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L’Île de Queimada Grande, aussi surnommée « l’île aux serpents »

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L’Île de Queimada Grande, aussi surnommée « l’île aux serpents »

L’île de Queimada Grande est l’un des endroits les plus dangereux au monde pour l’Homme. En cause, une colonie de serpents extrêmement venimeux, des vipères appelées Jararaca-ilhoa

L’Ilha da Queimada Grande, surnommée Snake Island, « l’île aux serpents », est une île de 430.000 mètres carrés située à environ 33 km au large de la côte de l’État de São Paulo, au Brésil. L’île abrite une variété de serpents dont une espèce endémique appelée Jararaca-ilhoa (Bothrops insularis), qui est l’un des serpents les plus venimeux au monde. On l’appelle aussi la vipère Fer de lance Dorée.

Selon une estimation de 2015, il y a entre deux et quatre mille serpents sur l’île, ce qui équivaut à une moyenne d’un serpent pour 75 mètres carrés sur toute l’île. Un documentaire de Discovery Channel a prétendu qu’à certains endroits de l’île, on compte un serpent par mètre carré, tandis qu’une légende locale prétend qu’il y a cinq serpents par mètre carré. Le folklore local est également bien nourri d’histoires de morts horribles subies par ceux qui s’étaient aventurés sur les rives notamment celle d’un pêcheur qui a débarqué sur l’île à la recherche de bananes, ou encore de celle d’une famille d’un gardien de phare qui y vivait. Les serpents ont d’ailleurs élu domicile dans cet ancien phare.

île de Queimada Grande, serpents

Crédit photo: viajeaqui.abril.com.br

Officiellement, il n’y a jamais eu de rapport indiquant qu’un être humain a été mordu par la vipère Jararaca-ilhoa, de sorte que la toxicité de son venin sur l’Homme n’a pu être testée. Les vipères du genre Bothrops (celles trouvées sur le continent donc) sont responsables de plus de décès humains que tout autre groupe de serpents connus en Amérique du Nord ou du Sud. Une morsure de Jararaca-ilhoa entraîne la mort dans 7% des cas et même avec un traitement, la victime a 3% de risques de mourir. La mort résulte habituellement d’une hémorragie intestinale, d’insuffisance rénale, d’hémorragie du cerveau ou de nécrose des tissus musculaires. Le venin fait fondre la chair et le tissu cellulaire rend plus facile la tache au serpent pour les digérer. Des tests ont montré que le venin de la vipère Jararaca-ilhoa est celui qui agit le plus rapidement au sein du genre Bothrops.

île de Queimada Grande, serpents

Crédit photo: viajeaqui.abril.com.br

Un venin devenu extrêmement puissant

Les serpents sur Queimada Grande étaient à l’origine de la même espèce que ceux sur le continent, quand l’île était encore connectée au continent. Il y a environ 11.000 ans, lorsque le niveau de la mer s’est élevé, Queimada Grande et sa population de serpents ont été isolées de la côte brésilienne. En l’absence de petits mammifères à chasser, les serpents se sont adaptés à la vie de l’île, et ont réussi à se hisser vers les cimes des arbres pour y trouver leur principale source de nourriture: les oiseaux qui venaient se reposer sur l’île lors de leur migration.

île de Queimada Grande, serpents

Crédit photo: viajeaqui.abril.com.br

Les habitants de l’île, qui ont su se reproduire en masse, ont appris à grimper aux arbres, et chasser les oiseaux qui reposaient sur les branches. On dit que le venin de la vipère serait cinq fois plus puissant que celui de ses cousines continentales. Les serpents attaquent leur proie en les mordant puis attendent patiemment que le venin fasse effet. Le problème avec les oiseaux est qu’ils peuvent s’envoler le temps que le poison agisse. Ainsi, le venin des Jararaca-ilhoa a évolué pour devenir extrêmement puissant. Quand il n’y a pas d’oiseaux migrateurs à manger, les serpents se contentent de lézards, mille-pattes, limaces et de grenouilles.

Une île interdite

L’île est actuellement interdite pour l’Homme, et le gouvernement brésilien contrôle strictement qui visite l’île et quand. Les visiteurs sont pour la plupart des biologistes et des chercheurs, qui ont obtenu une autorisation spéciale pour se rendre sur l’île afin d’étudier les Bothrops insularis. La marine brésilienne fait un arrêt annuel sur l’île pour l’entretien du phare, qui, depuis les années 1920, a été automatisé. D’ailleurs, en 2014, des journalistes de VICE ont accompagné la marine brésilienne pour réaliser un documentaire sur l’île, ce qui permet d’avoir des images de ce à quoi ressemble vraiment l’île :

En raison de la demande du marché noir par les scientifiques et les collectionneurs d’animaux, les trafiquants, appelés « biopirates », ont également visité l’île de Queimada Grande. Ils emprisonnent les serpents et les vendent par l’intermédiaire de canaux illégaux. Une seule vipère Jararaca-ilhoa peut se vendre entre 10.000 $ et 30.000 $.

La dégradation de l’habitat, à cause notamment de la suppression de la végétation par la marine brésilienne, et les maladies, nuisent à la population de l’île, qui a diminué de près de 50% au cours des 15 dernières années, selon certaines estimations. Le serpent est actuellement fortement menacé de disparition par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Bien que cela puisse rendre l’île aux serpents légèrement moins terrifiante pour les humains, cela reste une mauvaise nouvelle pour cette faune endémique.

île de Queimada Grande, serpents

Crédit photo: viajeaqui.abril.com.br

île de Queimada Grande, serpents

Crédit photo: viajeaqui.abril.com.br

île de Queimada Grande, serpents

Crédit photo: viajeaqui.abril.com.br

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