Pourquoi le Colisée de Rome est-il à moitié détruit ?

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Devant le Colisée, la question vient naturellement : pourquoi un côté est-il intact, et l’autre ouvert sur le vide ? Ce n’est pas le résultat d’une seule catastrophe. Deux causes se sont combinées sur des siècles : les séismes, dont un tremblement de terre décisif en 1349, et le pillage systématique des matériaux de construction. Voici ce qui s’est vraiment passé autour des ruines du Colisée de Rome.

Un édifice conçu pour durer des siècles

Le Colisée n’est pas une ruine par nature. Lancé en 72 apr. J.-C. sous l’empereur Vespasien et inauguré en 80 apr. J.-C. par son fils Titus, il mesure 188 m de long, 156 m de large et 50 m de haut. Il peut accueillir entre 50 000 et 55 000 spectateurs selon les estimations académiques actuelles.

La construction repose sur du travertin, du béton romain et des blocs de marbre, assemblés avec une précision qui a tenu plus d’un millénaire. Ce n’est pas un décor mais un symbole de puissance impériale bâti pour traverser le temps. Ce qui met en ruines le Colisée ne vient pas d’une faiblesse structurelle, mais de ce qu’on lui a fait subir après.

La chute de l’Empire et le début de l’abandon

En 476 apr. J.-C., l’Empire romain d’Occident s’effondre. Le Colisée perd sa fonction presque immédiatement : plus de spectacles, plus d’entretien. Des familles s’y installent, des ateliers s’y ouvrent, des ordres religieux en occupent des sections entières. Les familles aristocratiques romaines, notamment les Frangipane puis les Annibaldi, s’en emparent même comme d’une forteresse privée. Ils modifient durablement certaines parties de la structure.

Ce glissement dure plusieurs siècles, et c’est là le point clé : l’abandon n’est pas brutal. Il est progressif, invisible, et change radicalement le statut du monument. Ce qui était un symbole de l’empire devient peu à peu un stock de matériaux disponibles au centre de Rome.

Les séismes, première cause physique d’effondrement

Colisée à Rome, billets & visites

Plusieurs tremblements de terre secouent le Colisée entre le IIIe et le XIVe siècle : en 217, 443, 508, 801 et 847. Chaque fois, la structure encaisse. Mais en 1349, un séisme particulièrement violent emporte le mur sud, avec une grande partie de la façade extérieure et plusieurs arcs et voûtes. C’est ce tremblement de terre de 1349 qui explique en grande partie pourquoi le Colisée de Rome est tel qu’on le voit aujourd’hui.

Pourquoi le sud et pas le nord ? La géologie répond directement : le côté sud repose sur d’anciens sédiments lacustres. C’est là où Néron avait fait assécher un lac artificiel pour bâtir sa Domus Aurea. Ce substrat instable amplifie les ondes sismiques. Le côté nord, lui, est ancré sur un substrat rocheux plus solide. C’est cette asymétrie géologique qui explique la silhouette du Colisée tel qu’on le voit aujourd’hui, avec un mur sud effondré et un mur nord presque intact sur toute sa hauteur.

Une carrière de pierres pendant tout le Moyen Âge

C’est la cause la moins connue, et pourtant la plus massive en termes d’impact sur l’état actuel du monument. Dès le Moyen Âge, le Colisée est exploité comme une carrière à ciel ouvert. Les blocs de travertin, le marbre des gradins, les éléments métalliques partent alimenter d’autres chantiers à Rome. Ce pillage organisé des matériaux du Colisée explique une part considérable de ce qui manque aujourd’hui.

Selon les historiens Keith Hopkins et Mary Beard (The Colosseum, Harvard University Press, 2012), des matériaux du Colisée auraient servi à la construction du palais de Venise et de la basilique Saint-Pierre au Vatican. Mais aussi de la chancellerie apostolique et du pont Sixte, parmi de nombreux autres chantiers romains. Les milliers de trous que vous observez sur les murs encore debout ne viennent pas des séismes. Ce sont les emplacements des agrafes en fer et en bronze qui liaient les blocs entre eux, arrachées pour être fondues. Regardez-les lors de votre visite, ils racontent une récupération organisée, pas du vandalisme. Dans une Rome appauvrie, c’était une pratique courante et parfaitement assumée.

Quand le pillage s’arrête : la protection tardive du monument

Touristes visitant le Colisée et le Forum romain lors d'une visite guidée semi-privée à Rome, Italie

Shutterstock : Zzoran Karapancev

Le tournant arrive en 1749. Le pape Benoît XIV sanctifie le Colisée, officiellement pour commémorer les martyrs chrétiens qui y auraient péri. Les historiens sont aujourd’hui très majoritairement sceptiques sur ce point. Aucune source romaine contemporaine ne mentionne d’exécutions de chrétiens au Colisée, et l’Église elle-même a revu ses positions sur le sujet. Quelle qu’en soit la motivation réelle, cette décision met fin à l’utilisation du site comme carrière. Elle marque le début d’une prise de conscience sur la nécessité de préserver ce qui reste de l’édifice et des ruines du Colisée.

Le classement à l’Unesco arrive en 1980. Depuis, plusieurs phases de restauration se sont succédé, financées par des mécènes privés distincts. L’objectif est d’ouvrir une part croissante de la surface restante au public. Une reconstruction complète n’est pas envisagée. Les coûts sont jugés prohibitifs, et les ruines font désormais partie de l’identité même du monument du Colisée. Ce n’est plus un défaut, c’est une trace de l’histoire.

Ce que ça change pour votre visite

Savoir tout ça transforme la façon dont vous regardez le Colisée aujourd’hui. Repérez les trous dans les murs pour visualiser concrètement l’ampleur du pillage des agrafes métalliques. Comparez le côté nord, encore presque intact sur toute sa hauteur, avec le côté sud ouvert sur la ville. Cette asymétrie à elle seule résume des siècles d’histoire de la destruction du Colisée de Rome.

Si vous le pouvez, réservez un accès à l’hypogée, les souterrains sous l’arène, accessibles via une passerelle inaugurée en 2021 dans le cadre des travaux de restauration. Gardez en tête que le Colisée accueille environ 8 millions de visiteurs par an. Réservez vos billets à l’avance, surtout en haute saison, pour éviter plusieurs heures de file.

Le Colisée de Rome est en ruine parce que des siècles de séismes, d’abandon et de pillage organisé l’ont dépouillé de pans entiers. Visitez-le en sachant ce que chaque trou et chaque pierre manquante racontent.

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À travers GenerationVoyage, je partage ma passion des voyages depuis 2010. Un passe-temps au début, j'ai rapidement compris que mes articles pouvaient inspirer des voyageurs comme vous à mieux organiser leurs séjours. Une question sur une destination, une visite, un bon plan ? J'y réponds dans les commentaires.

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