Visiter Arras : 8 incontournables à faire et voir
Arras est à 50 min de Paris-Nord en TGV. La plupart des gens passent devant sans s’arrêter et c’est une erreur. Cette ville des Hauts-de-France concentre un patrimoine exceptionnel : une façade baroque flamande reconstruite à l’identique après la Première Guerre mondiale sur un réseau de galeries souterraines creusées depuis le Moyen Âge, et une mémoire de la Grande Guerre qui dépasse largement ce qu’on voit en surface. Voici ce qu’il faut voir et faire à Arras, dans quel ordre, et pourquoi.
1. La Grand’Place et la Place des Héros

Shutterstock : Aliaksandr Antanovich
Les deux places d’Arras forment un seul ensemble continu, bordé par 155 maisons à pignons de style baroque flamand, toutes différentes dans leur ornementation. Beaucoup de gens ignorent que ces façades ne datent pas du XVIIe siècle. Saviez-vous qu’Arras a été détruite à plus de 80 % pendant la Première Guerre mondiale ? La ville a été reconstruite pierre par pierre dans les années 1920-1930, à partir de relevés photographiques et architecturaux réalisés avant les bombardements. Ce que vous voyez est une reconstitution d’une fidélité remarquable, ce qui rend l’ensemble encore plus saisissant.
Les arcades qui courent en rez-de-chaussée permettent de flâner à l’abri de la pluie. Repérez les pâtisseries qui vendent des rats en chocolat. Cette spécialité fait un clin d’œil historique au siège de 1640, quand les occupants espagnols juraient que les souris mangeraient les chats avant que les Français ne réussissent à prendre la ville. Venez le mercredi ou le samedi matin pour le marché : c’est là que vous trouverez les chicons, le Cœur d’Arras et les gaufres à la vergeoise.
Avant de partir, cherchez la borne Timescope sur la Place des Héros. Elle restitue en réalité virtuelle l’aspect médiéval de l’espace ainsi que les destructions de la Première Guerre mondiale. En décembre, les places se transforment pour le marché de Noël. Les illuminations couvrent l’architecture et l’atmosphère le soir vaut le coup d’œil. La qualité des stands dépasse la moyenne des marchés de Noël français, ce qui explique que des visiteurs britanniques traversent spécialement la Manche pour l’occasion. Si vous venez de loin, prévoyez une nuit sur place pour en profiter pleinement.
2. Le beffroi

Shutterstock : Aliaksandr Antanovich
Classé à l’Unesco, le beffroi culmine à 75 m et se dresse sur la place des Héros depuis le XVe siècle. Prenez l’ascenseur pour rejoindre le niveau intermédiaire. Puis, empruntez les 40 marches d’escalier métallique qui longent les cloches pour atteindre la couronne panoramique. De là-haut, vous distinguerez par temps clair les terrils du bassin minier et la nécropole de Notre-Dame de Lorette au nord. La place des Héros se révèle dans sa totalité, un angle que l’on ne saisit pas depuis le sol.
Avant de monter, attardez-vous au rez-de-chaussée de l’Hôtel de Ville devant les géants Colas. Appelés Jacqueline et Dédé, ce sont les figures traditionnelles de la ville. Éviter les week-ends d’été sans avoir réservé en amont, les créneaux partent vite. Privilégiez une matinée dégagée pour profiter du panorama sans brume.
3. Les Boves

Crédit photo : Wikimédia – Jean-Pol GRANDMONT
Sous le centre-ville d’Arras, un réseau de galeries creusées dans la craie court à 12 m de profondeur. Ces souterrains, appelés Boves, remontent au Xe siècle. Les carriers les ont d’abord taillés pour extraire la pierre et les marchands en ont ensuite fait des caves. Puis, les soldats du Commonwealth y ont aménagé une base arrière pendant la Première Guerre mondiale. Les habitants s’y sont finalement réfugiés pour fuir les bombardements de la Seconde Guerre mondiale. La visite guidée part depuis l’Office de Tourisme, situé au rez-de-chaussée de l’Hôtel de Ville sur la Place des Héros. Les guides maîtrisent leur sujet et savent rendre vivant ce qui aurait pu se résumer à une simple marche dans un couloir sombre.
Réservez votre créneau à l’avance, surtout le week-end et pendant les vacances scolaires. Prévoyez une veste car la température reste bloquée à 11°C toute l’année. Si vous combinez cette découverte avec la Carrière Wellington et le Beffroi, un City Pass est disponible à l’Office de Tourisme. C’est notre recommandation pour faire des économies et opter pour la formule la plus cohérente afin de comprendre l’ensemble du réseau souterrain arrageois.
4. La Carrière Wellington

Crédit photo : Wikimédia – Dsch67
La Carrière Wellington n’est pas une visite de plus sur la Grande Guerre. En avril 1917, 24 000 soldats de l’Empire britannique ont surgi de ces galeries creusées secrètement dans la craie pour surprendre les lignes allemandes lors de la Bataille d’Arras. Le creusement de ce réseau a mobilisé plusieurs unités de tunneliers, dont la compagnie néo-zélandaise d’Otago qui a donné son nom au site. Mais aussi des tunneliers britanniques et canadiens. Le site descend à 20 m de profondeur et la visite guidée avec audiocasque reconstitue concrètement la vie souterraine des soldats. Certains témoignages marquent durablement, et c’est voulu.
Réservez votre créneau à l’avance, surtout le week-end. La Carrière Wellington se combine volontiers avec les Boves : vérifiez les formules de pass ou billets groupés à l’Office de Tourisme, Place des Héros. Pensez à prévoir un pull, la température stagne à 11°C toute l’année.
5. L’abbaye Saint-Vaast et le musée des Beaux-Arts

Crédit photo : Wikimédia – Jean-Pol GRANDMONT
L’abbaye bénédictine du XVIIIe siècle abrite aujourd’hui le musée des Beaux-Arts d’Arras. Comptez 1h30 à 2h pour parcourir les 6 000 m² répartis sur 3 étages. Les « Mays » de Notre-Dame de Paris frappent d’abord par leur format imposant. Ensuite, viennent les porcelaines locales, les peintures de l’école d’Arras formée autour de Corot entre 1850 et 1880. Pour finir, les collections de sculptures et de tapisseries. Le musée a bâti sa réputation sur un partenariat de 10 ans avec le château de Versailles et maintient une programmation d’expositions temporaires de qualité.
Juste à côté, la cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Vaast marque un arrêt intéressant pour son style classique. Son intérieur très lumineux tranche franchement avec les habituelles églises gothiques du Nord. Elle est rarement bondée, même en week-end : c’est un bon moment de calme entre deux visites de sites souterrains.
6. La citadelle Vauban

Crédit photo : Wikimédia – Liondartois
Construite au XVIIe siècle sur ordre de Louis XIV et inscrite à l’Unesco depuis 2008 dans le cadre des fortifications de Vauban, la citadelle d’Arras porte un surnom qui résume tout : « la belle inutile ». Elle n’a jamais subi le moindre siège dans son histoire. Ce paradoxe est d’autant plus frappant qu’elle représente l’une des réalisations les plus abouties de Vauban, construite précisément pour ancrer Arras dans le royaume de France après sa conquête en 1640. Aujourd’hui, ses douves et ses remparts se parcourent à pied en suivant un chemin herbeux souvent entretenu par des moutons en éco-pâturage.
Le jardin et les sentiers qui traversent les bois environnants sont également dignes d’intérêt. Programmez au minimum 1h30 pour voir l’essentiel, 3h si vous voulez tout explorer. Ne ratez pas le Mur des Fusillés dans les fossés, lieu de mémoire de la Résistance où 218 personnes ont été exécutées. C’est un site discret mais saisissant.
Il vous faudra 20 min à pied depuis la Grand’Place pour rejoindre la citadelle, accessible librement et gratuitement. C’est un bon choix avec de jeunes enfants, les grands espaces permettent de se défouler sans danger. En juillet, la place d’Armes se transforme en scène principale du Main Square Festival, un des plus grands festivals de musique du Nord de la France. Le reste de l’année, c’est simplement le poumon vert d’Arras.
7. La mémoire de la Grande Guerre aux alentours

Crédit photo : Flickr – ©Timothy Shawn Hack. Bibliothèque et Archives Canada
Deux sites à une quinzaine de kilomètres d’Arras méritent qu’on prévoie du temps pour eux, pas juste un crochet en passant. Le Mémorial national du Canada à Vimy conserve les cratères d’obus et des tranchées reconstituées tels qu’ils étaient en 1917. Il s’agit de l’un des rares endroits où le paysage lui-même porte encore les traces de la guerre. Ce site sert aussi de lieu de pèlerinage pour de nombreux Canadiens qui y voient un moment fondateur de l’identité nationale.
La nécropole de Notre-Dame de Lorette est d’une tout autre nature : elle rassemble les corps de 42 000 soldats français. L’Anneau de la Mémoire, inauguré en 2014, grave les noms de 579 606 combattants de 40 nationalités morts dans la région. À Arras même, le Mémorial du Faubourg-d’Amiens rend hommage à 34 785 soldats du Commonwealth sans sépulture connue. Il fait partie des sites funéraires et mémoriels de la Première Guerre mondiale inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco, une désignation qui englobe des dizaines de cimetières et mémoriaux du front Ouest.
Les sites en extérieur peuvent être boueux après la pluie. Des chaussures imperméables vous seront vraiment utiles sur place. Les deux sites autour d’Arras sont gratuits et accessibles librement en voiture. Beaucoup de visiteurs font spécialement le déplacement pour les voir. Planifiez une demi-journée pour combiner les deux sereinement.
8. Les spécialités à ramener ou à goûter sur place

Crédit photo : Pexels – Rachel Claire
Le Cœur d’Arras est un fromage à croûte lavée, plus doux que le Maroilles mais avec une odeur bien marquée. L’andouillette locale affiche le label A.A.A.A.A., une vraie garantie de qualité. Les rats en chocolat rappellent le siège de 1640 : c’est un clin d’œil aux Espagnols qui juraient que les souris mangeraient les chats avant que la ville ne tombe aux mains des Français. Rendez-vous au grand marché du samedi matin sur la place des Héros et la Grand’Place qui regroupe ces producteurs au même endroit.
Commandez aussi une gaufre à la vergeoise, sucrée et caramélisée, pour caler une faim dans l’après-midi. Si vous déjeunez dans le coin, laissez tomber les desserts génériques comme le fondant au chocolat. Tournez-vous vers la vraie spécialité sucrée du coin : le macaron d’Arras, un biscuit craquelé aux amandes sans aucun rapport avec la version lisse parisienne. Pendant votre séjour, prenez le temps de tester une bière locale sous les arcades. La tradition brassicole des Hauts-de-France avec ses bières de fermentation haute justifie largement un arrêt.
Questions pratiques pour visiter Arras
Comment aller à Arras ?
Depuis Paris, le TGV relie Paris-Nord à Arras en 50 min environ. Il y a plusieurs départs par jour, et le billet est souvent disponible à moins de 30 € en réservant à l’avance. C’est de loin le moyen le plus rapide et le plus pratique.
En voiture depuis Paris, comptez environ 2h par l’A1. C’est une option utile si vous prévoyez de relier les mémoriaux autour de la ville, notamment Vimy et Notre-Dame de Lorette.
Comment se déplacer à Arras ?
Le centre historique est compact : Grand’Place, beffroi, Boves, abbaye Saint-Vaast, tout se fait à pied sans effort. La citadelle est à 20 min à pied depuis les places centrales.
La navette électrique gratuite « Ma Citadine » dessert les principaux points du centre. En soirée le week-end, des Noctibus prennent le relais. Pour les mémoriaux aux alentours (Vimy, Notre-Dame de Lorette), une voiture demeure indispensable.
Où dormir à Arras ?
Loger en centre-ville, à deux pas des deux places, est la meilleure option. Vous avez les sites principaux à pied, les restaurants sous les arcades à proximité, et les départs de visites guidées au pied de l’hôtel. L’offre hôtelière reste raisonnable en termes de prix comparée à d’autres villes du Nord.
Évitez de vous éloigner vers la périphérie : Arras se vit à pied, et perdre cette proximité ne présente aucun avantage pour un séjour touristique.
Quel budget prévoir pour visiter Arras ?
Les entrées principales tournent autour de 8 à 12 € par site. Beffroi, Boves et Carrière Wellington proposent un billet combiné avantageux. Les mémoriaux à Vimy et Notre-Dame de Lorette sont gratuits.
Quelle est la meilleure saison pour visiter Arras ?
Le patrimoine de la ville se visite toute l’année. Décembre est particulièrement animé grâce au marché de Noël, l’un des plus importants des Hauts-de-France. Une grande roue et une patinoire animent les places.
Faut-il réserver les visites à l’avance ?
Oui, surtout pour les Boves et la Carrière Wellington. Les créneaux affichent complet dès le vendredi soir en week-end chargé et pendant les vacances scolaires. Réservez directement sur le site de l’Office de Tourisme.
Le marché de Noël d’Arras vaut-il le déplacement ?
C’est l’un des plus fréquentés du Nord de la France, avec une fréquentation qui dépasse le million de passages sur l’ensemble de la période. Les places se transforment entièrement durant l’événement. Attendez-vous à croiser du monde, en particulier les samedis de décembre.
Carte des hôtels et logements - Hauts de France