Visiter Saint-Valery-sur-Somme : 8 incontournables à faire et voir
Saint-Valery-sur-Somme ne ressemble à aucune autre destination de la région des Hauts-de-France. C’est une ville en deux morceaux : en bas, des quais, des villas d’armateurs et des phoques qui remontent le chenal ; en haut, des remparts, des ruelles pavées et une chapelle où les marins accrochaient leurs ex-voto. Une journée suffit à couvrir les points principaux, à condition de savoir où regarder. Voici les 8 choses à voir et à faire à Saint-Valery-sur-Somme.
1. Le quartier du Courtgain

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Le Courtgain, c’est l’ancien quartier des marins-pêcheurs, coincé entre le coteau et la baie. Son nom vient directement des « courts gains » que rapportait la pêche à la crevette grise, surnommée « sauterelle » par les locaux. Les façades colorées ne sont pas une mise en scène. Les habitants peignaient leurs maisons avec les restes de peinture des bateaux, et certains continuent de le faire. Depuis la chapelle des Marins, juste au-dessus du quartier, la baie s’ouvre sur 180 degrés. Vous apercevrez les mollières et les moutons de prés salés en contrebas.
Évitez juillet-août si vous pouvez : les ruelles sont étroites et se remplissent vite. En semaine hors saison, vous les traverserez presque seul, ce qui change complètement l’expérience. Portez des chaussures à semelles plates, les ruelles sont très pentues et les pavés irréguliers.
2. La cité médiévale

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Commencez par la Porte de Nevers (XVIe siècle), classée monument historique. Ses briques, grès et galets encadrent encore les rainures de la herse, et le blason du Duc de Gonzague-Nevers avec sa devise « FIDES » reste lisible au-dessus du passage. Remontez ensuite vers l’église Saint-Martin. Elle fut reconstruite à partir de la fin du XVe siècle après avoir été incendiée lors du siège de 1475, dans le contexte de la guerre entre Louis XI et Charles le Téméraire. Elle se reconnaît à ses damiers de silex et de pierre et à ses gargouilles.
Les ruelles pavées étroites qui relient ces deux points donnent vraiment l’impression de changer d’époque, à condition d’avancer à pas comptés. La Porte de Haut, aussi appelée Porte Jeanne d’Arc ou Porte Guillaume, ferme la boucle. Ces fortifications, remaniées à plusieurs reprises depuis le Moyen Âge, ont vu passer Guillaume le Conquérant en 1066 avant la bataille d’Hastings. Sans oublier Jeanne d’Arc, prisonnière des Anglais en décembre 1430. Deux passages de l’histoire de France dans un même lieu, c’est rare ! En juillet-août, la vieille ville se remplit vite : privilégiez une visite tôt le matin ou en semaine hors saison.
3. L’herbarium et le fruticetum
Abrité par les fortifications de la ville haute, cet ancien jardin des religieuses de l’hôpital passe souvent sous le radar des visiteurs pressés. C’est pourtant une halte qui change de rythme. L’herbarium rassemble des plantes médicinales cultivées depuis le Moyen Âge, tandis que le fruticetum présente un verger d’espèces fruitières anciennes typiques de la Picardie. Les panneaux explicatifs restent sobres, mais suffisants pour comprendre ce que les habitants soignaient avec trois feuilles et une racine.
Depuis les terrasses du jardin, le regard porte naturellement sur les toits de la vieille ville et sur la baie en fond. C’est un point de vue discret, moins fréquenté que le calvaire des marins, et d’autant plus appréciable. L’endroit se parcourt lentement : les recoins, les massifs et les petits détails plantés çà et là méritent qu’on s’y attarde, pas qu’on le traverse en diagonale. Prévoyez des chaussures adaptées aux pavés pour y accéder depuis les ruelles de la cité médiévale.
4. Les quais et les villas Belle-Époque

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Les quais de Saint-Valery portent des noms de capitaines de la Révolution et de l’Empire, comme Lejoille, Blavet et Perrée. Ce détail dit beaucoup sur le passé maritime du lieu. À la fin du XIXe siècle, poussées par la mode des bains de mer, de riches familles bourgeoises ont fait construire leurs villas de villégiature le long de ces axes, dont plusieurs façades sont encore bien conservées. Depuis le quai Jeanne d’Arc, gardez l’œil ouvert vers le chenal. Des phoques veaux-marins s’y montrent régulièrement à marée montante, sans qu’il soit nécessaire de prévoir une excursion.
Faites ce parcours en fin d’après-midi. La lumière rasante sur la baie et les mollières est nettement plus intéressante qu’en milieu de journée, et la promenade se vide un peu. En juillet et août, les quais saturent vite en journée. Venez avant 10h ou après 18h pour profiter du secteur sans la foule.
5. La chapelle des Marins

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Perchée sur les hauteurs, la chapelle domine le cap Hornu et offre une vue dégagée sur la baie de Somme. Elle a été reconstruite en 1880 dans un style néogothique, mais le site est occupé depuis le haut Moyen Âge. C’est ici que le moine Gualaric, dit Valery, évangélisa la région selon la tradition hagiographique, donnant son nom à la ville. Elle se distingue par son clocher surmonté d’une girouette en forme de goéland et par ses façades typiques en damiers de pierre calcaire et de silex.
L’édifice est le plus souvent fermé au public. Regardez à travers la grille de la porte pour apercevoir les ex-voto à l’intérieur. Il d’agit de maquettes de bateaux déposées par des marins rescapés. Depuis le parvis, prenez le temps d’observer les bancs de sable de la baie avant de redescendre vers la ville basse. En chemin, passez par le Courtgain, l’ancien quartier des marins. Il est facilement identifiable avec ses maisons de pêcheurs mitoyennes aux façades colorées.
La chapelle s’intègre naturellement dans une boucle depuis le centre. Longez les quais et la digue en montant, puis rentrez par les ruelles pavées de la vieille ville. Comptez 1h pour faire l’aller-retour à pied sans vous presser.
6. Le train de la Baie de Somme

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Le Chemin de Fer de la Baie de Somme n’est pas une attraction gadget. C’est un authentique train historique à vapeur (ou diesel selon les circulations), avec du matériel roulant ancien et restauré. Il relie réellement Saint-Valery à Noyelles-sur-Mer, Le Crotoy et Cayeux-sur-Mer. Le trajet dure environ 1h. Le train longe les mollières, traverse les marais et offre sur la baie des points de vue impossibles à atteindre autrement sans marcher plusieurs kilomètres. C’est la meilleure façon de lire le paysage de la baie sans effort.
Une précision utile : le train longe principalement les prés salés et les roselières, pas la mer à ciel ouvert. Les vues restent dégagées, mais tempérez vos attentes si vous espérez un panorama direct sur les vagues. En revanche, le passage au milieu des marais permet souvent d’apercevoir les fameux moutons de prés salés. Mais aussi les chevaux de race Henson et de nombreux oiseaux. Si l’expérience vous intéresse vraiment, optez pour la formule dîner à bord proposée aux beaux jours. On vous servira un repas local au crépuscule, ce qui change la dimension du voyage.
Les horaires varient fortement selon la saison, et les places partent vite en juillet et en août. Réservez en ligne à l’avance si vous venez en été. En dehors de la haute saison, le train circule principalement le week-end et les jours fériés.
7. Observer les phoques

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La baie de Somme abrite une colonie de phoques veaux-marins parmi les plus importantes de France. Elle se compose de plusieurs centaines d’individus toute l’année. La Pointe du Hourdel, à l’ouest de Saint-Valery, est le spot le plus fiable pour les voir. À marée basse, les phoques se prélassent sur les bancs de sable, souvent à plusieurs centaines de mètres. Des jumelles suffisent pour une observation en autonomie.
Pour aller plus loin, optez pour une sortie nature à pied d’environ 2h30 avec un guide naturaliste. Il installera sa longue-vue directement sur la plage pour observer les animaux sans les déranger, ce qui est impossible sur un bateau en mouvement. L’été correspond à la période des naissances pour les veaux-marins. L’approche est alors strictement réglementée et une distance de 300 m est obligatoire pour éviter que les mères n’abandonnent leurs petits.
Si la traversée de la baie à pied vous tente, ne la faites pas seul. Les sables mouvants existent et la marée monte très vite. Partez uniquement avec un guide agréé, ce n’est pas une précaution de façade mais une règle de sécurité absolue. Réservez à l’avance en été, les sorties affichent complet plusieurs jours avant.
8. Les spécialités à goûter

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La table de Saint-Valery se lit comme un résumé de la baie. Les sauterelles, ces crevettes grises pêchées par les sauterelliers du Courtgain, restent la spécialité à commander dans les restaurants des quais. L’agneau de prés salés AOP, élevé dans les mollières que vous apercevez depuis le Calvaire, a un goût iodé reconnaissable. La salicorne et l’aster maritime (les « oreilles de cochon ») se trouvent en épicerie locale ou en assiette, mais sachez que la cueillette sauvage est réglementée.
Pour ramener quelque chose, misez sur le gâteau battu. C’est une brioche cylindrique très jaune, riche en jaunes d’œufs, ou sur une ficelle picarde à tester en entrée. Allez en acheter sur les marchés du mercredi ou du dimanche matin sur la place des Pilotes et le long du quai Perrée. En haute saison, évitez les adresses avec menu plastifié sur les quais et cherchez plutôt une table dans la vieille ville.
Questions pratiques pour votre visite à Saint-Valery-sur-Somme
Comment aller à Saint-Valery-sur-Somme ?
En voiture, c’est le moyen le plus simple. Depuis Paris, comptez 2h30 via l’A16 en direction d’Abbeville, puis prenez la D940. Depuis Lille, tablez sur environ 2h de trajet par la même autoroute.
En train, rejoignez Abbeville (ligne Paris-Calais-Saint-Quentin) puis montez dans un bus ou un taxi pour les 20 km restants. Il n’existe pas de gare à Saint-Valery même. Le Chemin de Fer de la Baie de Somme part de Noyelles-sur-Mer, accessible en TER depuis Abbeville ou Amiens.
Comment se déplacer à Saint-Valery-sur-Somme ?
À pied, sans hésitation. Les deux quartiers principaux (ville basse et ville haute) s’enchaînent à la marche en une journée. Les ruelles de la cité médiévale sont inaccessibles en voiture.
Le vélo fonctionne bien pour rejoindre le cap Hornu ou longer la baie. Des locations sont disponibles en saison. En voiture, le centre est à éviter en juillet-août : les parkings de délestage à l’entrée de la ville sont la solution la moins frustrante.
Où dormir à Saint-Valery-sur-Somme ?
La ville haute offre l’ambiance la plus caractéristique : chambres d’hôtes dans des maisons en silex, ruelles calmes, accès direct aux remparts. C’est notre préférence pour un week-end.
Les quais (ville basse) conviennent à ceux qui veulent être proches des restaurants et du front de mer, avec plus de va-et-vient en saison. Pour plus de tranquillité, les chambres et gîtes sur les hauteurs du quartier de l’abbaye sont à prioriser.
Combien de temps prévoir pour visiter Saint-Valery-sur-Somme ?
Une journée complète couvre les deux quartiers à pied. Deux jours permettent d’ajouter le train de la baie, une sortie phoques et de flâner sans se presser.
Quelle est la meilleure saison pour venir ?
Mai-juin et septembre sont les meilleures fenêtres : lumière favorable sur la baie, foule raisonnable, mollières vertes, phoques présents. Juillet-août reste agréable mais la ville se remplit vite, notamment les week-ends.
Faut-il réserver longtemps à l’avance ?
En juillet-août, réserver hébergement et places de train à vapeur plusieurs semaines à l’avance est indispensable. La capacité d’accueil de la ville est limitée et la demande dépasse souvent l’offre les week-ends estivaux.
La visite est-elle adaptée aux enfants ?
Oui, à condition d’anticiper les contraintes. Les pavés de la vieille ville et les dénivelés entre ville basse et ville haute rendent poussettes et petites roues peu pratiques. Le train à vapeur et l’observation des phoques fonctionnent très bien avec des enfants.
Carte des hôtels et logements - Hauts de France