Que ramener de Split : nos idées souvenirs
Le Palais de Dioclétien fait vendre beaucoup de porte-clés en plastique et de magnets génériques. Les vrais souvenirs de Split, eux, se trouvent à 5 min à pied : un fromage de brebis affiné sous la bora, une rakija aux herbes, une huile d’olive pressée sur les îles d’en face. Split, c’est une porte d’entrée sur toute une région productrice. Voici les souvenirs qui valent vraiment la peine d’aller chercher à Split, et où les trouver.
Le fromage de Pag (Paški sir)
L’île de Pag est à 2h de Split et elle produit l’un des fromages les plus reconnus de Croatie. Le Paški sir est une spécialité à ramener de Split par excellence. C’est un fromage de brebis à pâte dure, affiné plusieurs mois. Il possède un goût salé et prononcé qui vient directement des herbes aromatiques de la lande et du vent sec du nord, la bora, qui sèche les pâturages. Comptez 8 à 20 € les 200 g, selon le degré d’affinage. Un fromage affiné plus de douze mois dépasse facilement ce seuil haut chez un bon producteur.
Demandez systématiquement la mise sous vide (vakumirano). C’est indispensable pour le transport en avion et ça prolonge la conservation. Le marché Pazar, à l’est du Palais, en propose plusieurs variétés le matin. Les épiceries fines du centre historique en ont aussi, souvent avec une sélection mieux triée. Évitez les boutiques à touristes autour du péristyle, qui vendent du fromage en portions touristiques à des prix gonflés.
Le pršut dalmate (Dalmatinski pršut)

Crédit photo : Wikimédia – Wikiarius
Le pršut dalmate n’est pas du prosciutto. Ce jambon est séché à l’air marin et à la bora, sans fumage à chaud. Cette technique lui donne une texture plus ferme et un goût plus prononcé que son cousin italien. On le trouve dans quasiment toutes les konoba de la ville, tranché fin, servi avec du fromage et des olives. Achetez-le sous vide au Pazar ou en épicerie spécialisée pour le ramener en valise sans problème.
Point de vigilance important si vous rentrez hors de l’Union européenne : les restrictions douanières sur les charcuteries varient selon le pays de destination. Vers la France ou la Belgique, aucun souci. Vers le Canada, les États-Unis ou certains pays hors UE, renseignez-vous avant d’acheter. Un paquet sous vide coûte entre 6 et 14 € selon le poids, c’est raisonnable pour la qualité.
La lavande de Hvar

Crédit photo : Wikimédia – Pierre Mounier
Hvar se rejoint en catamaran depuis Split en 45 min à 1h selon la destination sur l’île. Cette terre insulaire est l’un des grands producteurs de lavande de Méditerranée, et les Croates la cultivent depuis des générations. Parmi les idées cadeaux à rapporter de Split, c’est l’une des plus pratiques. Les sachets de lavande séchée (2 à 5 €), les huiles essentielles (8 à 15 €) et les savons artisanaux se glissent facilement dans une valise. La qualité varie énormément d’un vendeur à l’autre, et c’est là que beaucoup se font avoir.
Évitez les stands installés juste devant les entrées du Palais de Dioclétien. Ils écoulent des produits souvent génériques et suremballés pour touristes. Privilégiez les producteurs directs sur le marché Pazar ou les épiceries locales du centre historique. Vous faites l’excursion à Hvar dans la journée ? Les producteurs sur place proposent des huiles de meilleure traçabilité, directement à la source.
L’huile d’olive dalmate

Crédit photo : Picryl – Wikimédia
Les îles de Brač et Hvar produisent des huiles d’olive qui méritent vraiment qu’on en ramène une bouteille. Goût fruité, parfois poivré en fin de bouche, bien différent des huiles industrielles qu’on trouve partout. L’Istrie est souvent plus citée au niveau mondial, notamment dans le guide Flos Olei, mais les huiles dalmates se défendent sans complexe. Plusieurs producteurs de Brač et de l’arrière-pays dalmate ont décroché des prix internationaux significatifs ces dernières années. Cherchez des bouteilles issues d’oléiculteurs locaux, avec millésime et origine précisée.
Le Pazar en propose quelques-unes le matin. Mais les épiceries fines du centre historique offrent en général un meilleur choix avec des producteurs identifiables. Évitez les grandes marques en supermarché : vous paierez le même prix pour une qualité nettement inférieure. Une bouteille de 500 ml de bonne huile locale, c’est l’un des souvenirs de Split les plus intéressants à rapporter. Tablez entre 8 et 18 € selon le domaine.
Le vin croate : concentrez-vous sur les cépages dalmates

Crédit photo : Wikimédia – Silverije
Oubliez le « vin croate » générique et retenez deux noms. Le Plavac Mali d’abord : un rouge charpenté, tannique, cultivé sur les pentes escarpées des îles de Hvar et de la péninsule de Pelješac. C’est l’un des meilleurs rouges de la côte Adriatique. Ensuite le Pošip, un blanc sec et fruité originaire de l’île de Korčula, beaucoup plus facile à trouver qu’il y a dix ans. Misez entre 8 et 20 € pour une bouteille de qualité correcte.
Les caves à vins spécialisées du centre historique proposent un choix bien supérieur aux supermarchés, avec souvent des producteurs de petites exploitations. Les bouteilles passent en soute sans problème avec un emballage adapté, les cartons à bouteilles rembourrés se trouvent parfois directement dans ces caves. Évitez d’acheter dans les boutiques de souvenirs : les vins proposés sont souvent surestimés et suremballés.
La travarica (rakija aux herbes)

Crédit photo : Flickr – Renata Avila
La rakija est l’eau-de-vie des Balkans, mais la version à retenir de Dalmatie c’est la travarica. Il s’agit d’une rakija macérée avec des herbes de garrigue. Ça n’a rien à voir avec les rakijas de prune ou de poire qu’on boit dans le nord de la Croatie ou en Serbie. On la boit en apéritif, pas en digestif, avec des olives et de la charcuterie. Les Dalmates y tiennent beaucoup !
Le format 0,5 litre est le plus courant et s’adapte bien à une valise. Achetez-la au Pazar auprès des producteurs artisanaux qui vendent directement, ou dans une épicerie fine du centre. Comptez entre 10 et 20 € selon la qualité et l’âge du producteur. Évitez les bouteilles vendues en boutiques à touristes avec des étiquettes fantaisie : ce n’est généralement pas de la production locale sérieuse.
Les figues séchées de Dalmatie

Crédit photo : Flickr – pierre popelier
Les figues séchées sont l’un des produits les plus locaux et les plus négligés. En Dalmatie, elles sèchent naturellement au soleil d’été, sans additif. La différence avec celles qu’on trouve dans les supermarchés français est nette : plus sucrées, plus moelleuses, avec un goût plus concentré. On les trouve en guirlandes tressées ou en sachets au marché Pazar, pour 3 à 6 € selon le format. C’est léger, ça voyage sans problème, et c’est un vrai produit régional.
L’association classique en Dalmatie, c’est figues séchées et Paški sir. Si vous achetez les deux au Pazar de Split le matin, vous avez un souvenir typique à emporter pour 15 €. Peu de boutiques de souvenirs les proposent, ce qui en fait un cadeau authentique de Dalmatie. Allez-y le matin : la sélection est meilleure et les producteurs sont souvent présents.
Les bijoux en argent filigrané (botuni)

Crédit photo : Flickr – Laura M
Les « botuni » sont des boutons ou boucles d’oreilles en argent travaillé en filigrane. Ils traduisent une tradition d’orfèvrerie présente en Dalmatie, avec un ancrage historique particulièrement fort à Šibenik et dans l’arrière-pays de la région de Drniš. Ces bijoux faisaient partie du costume traditionnel dalmate, ce n’est pas un souvenir décoratif sans histoire. Exigez que la pièce soit poinçonnée, ce qui garantit l’argent véritable. Sans poinçon, passez votre chemin.
Évitez les stands installés à l’entrée du Palais et les échoppes de bazar. Vous y trouverez des pièces en métal argenté à des prix qui ne reflètent pas leur qualité réelle. Privilégiez les bijouteries du centre historique ou les ateliers d’artisans identifiés avec une adresse fixe. Comptez entre 20 et 80 € selon la pièce et la complexité du travail, ce qui reste raisonnable pour de l’argent massif travaillé à la main.
Les objets en pierre de Brač

Crédit photo : Flickr – Berliner Weisse
La pierre calcaire blanche de l’île de Brač a servi à construire le Palais de Dioclétien. Une anecdote touristique locale prétend qu’elle aurait aussi alimenté les chantiers de la Maison Blanche à Washington. Mais aucune source sérieuse ne l’établit : c’est une légende qui circule depuis des décennies pour faire vendre des magnets. Ce qui est certain, c’est que les artisans de Brač en font encore des objets utiles : mortiers, bougeoirs, dessous de verre, petites sculptures. C’est l’un des rares souvenirs à ramener de Split qui porte une vraie histoire de fabrication locale.
On en trouve dans certaines boutiques des souterrains du Palais (Podrumi). Mais la sélection est plus large directement sur l’île, accessible en 50 min de ferry depuis Split. Comptez entre 10 et 40 € selon la pièce. Seul vrai bémol : le poids. Un mortier en pierre de Brač, ça fait un excellent souvenir artisanat de Split, mais ça pèse facilement 1,5 à 2 kg en soute. À anticiper si vous voyagez en bagage cabine uniquement.
La dentelle de Pag (čipka)

Crédit photo : Flickr – Lokiane
La dentelle de Pag n’est pas un souvenir artisanal parmi d’autres. C’est un patrimoine immatériel inscrit à l’Unesco depuis 2009, produit par des dentellières qui travaillent encore aujourd’hui sur l’île. Les pièces les plus simples (petits napperons, appliqués) sont accessibles à des prix raisonnables, entre 15 et 60 € selon la taille et la complexité du motif. Exigez un certificat d’authenticité ou achetez directement auprès d’une dentellière identifiée, pas dans une boutique générique.
Le marché Pazar en propose occasionnellement le matin, mais la sélection est limitée. Les épiceries artisanales du centre historique et les galeries d’artisanat local du Grad sont plus fiables pour trouver des pièces authentiques. C’est l’un des souvenirs les plus rares à rapporter de la région de Split, et l’un des plus porteurs de sens.
Où acheter à Split sans se faire piéger

Crédit photo : Wikimédia – Fighting Irish 1977
Trois lieux suffisent pour bien acheter à Split. Le marché Pazar d’abord, à l’est du Palais de Dioclétien. C’est là que les producteurs locaux viennent vendre leurs huiles, figues, fromages, miels et rakijas artisanales. Il fonctionne le matin uniquement, entre 7h et 13h environ. Cette adresse reste le meilleur endroit pour acheter directement à la source, sans intermédiaire touristique. Ensuite les souterrains du Palais (Podrumi) : artisanat, bijoux, pierres de Brač, avec une qualité variable selon les stands. Prenez le temps de comparer avant d’acheter.
Enfin, les épiceries fines du centre historique offrent le meilleur rapport qualité/prix pour les vins, huiles d’olive et fromages sous vide. Ce sont des adresses stables, avec une sélection souvent plus fiable que le marché. Ce qu’il faut retenir clairement : les boutiques autour du péristyle vendent massivement du made in China avec une étiquette « Croatia ». Cinq minutes à pied vers l’est ou vers les ruelles du Grad, et vous trouvez autre chose.
Du fromage de Pag sous vide au vin de Plavac Mali, les meilleurs souvenirs de Split viennent tous du marché Pazar ou des épiceries du centre historique. Commencez là et ne restez pas coincé dans le circuit touristique de façade.
