La Dolce Vita alpine : traversée du Sud-Tyrol

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Entre culture austro-allemande, influence méditerranéenne et traditions alpines, les multiples identités du Sud-Tyrol se savourent dans tous les sens du terme. Alors andiamo !

Fin de la Première Guerre mondiale : le Royaume d’Italie récupère une région autrichienne nichée dans les Dolomites : le Sud-Tyrol. Devenue la province autonome de Bolzano, cette région au Nord de l’Italie attire désormais les randonneurs de tous niveaux, mais aussi les cyclistes et les amateurs de sport d’hiver.

Au-delà, elle a gagné un public chez tous les curieux et curieuses en quête d’émerveillement face à Mère-Nature. Il faut dire que cette dernière a été plutôt généreuse avec le Sud-Tyrol. En effet, tous les violons s’accordent : l’endroit est une surenchère de beauté. “Presque comme si le voyage de la nature s’était mystiquement allié au voyage vers l’homme” rajoute-même l’écrivain italien Aldo Gorfer, en évoquant le Haut-Adige (Alto Adige en italien, Südtirol en allemand), l’autre nom donné à la région.

Le Passo Giau

Crédit photo : Shutterstock – Elis_s

Notre mini road-trip nous fera ainsi traverser des vallées somptueuses, abritant quelques villages pittoresques où la vie tourne autour des marchés, de l’artisanat et de la gastronomie. Et bien-sûr, notre chemin croisera des lacs, des paysages montagneux verts ou rocheux, et même une poignée de vignes.

D’ouest à l’est, il faut seulement 6 à 7 heures de route pour traverser le Sud-Tyrol. Toutefois, nous prendrons le temps de profiter, flâner, et faire quelques pas de côté…

En effet, la région est agréable tout le temps, et surprenante parfois. Qui s’attend à trouver une vibe méditerranéenne dans cette ancienne région autrichienne ? Que fait cette chapelle isolée en pleine lisière de forêt ? Est-ce bien raisonnable de manger un risotto italien en plat principal, et un strudel autrichien en dessert ? Car les influences voisines du Haut-Adige, région par ailleurs trilingue, font effectivement toute sa richesse.

Partons ensemble explorer le Sud-Tyrol, en respectant la règle de l’épicurisme all’italiana : prendre le temps, et apprécier chaque instant (et tout manger, bien évidemment).

Départ depuis le Val Venosta

🚙Ville de départ : Glorenza
🏁Ville d’arrivée : Stelvio
⛰️Lieux à visiter : Glorenza, village et lac de Resia, route et col du Stelvio
🕑Temps conseillé : 2 jours

La première étape de notre road-trip dans le Sud-Tyrol commencera dans la partie ouest de la région. Là-bas, se trouve la vallée la plus ensoleillée des Alpes : Val Venosta, dont le nom vient de la mystérieuse tribu celte des Vénostes, qui peuplait alors la vallée pendant l’Antiquité.

Le lieu gagne ses lettres de noblesse auprès des visiteurs par son climat particulièrement doux, par sa culture des pommes et des fameuses poires “Pala”, et bien-sûr, par ses cols et autres merveilleux lacs. Nous allons vite y revenir ! Par ailleurs, amateurs de sports d’hiver en tout genre, le Val Venosta sera the place to be (ou il posto giusto pour faire local) pour faire quelques descentes.

Le Val Venosta, région du Sud-Tyrol

Le Val Venosta n’est que le début, et pourtant…On en prend plein la vue ! – Crédits photo : Shutterstock – DonMarcito

Rendez-vous d’abord à Glorenza, la plus petite ville du Sud-Tyrol fondée il y a plus de sept siècles. C’est aussi une cité médiévale extrêmement bien préservée ! En effet, ses remparts et ses tours servaient alors de forteresse contre les ennemis voisins. Au-delà de son architecture remarquable, Glorenza satisfera les amateurs d’art : faites un tour à la Mostra Paul Flora pour admirer le travail de ce dessinateur et caricaturiste né dans le village.

Si vous préférez l’art contemporain, jetez un coup d’œil aux ateliers GAP. Enfin, prenez le temps d’observer l’étrange bâtiment cubique “PUNI”, première distillerie de whisky italienne qui date, quant à elle, de 2012.

Glorenza

La jolie bourgade de Glorenza – Crédit photo : Shutterstock – lorenza62

Après une demi-journée à arpenter le bourg et une pizza engloutie, il est temps de troquer la ville pour la campagne. À une vingtaine de minute de route au nord de Glorenza se trouve en effet Resia, hameau touristique dont le lac à fait sa renommé. Le Lago di Resia, proche de la Suisse et de l’Autriche, est en effet un incontournable à découvrir dans le Sud-Tyrol.

Ainsi, une fois les valises déposées dans un des hôtels du coin, au bord du lac de préférence, c’est le moment de partir pour son exploration.

Le Lago di Resia

Le Lago di Resia et son fameux clocher immergé – Crédit photo : Shutterstock – MN84

Au milieu de ce majestueux point d’eau de 6,7 km², trône le clocher de Curon. En partie immergé, cet édifice roman date du XIVe siècle. En été, vous pourrez approcher le clocher solitaire en barque, et en hiver, si les conditions le permettent, vous pourrez l’atteindre en marchant prudemment sur le lac gelé.

Le Lago di Resia est également le terrain de jeu favori des kite-surfers et des snow-kiters, selon la saison. Enfin, ses alentours feront le bonheur des randonneurs comme des amateurs de sports d’hiver (ski, snowboard, luge…). Bref : c’est un chouette terrain de jeu !

D’ailleurs, le Lago di Resia est le grand frère d’un autre point d’eau, toutefois bien plus petit en superficie : le Lago della Muta. Vous pourrez faire une halte dans le village de San Valentino pour vous en approcher et entamer une bonne promenade de santé. Aussi, depuis San Valentino, il vous sera également aisé de rejoindre les pistes enneigées pendant la saison hivernale.

Le Lago della Muta

Le Lago della Muta et son panorama sur le Mont Ortles – Crédit photo : Shutterstock – Marco Taliani de Marchio

Par ailleurs, tous les petits villages aux alentours de Resia et des deux lacs sont reliés par une ancienne route commerciale de l’Empire romain, la via Claudia Augusta. Et à quelques kilomètre du lac, les vallées de Vallelunga et Roia vous en mettront plein les mirettes !

Via Claudia Augusta et village de Resia

À gauche : la via Claudia Augusta | À droite : le village de Resia – Crédits photo : Shutterstock – moreimages | Marco Taliani de Marchio

Après une nuit relaxante à Resia, il est temps de partir vers la région du Stelvio, à une quarantaine de minutes vers le sud. La route repasse par Glorenza, où nous ferons le plein de spécialités locales pour concocter un pique-nique alpin digne de ce nom. Prenez ensuite la fameuse route de montagne zigzagante qui mène jusqu’au Stelvio Pass, ou col du Stelvio.

La montée vers le Stelvio

La mythique montée vers le Stelvio, que les amateurs du Giro connaissent bien – Crédits photo : Shutterstock – Placatoocasatec | Chris Rinckes

Par ailleurs, pour plus de sensazioni et si vous êtes équipés, la route du Stelvio se dévale à vélo ou en moto. Une fois arrivés sur ce plus haut col routier des Alpes italiennes, c’est le moment d’entamer son casse-croûte face à un paysage qui ne pourra que vous ouvrir l’appétit.

Et c’est aussi le moment de se remémorer l’histoire… Au début du XXe siècle, le col du Stelvio marquait la frontière naturelle entre l’Empire austro-hongrois et le Royaume d’Italie. Il a donc été la scène des principaux affrontements jusqu’au traité de Saint-Germain-en-Laye de 1919, qui déclare le Sud-Tyrol comme étant italien.

Balade bucolique dans Merano

🚙Ville de départ : Stelvio
🏁Ville d’arrivée : Merano
⛰️Lieux à visiter : Cathédrale Saint-Nicolas, Palazzo Mercantile, Kurhaus, Tappeiner Weig, château Trauttmansdorff, vignes et thermes
🕑Temps conseillé : 1,5 jour

On vous le disait dans notre introduction : la particularité du Sud-Tyrol repose sur son équilibre entre la culture alpine et méditerranéenne. À Merano, nous penchons plutôt pour la deuxième ! Commençons alors notre exploration dans la vieille ville médiévale, dont les remparts laissent une ouverture par trois anciennes portes (Passiria, Venosta et Bolzano).

En vous baladant dans les ruelles médiévales, vous tomberez nez-à-nez avec l’impressionnante cathédrale gothique Saint-Nicolas (XVe) sur la piazza Duomo. À quelques pas de là, se trouve une autre place historique, la piazza del Grano, où est niché le Palazzo Mercantile. Ce dernier témoigne de l’incroyable patrimoine de Merano, et de la richesse d’une double culture italo-autrichienne.

Merano

Difficile de ne pas tomber sous le charme de Merano… – Crédits photo : Shutterstock – lorenza62 | saiko3p

Après avoir arpenté les rues étriquées du centre médiéval, un Merano plus moderne s’offre à vous : celui de la Belle Époque ! Car après avoir été la capitale du Sud-Tyrol pendant le Moyen-Âge, Merano devient celle des aristocrates européennes au XIXe siècle.

Pour découvrir cette nouvelle facette de Merano, il suffit de longer la rivière Passer et de vous laisser surprendre par les bijoux d’architecture. Le Kurhaus en est bien sûr un exemple : un merveilleux édifice du style Art Nouveau. Ce dernier rappelle la période où Sissi l’impératrice fuyait la froideur hivernale de Vienne pour chiller dans la ville. Nous reviendrons sur les relations entre l’Impératrice et le Sud-Tyrol un peu plus tard…

Continuez votre balade au bord du Passer pour rejoindre la promenade Tappeiner Weg qui surplombe Merano. C’est le moment de profiter d’une vue panoramique depuis le sommet !

Kurhaus et panorama de Merano

On comprend mieux pourquoi Sissi l’impératrice aimait venir ici… – Crédits photo : Shutterstock – saiko3p | StevanZZ

Cette matinée dans la ville italienne vous ouvrira forcément l’appétit ! Il est temps de goûter à la fameuse cuisine alpino-méditerranéenne, sorte de précurseur du concept contemporain de fusion food. La spécialité du coin c’est le speck. Il s’agit d’un jambon cru maigre très goûtu. Il sera parfaitement accompagné d’un fromage local. Si vous préférez le poisson, choisissez une truite fraîche directement pêchée dans le Passer ! Et pour les végératiens, partons sur un délicieux risotto aux champignons.

Speck

Speck, strudel… La cuisine du Sud-Tyrol est un parfait témoignage de la culture locale – Crédit photo : Shutterstock – M.Funke

L’après-midi à Merano se passera en deux temps : une séance aux thermes et une visite des vignes. Car cure et viticulture sont deux des piliers de la ville ! Pour les vignes, plusieurs celliers locaux proposent des dégustations de vins autochtones, comme le Vernatsch. La Cave Meran Burggräfler ou encore le château Rametz, dont la production respecte le savoir-faire traditionnel du Sud-Tyrol, proposent de tester leurs produits.

Si le temps vous le permet, faites un tour du côté de Lebenberg où ces dernières s’étendent sur les flancs de colline. Un château trône au milieu du paysage. Quant aux thermes, généralement ouverts jusqu’à 22h, vous choisirez la formule qui vous convient : avec ou sans soin, 2 à 3h, saunas, bains à vapeur et autres joyeusetés… Le mot d’ordre est simplement : relaxation.

Château de Ramets

Le Château de Ramets, au milieu des vignes – Crédit photo : Shutterstock – Yuriy Biryukov

Le lendemain matin sera royal, car nous nous rendons au château Trauttmansdorff, où Sissi l’Impératrice (la revoilà !) est venue passer du bon temps dans les années 1870. On la comprend, car le lieu est tout simplement divin. Plus de 80 paysagers du monde entier ont participé à créer un jardin botanique luxurieux.

Laissez-vous flâner à travers les différentes ambiances végétales, jardins aquatiques et installations artistiques qui ont donné à ce lieu la réputation d’être le plus joli jardin d’Italie.

Château de Trauttmansdorff

Le Château de Trauttmansdorff et son jardin botanique – Crédits photo : Shutterstock – lorenza62

Et dès le début d’après midi, vous pourrez prendre la route jusqu’à Bolzano pour la suite de nos aventures Sud-Tyroliennes !

Bolzano : magie, flânerie, Ötzi

🚙Ville de départ : Merano
🏁Ville d’arrivée : Bolzano
⛰️Lieux à visiter : piazza Walther, cathédrale de Notre-Dame, musée archéologique, marché de noël en hiver, château Maretsch, château de Runkelstein, pyramides de terres de Renon et le lago di Carrezza
🕑Temps conseillé : 1,5 jour

Les deux visages alpins et méditerranéens s’admirent aussi dans la plus grande ville du Sud-Tyrol. Ici, l’harmonie se retrouve dans la cuisine, mais aussi dans les paysages où les vignobles côtoient les pics montagneux des Dolomites. À n’importe quelle saison, Bolzano s’apprécie pour une balade dans son centre historique : de la piazza Walther, en hommage au poète médiéval Walther von der Vogelweide, à la cathédrale de Notre Dame, en passant par les fresque moyenâgeuse de la Chiesa di Demenicani.

Bolzano

Bolzano, capitale de la province – Crédit photo : Shutterstock – saiko3p

Et bien sûr, le musée archéologique est un passage incontournable pour découvrir la star de la région : Ötzi. Cette momie vieille de 5 000 ans et parfaitement conservée a été retrouvée avec ses habits et outils dans un glacier de la région. Elle a non seulement aidé à faire avancer la science en témoignant du mode de vin des êtres humains de l’époque, mais à aussi fait l’objet de l’enquête criminelle ubuesque, car *spoilers* Otzi aurait été assassiné !

Oetzi

Le fameux Oetzi – Crédit photo : Shutterstock – Zigres

Bref, vous l’aurez compris, le musée archéologique de Bolzano promet d’être passionnant.

En hiver, profitez notamment des somptueux marchés traditionnels, où l’expression clichée “magie de Noël” prend finalement tout son sens… En effet, c’est à Bolzano que se trouve l’un des plus grands marchés de Noël d’Italie !

Bolzano & Maretsch

Entre le marché de Noël de Bolzano et le Château de Maretsch, la magie opère en toute saison – Crédits photo : Shutterstock – Ekaterina Kondratova | saiko3p

Pour faire suite à votre balade au cœur de la ville, vous pourrez partir explorer les quelques châteaux des environs. Découvrez par exemple le château Maretsch dans le centre, qui date du XIIIe siècle. Si vous êtes encore d’humeur châtelaine, alors passez également à Runkelstein, à trente minutes à pied du centre.

Comme son voisin le Maretsch, ce château sert de machine à remonter le temps au Moyen-Âge…

Le lendemain, vous quitterez la zone urbaine pour explorer deux sites aux alentours de Bolzano. Le premier site, les pyramides de terres de Renon, se trouve à 30 minutes du centre en voiture (vous pouvez aussi opter pour le téléphérique). Ces “pics d’argiles” proviennent d’une érosion à l’ère glaciaire.

Les Pyramides de terre de Renon

Les Pyramides de terre de Renon – Crédit photo : Shutterstock – Atmosphere1

Vous pourrez évoluer sur l’un des sentiers de randonnées selon votre envie et votre forme (le n°24 est particulièrement plat !). Cette promenade de santé vous offrira une vue imprenable sur ces joyaux des Dolomites.

Après un déjeuner revigorant, il faut prendre la route pendant une petite heure pour atteindre un second site incontournable de la région : le Lago di Carezza (Karersee). Ce point d’eau parmi les plus beaux des Alpes reflète comme un miroir la forêts d’épicéas dont le bois de résonance sert à fabriquer des violons.

Lac de Carezza

Lac de Carezza – Crédit photo : Shutterstock – fokke baarssen

Aussi, les aiguilles du Catinaccio et du Latemar s’admirent dans cette eau translucide. C’est le moment de faire les plus beaux clichés, mais aussi d’apprécier le calme des lieux ! L’hiver, la station de ski Carezza vous proposera de descendre quelques pistes tout en faisant le plein de vitamine D. En effet, on compte plus de huit heures de soleil par jour en pleine saison hivernale.

En plein cœur des alpages…

🚙Ville de départ : Bolzano
🏁Ville d’arrivée : Ortisei
⛰️Lieux à visiter : le bourg d’Ortisei, Seceda, Alpe di Siusi
🕑Temps conseillé : 1 ou 2 jour(s)

Quittons Bolzano pour continuer notre route vers l’est du Sud-Tyrol. La nouvelle aventure du jour nous emmène d’abord à Ortisei, petit village de 4 900 habitants dans le Val Gardena. Dans ce bourg où il fait bon de se promener, vous pourrez admirer l’artisanat local dont les sculptures sur bois.

Car la pratique est familiale, mais surtout ancestrale ! Et surtout, cet artisanat connaît ses lettres de noblesse grâce aux somptueuses crèches de Noël. Ces dernières rappellent par ailleurs que la tradition religieuse est importante à Ortisei : la chapelle Saint Anthony ou encore l’église Saint Ulrich sont deux édifices qui valent le coup d’œil. Ces dernières se trouvent aux deux extrémités de la rue commerçante la plus belle des Dolomites.

Ortisei

La charmante bourgade d’Ortisei – Crédit photo : Shutterstock – Haidamac

Après une bonne marche (et quelques emplettes ?), dégustez un bon petit caffè dont les italiens ont le secret. Ce dernier pourra s’accompagner d’une douceur locale cuisinée avec amour dans une pasticceria du coin.

Depuis Ortisei, il faudra prendre les télécabines de Mont Seuc pour monter à plus de 2 500 mètres d’altitude. Perché dans les montagnes, les cimes de Seceda s’offriront à vous. En été, on croise quelques troupeaux de bovins dans les pâturages. En hiver, c’est un manteau de neige qui recouvre les cimes. Par ailleurs, plusieurs randonnées sont possibles pour grimper “là-haut” depuis le Col Raiser par exemple, situé à 3,5 km de Seceda.

Seceda, Dolomites

Le panorama des Dolomites depuis Seceda… Envoûtant – Crédit photo : Shutterstock – Angelo Ferraris

Le voyage se poursuit ensuite en pleine nature. Direction l’Alpe di Siusi, où vous poserez vos bagages dans un des nombreux chalets du plus grand alpage d’Europe. On chausse les chaussures de marche (ou de ski), et c’est parti ! Au milieu des Dolomites, Alpe di Siusi offre un paysage enchanteur, peut-être parmi les plus spectaculaires de toute la région. Alors respirez cet air frais, ouvrez grand vos mirettes (et celles de votre appareil photo), et laissez vous bercer par le son du silence.

Petite recommandation : l’endroit est idéal pour un petit pique-nique avec quelques produits locaux, préalablement achetés à Ortisei.

Découvertes de deux vallées : Funès et Pusteria

🚙Ville de départ : Ortisei
🏁Ville d’arrivée : Brunico
⛰️Lieux à visiter : Chiesetta di San Giovanni, Santa Maddalena, Passo delle Erbe, centre ville de Brunico, Plan de Corones, cascades de Riva
🕑Temps conseillé : 1 à 2 jours

Depuis Ortisei jusqu’à notre point de chute dans la ville de Brunico, nous prendrons un chemin de traverse (la route SP163). Celui-ci nous fera traverser une partie du somptueux Val di Funès, avec une halte obligatoire (on insiste) à la Chiesetta di San Giovanni. Cet édifice baroque trône seule, en lisière de forêt, et au milieu des crêtes montagneuses.

À quelques lieux de là, se trouve le village de Santa Maddalena qui abrite une seconde église à découvrir. Prenez un peu de hauteur dans le bourg et admirez cette dernière avec les montagnes en fond. Le paysage semble sorti d’un vieux conte fantastique.

Chiesetta di San Giovanni

La Chiesetta di San Giovanni, et son décor époustouflant – Crédit photo : Shutterstock – zodyakuz

Après cette courte étape spirituelle, il est temps de reprendre la route pour se rendre à notre avant dernière étape. Pour rendre le trajet encore plus agréable, vous pourrez emprunter la route panoramique (SP29) qui traverse le col delle Erbe. L’endroit est particulièrement prisé des cyclistes.

Une fois le col passé : bienvenue dans le Val Pusteria ! Cette vallée alpine qui s’étend sur 90km est la limite nord des Dolomites. Outre son attrait touristique relatif à la beauté des paysages, elle est connue pour son équipe de hockey sur glace et ses camps d’été de football. Comme la plupart des vallées du Sud-Tyrol, le Val Pusteria est parfaitement appropriée à la pratique du vélo puisque une piste cyclable la traverse.

Notre première destination dans le Val Pusteria sera son chef-lieu : Brunico. La ville est dynamique, avec des foires, quelques marchés et une tradition manufacturière textile encore bien ancrée. Mais c’est aussi un lieu d’Histoire, comme témoigne son château qui surplombe le bourg.

Brunico

Brunico, autre merveille du Sud-Tyrol – Crédits photo : Shutterstock – Ekaterina Sergey Vovk | A. Aleksandravicius

Enfin, Brunico possède quelques musées : le RIPA, le Stadtmuseum ou le Messner Montain Corones qui vous invitent à découvrir le patrimoine local. En parlant de local, ne serait-ce pas le temps de manger un bout ? De nombreuses tables vous accueilleront. Au menu : speck, bien sûr, mais aussi risotto, pâtes, série d’antipasti et spätzle, car n’oublions pas que nous sommes dans les Alpes.

En déambulant dans Brunico, vous remarquerez sans aucun doute un sommet qui surplombe la ville. C’est le mont Plan de Corones, situé à environ 2 300 mètres d’altitude. Il vous intrigue ? Allons y faire un tour ! Plan de Corones sert à la fois de domaine skiable en hiver, et de lieu de randonnées en été.

Par ailleurs, le musée de la photographie de montagne LUMEN est un incontournable à visiter dans le coin. Après une ou deux heures dans ce bâtiment construit par les architectes visionnaires EM2 Archiekten, on se rend à la cloche de la paix Concordia 2000. Une cloche qui possède le titre honorifique de deuxième plus grande cloche des Alpes.

Promis, cet objet de 18 tonnes, construit pour demander la paix dans le monde, vaut le coup d’œil.

Messner

À gauche : le Messner| À droite : le Kronplatz Ski Resort – Crédits photo : Shutterstock – MoLarjung | Patrick Poendl

Pour finir cette journée dans le Val Pusteria, et si vous n’êtes pas rassasiés d’aventures en pleine nature, prenez la route à 15 minutes au nord de Brunico pour découvrir les cascades de Riva, également connues sous le nom Campo Tures. Les chutes d’eau sont particulièrement impressionnantes, notamment après la fonte des glaciers au printemps et en été.

La grande bellezza : les lacs de l’Est à Tre Cime di Lavaredi

🚙Ville de départ : Brunico
🏁Ville d’arrivée : Tre Cime
⛰️Lieux à visiter : Lago di Braies, lago di Landro, lago di Dobbiaco, Tre Cime di Lavaredo
🕑Temps conseillé : 2 jours

Et si on gardait le meilleur pour la fin ? Tout est relatif, mais ce que vous allez découvrir pour cette dernière journée de voyage est à couper le souffle. Pour explorer ces dernières perles du Sud-Tyrol, il faut prendre la route qui emmène toujours vers l’est (SS49). C’est en traversant cette partie des Dolomites du Sud-Tyrol que l’on déniche quelques merveilleux lacs.

La première étape nous emmène au Lago di Braies, où il faudra prendre un chemin de traverse pour l’atteindre : la route Braies di Dentro. Considéré comme l’un des plus beaux lacs des Dolomites, le lac se trouve au cœur d’un parc naturel classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Ses caractéristiques ? Une eau limpide, où vous pourrez admirer votre reflet, mais surtout celui des Dolomites.

Le Lac de Braies

Le Lac de Braies, un endroit exceptionnel… – Crédit photo : Shutterstock – Swedishnomad.com – Alex W

Une petite cabane en bois se fond dans ce paysage qui nous donnerait presque envie de nous y confiner pour écrire un roman. Aussi, le lac se navigue en barque si le niveau de l’eau le permet, ou si ce dernier n’est pas gelé, bien entendu.

Après cette pause poétique, il faut rebrousser chemin pour atteindre le deuxième lac du jour : lago di Landro. Celui-ci se trouve au cœur du val di Landro, un (énième) site naturel somptueux (vous l’aurez compris : tout est beau dans le Sud-Tyrol). Le lago di Landro est donc niché entre quelques hauts sommets.

Vous serez d’abord attirés par sa couleur qui, si le temps est de votre côté, est d’un bleu turquoise magnifique. Ensuite, flânez autour de ce splendide point d’eau et laissez aller vos songes. L’endroit, comme hors du temps, se prête alors parfaitement à la rêverie.

Lacs de Landro et Dobbiaco

À gauche : le Lac de Landro| À droite : le Lac de Dobbiaco – Crédits photo : Shutterstock – DaLiu | beerchatdanai

Une fois la balade achevée, c’est un troisième et dernier lac qu’il faut découvrir : lago di Dobbiaco. Ce lac alpin, perché à 1 176 mètres d’altitude, est tout aussi fascinant que ces voisins. Là aussi, vous pourrez naviguer sur ce bassin féérique. Et comme on ne s’en lasse pas, il est possible de passer la nuit dans un camping au bord de l’eau, ou dans un hôtel des environs de la ville de Dobbiaco.

Après une nuit courte, mais toutefois réparatrice (le calme des lieux aidant), c’est parti pour la dernière étape de ce voyage dans le Sud-Tyrol. La destination finale sera donc Tre Cime di Lavaredo : un col des Dolomites divisé en trois “cimes”, situé à 3 000 mètres d’altitude. Pour l’atteindre, il faut marcher !

En effet, la randonnée de Tre Cime est accessible à tous : elle dure environ 2 à 3 heures, sur 8 kilomètres. Une fois le refuge Lavaredo atteint, et la randonnée entamée jusqu’au refuge Locatelli, la magie opère rapidement. Les trois cimes vous attendent, mystérieuses, ou presque menaçantes si le temps est brumeux.

Tre Cime & Lago dei Piani

À gauche : les Tre Cime | À droite : le Lac des Pani – Crédits photo : Shutterstock – Ales Krivec | martim zamarski

À proximité, se trouvent deux points d’eau : les lacs de Piani. Prenez le temps d’en faire le tour et d’apprécier cette promenade qui restera, pour sûr, un beau souvenir de vacances.

Alors, envie de sauter dans la voiture ou d’enfourcher un VTT pour explorer cette perle des Alpes ? Vivez donc, comme nous, votre meilleure dolce vita en découvrant le Sud-Tyrol. Admirez son patrimoine pluriculturel sacré et ses panoramas délicieux. Et saluez Ötzi de notre part !

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13 avis (4.8/5)
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  1. Bonjour, souvent de très bonnes idées de voyage , avec de belles photos mais pour être parfait, n’oubliez pas que le lecteur français qui souhaite faire se voyage va forcement commencer Ouest en EST, donc a l’envers de votre proposition !!
    ce serait génial de pouvoir afficher une carte avec un circuit global ou par étape et pouvoir cliquer sur un lien Googlemaps ou Plan
    C’est pour cela que j’ai noté seulement à 3 , malgré la qualité de l’article
    Cordialement

    • Clémentine Pougnet

      Bonjour,

      Merci pour ton commentaire et tes suggestions, nous les prenons en compte !

      Belle journée,

      La team GV 🌎

  2. Article des plus intéressants et des plus alléchants !!! Roadtrip tres bien détaillé ! Je vais organiser cette aventure en moto avec mon mari tres prochainement!!!! Un grand merci!! Genial et bravo

    • Clémentine Pougnet

      Bonjour Patricia,

      Merci pour ton commentaire, nous te souhaitons en agréable futur voyage avec ton mari !

      Belle journée,

      La team GV 🌎

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