Les 10 pays les moins visités au monde
Chaque année, des milliards de touristes se ruent vers les mêmes destinations. Pendant ce temps, certains pays accueillent si peu de visiteurs que leur compteur touristique tient dans un simple SMS. L’Observatoire Generation Voyage a compilé les données mondiales pour révéler les 10 destinations les moins visitées de la planète. Résultat : un classement qui donne autant envie de réserver un billet que de se demander pourquoi personne n’y va.
Comment mesure-t-on les pays les moins visités ?
Ce classement se base sur le nombre total de touristes internationaux accueillis chaque année par pays, selon les données d’ONU Tourisme. À titre de comparaison, la France en a reçu 102 millions en 2025. Les pays de ce classement en accueillent entre 40 000 et 350 000, soit jusqu’à 2 500 fois moins. Des chiffres qui donnent le vertige.
10. Trinité-et-Tobago — 350 000 visiteurs

Shutterstock – Nimbus Works
Trinité-et-Tobago est l’une des grandes surprises de ce classement. Ce double archipel des Caraïbes, souvent éclipsé par ses voisins plus médiatisés, propose pourtant une expérience caribéenne authentique et foisonnante : le carnaval de Port of Spain est l’un des plus spectaculaires des Amériques, Tobago abrite certains des récifs coralliens les mieux préservés de la région, et la cuisine créole y est d’une richesse incomparable. Moins fréquenté que la Barbade ou Sainte-Lucie, l’archipel offre ce luxe rare dans les Caraïbes : la sensation de ne pas être en terrain conquis par le tourisme de masse.
9. Vanuatu — 340 000 visiteurs

Shutterstock – Martin Valigursky
Vanuatu, archipel de 80 îles volcaniques disséminées dans le Pacifique Sud, est une destination qui défie les catégories. On peut y plonger sur l’épave du SS Coolidge, l’un des plus grands plongées sur épave du monde, descendre dans le cratère fumant du volcan Yasur sur l’île de Tanna, accessible à pied, et s’immerger dans une culture mélanésienne parmi les plus préservées d’Océanie. L’archipel est relativement accessible depuis Sydney ou Auckland, mais reste confidentiel pour les voyageurs européens. Une lacune facile à corriger.
8. Madagascar — 308 000 visiteurs

Crédit : Andrey Sulitskiy (Google Maps)
Madagascar est la révélation de ce classement. La « Grande Île » possède pourtant tout ce qu’il faut pour attirer les foules : une biodiversité exceptionnelle (5 % de la biodiversité mondiale sur un seul territoire), des lémuriens qu’on ne trouve nulle part ailleurs sur Terre, des paysages spectaculaires allant des baobabs de l’Allée des Baobabs aux forêts tropicales humides de Ranomafana, et des plages paradisiaques autour de Nosy Be. Avec 308 275 visiteurs en 2024, soit une hausse de 40 % par rapport à 2023, Madagascar est clairement en train de se réveiller. Le gouvernement vise le million de touristes d’ici 2028. Une destination à découvrir maintenant, avant que tout le monde ne s’en empare.
7. Groenland — 173 000 visiteurs

Shutterstock – Chris Christophersen
Le Groenland, trois fois plus grand que la France, peuplé de seulement 56 000 habitants, n’accueille que 173 000 touristes par an. Ce chiffre dit tout de l’isolement absolu de cette île de glace. Pourtant, ce que le Groenland offre n’a pas d’équivalent : le fjord de glace d’Ilulissat classé à l’UNESCO, les aurores boréales parmi les plus spectaculaires de la planète, le soleil de minuit en été, et une faune arctique (baleines, ours polaires, phoques) en liberté totale. La logistique est complexe (escale obligatoire à Copenhague ou Reykjavik) et le budget conséquent. Mais pour les voyageurs qui franchissent ces obstacles, le Groenland est souvent décrit comme l’un des voyages les plus marquants de leur vie.
6. Angola — 150 000 visiteurs

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L’Angola surprend dans ce classement. Ce grand pays d’Afrique australe (le septième plus grand d’Afrique), bordé par l’Atlantique, possède des atouts considérables : les chutes de Kalandula, parmi les plus grandes d’Afrique, le désert du Namibe avec ses dunes roses et ses paysages quasi-martiens, et Luanda, une capitale en plein essor. Longtemps fermé au tourisme par une guerre civile qui n’a pris fin qu’en 2002, le pays s’est progressivement rouvert. Les procédures de visa restent complexes et les infrastructures touristiques encore limitées, ce qui explique ces 150 000 visiteurs annuels. Pour les voyageurs aventuriers, c’est une destination qui offre ce que peu d’endroits peuvent encore promettre : la certitude d’être hors des sentiers balisés.
5. Bhoutan — 145 000 visiteurs

Shutterstock – steve estvanik
Le Bhoutan est le seul pays au monde à mesurer son développement en « Bonheur National Brut » plutôt qu’en PIB. Ce royaume himalayen protège farouchement son identité culturelle en imposant une taxe journalière à tous les touristes étrangers (environ 100 dollars par jour), ce qui explique mécaniquement le faible nombre de visiteurs. Ceux qui franchissent le pas découvrent un pays d’une beauté saisissante : les monastères bouddhistes accrochés aux falaises (dont le célèbre Tiger’s Nest, perché à 3 120 mètres), les vallées himalayennes préservées et les habitants en costume traditionnel dans les rues de Thimphu. Le Bhoutan reste l’un des rares endroits au monde où le tourisme est délibérément limité pour protéger la culture et l’environnement. Un choix radical qui en fait une expérience unique.
4. Papouasie-Nouvelle-Guinée — 140 000 visiteurs

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La Papouasie-Nouvelle-Guinée (PNG) est sans doute la destination la plus « extrême » de ce classement. Plus de 800 langues parlées sur un même territoire, des tribus dont certaines ont eu leurs premiers contacts avec le monde extérieur il y a quelques décennies à peine, des volcans actifs, des fonds marins parmi les plus riches de la planète et des forêts primaires immenses. Le festival de Goroka, avec ses milliers de danseurs tribaux en costumes traditionnels, est l’un des spectacles les plus époustouflants d’Océanie. La destination est difficile d’accès, onéreuse et exige une bonne préparation logistique. Ce sont précisément ces obstacles qui maintiennent le compteur à 140 000 visiteurs par an, et qui font de la PNG l’une des dernières frontières de l’exploration.
3. Timor oriental — 80 000 visiteurs

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Le Timor oriental (ou Timor-Leste) est l’un des pays les plus jeunes du monde, indépendant depuis 2002 seulement. Perché à l’extrémité est de l’archipel indonésien, ce pays lusophone à majorité catholique est une curiosité géopolitique dans une région à dominante musulmane. Ses fonds marins sont parmi les meilleurs du monde pour la plongée (l’île d’Atauro est régulièrement citée dans les tops mondiaux), et ses paysages montagneux intérieurs restent quasi-vierges de tout tourisme organisé. La logistique pour y accéder reste complexe depuis l’Europe, ce qui explique ces 80 000 visiteurs annuels. Pour les plongeurs et les amateurs de destinations vraiment hors des sentiers battus, c’est une adresse à garder précieusement.
2. Moldavie — 67 000 visiteurs

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La Moldavie est le pays européen le moins visité au monde, et c’est une injustice. Ce petit pays enclavé entre la Roumanie et l’Ukraine est le premier producteur de vin per capita de la planète. Ses caves souterraines de Cricova s’étendent sur des dizaines de kilomètres et abritent des millions de bouteilles dans des galeries taillées à même le calcaire. La capitale Chișinău est une ville abordable et vivante, avec une scène gastronomique en plein essor. Accessible depuis Paris en moins de 3 heures de vol, sans visa pour les ressortissants français, la Moldavie n’a vraiment plus d’excuse pour figurer si bas dans les classements touristiques. Si ce n’est sa réputation, injustement terne, qui devrait changer très vite.
1. São Tomé-et-Príncipe — 40 000 visiteurs

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São Tomé-et-Príncipe est le pays le moins visité de ce classement avec seulement 40 000 touristes par an. Cet archipel de deux îles volcaniques, situé dans le golfe de Guinée au large du Gabon, est surnommé par ceux qui y vont les « Maldives africaines ». Des plages désertes aux eaux turquoise, une forêt tropicale luxuriante, d’anciennes plantations coloniales de cacao reconverties en lodges de charme (les « roças »), une faune endémique exceptionnelle et une culture créole unique issue d’un mélange d’Afrique et de Lisbonne. La langue officielle est le portugais, et le français y est couramment compris. Le pays est sûr, accueillant, et accessible depuis Lisbonne ou Libreville. Il n’y a donc qu’une seule explication à ces 40 000 visiteurs annuels : personne ne sait vraiment que ça existe. C’est exactement là que réside sa magie.
Et les territoires français d’outre-mer ?
Deux destinations méritent une mention à part : la Polynésie française (263 000 visiteurs) et la Nouvelle-Calédonie (59 000 visiteurs). Ces territoires français d’outre-mer auraient aisément leur place dans ce classement par leur faible fréquentation, et ils partagent les mêmes paradoxes que nos dix lauréats : une beauté à couper le souffle, des lagons classés à l’UNESCO, des cultures vivantes et préservées, mais une combinaison de distance et de coût qui décourage la plupart des voyageurs. En tant que territoires de la République française, ils constituent une catégorie à part. Mais si vous cherchez un dépaysement total sous pavillon français, ils méritent amplement le détour.
Ces destinations ont un avenir touristique immense
Ce classement des pays les moins visités au monde n’est pas une liste de destinations à éviter, bien au contraire. Madagascar vise le million de touristes d’ici 2028. Le Groenland attire de plus en plus d’aventuriers. Vanuatu et Trinité-et-Tobago commencent à apparaître sur les radars des voyageurs en quête d’authenticité. Ces destinations sont simplement en avance sur leur temps touristique. Ceux qui s’y rendent maintenant vivront des expériences que, dans dix ans, tout le monde regrettera de ne pas avoir faites avant.
Source : Observatoire du Tourisme GenerationVoyage, ONU Tourisme, données 2025
