400 000 pèlerins affluent en Italie pour voir le squelette de Saint-François d’Assise

En 2026, Assise vit un moment hors du commun. Pour commémorer les 800 ans de la mort de Saint-François, son squelette est exposé à la vénération des fidèles pour la première fois depuis des décennies. Résultat : 400 000 pèlerins convergent vers cette petite cité d’Ombrie. Voici tout ce qu’il faut savoir avant de faire le voyage.
Pourquoi le squelette de Saint-François est exposé en 2026
L’année 2026 marque le 800e anniversaire de la mort de Saint-François, survenue le 3 octobre 1226. Pour l’occasion, les frères franciscains gardiens de la basilique, en accord avec les autorités religieuses, ont pris la décision rarissime d’ouvrir l’ostensoir contenant les reliques de Saint-François d’Assise à la vénération publique. Ce type d’exposition n’est pas anodin dans le calendrier liturgique franciscain : il n’intervient qu’à des moments jugés historiquement significatifs, ce qui rend l’événement de 2026 absolument exceptionnel.
Pour les millions de fidèles franciscains dans le monde, il ne s’agit pas d’une curiosité morbide mais d’un acte de foi profond. Contempler les reliques d’un saint est, dans la tradition catholique, une façon de se rapprocher du sacré. Les Italiens ont d’ailleurs un mot pour cette dévotion silencieuse devant les reliques : la venerazione, une pratique intimement ancrée dans la culture populaire du pays.
Saint-François d’Assise : retour sur une vie hors du commun
Né à Assise entre 1181 et 1182, Francesco di Pietro di Bernardone est le fils d’un riche marchand. Après une jeunesse dorée et une expérience militaire marquante, il renonce à sa fortune et embrasse une vie de pauvreté radicale. Il fonde l’ordre des Frères Mineurs, les Franciscains, et développe une spiritualité centrée sur l’amour de la création, des animaux et des plus démunis. Canonisé dès 1228, deux ans seulement après sa mort, il devient saint patron de l’Italie et, bien plus tard, des écologistes.
Son Cantique des Créatures, écrit peu avant sa mort, est considéré comme l’un des premiers textes littéraires en langue italienne. À Assise, on vous en citera volontiers des passages dans les ruelles, tant il fait partie de l’identité collective de la ville. Sa pensée reste d’une modernité frappante, ce qui explique en grande partie pourquoi son héritage continue de mobiliser des millions de personnes à travers les siècles.
Les chiffres impressionnants de cette affluence de pèlerins
Quelque 400 000 pèlerins sont attendus à Assise sur la période de l’exposition, en provenance du monde entier : Italie, Espagne, Pologne, Amérique latine, Philippines, France. Des pays à forte tradition franciscaine figurent parmi les plus représentés. Pour une ville qui ne compte que 28 000 habitants permanents, l’organisation logistique est titanesque. Des navettes supplémentaires ont été mises en place depuis Santa Maria degli Angeli, le bourg en bas de la colline où se trouve la gare.
Pour comparaison, Assise accueille habituellement entre 4 et 6 millions de visiteurs par an, mais rarement avec de telles concentrations ponctuelles. Les habitants de la via San Francesco, l’artère principale menant à la basilique, ont l’habitude de dire que lors des grands événements religieux à Assise, on peut à peine distinguer les pavés tellement la foule est dense. Les autorités locales ont renforcé la présence de volontaires et mis en place un système de créneaux horaires pour fluidifier l’accès à la crypte.
Où voir le squelette : la basilique inférieure et la crypte

Shutterstock – Sean Pavone
La basilique Saint-François d’Assise est en réalité un ensemble de deux églises superposées, construites à flanc de colline dès 1228. La basilique inférieure abrite la crypte et le tombeau du saint, accessible par un escalier descendant depuis la nef centrale. C’est là, dans cette atmosphère de pierre rosée et de lumière tamisée, que reposent les reliques. La basilique supérieure, elle, est couverte des fresques de Giotto retraçant la vie du saint, un cycle pictural considéré comme fondateur de la peinture occidentale.
L’ensemble forme un lieu classé au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2000. (Même les visiteurs non croyants ressortent souvent silencieux de la crypte, tant l’atmosphère y est particulière.) Il est conseillé de prévoir au minimum deux heures pour l’ensemble du complexe, en incluant le cloître et le trésor de la basilique, qui conservent des objets ayant appartenu à François lui-même, dont sa tunique et ses sandales.
Dates et horaires de l’exposition du squelette (jusqu’au 22 mars)
L’exposition se tient jusqu’au 22 mars dans le cadre des célébrations du jubilé franciscain 2026, avec une période centrale autour du 3 octobre, date anniversaire de la mort du saint et point culminant des 800 ans de Saint-François. Les horaires exacts de la crypte sont à confirmer sur le site officiel de la basilique, car ils peuvent être ajustés en fonction de l’affluence. En règle générale, la basilique ouvre dès 6h du matin pour les premières prières et ferme en fin d’après-midi.
L’accès est gratuit, mais une tenue respectueuse est exigée : épaules et genoux couverts. Des écharpes sont parfois disponibles à l’entrée, mais mieux vaut ne pas compter dessus lors des grandes affluences. Pour éviter les heures de pointe, privilégiez une visite en semaine, tôt le matin avant 8h30 ou après 17h. Les weekends et les jours fériés italiens sont à éviter si l’objectif est le recueillement.
Informations pratiques pour se rendre à Assise depuis la France
Depuis Paris, la solution la plus commode est un vol vers Rome Fiumicino ou Florence, puis un train régional. Depuis Rome, comptez environ 2h30 en train Intercity jusqu’à la gare de Santa Maria degli Angeli, suivies de 10 minutes en navette ou taxi jusqu’au centro storico. L’aéroport de Pérouse, à 20 km seulement, est desservi par quelques vols low-cost depuis la France et reste l’option la plus directe pour rejoindre Assise. Depuis Lyon ou Marseille, des vols directs vers Florence ou Rome existent selon les saisons.
Assise se visite également très bien en lien avec Pérouse, Spolète ou Gubbio, d’autres cités médiévales ombrienne à moins d’une heure de route. (Le couvent de San Damiano, à 2 km du centre, où François entendit l’appel de sa vocation, mérite absolument une demi-journée.) Côté hébergement, les agriturismo des collines environnantes offrent une alternative calme aux hôtels du centre, saturés pendant les périodes de pèlerinage : réserver plusieurs mois à l’avance est indispensable pour 2026.
Assise en 2026, c’est une occasion rare de traverser huit siècles d’histoire en une seule journée, et peu d’endroits en Europe offrent encore cette densité de sens dans un si petit périmètre.