Visiter le Mont-des-Cats : 6 incontournables à faire et voir
Le Mont-des-Cats culmine à 164 m. En Flandre, c’est déjà un sommet. Et pourtant, ce n’est pas l’altitude qui fait venir les gens ici depuis des siècles. L’attraction, c’est ce que des moines trappistes ont réussi à construire dessus : une abbaye vivante, un fromage reconnu, une bière trappiste officielle et un silence qu’on ne trouve plus souvent à moins d’une heure de Lille. Voilà ce qu’on peut voir, goûter et comprendre en une demi-journée sur ce mont dont le nom vient des Cattes, un peuple germain du Ve siècle, pas des chats.
1. Le panorama depuis le sommet

Crédit photo : Flickr – Guillaume Baviere
À 164 m d’altitude, le Mont-des-Cats offre un point de vue dégagé sur toute la plaine flamande. Par temps clair, vous distinguerez les silhouettes du mont Cassel, du mont Noir et du mont Rouge, et la vue porte jusqu’en Belgique. L’antenne de télécommunication de 200 m de haut au sommet ne fait pas partie du décor rêvé. Mais elle signale l’endroit à des kilomètres à la ronde.
Privilégiez une visite en semaine, hors vacances scolaires. Les week-ends attirent beaucoup de monde et le charme du lieu s’en ressent. Arriver tôt le matin garantit la lumière et le calme. Le printemps et l’automne donnent les meilleures conditions pour profiter des couleurs et de la visibilité.
2. L’abbaye Sainte-Marie du Mont-des-Cats

Crédit photo : Wikimédia – Papagon
Fondée en 1826 par des moines trappistes, l’abbaye Sainte-Marie appartient à l’ordre cistercien de la stricte observance. Elle compte aujourd’hui une vingtaine de moines. C’est un lieu de vie actif, pas un monument figé. L’église abbatiale est ouverte aux visiteurs pour le recueillement et les offices liturgiques. Les horaires sont à vérifier directement auprès de l’abbaye au 03 28 43 83 60. L’intérieur du monastère et ses jardins restent strictement fermés au public, sans exception.
Respectez les règles implicites du lieu : silence et tenue correcte. Si vous arrivez uniquement pour la boutique, prévoyez tout de même un moment devant l’édifice. L’atmosphère tranche nettement avec le reste de la colline, et ça mérite au moins quelques minutes d’arrêt.
3. La boutique de l’abbaye

Crédit photo : Flickr – CarnyNL
La boutique concentre l’essentiel de ce qu’on vient chercher ici. Deux produits dominent : le fromage Mont-des-Cats, pâte pressée non cuite à croûte orangée fabriquée depuis 1890. Et la bière trappiste ambrée, brassée à l’abbaye belge de Scourmont (Chimay) dans le cadre d’une convention de brassage passée avec les moines. Cette bière ne possède pas le label « Authentic Trappist Product » car elle n’est pas produite sur place. On trouve aussi des biscuits, des confitures et quelques ouvrages monastiques.
Achetez le fromage directement ici pour accéder aux différentes durées d’affinage (comme le Grand Mont des Cats), souvent introuvables en supermarché qui ne vend que la version classique au lait pasteurisé. La boutique ouvre de 10h à 12h et de 14h à 17h, sauf le mardi où elle reste fermée, et le dimanche de 14h à 17h. Prévoyez votre passage en conséquence, les horaires sont respectés à la lettre.
4. La chapelle de la Passion et le bois de l’Ermitage

Crédit photo : Wikimédia – LimoWreck
En face de l’abbaye, le bois de l’Ermitage cache une petite chapelle sobre, peu signalée, que beaucoup de visiteurs ratent. À l’intérieur, derrière une grille, repose un gisant de Jésus entouré de centaines de morceaux de tissu accrochés par des passants. Cette tradition des « loques », héritée d’une pratique populaire flamande, est encore vivace aujourd’hui. On y dépose un bout de tissu pour formuler une intention, une prière ou simplement marquer le passage.
Ce n’est pas un site aménagé pour le tourisme, et c’est précisément ce qui en fait l’intérêt. Le bois lui-même est balisé pour protéger la flore, alors restez sur les sentiers. Comptez à peine 5 min de marche depuis le parking de l’abbaye. Notre conseil : traitez l’endroit pour ce qu’il est, un lieu de culture locale ancré dans le territoire, et non une simple attraction.
5. Les randonnées autour du mont

Crédit photo : Flickr – Oh-Dae-Su
Plusieurs circuits balisés partent du Mont-des-Cats. La boucle autour de l’abbaye couvre environ 3 km : planifiez une petite heure, c’est le choix idéal pour une marche rapide. Le vrai « Circuit du Mont des Cats » s’étend sur 9,5 km pour environ 3h de marche, avec des vues dégagées sur le bocage flamand entre Berthen et Godewaersvelde. Sans oublier des chapelles isolées et les silhouettes des monts voisins en fond. Les sentiers forestiers permettent aussi de faire un crochet par la Chapelle de la Passion, nichée dans les bois du domaine.
Le dénivelé reste faible mais chaussez-vous correctement. Les chemins creux peuvent être particulièrement boueux et glissants après la pluie. Privilégiez le printemps ou l’automne pour la lumière et les couleurs. Les sentiers sont accessibles sans équipement technique, aucune réservation n’est requise.
6. Godewaersvelde, le village au pied du mont

Crédit photo : Wikimédia – Peter Potrowl.
Godewaersvelde se prononce difficilement, mais ça fait partie du charme. Ce village de Flandre française, à quelques kilomètres de la Belgique, a un nom à consonance néerlandaise et une histoire profondément marquée par cette proximité de frontière. Le Musée de la Vie Frontalière y retrace la contrebande franco-belge avec un vrai ancrage local. Vérifiez les horaires avant de vous y rendre, l’ouverture est irrégulière.
Descendez du mont par la route et faites une pause dans un estaminet flamand du coin pour une carbonnade ou un potjevleesch. Les planches froides locales valent aussi le coup d’oeil : le pâté et le jambon de la région ont une vraie réputation.
Si vous cherchez une bière locale, les brasseries de Flandre française tiennent largement la comparaison avec leurs voisines belges. Le cimetière militaire britannique à proximité rappelle que la région a payé un lourd tribut lors de la Première Guerre mondiale. Ce fut particulièrement le cas lors de la Bataille des Monts de Flandre en avril 1918 où le mont lui-même a servi de point d’observation stratégique pour les Alliés. Ce n’est pas un détour à part entière, mais combiné à la visite du mont, le village ajoute une vraie épaisseur au séjour.
Questions pratiques pour votre visite au Mont-des-Cats
Comment aller au Mont-des-Cats ?
Le Mont-des-Cats se rejoint le plus facilement en voiture. Depuis Lille, tablez sur environ 50 min (50 km via la D933 direction Bailleul, puis la D10). Au départ de Dunkerque, c’est 40 km, soit environ 40 min. Depuis Paris, la route prend 2h30 via l’A1 puis l’A25. Aucune ligne de train ni de bus régulier ne dessert Godewaersvelde. La région est également très fréquentée par les cyclistes. Les routes autour du mont sont balisées pour le vélo, et Bailleul ou Godewaersvelde constituent des points de départ praticables à deux roues. Prévoyez de garer la voiture au parking situé au pied de l’abbaye, sur la route du Mont-des-Cats.
Comment se déplacer au Mont-des-Cats ?
Une fois sur place, tout se fait à pied. L’abbaye, la boutique, la chapelle de l’Ermitage et le départ des sentiers balisés sont regroupés dans un périmètre très resserré. Les deux circuits de randonnée (3 km et 9,5 km) partent directement du site. Le vélo est possible sur les petites routes autour du mont, mais les pentes sont courtes et assez raides. Pas de navette, pas de transport local : la voiture reste indispensable pour rejoindre les sites voisins comme Cassel ou Bailleul.
Où dormir près du Mont-des-Cats ?
Le Mont-des-Cats ne propose aucun hébergement sur place. Bailleul, à une dizaine de kilomètres, est la base la plus pratique. Vous trouverez une bonne offre d’hôtels et de chambres d’hôtes, un centre-ville animé et un marché couvert réputé. Cassel, à 15-20 min en voiture, est une alternative plus calme avec un cadre médiéval préservé. Pour les amateurs de frontière belge, Poperinghe ou Ypres (Ieper) sont à moins de 30 min et offrent un choix d’hébergements plus large.
Quelle est la meilleure période pour visiter le Mont-des-Cats ?
Le site se visite toute l’année. Le printemps (avril-mai) et l’automne (septembre-octobre) offrent la meilleure lumière pour les vues sur la plaine et les couleurs du bocage. Les week-ends d’été attirent beaucoup de monde : préférez la semaine hors vacances scolaires pour profiter du calme de l’abbaye.
Combien de temps prévoir pour visiter le Mont-des-Cats ?
Une demi-journée suffit pour l’abbaye, la boutique et la chapelle de l’Ermitage. Comptez une journée complète si vous intégrez l’un des circuits de randonnée et une étape à Godewaersvelde. En combinant avec Cassel ou le mont Noir, la journée est bien remplie.
Peut-on visiter l’intérieur de l’abbaye du Mont-des-Cats ?
Non. L’intérieur du monastère reste inaccessible aux visiteurs : c’est une communauté cistercienne active, avec une vingtaine de moines en vie régulière. Seuls l’église abbatiale, les abords extérieurs et la boutique sont ouverts au public. Les offices liturgiques sont accessibles, mais les horaires sont à confirmer directement auprès de l’abbaye au 03 28 43 83 60.
Faut-il prévoir un budget spécifique pour la visite ?
L’accès au site est gratuit. Prévoyez 10 à 20 € pour la boutique si vous repartez avec du fromage et une ou deux bières trappistes. Le Musée de la Vie Frontalière de Godewaersvelde est payant : vérifiez les tarifs et horaires avant de vous y rendre, car il n’ouvre pas tous les jours.
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