Visiter le Liban : 10 incontournables à faire et voir
Le Liban est plus petit que l’Île-de-France. Et pourtant, il concentre 6 sites classés à l’Unesco, des temples romains plus grands que tout ce que Rome a conservé, des gorges creusées par des monastères millénaires et une capitale qui reconstruit ses façades à côté de ses ruines. Le contexte géopolitique reste instable : vérifier les conseils aux voyageurs avant de réserver. Ce qui suit est une sélection assumée des étapes qui valent vraiment le détour.
1. Beyrouth, point de départ obligatoire

Crédit photo : Instagram -beirutpage
Beyrouth ne ressemble à aucune autre capitale du Moyen-Orient. Les quartiers de Gemmayzé et Mar Mikhaël concentrent l’essentiel de ce qui rend la ville dense et vivante. Des immeubles ottomans criblés d’impacts de balles côtoient des bars ouverts jusqu’à l’aube, et des fresques murales couvrent les façades éventrées. Le Musée national de Beyrouth est la première étape à faire avant de partir sur les routes. Il pose la chronologie complète du pays, de la préhistoire à l’époque mamelouke, en 2h chrono. Près de la place de l’Étoile, les colonnes des thermes romains sont visibles à l’air libre, encerclées par les grues du centre-ville reconstruit.
La Corniche longe la mer sur plusieurs kilomètres et mène aux Rochers de Raouché. Il s’agit de deux rochers calcaires (dont l’un est percé d’une arche) dans la mer que les habitants viennent regarder au coucher du soleil. Beyrouth se parcourt à pied dans les quartiers centraux, mais prévoyez un VTC ou un taxi dès que vous sortez de ce périmètre. La ville s’étale, et les transports en commun ne couvrent pas grand-chose. Comptez 2 jours complets minimum pour en voir l’essentiel sans courir.
2. Byblos, 7 000 ans d’histoire sur un port de pêche

Shutterstock – bassem jammoul
Byblos, Jbeil en arabe, est l’une des villes habitées en continu les plus anciennes au monde. Le site archéologique superpose des couches phéniciennes, romaines et croisées que vous lisez presque chronologiquement en marchant : le temple de Baalat-Gebal, les colonnes romaines alignées, puis le château croisé du XIIe siècle qui domine l’ensemble. Ce n’est pas un site reconstruit pour les touristes. Les strates sont là, brutes, accessibles, lisibles.
Programmez une demi-journée minimum. Byblos se trouve à 37 km au nord de Beyrouth, soit environ 1h de route selon le trafic. Après la visite, descendez au vieux souk et au port de pêche pour déjeuner. Attention cependant, le souk a été entièrement restauré et repensé pour le tourisme avec ses nombreuses boutiques et ses bars. L’ambiance y reste agréable, mais on est bien dans un décor lissé pour les visiteurs, contrairement aux ruines du site archéologique.
3. Baalbek, les temples romains les plus grands du monde antique

Shutterstock – MarinaDa
Baalbek se mérite ! Le site est à 85 km à l’est de Beyrouth, soit près de 2h de route à travers la plaine de la Bekaa. Sur place, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Les 6 colonnes encore debout du temple de Jupiter mesurent 22 m de hauteur chacune. Et le temple de Bacchus, le mieux conservé, reste l’un des temples romains les plus complets au monde. Le complexe comprend également le temple de Vénus et la grande cour, que beaucoup de visiteurs survolent faute de temps. Le site s’explore en 2h minimum pour ne pas le survoler. Évitez juillet et août : la chaleur sur place est réellement éprouvante, eau et chapeau sont indispensables.
Combinez la visite avec le domaine Château Ksara, le plus grand vignoble du Liban. Il se situe à une quarantaine de kilomètres plus au sud : caves romaines, dégustation, le tout sans détour excessif sur votre trajet de retour. Prévoyez des dollars américains ou des livres libanaises en espèces pour les petits achats autour de l’entrée. En revanche, Baalbek se situe dans une zone régulièrement classée en zone rouge (formellement déconseillée) par les autorités françaises en raison du contexte géopolitique. Consultez impérativement les conseils aux voyageurs du Ministère des Affaires étrangères avant de planifier cette étape. Ne l’improvisez pas sous aucun prétexte.
4. La grotte de Jeita, une expérience souterraine à part

Crédit photo : Flickr – mario_citu
La grotte de Jeita se visite en deux temps. D’abord la galerie supérieure à pied, accessible par téléphérique, où des stalactites atteignent 8,2 m de hauteur. Ensuite, la galerie inférieure en barque, sur une portion d’une rivière souterraine longue de 6,2 km. Les appareils photo et téléphones sont strictement interdits à l’intérieur. Une règle rare pour un site de cette ampleur, qui force à vivre l’expérience sans écran.
Un photographe professionnel est présent sur place si vous tenez à ramener un souvenir (comptez quelques dollars). Prévoyez des chaussures avec une bonne accroche pour la galerie supérieure, le sol y est très glissant. Tablez sur 1h30 à 2h de visite au total. Attention, la galerie inférieure ferme souvent en hiver ou après de fortes pluies à cause du niveau de l’eau.
Jeita se situe à 20 km au nord de Beyrouth, soit une bonne demi-heure de route sans embouteillages. Notre recommandation : combinez cette visite avec la statue de Harissa et la vieille ville de Byblos pour rentabiliser votre trajet vers le nord. Le billet d’entrée tourne aujourd’hui autour de 10 $ (les prix ont baissé avec la crise économique). Arrivez dès l’ouverture. Le site attire beaucoup de monde le week-end et en milieu de journée, ce qui rend les passerelles étroites particulièrement désagréables à parcourir.
5. Harissa et le téléphérique de Jounieh

Crédit photo : Flickr – Tony Barakat
Le téléphérique de Jounieh monte en 9 min jusqu’au sanctuaire Notre-Dame du Liban, à 650 m d’altitude. Pendant la montée, la baie de Jounieh s’étale sous les pieds et la Méditerranée s’ouvre progressivement. C’est là que se joue l’essentiel de la visite. La statue de la Vierge au sommet est visible depuis la mer et attire aussi bien des pèlerins chrétiens que musulmans, ce qui dit quelque chose de la réalité libanaise.
En raison de l’inflation, le ticket aller-retour (accès au funiculaire menant au sanctuaire inclus) se paie généralement en dollars. Comptez environ 6 $ par adulte. Les cabines sont petites, 4 personnes maximum. Si les vitres sont rayées au point de gêner la vue, signalez-le au personnel avant le départ. Ils peuvent vous réaffecter une autre cabine sans problème.
Planifiez une demi-heure sur place, pas plus. Évitez le dimanche matin : les familles et les groupes de pèlerins envahissent la montée dès 10h. Harissa se combine sans effort avec Jeita (20 min en voiture) et Byblos (30 min), ce qui en fait une étape logique sur un circuit nord depuis Beyrouth.
6. La vallée de la Qadisha, randonnée dans un paysage sacré

Crédit photo : Flickr – Anissa Kadi
La Qadisha signifie « sainte » en syriaque, la forme d’araméen liturgique encore utilisée par les maronites. Le nom colle parfaitement au paysage : une gorge profonde creusée dans le nord du Liban, parsemée de monastères maronites accrochés à la roche. Les premiers ermitages remontent aux IVe et Ve siècles. Et la grande vague d’installation liée aux persécutions concerne les VIIe et VIIIe siècles, générant au lieu une densité historique exceptionnelle.
Les sentiers balisés relient plusieurs de ces ermitages entre eux sur une journée de marche complète. Attendez-vous à des dénivelés sérieux et des vues sur les falaises qui valent largement l’effort. Le site est classé à l’Unesco, et la raison de s’y rendre est simple : on ne trouve ce type de géographie nulle part ailleurs au Liban. Ne passez pas à côté du monastère de Qozhaya ! Son église est en partie taillée directement dans la roche d’une grotte. Le lieu est surtout connu pour abriter la plus ancienne imprimerie du Moyen-Orient, datant de 1610.
Partez de Bcharré, ville perchée au bord de la vallée, qui sert de base logique pour l’étape. C’est là qu’est installé le musée Gibran Khalil Gibran, consacré à l’auteur du Prophète, dans un ancien monastère. Privilégiez le printemps ou l’automne : en été la chaleur au fond de la gorge rend la randonnée très pénible. En hiver, la neige bloque certains accès. Comptez environ 2h30 de route depuis Beyrouth. Faire l’aller-retour sur la journée est techniquement possible, mais cumuler 5h de trajet et une grande randonnée est épuisant. Notre recommandation est de dormir sur place. Combinez avec les Cèdres de Dieu, à 10 min de Bcharré en voiture.
7. Les Cèdres de Dieu, les arbres qui sont sur le drapeau

Crédit photo : Flickr – David Samuel Santos
La réserve forestière de Horsh Arz el-Rab rassemble entre 375 et 400 cèdres, dont une dizaine dépassent les 1 000 ans. Ce sont ces arbres qui figurent sur le drapeau libanais. L’un d’eux, toujours debout au centre de la réserve, est identifié par les locaux comme le spécimen représenté sur ce drapeau. La promenade dans la forêt dure à peine 30 min sur des sentiers bien balisés. L’atmosphère silencieuse et la chute de température par rapport à la plaine justifient ce trajet. La réserve se trouve à quelques minutes de Bcharré, à 120 km au nord de Beyrouth.
Notre conseil est de combiner cette visite avec la vallée de la Qadisha et le musée Gibran, tous deux accessibles depuis Bcharré. C’est le bon format pour une journée complète dans le nord du Liban sans temps mort. Privilégiez le printemps ou l’automne. En hiver, la région accueille la station de ski des Cèdres. La route est donc régulièrement déneigée et la réserve reste accessible pour s’explorer en raquettes. En été, les Beyrouthins viennent y chercher la fraîcheur en altitude. Préparez-vous à des routes nettement plus chargées le week-end.
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8. Tripoli, la vraie ville du Nord

Crédit photo : Wikimédia – Abdul-Jawad Elhusuni (عبدالجواد الحسوني)
Deuxième ville du Liban, Tripoli se trouve à 85 km au nord de Beyrouth, soit environ 1h30 de route. Elle figure rarement dans les itinéraires classiques, et c’est une erreur ! La vieille ville concentre l’un des ensembles mamelouks les mieux préservés du Moyen-Orient : souks couverts du XIVe siècle, anciens hammams ouverts à la visite, mosquées ouvertes sur la rue. La citadelle de Saint-Gilles, dont la construction a débuté en 1103, domine la ville et offre une vue dégagée jusqu’à la mer.
Prévoyez une demi-journée et terminez par les pâtisseries. Les knéfé de Tripoli, fromage chaud nappé de sirop de fleur d’oranger sur pâte de semoule, sont dans une autre catégorie que ce qu’on trouve à Beyrouth. Et ce n’est qu’un début : testez aussi les baklava, maamoul, halawet el jibn, karabij. Tripoli est la capitale pâtissière du Liban, pas seulement une ville avec un bon dessert. L’ambiance est populaire, l’hospitalité directe. C’est exactement ce que le reste du pays, plus touristique, a perdu.
9. Tyr, des ruines romaines les pieds dans le sable

Crédit photo : Flickr – François MUNIER
Tyr, c’est le seul site archéologique du Liban où vous pouvez passer de l’hippodrome aux maillots de bain en 20 min. La ville est bâtie sur ce qui était une île jusqu’en 332 av. J.-C., date à laquelle Alexandre le Grand en a fait une presqu’île en construisant une digue pour assiéger la cité phénicienne. Classée à l’Unesco, la presqu’île conserve l’un des hippodromes romains les plus vastes et les mieux préservés au monde. Il se dresse aux côtés d’un arc de triomphe, d’une nécropole romano-byzantine et de colonnes encore debout.
L’entrée coûte environ 5$ par personne, et la visite se fait facilement en 2h. Prévoyez d’arriver tôt (le site ferme souvent à 16h30, voire plus tôt en hiver). Un détail qui agace : quasiment aucun panneau explicatif sur place, ce qui rend l’identification des vestiges difficile sans guide ni documentation préparée à l’avance. L’état de la nécropole est inégal, venez sans attentes trop élevées sur ce plan. Les plages de sable qui bordent le site permettent de prolonger l’étape. Depuis le port, des sorties en bateau permettent de longer la péninsule jusqu’à l’îlot rocheux de Zireh, pour environ 20$ les 50 min.
Pour réduire les frais, demandez à vous greffer à un groupe existant, et précisez bien votre destination. Certains bateliers proposent un simple tour du port, ce n’est pas la même chose. Tyr est distant de 83 km au sud de Beyrouth, soit environ 1h30 de route. Elle se combine logiquement avec Saïda en une seule journée. Avant de planifier cette étape, consultez impérativement les conseils aux voyageurs du Ministère des Affaires étrangères. La région sud du Liban est une zone de conflit, et la situation sécuritaire évolue au jour le jour.
10. Saïda, l’autre ville phénicienne du Sud

Crédit photo : Flickr – fogline
Le château de la Mer est une forteresse croisée bâtie en 1228 sur un îlot relié au rivage par une passerelle. Il marque le point de départ de la visite. L’ancienne Sidon était un port phénicien majeur de la Méditerranée orientale, et la ville en garde l’empreinte. Les souks couverts de la vieille ville restent très actifs et préservés : ruelles étroites, marchands traditionnels, odeurs d’épices. Faites un arrêt au musée du Savon, installé dans une ancienne savonnerie, puis allez voir la grande mosquée érigée sur les murs d’une église croisée.
Saïda se situe à 45 km au sud de Beyrouth, soit 45 min à 1h de route selon le trafic. L’étape se combine facilement avec Tyr sur une même journée. Attention cependant, la région sud du Liban est soumise à de fortes tensions géopolitiques. L’accès à cette zone est régulièrement restreint ou formellement déconseillé selon l’évolution sécuritaire.
D’autres incontournables à visiter au Liban
Le palais de Beiteddine et Deir el Qamar

Crédit photo : Flickr – GLYA (busy)
Le palais de Beiteddine, construit au début du XIXe siècle dans les montagnes du Chouf à 40 km au sud-est de Beyrouth, témoigne directement de l’architecture libanaise de cette époque. Les cours intérieures, les hammams et les anciennes salles de réception illustrent le quotidien du pouvoir sous l’émir Bachir II. Figure centrale de l’histoire du Mont-Liban, il était allié à la fois à Napoléon et à Méhémet Ali. Prenez le temps d’explorer le musée de mosaïques byzantines, installé dans les anciennes écuries voûtées du bâtiment.
Prévoyez une demi-journée pour combiner Beiteddine avec le village de Deir el Qamar, situé à 5 km. Sa place centrale et ses demeures ottomanes sont très bien conservées. La signalétique sur place fait cruellement défaut, préparez votre visite en amont pour comprendre les détails historiques. Prudence en juillet et août : le festival de Beiteddine installe des gradins dans les cours et l’accès à certaines parties du palais devient restreint pour les visites en journée.
Les ruines omeyyades d’Anjar

Shutterstock – Allison C Bailey
Les ruines d’Anjar se cachent dans la plaine de la Bekaa, près de la frontière syrienne. Le calife Al-Walid Ier fonde cette cité au début du VIIIe siècle. Elle devient un centre commercial stratégique, au croisement des routes entre Beyrouth, Damas, Homs et Tibériade. Les archéologues redécouvrent ses vestiges à la fin des années 1940. Ils mettent au jour une ville fortifiée, abandonnée dès 744 après une courte existence.
Le site présente un plan régulier, organisé autour de deux grandes voies à colonnades. Ces axes divisent la cité en quatre quartiers. Vous y verrez les vestiges du grand palais, de la mosquée et des bains publics. Le tétrapyle monumental constitue l’un des éléments les plus impressionnants du parcours.
Anjar offre surtout une lecture concrète de l’urbanisme omeyyade. Les colonnes, les arcs et les décors témoignent aussi des influences romaines et protobyzantines. Le site figure au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1984. Vous pouvez parcourir les ruines à votre rythme et observer les vestiges des anciens espaces commerciaux. Prévoyez des chaussures adaptées et de l’eau, car la visite se déroule principalement en extérieur. Vérifiez les conditions d’accès avant votre départ. Vous découvrirez ici une cité islamique ancienne, dont le plan reste particulièrement lisible.
Le gouffre de Baatara, la cascade aux trois ponts naturels

Crédit photo : Flickr – Boris Bollow
À Balaa, sur la commune de Tannourine dans le nord du Liban, une cascade plonge dans un gouffre calcaire de 255 m de profondeur, traversé par trois arches naturelles superposées. Le spectacle n’existe qu’au printemps, quand la fonte des neiges alimente le torrent. Venez entre mars et mai ; hors de cette fenêtre la cascade est à sec. Prévoyez de bonnes chaussures de marche, l’accès depuis le parking implique un sentier pentu et glissant.
La visite en elle-même ne dépasse pas 1h. Combinez cette étape avec la réserve forestière de cèdres de Tannourine toute proche, puis la vallée de la Qadisha et Bcharré, à environ 1h de route. Ces sites forment un itinéraire Nord-Liban cohérent sur une journée et demie.
La gastronomie, ce qu’on ne peut pas rater

Crédit photo : Shutterstock /zarzamora
Au Liban, on ne commande pas un plat, on partage une table entière. Le mezzé est le format par défaut : une dizaine de petites assiettes déposées au centre, houmous, moutabal, taboulé au persil (avec du boulghour, pas de la semoule), kebbé, feuilles de vigne. Le matin, cherchez un boulanger local pour un manouché chaud au za’atar. Cela coûte autour d’un dollar, et c’est le petit-déjeuner typique du pays.
Pour la boisson, le Liban produit du vin depuis plus de 5 000 ans. Château Ksara, dans la Bekaa, est le domaine le plus accessible et le plus grand du pays. Mais d’autres noms méritent l’attention : Musar, Kefraya, Massaya. Combinez la visite avec Baalbek pour ne pas faire la route deux fois. Refuser un verre ou une invitation à manger passe mal : acceptez, même symboliquement.
Questions pratiques pour votre voyage au Liban
Comment aller au Liban ?
L’avion est le seul moyen réaliste pour rejoindre le Liban depuis la France. L’aéroport international Rafic Hariri de Beyrouth est desservi depuis Paris-CDG par Air France et Middle East Airlines, avec des vols directs en environ 4h30. Compter entre 250 et 600 euros l’aller-retour selon la saison et l’anticipation. Utilisez notre comparateur de vol pour surveiller les prix.
Il n’existe pas d’alternative terrestre ou maritime praticable depuis l’Europe pour un voyage touristique standard. La frontière terrestre avec la Syrie est officiellement ouverte côté libanais mais traverser la Syrie reste hors de question dans le contexte actuel. Oubliez cette option.
Comment se déplacer au Liban ?
Louer une voiture est la solution la plus efficace pour explorer le Liban au-delà de Beyrouth. Le pays mesure 200 km du nord au sud : Tripoli, Baalbek, Bcharré, Tyr et Beiteddine sont tous accessibles en moins de 2h30 depuis la capitale. Les loueurs internationaux (Europcar, Avis) sont présents à l’aéroport de Beyrouth, avec des tarifs qui démarrent autour de 35 à 50 euros par jour (tarif 2026).
Sans voiture, les services partagés (Mercedes blanches, dits « services ») relient les grandes villes pour 2 à 5 euros le trajet, mais les horaires sont aléatoires et les correspondances inexistantes dans les zones rurales. Les applications Uber et InDriver fonctionnent à Beyrouth. Dans les quartiers centraux de la capitale, Gemmayzé, Mar Mikhaël et le centre-ville se font entièrement à pied.
Où dormir au Liban ?
À Beyrouth, Gemmayzé et Mar Mikhaël sont les quartiers à privilégier pour une première nuit : centraux, animés le soir, bien desservis à pied pour rejoindre le centre historique et la Corniche. Les hôtels et guesthouses y affichent des prix entre 60 et 120 euros la nuit (tarif 2026) pour un niveau correct, et l’hébergement correct en haute saison dépasse régulièrement les 100 euros depuis 2023-2024.
Le centre-ville reconstruit autour de la place des Martyrs propose des hôtels plus grands et plus chers, à partir de 130 euros, sans intérêt de quartier particulier une fois les boutiques fermées. Pour les étapes hors de Beyrouth, Bcharré est la base logique pour le Nord (Qadisha, Cèdres) et Zahlé pour la Bekaa et Baalbek. Évitez de dormir dans la banlieue sud de Beyrouth : les transports y sont compliqués et le contexte sécuritaire y est plus incertain.
Questions fréquentes sur le Liban
Quel budget prévoir pour une semaine au Liban ?
Comptez entre 600 et 900 € par personne pour une semaine au Liban, hors vols, en voyageant de façon autonome avec une voiture de location. Ce budget couvre les nuits en guesthouse correcte (50 à 80 €), les repas dans des restaurants locaux (5 à 15 € par repas), les entrées des sites archéologiques (3 à 10 € pièce) et l’essence. Le Liban est moins cher que la France sur la nourriture, moins cher sur l’hébergement hors Beyrouth, mais la voiture de location pèse dans la balance.
Combien de jours faut-il prévoir pour visiter le Liban correctement ?
Une semaine est le minimum pour couvrir les essentiels du Liban sans se précipiter. En 7 jours, on peut faire Beyrouth (2 nuits), un circuit Nord avec Byblos, Tripoli, Bcharré, la Qadisha et les Cèdres (2 nuits), la Bekaa avec Baalbek et un domaine viticole (1 nuit), et le Chouf avec Beiteddine (1 nuit). Le Sud (Saïda, Tyr) s’ajoute idéalement à 10 jours. En dessous de 5 jours, on survole sans vraiment comprendre le pays.
Quelle est la meilleure période pour visiter le Liban ?
Avril-mai et septembre-octobre sont les deux fenêtres idéales pour visiter le Liban. Les températures restent entre 18 et 26°C à Beyrouth et les routes de montagne sont praticables. Surtout, la cascade de Baatara à Tannourine est encore visible en avril grâce à la fonte des neiges. Évitez août : la chaleur dépasse 33°C en plaine, les Libanais de la diaspora rentrent en masse et les prix de l’hébergement à Beyrouth grimpent de 30 à 50 %. En janvier-février, les routes vers Bcharré et les Cèdres sont parfois coupées par la neige.
Faut-il un visa pour entrer au Liban avec un passeport français ?
Les citoyens français n’ont pas besoin de visa pour entrer au Liban. Un visa gratuit de 30 jours est délivré à l’arrivée à l’aéroport international Rafic Hariri de Beyrouth. Ce visa est prolongeable sur place jusqu’à 3 mois. Attention : si votre passeport comporte un tampon d’entrée en Israël, l’entrée au Liban vous sera refusée. Cette règle est appliquée sans exception. Vérifiez également les conseils aux voyageurs du Ministère français des Affaires étrangères avant de partir : le contexte sécuritaire peut évoluer rapidement.
Peut-on visiter le Liban en solo avec un petit budget sans voiture ?
Oui, visiter le Liban en solo sans voiture est faisable. Mais uniquement si on accepte de rester dans le couloir côtier et d’organiser chaque déplacement à l’avance. Les « services » (taxis collectifs) relient Beyrouth à Byblos pour 3 € et à Tripoli pour 5 €. Mais ils ne desservent pas Bcharré, la Qadisha ni Beiteddine de façon fiable. Pour accéder aux sites de montagne et à Baalbek, la voiture reste non négociable. Autre alternative : passer par des agences de day trips depuis Beyrouth, qui facturent entre 40 et 80 € par excursion.
Vaut-il mieux passer la nuit à Beyrouth ou rayonner depuis la capitale ?
Notre recommandation est claire : basez-vous 2 nuits à Beyrouth au départ, puis bougez. Tout faire en day trips depuis Beyrouth revient à passer l’essentiel de votre temps dans une voiture et à rater les ambiances de fin de soirée à Bcharré ou dans la Bekaa. Beyrouth mérite 2 jours pour elle-même, pas plus, sauf si la scène gastronomique et nocturne est votre priorité. Loger une nuit à Bcharré pour la Qadisha et une nuit à Zahlé pour Baalbek change radicalement l’expérience.
Quelle est l’erreur la plus fréquente des voyageurs qui visitent le Liban ?
Sous-estimer les distances en temps réel est l’erreur la plus courante. Sur une carte, 85 km semblent courts. Beyrouth à Baalbek, c’est pourtant 1h30 à 2h selon l’état de la route et les embouteillages à la sortie de la capitale. Les routes de montagne vers Bcharré ou Beiteddine ne dépassent pas 50 km/h en moyenne. Beaucoup de voyageurs calent trois sites dans la même journée et arrivent à chaque endroit fatigués et pressés. Deux sites par jour, maximum trois si les distances sont courtes, c’est le rythme réaliste au Liban.
Carte des hôtels et logements -