlogers travaillent à plein temps pour les entretenir et les remonter chaque semaine. Les weekends de changement d’heure représentent leur période la plus chargée de l’année.
Ce détail dit beaucoup sur l’échelle de fonctionnement du lieu. Des dizaines de métiers spécialisés, souvent invisibles pour le visiteur, sont nécessaires rien que pour maintenir le quotidien du palais. Ce que vous voyez depuis les State Rooms n’est que la surface d’une organisation bien plus complexe.
Des tunnels sous le palais, et un squatteur inattendu
Le palais est relié aux rues environnantes par des passages souterrains, utilisés à des fins de service et de sécurité. Selon certaines sources, George VI et la reine mère auraient un jour croisé dans ces tunnels un homme originaire de Newcastle qui y vivait discrètement. L’anecdote n’est pas confirmée par des sources officielles, mais elle circule dans plusieurs publications consacrées au palais.
Vraie ou partiellement romancée, elle illustre un paradoxe réel : un bâtiment de cette taille, avec autant de passages et de recoins, reste difficile à contrôler intégralement. Les tunnels, eux, sont bien réels.
Le jardin, les garden parties et les 20 000 sandwichs

Les jardins de Buckingham Palace à Londres par une journée d’automne couverte
Le jardin du palais couvre environ 16 ha. C’est l’un des plus grands jardins privés de Londres. Il comprend un lac, un héliport, un court de tennis et une roseraie. Chaque été, plusieurs garden parties officielles y réunissent jusqu’à 8 000 invités, pour un total de plus de 50 000 personnes reçues au palais chaque année.
À chaque événement, environ 27 000 tasses de thé et 20 000 sandwichs sont servis. Les invitations sont attribuées sur recommandation, pour récompenser des contributions à la société britannique, et non sur la notoriété des invités. Ce n’est pas le gratin mondain qu’on imagine : c’est une sélection beaucoup plus large et moins prévisible.
