Visiter Kanazawa : 9 incontournables à faire et voir (Japon)

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Kanazawa a traversé la Seconde Guerre mondiale sans une bombe. Résultat : ses quartiers geisha, ses ruelles de samouraïs et ses jardins du XVIIe siècle sont intacts, pas reconstitués. La ville produit 99 % de la feuille d’or artisanale japonaise, revendique une gastronomie que beaucoup de Japonais placent juste derrière Tokyo et Osaka, et reste à 2h30 de Shinkansen depuis la capitale. Voici les endroits qui valent vraiment le détour à Kanazawa.

1. Le jardin Kenrokuen

Le jardin Kenrokuen, Kazanawa

Crédit photo : Wikimédia – MoKu

Kenrokuen fait partie des trois jardins historiques les plus réputés du Japon, avec le Korakuen et le Kairakuen. Sur ses 11,4 ha, aménagés par le clan Maeda et ouverts au public en 1874, il incarne les six principes du jardin paysager classique : espace, tranquillité, aménagement minutieux, ancienneté, abondance d’eau et vues dégagées. En hiver, les yukitsuri, ces structures de cordes en cône qui protègent les pins de la neige, changent radicalement l’apparence du parc. L’installation de ces cordages mobilise les jardiniers pendant plus d’un mois.

Arrivez dès l’ouverture pour éviter les groupes de touristes, particulièrement nombreux lors de la floraison des cerisiers en avril. Prenez le temps de marcher au hasard des allées. Chaque angle de vue offre une géométrie différente, entre reflets dans les étangs, lanternes en pierre et petits ponts. Plusieurs maisons de thé ponctuent le parcours pour une pause matcha face aux points d’eau. Juste à côté, le jardin Gyokuseninmaru, restauré en 2015, s’avère bien plus tranquille et mérite le détour. Sa maison de thé invite au calme, et le parc du château adjacent s’illumine certains vendredis et samedis soirs en période saisonnière. Vérifiez le calendrier avant de vous déplacer.

2. Le château de Kanazawa

Le château de Kanazawa

Crédit photo : Wikimédia – 663highland

Construit en 1583 par le clan Maeda, le château a brûlé plusieurs fois. Même si les tourelles et l’entrepôt ont fait l’objet d’une reconstruction minutieuse en bois en 2001, il n’y a pas de donjon principal. Si vous venez pour un édifice en hauteur comme celui d’Himeji, passez votre chemin. Ce n’est pas ça, et autant le savoir avant.

Ce qui vaut le détour, c’est la promenade dans le vaste parc. Mais aussi la grande variété des murs d’enceinte en pierre du XVIIe siècle et la porte Ishikawa-mon datant de 1788. Venez avant 9h si vous voulez profiter de l’endroit sans les cars de touristes et faire des photos sans foule. Les boutiques et salons de thé n’ouvrent pas tôt, prévoyez de quoi grignoter.

Combinez la visite avec le jardin Kenrokuen et le jardin Gyokuseninmaru, tous les trois sont côte à côte. Comptez une demi-journée pour faire le tour sans vous presser. Les allées en gravier compliquent la circulation en poussette, privilégiez un porte-bébé.

3. Higashi Chayagai

Higashi Chayagai, Kazanawa

Crédit photo : Flickr – Anna Armstrong

Higashi Chayagai est le plus grand des trois quartiers geisha de Kanazawa. Fondé en 1820 sur ordre du clan Maeda, il regroupait les maisons de divertissement. La rue principale concentre des chaya en bois à deux étages, ces maisons où riches marchands venaient rencontrer les geisha, et certaines accueillent encore des spectacles aujourd’hui. Visitez la maison Shima, classée Bien culturel important et convertie en musée, pour comprendre concrètement ce que cachait ce monde fermé.

Allez-y en fin de journée : les lanternes s’allument, la foule se dilue, et le quartier prend une autre dimension. C’est aussi ici que se concentrent les meilleures boutiques de feuilles d’or, si vous cherchez un souvenir qui ne ressemble pas aux autres.

Derrière le quartier, la colline d’Utatsuyama abrite une cinquantaine de temples et sanctuaires reliés par des petits sentiers. Son parc offre une vue dégagée sur la ville. Peu de visiteurs s’y aventurent, ce qui en fait une bonne échappatoire si la rue principale est bondée. Sur le chemin du retour, longez la rivière Asano : les cerisiers et les montagnes en arrière-plan justifient la marche. Pour les photos, privilégiez Nishi Chaya, le quartier geisha ouest, nettement moins fréquenté.

4. Kazuemachi et Nishi Chayagai

Kazuemachi, Kazanawa

Crédit photo : Wikimédia – Okochuke

Si vous ne devez voir qu’un seul quartier geisha, choisissez Higashi Chayagai, mais réservez votre soirée pour Kazuemachi. Ce quartier longe la rivière Asanogawa, à 5 min à pied d’Higashi, et change complètement d’atmosphère une fois la nuit tombée. Les façades en bois s’illuminent, les ruelles se vident, et le silence remplace les groupes de touristes. Classé patrimoine culturel en 2008, il offre ce qu’Higashi ne peut plus vraiment donner, de l’authenticité sans la foule.

Nishi Chayagai, lui, se situe de l’autre côté de la ville, à l’ouest, à proximité du plateau de Teramachi. Il se résume à une seule rue, mais elle mérite qu’on s’y arrête pour deux raisons concrète. Le cadre est bien plus calme qu’à Higashi, et juste derrière les maisons en bois s’étend le plateau de Teramachi abritant environ 70 temples, dont le très couru temple Ninja (Myoryuji). Peu de visiteurs font le lien entre les deux. Un petit musée gratuit sur place permet d’en apprendre davantage sur la vie des geishas. Honnêtement, l’ensemble s’adresse aux curieux qui veulent compléter leur tour des trois quartiers geisha de la ville, pas à ceux qui manquent de temps.

5. Le quartier samouraï Nagamachi

La maison Nomura à Nagamachi, Kazanawa

Crédit photo : Flickr – jpellgen

Nagamachi est l’ancien fief des samouraïs de rang moyen à élevé du clan Maeda. Le passé militaire se lit encore dans l’urbanisme. Les murs en pisé, recouverts d’un crépi à base de terre et de chaux, prennent une teinte ocre sombre sous la pluie et longent des canaux étroits. Les ruelles pavées forment des angles droits, conçus à l’époque pour briser la ligne de mire des attaquants. Le quartier s’explore au hasard.

La maison Nomura reste la visite la plus structurée, avec sa demeure restaurée et son jardin intérieur soigné. Elle justifie largement son billet d’entrée. Pour des détails historiques plus terre à terre, le musée Ashigaru est gratuit. Il documente le quotidien des fantassins de l’infanterie légère, même si les intérieurs des différentes bâtisses de la zone restent très dépouillés et peu meublés.

Le reste du secteur se parcourt librement et sans guichet. Notre recommandation : rendez-vous sur place dès 8h30 pour devancer les groupes. Les murs s’assombrissent et brillent sous la pluie, ce qui tombe à pic : Kanazawa est l’une des villes les plus arrosées du Japon. Laissez tomber l’imperméable qui tient chaud et optez pour un parapluie solide, le véritable accessoire indispensable des locaux. Un dicton de la ville dit d’ailleurs de l’emporter même si le ciel est bleu.

6. Le marché Omicho

Le marché Omicho, Kazanawa

Crédit photo : Flickr – jpellgen

Fondé en 1721, Omicho réunit quelque 170 étals où s’empilent les crabes de la mer du Japon, les crevettes et les légumes kaga cultivés localement. Les allées sont couvertes, donc la météo n’est pas un problème. C’est ici que les cuisiniers de la ville s’approvisionnent chaque matin, et ça se voit. Arrivez avant 11h pour accéder aux restaurants du marché sans faire la queue : ils servent des kaisendon, ces bols de riz couverts de sashimis frais. Attention au budget, la qualité a un prix et l’addition dépasse vite les 3000 yens pour ce type de plat.

Kanazawa s’impose comme une référence japonaise absolue pour les produits de la mer, et Omicho en est le centre névralgique. Si vous voyagez entre novembre et mars, commandez du crabe, c’est la pleine saison et la qualité justifie l’investissement. Même sans manger, le lieu mérite l’arrêt. Les étals de pieuvres, coquillages et poissons entiers maintiennent une véritable atmosphère de marché de frais, bien qu’il faille désormais composer avec une fréquentation touristique très forte.

7. Le musée d’art contemporain du XXIe siècle

Le musée d’art contemporain du XXIe siècle, Kazanawa

Crédit photo : Wikimédia – 金沢市

Le musée conçu par le cabinet SANAA tranche avec l’architecture classique de la ville. Son architecture circulaire, sans façade principale, s’ouvre sur l’extérieur depuis tous les côtés : une façon de montrer que l’art contemporain ne s’enferme pas. L’œuvre la plus célèbre est « The Swimming Pool » de Leandro Erlich, une illusion d’optique qui donne l’impression de voir des silhouettes marcher sous l’eau. Attention : si la vue depuis le haut du bassin est gratuite, descendre à l’intérieur nécessite un billet d’exposition et une réservation horaire stricte. Prenez vos places en ligne plusieurs semaines en amont, la billetterie sur place affiche très souvent complet en haute saison.

La zone publique du musée et les espaces extérieurs restent ouverts gratuitement. Pour les galeries d’exposition, le tarif varie selon les collections temporaires en cours. À 10 min de marche de là, on vous recommande fortement le musée D.T. Suzuki. Cet édifice minimaliste est dédié au philosophe du bouddhisme zen. Imaginé par l’architecte Yoshio Taniguchi, il s’articule autour d’un grand bassin de contemplation. C’est une halte parfaite pour trouver un silence absolu loin des foules.

8. Le temple Myoryuji (Ninja-dera)

Le temple Myoryuji, Kazanawa

Crédit photo : Wikimédia – Oren Rozen

Le surnom « Ninja-dera » prête à confusion. Ce temple de 1643 n’a rien à voir avec les ninjas, mais tout avec la stratégie défensive du clan Maeda. Ses architectes ont conçu un labyrinthe de 23 pièces et 29 escaliers sur quatre niveaux, avec corridors dissimulés, trappes et salles secrètes pour protéger les occupants et piéger les intrus. L’édifice masque sa taille réelle derrière une façade classique de deux étages.

La visite guidée dure 40 min. Elle se fait en japonais uniquement, mais un classeur traduit est fourni pour suivre les explications au fil des pièces. Anticipez votre venue. La réservation est obligatoire et s’effectue uniquement par téléphone (demandez à la réception de votre hôtel de s’en charger). Les photos sont interdites à l’intérieur, ce qui oblige à se concentrer sur l’ingéniosité des lieux. Contrairement à ce qu’on entend parfois, on ne sort pas par l’arrière du bâtiment. Une fois repassé par la porte principale, prenez le temps d’explorer les ruelles et les vieux cimetières du quartier de Teramachi avant de poursuivre votre route.

9. Les spécialités à goûter

Plat kaisendon

Crédit photo : Wikimédia – Jun Seita

Kanazawa s’impose comme l’une des places fortes de la gastronomie japonaise au même titre que Kyoto ou Osaka. La proximité de la mer du Japon et la production agricole locale donnent à la cuisine d’ici une identité très marquée. Commencez par un kaisendon au marché Omicho, un bol de riz recouvert de sashimis frais. Commandez du nodoguro, une perche de mer grasse et fondante, dès que vous en voyez sur une carte. C’est le poisson que les locaux réservent aux grandes occasions. De novembre à mars, le crabe des neiges de la mer du Japon prend le dessus sur tout le reste et se retrouve partout, du marché aux tables réputées.

Pour les plats chauds, le jibu-ni est le ragoût emblématique de la ville. Il s’agit de canard enrobé de farine puis mijoté dans un bouillon dashi et soja avec des légumes kaga. En soirée, les restaurants proposent souvent des menus kaiseki, des défilés de petits plats saisonniers. C’est le format idéal pour goûter à tout. Accompagnez le repas d’un saké local, les adresses gastronomiques proposent généralement des sélections de labels régionaux de la préfecture d’Ishikawa qu’on trouve difficilement ailleurs.

Côté sucré, Kanazawa produit 99 % de la feuille d’or artisanale japonaise. Cette tradition remonte à la fin du XVIe siècle et se perpétue dans de petits ateliers concentrés autour d’Higashi Chayagai. Elle garnit les glaces, les desserts et le thé matcha. La ville figure aussi parmi les trois références nationales pour les wagashi, ces pâtisseries traditionnelles japonaises, avec Kyoto et Matsue. Des ateliers de confection sont proposés si vous voulez mettre la main à la pâte.

Questions pratiques pour votre voyage à Kanazawa

Comment aller à Kanazawa ?

Depuis la France, il faut d’abord rejoindre Tokyo ou Osaka en avion. La plupart des vols directs partent de Paris-Charles de Gaulle vers Tokyo-Narita ou Tokyo-Haneda, avec des compagnies comme Air France, Japan Airlines ou ANA. Comptez environ 12h de vol. Utilisez notre comparateur de vol pour trouver les meilleures options selon vos dates.

Depuis Tokyo, le Shinkansen Hokuriku relie la capitale à Kanazawa en 2h30. Au départ d’Osaka, le Limited Express Thunderbird s’élançant de Shin-Osaka fait le trajet en environ 2h15. Depuis Kyoto, il faut d’abord rejoindre Osaka ou prendre une correspondance : tablez entre 2h30 et 3h selon les options. Le Japan Rail Pass couvre ces liaisons, mais depuis la hausse tarifaire d’octobre 2023, son intérêt économique mérite d’être calculé soigneusement avant l’achat, surtout pour un trajet unique.

Comment se déplacer à Kanazawa ?

La ville se parcourt très bien à pied. Les principaux sites (Kenrokuen, le château, Higashi Chayagai, Nagamachi et le musée d’art contemporain), sont tous à moins de 20 min les uns des autres.

Pour les sites un peu plus éloignés, le Kanazawa Loop Bus est la solution la plus pratique pour les touristes. Il dessert tous les points d’intérêt touristiques et propose un pass journée à tarif modique. Les lignes régulières Hokutetsu sont plus fréquentes et couvrent des quartiers que le Loop Bus ignore, notamment Teramachi et Katamachi. Le vélo en location reste une bonne alternative par beau temps.

Où dormir à Kanazawa ?

Le centre-ville, à proximité du jardin Kenrokuen et du château, est le secteur le plus logique pour un premier séjour : tout est accessible à pied en quelques minutes. Les hôtels et ryokans y sont nombreux, dans toutes les gammes de prix.

Le quartier d’Higashi Chayagai est une option plus atmosphérique : quelques ryokans discrets permettent de dormir à deux pas des ruelles geisha. Pour un séjour plus calme et l’expérience des sources chaudes, les stations thermales de Yamashiro Onsen, Yamanaka Onsen ou Awazu Onsen, toutes accessibles en moins d’une heure depuis Kanazawa, méritent d’être envisagées comme base secondaire.

Faut-il un visa pour aller au Japon ?

Les ressortissants français n’ont pas besoin de visa pour un séjour touristique. L’entrée est autorisée sans visa jusqu’à 90 jours, sur présentation d’un passeport valide.

Quelle est la monnaie utilisée à Kanazawa ?

La monnaie est le yen japonais. Le Japon reste très majoritairement une société de cash : prévoyez des espèces en suffisance, les distributeurs des konbini (7-Eleven, Lawson) acceptent les cartes étrangères.

Quel budget prévoir par jour à Kanazawa ?

Kanazawa est légèrement moins chère que Tokyo. Misez entre 80 et 120 € par jour en incluant hébergement en hôtel standard, repas au restaurant et entrées des sites principaux.

Faut-il parler japonais pour visiter Kanazawa ?

L’anglais reste limité dans les commerces et restaurants. Télécharger Google Translate avec le japonais hors ligne est indispensable : la reconnaissance de caractères par appareil photo rend un vrai service au quotidien.

Carte des hôtels et logements - Japon
Plus d'inspiration

Depuis ma jeunesse, j'ai toujours été attiré par l'univers du tourisme et l'expérience de vivre à l'étranger. Alors, après avoir visité plus d'une trentaine de pays, j'ai décidé de m'installer dans un village au Sénégal en 2019 où j'ai la chance de vivre de ma passion pour les voyages.

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