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Le fihavanana, le reflet de l’esprit d’entraide et de partage à Madagascar

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Le fihavanana, le reflet de l’esprit d’entraide et de partage à Madagascar

Le fihavanana à Madagascar: le lien social et économique des communautés rurales.

Malgré l’invasion des civilisations révolutionnaires d’outre-mer, les Malgaches sont ancrés à des coutumes d’antan. Cela se reflète dans la préservation du « fihavanana ». Cette règle de vie typiquement malgache régente la vie communautaire locale depuis la nuit des temps. Dans ce concept, l’esprit de partage, d’entraide et de solidarité coulent de source auprès de quiconque. Il génère instinctivement la cohésion de tous dans les moments de joie ou de peine, quelle que soit la région.

Le fihavanana chez les malgaches

À Madagascar, préserver le fihavanana est le souci de tout un chacun pour quoi que ce soit. Les membres de la famille au sens élargi, le voisinage immédiat ou non, ainsi que l’entourage au grand complet forment une grande communauté liée par le fihavanana. Tout le monde se donne la main afin de vivre ensemble en harmonie. Toute circonstance de la vie qu’elle soit heureuse ou malheureuse nécessite l’assistance et la contribution de tous.

En contrepartie d’une assiette de riz ou de manioc, chaque foyer fait appel aux autres, à tour de rôle, pour réaliser les travaux des champs. Tout le monde se porte présent lors d’une naissance, d’un mariage ou d’un décès. Omettre d’aviser ou d’inviter un ou plusieurs individus pour un événement quelconque ou une cérémonie est inadmissible. Se dérober d’un adidy (obligation sociale envers autrui générée par le fihavanana) veut dire s’écarter des autres. Ce qui représente une véritable offense à l’esprit de cohésion sociale.

L’esprit de partage, d’entraide et de solidarité dans le fihavanana

Lors d’une naissance, il est d’usage de rendre visite à la parturiente au plus vite. Les uns apportent des articles de puéricultures essentiels au nouveau-né, d’autres offrent le fameux ro-patsa (bouillon aux langoustines) réputé pour ses vertus qui favorisent la montée du lait. Tout le monde ne manque pas de donner un peu de sucre, des fruits de saison, du kitoza (viande boucanée) ou de l’argent pour acheter de quoi manger et par conséquent, booster l’appétit de la mère et lui permettre de nourrir suffisamment le poupon.

À la connaissance d’un décès, tout le monde se précipite vers le foyer du défunt pour présenter les condoléances et s’enquérir des activités afin d’enterrer dans la dignité le défunt. Auprès de nombreuses communautés villageoises, il existe déjà une répartition préétablie des tâches. Les hommes se chargent de la fourniture de bois de chauffe et de la cuisson des aliments à présenter à la famille du défunt et aux visiteurs. Femmes et enfants s’occupent de la provision suffisante d’eau potable, de la donation d’une quantité égale de grains de riz et de café. En complément du famangiana collectif où tout un chacun fait une cotisation d’argent, chaque famille offre quelques billets de banque au foyer éploré afin de la décharger au maximum de ses peines.

Grâce au fihavanana, le hameau tout entier est uni par un solide lien de partage, d’entraide et de cohésion. II abrite en son sein une grande et véritable famille par l’entremise du proverbe suivant : « velona iray trano, maty iray fasana » (tant qu’on est vivant qu’on vit ensemble dans le même foyer, à la mort on partage un seul et unique tombeau). Dans tous les cas, les nouveaux sont toujours les bienvenus dans la vie communautaire à Madagascar.

Crédit photo principale : Public Domain Image – Jules Bosco

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