Visiter le Kirghizistan : 9 incontournables à faire et voir

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Le Kirghizistan, c’est 95 % de territoire montagneux et un tiers du pays au-dessus de 3 000 m. Et pourtant, aucun équipement d’alpiniste n’est nécessaire. Cette destination d’Asie demeure confidentielle chez les francophones, surtout parce qu’elle demande un minimum d’organisation. Marshrutka (minibus collectifs), pistes en 4×4, nuits en yourte chez des bergers : voici les 9 choses à faire et voir qui justifient le voyage au Kirghizistan, avec les conditions réelles pour les atteindre. Fenêtre idéale : juin à septembre.

1. Le lac Song Kul, le camp de yourtes au bout du plateau

Coucher de soleil sur le lac Song Kul, Kirghizistan

Crédit photo : Wikimédia – Ninara

À 3 016 m d’altitude, Song Kul n’est accessible en yourte que de juin à septembre. La route principale est bloquée par la neige le reste de l’année. Chaque été, des familles de bergers kirghizes s’installent sur ses rives avec chevaux, yaks et moutons. Dormir en yourte chez les bergers coûte entre 15 et 25 € en pension complète, repas locaux et koumis (lait de jument fermenté) compris. Refuser d’y tremper les lèvres est mal perçu, tenez-en compte.

Pour y accéder, comptez 5 à 6h en 4×4 depuis Bichkek via Kochkor, ou 2 à 3 jours à cheval au départ du village de Kyzart. En juillet et août, les groupes organisés affluent près des arrivées de pistes. Préférez les camps isolés sur les rives sud ou ouest, ou venez en septembre pour retrouver du calme. Les nuits descendent régulièrement sous 5°C même en plein été : les couches thermiques ne sont pas optionnelles. Si un seul site devait résumer le Kirghizistan, c’est celui-là.

2. Le lac Issyk-Kul, grand lac de montagne à deux vitesses

Lac Issyk Kul

Crédit photo : Flickr – stephane152

182 km de long, 60 km de large, 1 607 m d’altitude : Issyk-Kul est l’un des plus grands lacs de montagne au monde. Il ne gèle jamais et demeure légèrement salé. Oubliez la rive nord : Cholpon-Ata et ses stations soviétiques reconverties s’adressent surtout aux touristes russes et kazakhs, l’ambiance y est datée. Concentrez-vous sur la rive sud, plus sauvage, avec les sommets du Tian Shan en toile de fond.

Depuis la rive sud, 2 haltes valent le détour. Le canyon Skazka, formations rocheuses rouge ocre sculptées par l’érosion, s’atteint à pied depuis la route (demandez au chauffeur de marshrutka de s’arrêter au « Skazka »). Visitez ce lieu en fin de journée pour la lumière. À Bokonbayevo, des démonstrations de chasse à l’aigle sont organisées pour les voyageurs. Cette tradition nomade millénaire, classée au patrimoine immatériel de l’UNnesco en 2016, se vit idéalement lors des festivals d’aigles qui se tiennent en août dans la région. Renseignez-vous directement sur place pour les dates.

3. Karakol et ses vallées, la base des randonneurs

Vallée à Karakol, Kirghizistan

Crédit photo : Wikimédia – Ondřej Žváček

Karakol compte environ 70 000 habitants à l’est du lac Issyk-Kul. Elle sert de camp de base pour les treks de la région. En ville, la mosquée Dungan, achevée en 1910, est construite en bois selon une technique de charpenterie traditionnelle chinoise qui minimise l’usage de clous métalliques. La cathédrale orthodoxe en bois (1895) vaut également un arrêt rapide. Le marché du dimanche matin figure parmi les plus grands marchés aux bestiaux d’Asie centrale : arrivez avant 7h pour voir de l’activité.

Le trek Ala-Kul est la référence : lac glaciaire à 3 532 m d’altitude, circuit de 3 à 4 jours, passage de col à 3 900 m. Depuis le 2e pont dans la gorge de Karakol, tablez sur environ 7 km de montée raide pour atteindre le lac. Contrairement aux idées reçues, un guide n’est pas indispensable pour les bons marcheurs en été. Le sentier est très fréquenté et parfaitement visible sur les applications GPS. En revanche, prévoyez une autonomie totale en snacks et matériel de purification d’eau. Il n’y a aucun commerce sur le parcours, seulement quelques camps de yourtes où l’on peut acheter un repas chaud à condition d’arriver tôt.

En hiver, le col d’Ala-Kul est totalement impraticable. L’autre option consiste à louer les services d’un 4×4 ou d’un camion russe UAZ pour monter dans la vallée voisine d’Altyn Arashan. Il vous faudra 2h pour arriver à destination sur une piste extrêmement chaotique. En arrivant, vous pourrez profiter des sources chaudes naturelles et dormir en yourte. À 28 km de Karakol, Jeti-Oguz offre une option beaucoup plus douce : les fameuses falaises de grès rouge débouchent sur la vallée de Kok-Jaiyk. Il s’agit d’un point de départ d’une marche facile jusqu’à la cascade des Larmes de Jeune Fille (2h aller-retour).

4. Le parc national d’Ala-Archa, l’excursion montagne depuis Bichkek

Rivière dans le parc national Ala Archa, Kirghizistan

Crédit photo : Wikimédia – Vilya Shoni

À 40 km au sud de Bichkek, Ala-Archa est la seule excursion montagne accessible sans organisation préalable depuis la capitale. Roulez moins d’une heure dans un taxi, et vous voilà dans des gorges de sapins avec des glaciers en ligne de mire. L’entrée coûte 500 soms par voiture (environ 5 €). La randonnée phare monte au refuge Ratsek au pied du glacier Ak-Saï : +1 200 m de dénivelé et 6 à 7h aller-retour. La marche requiert un niveau très sportif.

Pour une option intermédiaire, la montée s’arrête à la cascade (+500 m, 3 à 4h). Au refuge situé à 3 340 m d’altitude, vous trouverez des lits en dortoir autour de 1 000 soms la nuit, des repas basiques et des sacs de couchage en location, généralement sans réservation. Le parc se visite aussi en hiver. La neige change complètement l’ambiance et la route d’accès gèle vite, exigeant un chauffeur équipé de bons pneus.

Attention, il n’y a aucun téléphérique dans ce parc contrairement aux stations de ski voisines, tout se mérite à pied. En bas de la vallée, l’ambiance est très familiale le week-end avec des locaux venus pique-niquer. Plus vous montez, plus le calme s’installe. Notre choix se porte sur cette étape en début de séjour pour une mise en jambes. Ou alors, en fin de voyage si le temps manque pour rejoindre les massifs plus reculés.

5. Tash Rabat, le caravansérail de la Route de la Soie

Tash Rabat, Kirghizistan

Crédit photo : Wikimédia – WikiTofu

Tash Rabat culmine à 3 200 m d’altitude dans une vallée sans réseau ni voisin. C’est un bâtiment en pierre grise du XVe siècle que les caravanes de la Route de la Soie utilisaient comme refuge. L’intérieur est labyrinthique : couloirs, niches, puits central. Il s’agit de l’un des caravansérails les mieux conservés d’Asie centrale. Le silence qui y règne autour renforce l’impression d’isolement total.

Logistiquement, Naryn forme une étape obligatoire (comptez 4h à 4h30 de route depuis Bichkek. Puis, prévoyez 2h de trajet supplémentaire dont une fin en piste où un 4×4 est recommandé. Des yourtes accueillent les visiteurs en été sur place, avec balades à cheval et koumis. Plus haut, le lac Chatyr Kul (3 530 m) nécessite une vraie randonnée de 4 à 5h à pied ou à cheval en franchissant un col à 4 000 m. Attention, un permis frontalier est strictement obligatoire pour accéder au lac en raison de la frontière chinoise toute proche. Sachez que ce permis reste inutile si vous restez uniquement à Tash Rabat. L’hiver, la destination est déconseillée : la neige bloque très souvent l’accès et les camps de yourtes sont démontés.

6. Arslanbob, le village ouzbek au pied des noyers

Village d'Arslanbob, Kirghizistan

Crédit photo : Wikimédia – Kondephy

Arslanbob tranche avec le reste du Kirghizistan. Ici, la population est majoritairement ouzbèke, les tenues sont plus colorées, l’ambiance plus « bazariste ». Le village est entouré par la plus grande forêt de noyers naturels au monde, dont la surface totale dans la région de Jalal-Abad dépasse les 60 000 ha. Certains arbres qui vous entourent atteignent 1 000 ans d’âge. Venez en septembre et octobre pour la récolte : villageois et enfants envahissent la forêt, c’est le moment le plus vivant.

Pour rejoindre les zones forestières reculées, misez sur un 4×4 soviétique bruyant et poussiéreux. Le reste de la forêt, en lisière du village, s’explore facilement à pied. Deux cascades sont accessibles depuis le centre (20 min et 1h30 aller-retour). Le village d’Arslanbob s’intègre naturellement dans un circuit entre Bichkek et Och. Il requiert un changement à Bazar-Korgon ou Jalal-Abad en marshrutka. Planifiez une journée complète sur place, deux si vous partez randonner vers les lacs d’altitude environnants.

Le bureau CBT local organise des treks à pied ou à cheval vers le lac Köl Mazar (3 à 4 jours), col de l’Amitié inclus. Gardez en tête que ce sentier est physiquement exigeant. Pour une balade sans effort, le chemin à travers la forêt de noyers est largement suffisant. Réservez hébergement et guide directement via le CBT pour soutenir les habitants à prix raisonnable.

7. Osh, la porte du sud

Osh, Kirghizistan

Crédit photo : Wikimédia – Ninara

Osh revendique 3 000 ans d’histoire et ça se sent dès le marché central. C’est l’un des plus grands d’Asie centrale, organisé en quartiers distincts : épices, fruits secs, textiles, viandes. Arrivez le matin pour l’ambiance, et évitez le lundi où l’activité tourne au ralenti. La colline Sulayman-Too, classée Unesco, se monte à pied en 20 min et offre une vue large sur la vallée de Fergana. La chaleur dans cette région en juillet-août dépasse souvent les 35°C.

Osh est aussi un nœud logistique si vous prolongez vers le Pamir tadjik ou la vallée de Fergana en Ouzbékistan. Le centre-ville se parcourt facilement à pied, entre parcs, restaurants et bord de rivière. Notez que la ville a connu des violences intercommunautaires graves en 2010, qui ont causé plusieurs centaines de morts dans les affrontements entre communautés kirghize et ouzbèke. Elles ont laissé des traces profondes dans le tissu social du sud du pays. La situation est aujourd’hui stabilisée, mais ce contexte explique les tensions latentes encore perceptibles dans la région.

8. Bichkek, point de passage obligé

Bishkek, Kirghizistan

Crédit photo : Wikimédia – Aitenir

Programmez une journée à Bichkek, pas plus. La capitale n’est pas une destination en soi, mais une excellente base logistique. Notre recommandation est d’en profiter pour acheter une carte SIM locale, échanger des devises et régler les derniers détails d’itinéraire via une agence CBT. Le marché Osh Bazar occupe facilement une matinée avec ses étals d’épices et d’artisanat. Le Musée historique national, récemment rénové, offre un bon aperçu de la culture nomade et de l’ère soviétique avant de partir en région.

Si votre planning le permet, partez en excursion vers la Tour Bourana à 80 km sur une demi-journée. Le site rassemble un minaret du XIe siècle, les ruines de la cité de Balasagun et un champ de balbals (des stèles funéraires sculptées typiques de l’Asie centrale). Pour un premier contact avec la haute montagne, le parc national d’Ala-Archa se trouve à seulement 45 min de route au sud de la ville.

9. Le Tian Shan, pour aller plus loin

Massif du Tian Shan, Kirghizistan

Crédit photo : Wikimédia – Bgag

Le Tian Shan est réservé à ceux qui ont au minimum 2 semaines devant eux et une expérience solide en trek. Le massif couvre une grande partie du pays. Il s’étend jusqu’en Chine et au Kazakhstan, et atteint 7 439 m avec le pic Pobeda. Les sommets Khan Tengri (7 010 m) et Jengish Chokusu (7 439 m) sont réservés aux alpinistes confirmés avec logistique lourde. Les randonneurs trouveront leur bonheur dans la vallée de Jyrgalan ou autour de Naryn, avec des circuits de 3 à 7 jours.

Oubliez la randonnée en plein hiver. En décembre, les températures plongent sous les -30°C et la neige bloque la grande majorité des cols. Les routes de haute montagne deviennent impraticables, même pour les chauffeurs locaux. Cette période est strictement réservée au ski de randonnée. Pour le trek classique, la fenêtre de tir est courte et s’étend uniquement de juillet à début septembre.

Pour une alternative moins fréquentée que Song Kul, mettez le cap sur le lac Köl Ukok près de Kochkor : 15 km à pied depuis la route, quelques familles de bergers en été, quasiment personne d’autre. Les CBT locaux peuvent organiser guidage et logistique pour ces zones reculées. Notre conseil est de passer par eux, les sentiers n’étant pas balisés et les conditions changent vite en altitude.

Questions pratiques pour votre voyage au Kirghizistan

Comment aller au Kirghizistan ?

L’avion est le seul moyen réaliste pour rejoindre le Kirghizistan depuis la France. Aucun vol direct n’existe : il faut une escale, le plus souvent à Istanbul (Turkish Airlines), Moscou, Dubaï ou Almaty. La capitale Bichkek dispose de l’aéroport international Manas, qui concentre la quasi-totalité des liaisons. Osh a également un aéroport, utile si le circuit commence par le sud. Comptez 8 à 14h de voyage selon l’escale. Utilisez notre comparateur de vol pour dénicher les meilleures options au départ de Paris ou des grandes villes françaises.

Comment se déplacer au Kirghizistan ?

Les marshrutkas relient les villes principales à petit prix, mais les horaires sont aléatoires et le confort limité. Pour les sites reculés (Song Kul, Tash Rabat, Altyn Arashan), un 4×4 avec chauffeur est indispensable. Les routes en terre du Kirghizistan ne pardonnent pas aux véhicules classiques. Louer un chauffeur à la journée ou à la semaine reste la solution la plus flexible, environ 50 à 80 € par jour. Les CBT locaux peuvent faciliter ces arrangements dans la plupart des villes-étapes.

Où dormir au Kirghizistan ?

À Bichkek, les guesthouses du centre-ville (quartier autour du parc Dubovy et de la rue Chui) concentrent l’offre la plus pratique pour les voyageurs. À Karakol, plusieurs auberges familiales en centre-ville servent de base pour les treks environnants. Si vous allez à Osh, les options se regroupent près du bazar et de Sulayman-Too. En dehors des villes, l’hébergement en yourte chez les bergers ou dans des camps CBT est la norme : rustique, fonctionnel, souvent en pension complète.

Faut-il un visa pour entrer au Kirghizistan ?

Les ressortissants français bénéficient d’une entrée sans visa pour les séjours touristiques jusqu’à 60 jours. Un passeport valide suffit. Aucune démarche préalable n’est nécessaire.

Quelle est la monnaie locale et comment payer ?

La monnaie est le som kirghize (KGS). Le cash est indispensable : les cartes bancaires ne sont acceptées que dans quelques hôtels et restaurants de Bichkek. Prévoyez suffisamment de liquide avant de quitter les grandes villes.

Quel budget prévoir par jour au Kirghizistan ?

Le pays reste très accessible financièrement. Comptez entre 30 et 50 € par jour en voyage indépendant, hébergement, repas et transports locaux compris. La location d’un 4×4 avec chauffeur augmente significativement ce budget.

Le Kirghizistan est-il un pays sûr pour les voyageurs ?

Le pays est globalement sûr pour les touristes. Les zones frontalières avec le Tadjikistan, notamment dans la région de Batken où des incidents armés ont encore eu lieu en 2021-2022, et certaines zones proches de la frontière chinoise sont à éviter ou nécessitent des autorisations spéciales. Consultez les Conseils aux voyageurs du Ministère des Affaires étrangères avant le départ.

Carte des hôtels et logements -
Plus d'inspiration

Depuis ma jeunesse, j'ai toujours été attiré par l'univers du tourisme et l'expérience de vivre à l'étranger. Alors, après avoir visité plus d'une trentaine de pays, j'ai décidé de m'installer dans un village au Sénégal en 2019 où j'ai la chance de vivre de ma passion pour les voyages.

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