Alicante côté Alicantinos : vivre à l’heure méditerranéenne comme un local

avatar
Réservez vos activités à Alicante Voir les offres

Alicante compte 330 000 habitants qui n’ont pas attendu les touristes pour s’organiser une vie. Ils déjeunent à 14h, dînent à 22h, font la fête jusqu’à l’aube le 24 juin et boivent du tinto de verano, jamais de sangria. Sur l’Explanada, ils ne posent pas pour des photos : ils se promènent parce que c’est l’heure du paseo. Vivre à Alicante comme un local, c’est comprendre que ceux qui restent sur l’Explanada passent à côté de l’essentiel ! Cette ville fonctionne selon ses propres codes, ses horaires décalés et ses rituels bien ancrés. Voici comment la comprendre vraiment, quartier par quartier, heure par heure.

La journée commence à 10h, pas avant

Petit-déjeuner typique à Alicante

Crédit photo : Flickr – Fotomondeo

Le premier café se prend vers 8h-9h, debout au comptoir d’un bar de quartier. On commande un café con leche et une tostada à l’huile d’olive et à la tomate. Mais sachez que ce n’est pas le vrai moment alimentaire de la matinée. Vers 10h30-11h arrive l’almuerzo, un deuxième temps de restauration ancré dans les habitudes des actifs locaux : un bocadillo, quelques tapas, parfois une caña. Cette tradition ouvrière et agricole, bien antérieure aux préoccupations climatiques modernes, s’est transmise de génération en génération. Elle reste aujourd’hui l’un des rituels les plus solides du quotidien alicantino.

Repérez les bars qui affichent un menu almuerzo à l’ardoise. C’est le signal le plus fiable qu’on est dans un endroit qui travaille pour les Alicantinos, pas pour les visiteurs de passage. Ces bars n’ont pas de menu en anglais et le service est rapide. Glissez-vous au comptoir plutôt qu’en terrasse et commandez en espagnol, même avec deux mots de vocabulaire. Vous verrez que l’accueil change immédiatement de registre.

Le Mercado Central, premier rituel du matin

Le Mercado Central, Alicante

Crédit photo : Flickr – rainerspl

Arrivez avant 11h, le Mercado Central fonctionne à plein régime tôt le matin. Les habitants font leurs courses, les vendeurs interpellent, les odeurs de poisson frais et de charcuterie se mélangent dans les allées. C’est le meilleur endroit pour observer la vie quotidienne à Alicante sans avoir à chercher. Les bars installés à l’intérieur et sur la place adjacente servent un café debout au comptoir à des clients qui viennent là depuis des années.

Après 11h30, le marché bascule progressivement vers un public touristique. Évitez cette tranche si vous voulez le marché dans son état naturel. Profitez-en pour acheter du turrón de Jijona directement sur les étals. C’est la spécialité de nougat aux amandes de la province. Et le prix y est deux fois inférieur à celui des boutiques de l’Explanada qui le vendent en boîte cadeau.

Le riz, plat du midi, jamais du soir

Arroz, Alicante

Crédit photo : Flickr – bazmazphoto

C’est une règle non écrite mais parfaitement respectée. À Alicante, le riz se mange à déjeuner. Commander un arroz le soir dans un restaurant local déclencherait la même réaction qu’une demande de petit-déjeuner à 16h. Les deux plats à connaître sont l’arroz a banda, un riz cuit dans un bouillon de poisson concentré, servi avec un aïoli maison. Et l’arroz con costra, un riz en cocotte avec charcuterie, poulet et lapin, surmonté d’une croûte d’œuf gratinée au four. Personne ne parle de « paella » dans un restaurant qui travaille sérieusement, on parle d’arroz.

Cherchez un menu del día avec riz en plat principal, entre 10 et 14 €. Les signaux fiables : les tables sont petites, le bruit de fond est en espagnol, la carte n’est pas traduite en quatre langues. Le quartier autour du Mercado Central et le secteur de San Blas concentrent ce type d’adresses. Arrivez entre 14h et 14h30, pas avant : les locaux n’ont pas encore fini leur matinée.

Le tardeo, l’institution qu’on ne trouve pas ailleurs

Tardeo, Alicante

Crédit photo : Flickr – Héctor Rodríguez

Le tardeo n’est ni un apéritif ni une soirée : c’est une catégorie à part. Entre 15h et 20h, les habitants sortent pour boire, grignoter et parfois danser, avant de rentrer dîner. La rue Castaños et ses environs constituent l’épicentre de ce rituel typiquement alicantin. C’est particulièrement vrai le samedi après-midi, quand les 25-50 ans s’y retrouvent en groupes. La boisson de référence est le tinto de verano, vin rouge allongé avec de la Casera, une limonade espagnole légèrement sucrée. La caña, petite bière pression, est l’autre option standard.

Évitez de commander une sangria. C’est le marqueur le plus visible du touriste non initié, et les locaux ne s’en approchent pas. Le tardeo est une pratique sociale avant tout. On consomme modérément, on parle beaucoup et on reste longtemps sur place. Personne ne cherche à enchaîner les verres rapidement. Si vous arrivez à 16h rue Castaños un samedi et que vous n’avez nulle part où aller avant 20h, vous comprendrez exactement comment fonctionne cette ville.

Les plages des locaux

Playa de San Juan, Alicante

Crédit photo : Flickr – Tomas Pardo

La hiérarchie est claire. La Playa del Postiguet, au pied du château, est accessible et bien placée. Mais elle est occupée en priorité par les touristes et les résidents du centre. Les Alicantinos vont à la Playa de San Juan, 7 km de sable au nord, accessible en 20 min via le Tram (ligne 3). C’est là que les familles locales s’installent le dimanche à Alicante. Elle emportent des glacières et font cuire un arroz en bord de mer. L’ambiance est radicalement différente.

Pour les fonds marins, Cabo de las Huertas offre des criques rocheuses avec une eau suffisamment claire pour plonger sans équipement particulier. Depuis le centre, comptez une vingtaine de minutes en bus ou en vélo le long du front de mer.

Et pour une journée entièrement hors circuit touristique, prenez le ferry depuis le port d’Alicante pour l’île de Tabarca. Il s’agit de la seule île habitée de la Communauté valencienne, reconstruite au XVIIIe siècle par Charles III pour y installer des pêcheurs génois libérés de la piraterie barbaresque, aujourd’hui classée réserve marine. Préférez un départ en semaine ou hors juillet-août. En plein été le week-end, l’île perd l’essentiel de ce qui la rend intéressante.

Le paseo du soir sur l’Explanada

L'Explanada de España, Alicante

Crédit photo : Flickr – Kuba Petrymusz

Vers 19h-20h, quand la chaleur commence à retomber, les habitants descendent sur l’Explanada de España. Ses dalles de marbre tricolores ne sont pas là pour décorer les photos des touristes. Elles délimitent l’espace de la promenade vespérale quotidienne, le paseo. On s’y retrouve par habitude, on s’arrête pour une glace ou une horchata, on croise des voisins. L’horchata, un lait de souchet frais légèrement sucré, est la boisson régionale de ce moment de la journée. Les kiosques à glaces sur l’Explanada servent aussi des glaces au turrón de Jijona.

Ne confondez pas ce moment tranquille avec le début de soirée. Le paseo est calme, familial, multi-générationnel. La soirée, elle, ne commence pas avant 23h-23h30 dans les bars du Casco Antiguo. Entre les deux, les Alicantinos rentrent dîner. Si vous sortez à 21h en cherchant de l’animation dans les bars, vous trouverez des tables vides et des serveurs qui attendent.

Les quartiers qui n’ont rien à vendre aux touristes

Benalua, Alicante

Crédit photo : Flickr – Carmen VG

Le barrio de Santa Cruz, accroché au rocher sous le château, est photogénique : façades colorées, ruelles étroites, point de vue sur le port. Mais ce n’est pas là que vivent les Alicantinos ordinaires. Pour sentir la vraie vie locale de quartier à Alicante, allez à Carolinas Bajas ou à Benalua. Carolinas Bajas se trouve à 5-10 min à pied du centre : bars à tapas avec une caña à 1,50 €, aucune enseigne de souvenir, des tables en plastique et une télévision allumée sur un match. Benalua est plus populaire encore, avec son marché de rue hebdomadaire et des épiceries de quartier.

Dans Santa Cruz lui-même, ne vous contentez pas des terrasses orientées vers les visiteurs. Les bistrots installés en retrait, dans les ruelles du fond, fonctionnent encore avec une clientèle habituelle. Précisons malgré tout que le quartier a subi une forte pression Airbnb ces dernières années et que sa population locale vieillit. Le vrai marqueur d’un bar local à Alicante reste constant quel que soit le quartier : une télé sur le sport, des chaises en plastique, et une ardoise manuscrite avec le prix du menu. Si la carte est plastifiée avec des photos, passez votre chemin.

Les Fogueres de Sant Joan, six jours d’âme alicantine

Les Fogueres de Sant Joan, Alicante

Crédit photo : Flickr – miguel 1957

Du 20 au 24 juin, Alicante cesse d’être une ville ordinaire. Les Fogueres de Sant Joan, c’est la fête la plus importante de l’année pour les habitants. Des associations de quartier, les barraques, construisent pendant des mois des monuments en bois et papier mâché, les fogueres, qui culminent jusqu’à plusieurs mètres de hauteur. Dans la nuit du 24 juin, tout brûle simultanément dans un rituel collectif assourdissant. Réservez votre hébergement plusieurs mois à l’avance. Les prix explosent sur cette période et les disponibilités fondent vite.

Chaque jour à 14h, sur la Plaza del Ayuntamiento, la mascletà réunit des milliers de personnes pour un feu d’artifice diurne uniquement sonore. Pas de couleurs, pas de lumières : des détonations enchaînées qui font vibrer la poitrine et le sol pendant 15 min. C’est gratuit, accessible à tous, et c’est l’un des spectacles les plus étranges qu’on puisse vivre en Espagne. Venez avec de la protection auditive si vous avez les oreilles sensibles.

Ce qu’il faut savoir avant d’arriver

L’espagnol est la langue du quotidien. Quelques mots changent radicalement l’accueil dans les bars de quartier. Le valencien, appelé alacantí localement, apparaît sur les panneaux et dans certains contextes. Alicante est historiquement plus castellanophone que d’autres zones de la Communauté valencienne, et cette spécificité est réelle. Reconnaître l’existence de l’alacantí reste perçu positivement.

Pour les déplacements côtiers, le Tram est nettement plus pratique que le bus pour rejoindre San Juan ou El Campello. Si vous souhaitez aller jusqu’à Dénia en revanche, la ligne est lente (plus de 2h pour 90 km) et les fréquences sont réduites. Mieux vaut prévoir une voiture.

En juillet-août, le thermomètre dépasse régulièrement 40°C l’après-midi. La logique locale à Alicante est simple : plage avant 11h ou après 17h, ombre et intérieur entre les deux. Beaucoup de petits commerces ferment encore entre 14h et 17h, planifiez vos déplacements en conséquence. Dans les bars à tapas, l’addition se fait parfois de mémoire par le serveur, sans ticket intermédiaire. C’est normal, pas une tentative de vous faire payer plus. Demandez simplement « la cuenta » quand vous êtes prêt à partir.

Du Mercado Central à la Playa de San Juan en Tram, du tardeo rue Castaños aux Fogueres du 24 juin, Alicante fonctionne selon ses propres règles locales. Prenez le temps de les apprendre avant d’y arriver et votre séjour n’en sera que meilleur.

Plus d'inspiration

Depuis ma jeunesse, j'ai toujours été attiré par l'univers du tourisme et l'expérience de vivre à l'étranger. Alors, après avoir visité plus d'une trentaine de pays, j'ai décidé de m'installer dans un village au Sénégal en 2019 où j'ai la chance de vivre de ma passion pour les voyages.

0 Commentaire(s)
Laisser un commentaire

Votre voyage - Alicante

Generation Voyage Logo
Se connecter
Mot de passe oublié ?

Pas encore de compte ?

Generation Voyage Logo
Réinitialiser votre mot de passe

Créer un compte | Se connecter

Generation Voyage Logo
Réinitialiser votre mot de passe

Créer un compte | Se connecter

Generation Voyage Logo