Visiter Munster : 10 incontournables à faire et voir
Munster est en Alsace, dans le Haut-Rhin et la vallée de la Fecht, à 20 km de Colmar. À ne pas confondre avec son éponyme en Allemagne ! Le fromage, tout le monde connaît. Ce que les gens ratent, c’est le reste : des crêtes vosgiennes à 1363 m, des tranchées de 1915 encore debout, des fermes où l’on mange mieux qu’en ville et des randonnées qui ont leur beauté propre, sans avoir besoin de comparaison avec les Alpes. Voici 10 raisons concrètes de visiter Munster.
1. La Maison du Fromage, pour comprendre d’où vient le Munster

Crédit photo : Flickr – Ellen Bouckaert
La Maison du Fromage retrace la filière du munster AOP, de la ferme à l’affinage, en 1h chrono. Le parcours mêle films, panneaux explicatifs et démonstrations concrètes. Vous verrez comment la croûte orangée se forme grâce aux lavages répétés à l’eau salée, et pourquoi la réglementation impose un affinage de 14 à 21 jours minimum selon le gabarit de la meule. La visite s’achève sur une dégustation, le moyen le plus efficace pour saisir la différence de caractère entre un munster jeune et un munster bien fait.
Vérifiez les horaires en ligne avant de partir, l’offre de restauration et les démonstrations variant selon les saisons. Attention à la localisation, souvent source d’erreur pour les visiteurs. La Maison du Fromage ne se situe pas dans le centre-ville de Munster, mais dans la commune voisine de Gunsbach, à environ 3 km. L’endroit reste toutefois très facile d’accès sans voiture, la gare de Gunsbach-Griesbach se trouvant à seulement 5 min à pied.
2. Les fermes auberges, une institution vosgienne à ne pas zapper

Crédit photo : Wikimédia – Ji-Elle
Une ferme auberge dans les Vosges, ce n’est pas un restaurant de montagne comme les autres. C’est une exploitation agricole en activité qui vous ouvre sa table avec les produits qu’elle élève ou cultive elle-même. S’il existe souvent une petite carte, le menu marcaire reste la référence traditionnelle. Sa composition est fixe : soupe paysanne aux légumes du jardin, tourte de la vallée de Munster, collet fumé accompagné de roïgabrageldi (pommes de terre mijotées), munster affiné et dessert. C’est très lourd, brut et pensé pour caler les estomacs.
La majorité de ces fermes se situent en altitude, sur la route des crêtes ou au-dessus des villages de la vallée. On y accède en voiture ou à pied selon les cas. Réservez absolument avant de monter, surtout le week-end et entre mai et octobre, car certaines n’ont que quelques tables. Ce n’est pas juste un repas, c’est une étape concrète de l’expérience vosgienne.
3. La route des crêtes, le grand panorama vosgien

Crédit photo : Wikipédia – Pmau
La route des crêtes longe les sommets vosgiens sur plus de 80 km, entre Cernay et Sainte-Marie-aux-Mines. Elle s’atteint facilement depuis Munster. Construite pendant la Première Guerre mondiale par l’armée française pour masquer ses mouvements de troupes aux Allemands, elle offre aujourd’hui un double panorama. D’un côté, la plaine d’Alsace et de l’autre, les vallées vosgiennes. Le col de la Schlucht constitue l’arrêt clé depuis la vallée. Il fournit un accès direct au Hohneck (1363 m), troisième sommet du massif des Vosges.
En voiture, comptez une vingtaine de minutes depuis Munster dans de bonnes conditions. Mais la D417 est une route de montagne avec des virages serrés et des bouchons réels en été : un dimanche de juillet, prévoyez le double. À vélo, le dénivelé cumulé sur la route des crêtes est conséquent. Avant de partir en randonnée ou à vélo, faites un crochet à l’Office de Tourisme de la Vallée de Munster (parking gratuit devant). Il s’agit d’un bon point de départ pour récupérer les cartes des sentiers et valider votre itinéraire.
En hiver, la route est totalement fermée à la circulation automobile (de décembre à mai environ). Elle laisse place aux skieurs et aux raquettistes dont organisez-vous en conséquence. Notre recommandation : programmez ce trajet en fin de journée pour attraper la lumière sur la plaine d’Alsace.
4. Le Hohneck et les crêtes, randonnée au sommet des Vosges

Crédit photo : Shutterstock – LENS-68
À 1 363 m, le Hohneck est le troisième sommet du massif des Vosges. Par temps clair, le regard porte jusqu’aux Alpes, à la Forêt-Noire et à la vallée du Rhin. Depuis le col de la Schlucht, accessible en voiture depuis Munster, plusieurs sentiers balisés rejoignent le sommet. La réserve naturelle du Frankenthal-Missheimle s’étend au pied du Hohneck avec ses tourbières et ses chamois, observables à l’aube ou en fin de journée.
Prévoyez des chaussures de randonnée solides : le terrain reste humide et venté même en plein été. La randonnée est praticable de mai à octobre dans de bonnes conditions, mais les crêtes peuvent être enneigées dès novembre. La difficulté est modérée, physiquement engageante sans être technique. Si vous voulez fuir la foule, évitez les week-ends de juillet et août, où le col de la Schlucht se transforme en parking, et partez tôt le matin.
Plusieurs fermes-auberges jalonnent le parcours pour se restaurer, une option utile pour les sorties à la journée. À noter que le col de la Schlucht est directement accessible en voiture à la belle saison. Le point de départ est aménagé pour les personnes à mobilité réduite qui souhaitent profiter du panorama sans engager la montée vers le sommet.
5. Le sentier des Roches, la randonnée la plus spectaculaire de la vallée

Crédit photo : Flickr – jeanpierre.heitz
Le sentier des Roches (balisé rectangle bleu par le Club Vosgien) taille sa route dans la falaise au-dessus de la vallée de Munster. Les passages sont aériens, les vues plongeantes, et certains tronçons équipés de mains courantes nécessitent de s’aider des mains. Si vous avez le vertige, passez votre chemin : ce n’est pas une randonnée grand public. Comptez environ 10 km et 500 m de dénivelé pour la boucle complète. Le départ ne se fait pas directement dans la vallée mais au col de la Schlucht, accessible en voiture depuis Munster ou Soultzeren. Une bonne condition physique est requise pour affronter ce terrain accidenté.
Évitez impérativement ce sentier par temps de pluie. Les roches deviennent glissantes et les passages exposés virent au piège. Le parcours est d’ailleurs strictement interdit par arrêté municipal en période hivernale en raison des risques de chutes liés au verglas. Privilégiez les matinées d’été, avant que la forte fréquentation ne ralentisse la progression sur les passages étroits. Les enfants en bas âge n’ont rien à faire ici.
En option, prolongez la marche vers le cirque du Frankenthal jusqu’au lac de Fischboedle. Ou alors, poussez jusqu’au lac de Schiessrothried si vous avez le profil d’un randonneur aguerri. Pour le retour, la boucle classique ne redescend pas par une piste forestière mais remonte de manière abrupte vers le sommet du Hohneck et les crêtes (GR 5). Inutile de vous encombrer d’une application de navigation complexe. Le balisage du Club Vosgien est irréprochable sur l’ensemble de cet itinéraire.
6. Le lac du Fischboedlé, objectif rando depuis Metzeral

Crédit photo : Wikimédia – Wernain Samuel
Depuis la gare de Metzeral, accessible en train depuis Colmar, un sentier remonte la vallée de la Wormsa jusqu’au lac du Fischboedlé, niché dans un cirque glaciaire. Programmez environ 3h30 à 4h aller-retour depuis la gare, avec des passages en forêt, les cascades de la Wormsa et une montée progressive. Attention, le sentier devient technique sur la fin, avec des passages rocheux et des pierres instables. L’arrivée dans le cirque glaciaire compense largement l’effort fourni.
Si vous avez l’énergie, grimpez jusqu’au lac du Schiessrothried, situé 130 m plus haut, pour boucler l’itinéraire. La pente y est raide, évaluez honnêtement votre condition physique avant de vous y engager. Pour le retour, une large piste forestière beaucoup moins abrupte permet de redescendre vers la vallée. Le secteur est très fréquenté en juillet et août, partez avant 9h pour éviter la foule sur les sentiers.
Vous voyagez sans voiture ? Cette randonnée est parfaitement desservie par le TER, à condition de vérifier les horaires au préalable. Les rotations sur la ligne Colmar-Metzeral sont limitées et une partie des services est assurée par un car de substitution selon les périodes.
7. Le Petit Ballon, l’alternative moins fréquentée

Crédit photo : Wikimédia – Anthospace
À 1 272 m d’altitude, le Petit Ballon offre un panorama comparable au Hohneck, sans la foule qui envahit les crêtes en juillet et août. Depuis la vallée de Munster, plusieurs sentiers balisés rejoignent le sommet en 2h30 environ. Il s’agrémentent de prairies d’altitude, de troupeaux en estive l’été et de vues dégagées sur les Vosges alsaciennes.
C’est notre recommandation pour les visiteurs qui arrivent en haute saison et veulent marcher sans faire la queue pour se garer. Partez depuis Wasserbourg ou Sondernach, les accès sont bien indiqués. Prévoyez des chaussures solides, les chaumes sont humides même par beau temps.
8. Le Mémorial du Linge, la Première Guerre mondiale dans les Vosges

Crédit photo : Wikimédia – Bernard Chenal
À une quinzaine de kilomètres de Munster, le col du Linge concentre l’un des épisodes les plus meurtriers du front vosgien. À l’été 1915, près de 17 000 soldats sont tués, blessés ou portés disparus en quelques semaines sur des centaines de mètres de terrain. Le site conserve les tranchées françaises et allemandes, séparées par quelques mètres à peine. La réalité des combats est immédiatement lisible. La visite se déroule en plein air sur le site même des tranchées, là où les combats ont eu lieu. Elle se complète par un musée-mémorial sobre et bien documenté.
Planifiez 1h30 minimum pour faire le tour correctement. Le site ouvre de façon saisonnière, vérifiez les dates d’ouverture avant de partir. L’accès se fait en voiture depuis Munster, faute de transports en commun directs pour relier les deux sites. Ce n’est pas une visite légère : l’endroit est explicitement conçu pour rendre hommage aux soldats tombés, et ça se ressent à chaque étape du parcours. Elle mérite le détour pour quiconque s’intéresse à l’histoire militaire ou à la mémoire de la Grande Guerre dans des paysages que l’on associe rarement aux combats.
9. Les cigognes de Munster

Crédit photo : Flickr – David Toussaint
Au printemps et en été, les cigognes nichent directement sur le toit du palais abbatial et de l’église protestante de Munster. Elles sont visibles depuis la rue sans jumelles ni détour. Pas besoin de chercher : ces échassiers s’imposent d’eux-mêmes au-dessus des toits de la ville.
C’est gratuit, ça prend 10 min et ça ancre immédiatement le séjour dans la réalité locale. Avant votre départ, la webcam officielle de la commune permet de suivre l’activité des nids en direct sur internet. Un bon réflexe pour vérifier leur présence avant le voyage, une partie de la colonie migrant encore pendant l’hiver.
10. La transhumance, un événement à part entière

Crédit photo : Flickr – Office de Tourisme de la Vallée de Munster
La fête de la transhumance d’automne rassemble marché paysan et démonstrations de fabrication de fromage. Mais aussi dégustation de tourte de la vallée et soupe au munster. Le tout se déroule dans une ambiance franchement locale, loin des reconstitutions pour touristes. Les troupeaux de vaches vosgiennes redescendent des chaumes. Les fromagers sont là, et les cors des Alpes résonnent. L’accès au défilé est gratuit et l’événement reste profondément ancré dans la tradition agricole de la vallée.
Les dates de la descente varient d’une année à l’autre (généralement entre fin septembre et mi-octobre). Vérifiez le programme avant de bloquer votre week-end. Au printemps, la montée des bêtes vers les pâturages d’altitude est plus discrète mais tout aussi réelle. Si vous êtes dans la vallée entre fin mai et début juin (et non en avril, où la neige est encore présente sur les sommets), guettez les troupeaux sur les routes de crêtes.
D’autres incontournables à visiter à Munster et aux alentours
Le ski, pour l’hiver dans la vallée

Crédit photo : Flickr – geoterranaute
La vallée de Munster compte quatre stations en hiver : le Schnepfenried (1258 m, 16 pistes), le Tanet, le Gaschney et les Trois Fours pour le ski nordique. Si le Schnepfenried est pensé pour les familles et les débutants, le Gaschney propose des pentes plus raides, mieux adaptées aux skieurs à l’aise. Ski alpin, raquettes et luge selon les sites, l’offre reste modeste mais cohérente avec l’esprit du massif.
Attendez-vous à un enneigement très aléatoire, et franchement problématique ces dernières années en dessous de 1000 m. Les canons à neige font l’essentiel du travail sur le bas des pistes, les crêtes restant nettement plus fiables. Oubliez la carte postale du repas en ferme auberge après le ski. La grande majorité des exploitations ferment en hiver quand les troupeaux redescendent dans la vallée. Tournez-vous plutôt vers les quelques auberges de montagne qui restent ouvertes au pied des pistes. Réservez votre table bien à l’avance, elles affichent systématiquement complet le week-end.
Questions pratiques pour visiter Munster en Alsace
Comment aller à Munster ?
Munster (Haut-Rhin, 68) est à 20 km de Colmar, elle-même accessible en TGV depuis Paris-Est en environ 2h20. Depuis Colmar, la ligne TER Colmar-Metzeral dessert directement Munster en 30 min. Mais les rotations sont limitées et certains services sont assurés par car de substitution selon les périodes. Pensez à consulter les horaires avant de partir.
En voiture depuis Paris, comptez 4h30 via l’A35. Depuis Strasbourg, 1h suffit. L’aéroport le plus proche est l’EuroAirport Bâle-Mulhouse-Fribourg, à 50 km.
Comment se déplacer à Munster ?
Le centre de Munster se visite à pied sans difficulté. En revanche, la grande majorité des sites évoqués dans cet article, fermes auberges, Hohneck, sentier des Roches, Mémorial du Linge, stations de ski, nécessitent un véhicule.
La ligne TER permet de rejoindre Metzeral depuis Munster pour accéder au lac du Fischboedlé sans voiture. Pour le reste, une voiture de location reste indispensable pour profiter pleinement de la vallée.
Où dormir à Munster ?
Dormir en ville permet d’accéder à pied aux premières balades et de rayonner facilement dans la vallée. Le centre de Munster regroupe l’essentiel des hébergements classiques : hôtels, chambres d’hôtes, gîtes.
Pour une immersion plus montagnarde, certaines fermes auberges proposent des chambres directement sur leur exploitation, en altitude. Une option cohérente si vous séjournez plusieurs jours et souhaitez combiner randonnée et repas typiques sur place.
Combien de temps prévoir pour visiter Munster ?
Un week-end de deux nuits permet de couvrir la ville et un ou deux sites naturels. Trois jours sont conseillés pour combiner randonnée, Mémorial du Linge et ferme auberge sans se précipiter.
Quelle est la meilleure saison pour visiter la vallée de Munster ?
Tout dépend de l’activité recherchée. De mai à octobre pour la randonnée et les fermes auberges, de décembre à mars pour le ski. L’automne cumule couleurs, transhumance et fromage à pleine maturité.
Faut-il parler alsacien ou allemand pour se déplacer dans la vallée ?
Non. Le français est largement suffisant partout. Quelques mots d’allemand peuvent aider en ferme auberge très locale, mais aucune barrière de langue à anticiper pour un voyageur francophone.
Peut-on visiter Munster avec des enfants ?
Oui, avec quelques ajustements. La Maison du Fromage, les lacs, le ski familial et la fête de la transhumance sont bien adaptés aux familles. Le sentier des Roches, en revanche, est à proscrire avec de jeunes enfants.
Carte des hôtels et logements - Grand Est