Que faire à Fuerteventura quand il y a du vent ? Guide pratique pour profiter ou éviter les rafales

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À Fuerteventura, le vent souffle en moyenne 300 jours par an. Ce n’est pas une anomalie météo : c’est la nature de l’île. Certains matins, une brise légère rafraîchit sans gêner. Certains après-midis, le sable pique les mollets et la plage devient franchement pénible. Et quelques jours par an, la calima venue du Sahara impose de revoir complètement ses plans. Voici comment s’adapter à chaque situation, avec des options concrètes pour profiter de l’île en cas de vent.

Comprendre le vent avant de choisir son activité

Les anciens moulins à Fuerteventura, Espagne

Shutterstock – MarcoPachiega

Le vent dominant à Fuerteventura vient du nord-nord-est. Ce détail change tout : la côte est est naturellement plus abritée que la côte ouest, et les plages orientées au sud bénéficient d’un relatif répit. Autre réalité à intégrer dès le premier jour : le vent se lève généralement en fin de matinée et atteint son pic en milieu d’après-midi. Planifier la plage à 8h plutôt qu’à 14h, ça fait une vraie différence. Windy ou Windguru permettent de suivre les prévisions heure par heure, et de choisir sa plage en fonction de la direction du vent du jour.

La calima, c’est autre chose. Ce phénomène saharien teinte le ciel en jaune-orangé, réduit la visibilité et rend l’air lourd et chargé de sable fin. Il survient plusieurs fois par an, souvent sur des épisodes de 2 à 5 jours consécutifs, et impose de changer de programme. À distinguer du vent ordinaire, même fort.

Concernant les mois : juillet et août sont généralement les plus venteux. Septembre et octobre s’avèrent les plus calmes, sans que ce soit une garantie absolue. Le printemps, notamment mars et avril, peut aussi se montrer très agité. La géographie de l’île — relativement plate sur sa partie centrale et nord, avec un point culminant à 807 m au Pico de la Zarza dans le massif de Jandía — laisse circuler l’air librement sur une grande partie du territoire. Le massif de Jandía, au sud, offre toutefois une protection réelle sur certaines plages sous le vent. Les conditions n’y sont pas les mêmes qu’à Corralejo le même jour.

Les plages où le vent gêne le moins

Plage de La Concha

Crédit photo : Shutterstock – Paolo Tralli

La règle de base : les plages en baie fermée ou entourées de bâtiments sont moins exposées. La côte orientale est globalement plus clémente que la côte ouest. La Concha, à El Cotillo, est la plage la plus protégée du nord de l’île. Cette demi-lune délimitée par des récifs naturels renferme une eau calme même quand le vent souffle fort. C’est là qu’on trouve les corralitos, ces murets circulaires en pierre volcanique construits par les locaux pour s’abriter du vent. Il est aujourd’hui interdit d’en construire de nouveaux, mais on peut tout à fait s’installer dans ceux existants. Ambiance plus sauvage et moins touristique que le reste de l’île.

Caleta de Fuste, en forme de fer à cheval, est régulièrement citée comme la zone la moins venteuse de l’île. Rien d’officiel pour le confirmer, mais la configuration de la baie joue clairement en sa faveur. Plus au sud, El Matorral, à Morro Jable, s’étend sur 4 km avec des zones de transats relativement abritées.

Tierra Dorada, un peu à l’écart, propose également des corralitos et une fréquentation plus tranquille. À Corralejo, évitez la grande plage des dunes par vent fort : le sable vole horizontalement et rend la baignade difficile. Les petites criques proches du village résistent mieux. Dans tous les cas, consultez Windy le matin avant de choisir votre spot et tenez compte de la direction du vent du jour.

Profiter du vent plutôt que le subir

Kite-Surf Fuerteventura

Crédit Photo : Shutterstock – wjarek

Fuerteventura est une référence mondiale pour les sports de glisse. Ce n’est pas du marketing : le PWA Windsurfing World Cup se tient sur l’île en été, précisément parce que le vent est le plus puissant à cette période. Les dates varient selon les éditions : vérifiez le calendrier officiel avant de planifier un séjour en fonction de l’événement.

Flag Beach, à Corralejo, est le spot historique du nord pour les écoles de kitesurf et de windsurf. Il bénéficie de conditions constantes et attire une forte concentration de débutants. Sotavento, sur la côte est au niveau de Costa Calma, accueille un lagon peu profond idéal pour débuter le kitesurf et le windsurf. El Cotillo s’adresse plutôt aux kitesurfeurs qui maîtrisent déjà leur matériel, même si certaines zones y sont désormais réglementées pour limiter les tensions avec les baigneurs.

Le surf fonctionne aussi, selon l’orientation du vent par rapport au spot. El Cotillo et certains spots du nord restent praticables même par vent modéré. Les écoles adaptent la pratique en fonction des conditions du jour : inutile de se priver si vous êtes débutant. Le wingfoil, discipline plus récente, est en plein essor sur l’île et commence à attirer des pratiquants depuis le continent. Les cours d’initiation à ces trois sports restent accessibles même sans expérience. Les moniteurs gèrent l’équipement en fonction de la force du vent.

Explorer l’intérieur de l’île

Betancuria, Fuerteventura

Dès qu’on quitte le littoral de Fuerteventura, le vent se ressent nettement moins. Betancuria, fondée en 1404 et ancienne capitale de l’île, est nichée dans une vallée entourée de montagnes qui fait naturellement écran. Ruelles pavées, architecture coloniale, une église du XVIIe siècle et des restaurants avec jardins ombragés : rien à voir avec les stations balnéaires du bord de mer.

Une demi-journée suffit, mais on la passe facilement en route vers La Pared en empruntant les 40 km de route désertique qui traversent l’île d’est en ouest. Comptez 1h sans arrêts, le double avec les points de vue. Les écureuils de Barbarie s’approchent facilement au bord des routes.

Le Barranco de las Peñitas est un ravin encaissé avec des palmiers. Vous verrez un petit barrage et une chapelle blanche accrochée dans les rochers. Les parois naturelles bloquent le vent. La randonnée est facile, accessible à tous. Si vous préférez monter, le volcan Calderón Hondo, près de Lajares, se fait en environ 2h. La vue porte sur le nord de l’île et les deux côtes. Il peut y avoir du vent en hauteur, mais rien à voir avec le sable côtier. Dans tous les cas, la location de voiture est indispensable pour accéder à ces endroits. Notez que les transports en commun ne couvrent pas l’intérieur de l’île.

Les visites culturelles et les activités couvertes

Grottes marines d'Ajuy à Fuerteventura, Espagne

Shutterstock – vallefrias

Pour les jours de calima ou de vent vraiment trop fort, il existe des options concrètes. Les grottes d’Ajuy, sur la côte ouest, s’enfoncent dans des formations basaltiques vieilles d’environ 70 millions d’années, parmi les plus anciennes de Fuerteventura. Le chemin côtier est exposé au vent, mais les grottes elles-mêmes offrent un abri naturel. La visite est gratuite et dure environ 1h aller-retour.

À Antigua, le musée du fromage Majorero présente la fabrication du fromage de chèvre AOP le plus reconnu des Canaries. Dégustation sur place, moulin à vent sur le site. Vérifiez les horaires avant de vous déplacer. Le musée ferme le dimanche et peut fonctionner en sous-effectif en basse saison. Les salines del Carmen, au sud de Caleta de Fuste, sont des marais salants encore en activité avec un musée du sel, le tout gratuitement.

L’écomusée La Alcogida reconstitue sept maisons rurales traditionnelles et fonctionne bien avec des enfants. Les fermes d’aloe vera, nombreuses autour de La Oliva et Gran Tarajal, proposent des visites courtes avec boutique sur place. En fin de journée, Pozo Negro vous accueille avec ses tables de poisson frais sur le port. Il s’agit de l’un des derniers villages côtiers encore préservé du tourisme de masse. Le centre historique de Morro Jable et ses tapas constituent des alternatives abritées et franchement meilleures que de rester dans sa chambre d’hôtel.

Les excursions en mer, même par vent fort

C’est contre-intuitif, mais une fois au mouillage ou sous la surface, le vent côtier ne pose plus de problème. L’île de Lobos, à 3 km de Corralejo, est accessible en 15 min de ferry. Elle reste une bonne option par vent modéré. Réserve naturelle classée, on y randonne librement ou en excursion guidée. Par vent fort du nord, le canal entre Corralejo et Lobos peut devenir franchement mauvais. La traversée est courte, mais suffisante pour être sérieusement inconfortable. Vérifiez les conditions avant de réserver, et non pas après.

Les croisières d’observation des dauphins et baleines partent de Corralejo au nord et de Morro Jable au sud. Durée des sorties : 2 à 5h. Les mammifères marins sont régulièrement présents dans ces eaux. Sachez que les opérateurs annulent quand les conditions sont réellement dangereuses, pas pour du vent ordinaire. La plongée et le snorkeling autour de Lobos ou à Caleta de Fuste sont peu affectés par le vent en surface une fois sous l’eau. Réservez la veille ou le matin même, après avoir consulté les prévisions.

Vent ou calima, Fuerteventura propose bien plus qu’une plage. De Betancuria, ancienne capitale de l’île fondée en 1404, aux spots de kitesurf et windsurf de Sotavento, l’île tient ses promesses même quand le ciel vire au jaune saharien.

Plus d'inspiration

Depuis ma jeunesse, j'ai toujours été attiré par l'univers du tourisme et l'expérience de vivre à l'étranger. Alors, après avoir visité plus d'une trentaine de pays, j'ai décidé de m'installer dans un village au Sénégal en 2019 où j'ai la chance de vivre de ma passion pour les voyages.

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