Visiter Sarandë : 9 incontournables à faire et voir (Albanie)

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Sarandë ne ressemble à rien de ce que vous imaginez depuis la Grèce d’en face. En 30 min de ferry depuis Corfou, on passe d’une île saturée de touristes à une ville albanaise qui s’est réinventée en station balnéaire sans vraiment se lisser pour autant. C’est bruyant, dense en juillet-août, et logistiquement très bien placé pour rayonner sur 30 km de riviera et de sites archéologiques. Voici ce qui vaut vraiment le détour à Sarandë, et dans quel ordre l’aborder.

1. La promenade en bord de mer

La promenade en bord de mer, Sarandë

Crédit photo : Flickr – Artur Malinowski

Le boulevard Hasan Tahsini longe la baie sur plusieurs centaines de mètres depuis le port. C’est le point de départ naturel de toute journée à Sarandë : cafés en terrasse, stands de fruits, vue directe sur l’eau et sur l’île de Corfou en arrière-plan. En fin de journée, les locaux investissent le boulevard pour la xhiro, la promenade rituelle albanaise : familles, couples, groupes d’amis, la ville entière descend se promener. C’est le secteur le plus vivant de Sarandë, sans discussion.

Ce n’est pas un site à visiter au sens strict. C’est une ambiance à observer, de préférence entre 18h et 21h quand la chaleur tombe. Attendez-vous à du bruit, de la musique et des vendeurs ambulants : la promenade ne fait aucune concession au calme. Si vous cherchez la tranquillité, visez plutôt le début de matinée, la vue reste la même sans la foule.

Des excursions en bateau sont proposées directement au départ de ce front de mer. Il s’agit d’une bonne option pour explorer la côte. Une mise en garde sur la baignade : l’eau manque de clarté le long de cette zone très urbaine. Vous verrez souvent des déchets près du port. Notre recommandation : profitez de la promenade pour marcher ou boire un verre. Mais choisissez d’autres plages plus éloignées pour vous baigner.

2. Le château de Lëkurësi

Le château de Lëkurësi, Sarandë

Crédit photo : Wikimédia – Pasztilla¨aka Attila Terbócs

Construit au XVIe siècle sous domination ottomane, le château de Lëkurësi se dresse sur une colline à 3 km du centre de Sarandë. Soyons directs : les ruines en elles-mêmes sont modestes. Ce qui vaut le déplacement, c’est la vue à 360° sur la baie de Sarandë, le lac de Butrint et l’île de Corfou. Comptez 45 bonnes minutes pour monter à pied (la pente est très raide). Ou alors, prenez un taxi en fixant bien le tarif avant de fermer la portière.

Prévoyez d’arriver au moins 1h avant le coucher du soleil. La route d’accès sature vite à cette heure-là (bus, taxis, scooters, piétons), et la lumière sur la baie justifie d’anticiper le trajet. Un immense restaurant plutôt attrape-touristes occupe la cour intérieure : on est très loin du fine dining. C’est pratique pour boire un verre, mais respectez les clients attablés si vous montez uniquement pour les photos. Programmez 1h sur place au maximum.

3. Les ruines de la synagogue et du monastère des 40 Saints

Ruines de la synagogue, Sarandë

Crédit photo : Wikimédia – Pasztilla aka Attila Terbócs

La synagogue se trouve en plein centre-ville et s’observe depuis la rue. Elle date du Ve siècle, reconvertie en basilique chrétienne au VIe. Les mosaïques au sol sont encore partiellement visibles, ornées de symboles juifs (menorah, shofar, etrog), vestige d’une villa romaine transformée en lieu de culte juif puis chrétien. C’est là que se lit concrètement l’histoire de Sarandë, cité antique devenue byzantine, avant l’arrivée ottomane.

Le monastère des 40 Saints, situé à l’écart sur les hauteurs, a donné son nom à la ville entière. Saranda vient du grec « saránta », quarante, en hommage aux quarante martyrs de Sébaste dont le culte était célébré sur ce site. Les deux sites sont à l’état de ruines, sans panneau d’interprétation bilingue sérieux. Ne les abordez pas comme des musées classiques. La synagogue est libre d’accès. La montée jusqu’au monastère des 40 Saints est en revanche assez raide (prévoyez un véhicule ou une bonne marche), mais la vue sur la baie depuis le sommet compense l’effort.

L’entrée du monastère est affichée à 200 LEK, mais le site est souvent ouvert à tous vents hors saison. Ces visites s’intègrent dans une demi-journée de découverte urbaine, sur le chemin vers le château de Lëkurësi. L’intérêt reste strictement historique : si les couches civilisationnelles ne vous parlent pas, passez votre chemin.

4. Ksamil et ses plages

Plage de Ksamil

Shutterstock : Zdenek Matyas Photography

Ksamil se trouve à environ 30 min au sud de Sarandë en bus (départ fréquent depuis le centre, environ 150 leks soit 1,50 €). Le village concentre les plages les plus photographiées de la riviera albanaise : sable clair, eau turquoise, quatre petites îles accessibles à la nage ou en kayak. C’est beau, et tout le monde le sait ! En juillet-août, les plages sont saturées et les prix des transats et restaurants doublent.

Privilégiez juin ou septembre, ou arrivez avant 9h si vous y allez en pleine saison. Vérifiez le tarif des transats avant de vous installer. Certains visiteurs ont eu de mauvaises surprises avec des forfaits dépassant les 20 € la journée. Les balades en bateau autour des îles sont proposées aux alentours de 1000 leks par personne pour 20 min, un tarif discutable pour la prestation. Pas besoin de dormir sur place, Sarandë reste une base logistique bien plus pratique et moins chère. Le bus du retour circule régulièrement jusqu’en début de soirée.

5. Le parc national de Butrint (Unesco)

L'amphithéâtre romain à Butrint

Shutterstock — Aleksandar Todorovic

À 14 km au sud de Sarandë, Butrint concentre sur un seul site des vestiges grecs, romains, byzantins et vénitiens. Le théâtre antique, le baptistère paléochrétien et la basilique sont les points forts de la visite. Le baptistère mérite qu’on s’y attarde, c’est l’un des plus grands baptistères paléochrétiens connus en Méditerranée, avec une mosaïque de sol d’une richesse exceptionnelle.

Comptez environ 2h pour parcourir le site sérieusement. Le parc offre davantage d’ombre qu’on ne l’imagine, mais prévoyez quand même de l’eau et évitez le plein cagnard en été. Munissez-vous aussi de bonnes chaussures : le parcours enchaîne montées et descentes sur un terrain inégal. L’entrée coûte 1000 ALL (environ 10 €). Contrairement à d’autres sites albanais, les panneaux explicatifs sont ici de bonne facture. Pour vraiment comprendre l’empilement des civilisations, engagez un guide officiel à l’entrée. Sans cela, on passe vite à côté de l’histoire du lieu.

En bus depuis Sarandë, des départs ont lieu toutes les heures depuis le centre pour environ 100 ALL. En voiture, le petit parking sature très vite en haute saison : arrivez dès l’ouverture. Sur la route, environ 2 km avant d’arriver au site, arrêtez-vous au belvédère. Il offre une vue parfaite sur le château triangulaire d’Ali Pacha, isolé sur son îlot. La majorité des visiteurs filent jusqu’au parking sans s’en apercevoir.

6. Le Blue Eye (Syri i Kaltër)

Le Blue Eye, Albanie

Crédit photo : Wikimédia – Bunker92

À 22 km de Sarandë dans les terres, le Blue Eye se distingue par l’eau qui jaillit de ses profondeurs avec une teinte bleue électrique, en contraste net avec la forêt environnante. La profondeur connue dépasse les 50 m et la température de l’eau stagne autour de 10°C. La baignade dans le bassin principal est fortement déconseillée. Le courant y est puissant malgré des apparences calmes en surface, et des panneaux le signalent clairement. Des zones de baignade existent en revanche sur la rivière en aval, côté forêt.

Depuis les récents aménagements, le nouveau parking est situé à 2 km de la source. Vous devez parcourir cette distance à pied sur une route goudronnée. Des trottinettes électriques et un petit train desservent ce tronçon pour 200 à 300 ALL si vous souhaitez vous épargner la marche. Une fois sur place, n’hésitez pas à suivre le sentier forestier qui s’éloigne du bassin principal pour trouver plus de calme.

Vous pouvez y aller en transport en commun. Les minibus reliant Sarandë à Gjirokastër vous déposent à l’intersection du site pour environ 300 ALL. En voiture, le stationnement coûte 200 ALL. L’accès piéton au parc est fixé à 50 ALL (0,50 €). Pointez-vous avant 9h pour devancer les cars de groupes. La visite prend tout son sens lors d’une journée complète en combinant le site avec Gjirokastër, situé sur la même route.

7. Excursion à Gjirokastër

Vue de Gjirokastër depuis le château

Vue de Gjirokastër depuis le château – Crédit photo : Shutterstock – Kateryna Mashkevych

Gjirokastër se trouve à 1h15 de route de Sarandë. La combinaison avec le Blue Eye sur la même journée s’impose naturellement : les deux sites partagent la même route. La ville est classée Unesco pour son architecture ottomane, ses rues pavées en pierre grise et sa citadelle qui domine toute la vallée. Comptez une demi-journée minimum, la forteresse seule justifie le déplacement. Elle abrite un musée d’armes et un avion militaire américain récupéré pendant la Guerre froide, un Lockheed T-33 capturé en 1957 après un atterrissage forcé sur le territoire albanais. L’entrée coûte 400 lekë (environ 4 €) sur place. Les billets s’achètent directement à la caisse, aucune réservation en ligne n’est nécessaire.

Sachez que les ruelles montent raide et que certains pavés glissent : évitez les semelles lisses. Privilégiez la voiture pour cette excursion. Les minibus relient directement Sarandë à Gjirokastër en 1h15, mais tenter d’ajouter le Blue Eye en transport en commun complique sérieusement la logistique de la journée. Beaucoup de visiteurs regrettent d’ailleurs de ne pas avoir prévu plus de temps pour flâner en ville : gardez ça en tête au moment de caler votre programme. C’est une excursion pour les voyageurs curieux d’histoire balkanique, pas uniquement pour les amateurs de sites archéologiques.

8. Les plages entre Sarandë et Ksamil

Mirror Beach, Albanie

Crédit photo : Flickr – Kastriot Halili Photo

Entre Sarandë et Ksamil, le terme de plages sauvages est aujourd’hui trompeur. Mirror Beach (Plazhi i Pasqyrave) et Pulëbardha reviennent systématiquement dans les recommandations. Mais oubliez le sable : ce sont des plages de galets blancs. Elles n’échappent plus à la foule de juillet-août et sont quasi intégralement couvertes de transats payants, même si l’affluence reste légèrement inférieure au centre de Ksamil. Certaines criques voisines ne sont accessibles que par la mer, via les excursions en bateau au départ du port de Sarandë, ce qui permet d’esquiver les embouteillages côtiers.

En voiture, attendez-vous à des pistes en terre très raides et fortement cabossées pour descendre vers l’eau. La zone est désormais dominée par les beach-clubs avec musique et restauration. L’eau devient vite profonde et les fonds sont tapissés de pierres glissantes ou coupantes : emportez des chaussures aquatiques. Si vous espérez poser votre propre serviette gratuitement sur les quelques mètres carrés de galets libres, arrivez sur place avant 9h du matin, impérativement hors week-end.

9. Le parc archéologique de Phénice (Finiq)

Le parc archéologique de Phénice, Albanie

Crédit photo : Wikimédia – Carole Raddato

Phénice intéresse ceux qui ont déjà fait Butrint et veulent aller plus loin. Le site couvre 20 siècles d’occupation, des Grecs anciens aux Byzantins, avec un théâtre semi-circulaire creusé dans la colline qui domine la plaine côtière. On y trouve aussi des bunkers datant de la période communiste albanaise (années 1950-1980), parfois mal datés sur les panneaux sur place. Ce n’est pas une visite prioritaire : seule une petite partie a été fouillée. Les vestiges sont épars, peu mis en valeur, et la montée depuis le village de Finiq (2 km à pied) décourage les visiteurs pressés. L’entrée coûte 300 ALL, soit environ 3 €.

Faites appel à un guide ou effectuez de bonnes recherches en amont. Sans contexte, la visite tourne court. Les vues sur la plaine côtière rattrapent le tout si les ruines vous laissent songeurs. Prévoyez d’y aller tôt le matin, la chaleur rend le site difficile après 10h et il n’y a quasiment aucune ombre. La location de voiture est indispensable : un minibus dessert le village, mais pas le site. Si vous combinez avec Butrint dans la même journée, faites-y un arrêt rapide. Sinon, réservez cette excursion aux amateurs d’archéologie qui veulent éviter les foules, pas aux voyageurs pressés qui cochent des cases.

Questions pratiques pour votre voyage à Sarandë

Comment aller à Sarandë ?

L’option la plus simple depuis la France : voler jusqu’à Corfou (vols directs en été depuis Paris, Lyon ou Marseille). Puis, prendre le ferry ou l’hydroglisseur jusqu’à Sarandë. La traversée dure 30 min et les départs sont fréquents toute l’année. C’est de loin l’itinéraire le plus rapide et le moins contraignant.

Depuis Tirana, comptez 280 km et minimum 4h30 de route, ou 5 à 6h en bus. C’est faisable mais long. Utilisez notre comparateur de vols pour trouver les meilleures options selon votre point de départ.

Comment se déplacer à Sarandë ?

En ville, tout se fait à pied. La promenade, les ruines et le centre sont à distance raisonnable les uns des autres.

Pour Ksamil et Butrint, le bus local suffit : départ toutes les heures depuis le centre, pour moins de 1 € le trajet. Pour le Blue Eye, Gjirokastër ou les plages isolées, la location de voiture demeure indispensable. Les taxis existent mais pratiquent régulièrement des tarifs gonflés avec les touristes : négociez le prix avant de monter.

Où dormir à Sarandë ?

Le centre-ville et le bord de mer concentrent la majorité des hébergements. C’est pratique pour tout faire à pied, mais attendez-vous à du bruit en soirée, surtout en juillet-août.

Pour plus de calme, les hauteurs de la ville offrent une certaine distance avec l’animation nocturne, sans s’éloigner du centre. Si votre priorité est la plage, dormir directement à Ksamil est une option. Mais Sarandë reste une bien meilleure base logistique pour rayonner sur la région.

Faut-il un visa pour entrer en Albanie ?

Non. Les citoyens français n’ont pas besoin de visa pour l’Albanie. La carte nationale d’identité suffit pour un séjour touristique jusqu’à 90 jours.

Quelle monnaie utilise-t-on à Sarandë ?

La monnaie officielle est le lek albanais (ALL). Retirez des leks en arrivant : les euros sont parfois acceptés dans les zones touristiques, mais le taux de change appliqué est rarement avantageux.

Quel budget prévoir par jour à Sarandë ?

Sarandë reste très abordable hors saison. Comptez entre 40 et 60 € par jour en juillet-août (hébergement, repas, transports), et nettement moins en mai-juin ou septembre.

La baignade est-elle sûre à Sarandë ?

Oui, dans les conditions habituelles. Évitez le bassin central du Blue Eye : le courant y est fort et la baignade est officiellement déconseillée malgré les eaux en apparence calmes à la surface.

Carte des hôtels et logements - Albanie
Plus d'inspiration

Depuis ma jeunesse, j'ai toujours été attiré par l'univers du tourisme et l'expérience de vivre à l'étranger. Alors, après avoir visité plus d'une trentaine de pays, j'ai décidé de m'installer dans un village au Sénégal en 2019 où j'ai la chance de vivre de ma passion pour les voyages.

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