Que faire à Tokyo quand il pleut ?

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Tokyo reçoit environ 1 500 mm de pluie par an, soit plus que Londres ou Paris. Pourtant, une journée pluvieuse à Tokyo ne ressemble à aucune autre capitale. Le réseau souterrain, les centres commerciaux verticaux, les musées de quartier et la culture des bains font que le programme change à peine. Voici une liste d’activités concrètes pour savoir que faire à Tokyo quand il pleut, avec les prix, les quartiers et les mises en garde, pour ne pas perdre une demi-journée à chercher quoi faire quand le ciel lâche.

La saison des pluies à Tokyo, c’est quand exactement ?

Tokyo sous la pluie

Crédit photo : PxHere

Il faut distinguer deux périodes. Le tsuyu s’étend de mi-juin à fin juillet. C’est une pluie fine, persistante, souvent brumeuse, qui rend les jardins et les sanctuaires boisés particulièrement photogéniques. Visiter Tokyo sous la pluie du tsuyu n’est pas la catastrophe que certains redoutent. La deuxième période, d’août à octobre, correspond aux typhons. Cela se traduit par des averses courtes mais violentes, parfois accompagnées de vents forts, qui imposent plusieurs heures d’affilée à l’intérieur.

L’hiver est la saison la plus sèche à Tokyo, l’automne (octobre-novembre) lui disputant ce titre. Si vous voyagez pendant le tsuyu, un parapluie compact suffit largement pour la plupart des déplacements. Si un typhon est annoncé, restez dans un complexe couvert ou un grand musée, et prévoyez votre journée en conséquence. Les applications météo japonaises (Yahoo! Tenki, en particulier) donnent des prévisions heure par heure fiables.

Les musées : une demi-journée garantie au sec

Galerie au musée national de Tokyo

Crédit photo : Shutterstock – cowardlion

Deux concentrations de musées permettent de remplir une journée entière sans reprendre le métro. À Ueno, le Musée national de Tokyo est le plus grand du pays : art et antiquités japonaises répartis sur plusieurs bâtiments, comptez 2 à 3h minimum. Le Musée national d’Art occidental (bâtiment Le Corbusier, collection européenne solide) et le Musée Shitamachi (vie quotidienne tokyoïte fin XIXe-début XXe) complètent le parc sans que vous ayez à sortir sous la pluie.

À Roppongi, trois musées fonctionnent sur le même principe, mais sans liaison couverte entre eux. Rejoindre le Musée d’Art Mori, le Centre national des Arts de Tokyo (architecture Kisho Kurokawa, grandes expos temporaires, pas de collection permanente) et le Musée d’Art Suntory (arts décoratifs japonais, bâtiment Kengo Kuma) implique de traverser quelques rues. Prévoyez un parapluie entre chaque étape.

À noter : l’entrée du Musée d’Art Mori inclut souvent l’accès à la Tokyo City View, la plateforme panoramique au 52e étage. Par temps de pluie, la visibilité sera réduite, ce qui change le rapport qualité-prix de la visite. Les prix d’entrée varient entre 500 et 2 000 yens selon les expositions. Vérifiez les jours de fermeture avant de vous déplacer : beaucoup sont fermés le lundi.

TeamLab : réservez bien avant

TeamLab Planets, Tokyo

Shutterstock : Lee Yiu Tung

Deux installations TeamLab fonctionnent actuellement à Tokyo. TeamLab Planets, à Toyosu, est l’option la plus accessible. On marche pieds nus dans l’eau, les espaces sont plus compacts, le format est digeste en 1h30 environ. Comptez environ 3 200 yens. TeamLab Borderless, réouvert en 2024 à Azabudai Hills, propose une version plus grande et labyrinthique, sans parcours imposé. C’est délibérément désorientant, et ça fonctionne.

Ce n’est pas un musée d’art au sens classique. Si vous attendez de la contemplation et du calme, vous risquez d’être déçu. Si vous cherchez une expérience japonaise contemporaine, immersive et difficile à classer, c’est exactement ça. Point non négociable : la réservation en ligne est indispensable, les créneaux partent plusieurs semaines à l’avance en haute saison. N’arrivez pas en pensant acheter votre billet sur place.

Shopping : les souterrains et les grands centres

Centre commercial Nakano, Tokyo

Crédit photo : Wikimédia – Charlie fong

La gare de Tokyo est un point de départ solide pour faire du shopping par temps de pluie. En sous-sol, Tokyo Character Street rassemble des boutiques Pokémon, Ghibli, Sailor Moon et des dizaines d’autres licences. Ramen Street aligne huit restaurants réputés sous les voies. On y passe facilement 2h sans jamais toucher un trottoir mouillé. À Shinjuku, les passages souterrains relient les sorties de la gare à Isetan, Takashimaya et Lumine. Isetan reste la référence pour la mode japonaise, Takashimaya couvre tout le reste.

À Shibuya, Scramble Square et Hikarie fonctionnent en vertical. Le Tokyu Food Show en sous-sol est l’un des depachika les plus fournis de la ville : bento, pâtisseries japonaises, produits régionaux, dégustation sur place. À Ginza, Ginza Six concentre les marques premium japonaises et internationales. Pour les amateurs de figurines et de mangas vintage, Nakano Broadway est notre choix face à Akihabara : moins touristique, plus authentique, et les prix y sont souvent meilleurs.

Onsen et sento : l’option anti-pluie par excellence

Onsen à Tokyo, Japon

Shutterstock – dryadphotos

Un sento est un bain public municipal, eau chaude standard, accessible à moins de 500 yens dans les quartiers résidentiels de Tokyo. Un onsen utilise de l’eau de source thermale naturelle, avec des propriétés minérales différentes selon les établissements. Les deux options existent en centre-ville. Spa LaQua, dans Tokyo Dome City à Bunkyo, est l’onsen le plus accessible pour les voyageurs : bains intérieurs et extérieurs, soins, ouvert une partie de la nuit. Comptez environ 2 800 yens l’entrée.

Thermae-Yu, à Shinjuku, ouvre 24h/24 et se combine facilement avec une soirée dans le quartier. Avant d’y aller, vérifiez la politique sur les tatouages : beaucoup d’établissements les interdisent encore. Le maillot de bain n’est pas autorisé dans les bains traditionnels. Le meilleur moment pour y aller est en fin d’après-midi, après une journée de marche sous la pluie. C’est aussi quand l’affluence est la plus raisonnable.

Karaoké et arcades : la culture populaire japonaise

Jeux d'arcade à Taito Station

Crédit photo : Wikimédia – ElCapitanBSC

Le karaoké à Tokyo, ce sont des cabines privées louées à l’heure, pas une scène ouverte devant des inconnus. Les chaînes Big Echo et Joysound sont présentes dans tous les grands quartiers. Les tarifs varient selon l’heure et le jour. En semaine en journée, comptez autour de 300 yens par personne et par heure ; le week-end soir, la note monte facilement au-delà de 800 yens, boissons à volonté souvent incluses. C’est une activité sociale ancrée dans la culture locale, pas une curiosité touristique.

Pour les arcades, Akihabara concentre les salles les plus grandes sur plusieurs étages : GiGO et Taito Station sont les enseignes les plus fiables. Les UFO catchers (pinces à peluches), les jeux de rythme comme Taiko no Tatsujin, et les Purikura (cabines photo avec effets) occupent facilement une après-midi. À Ikebukuro, Round 1 propose en plus du bowling, du tennis et du basketball en intérieur, sans les contraintes d’éloignement d’Odaiba. Une demi-journée s’y passe sans qu’on s’en rende compte.

Ikebukuro Sunshine City : tout sous un même toit

Pokémon Center à Ikebukuro Sunshine City

Crédit photo : Wikimédia – Maplestrip

Sunshine City, à Ikebukuro, est le complexe le plus pratique de Tokyo pour regrouper plusieurs activités couvertes en famille ou entre amis. Tout est accessible en intérieur depuis la gare. L’aquarium en rooftop dispose de zones couvertes, le planétarium Konica Minolta est dans le même bâtiment. Le Pokémon Center d’Ikebukuro est l’un des plus grands du Japon, et Namjatown (parc d’attractions intérieur avec un Gyoza Stadium et un yokocho de desserts) peut occuper seul 2h.

C’est une option correcte avec des enfants ou des adolescents pour les activités couvertes à Tokyo. Le centre commercial sur plusieurs niveaux prend le relais si les attractions ne suffisent pas. Comptez une demi-journée à une journée complète selon le rythme. Les prix varient par activité (aquarium autour de 2 400 yens adulte, planétarium autour de 1 500 yens), donc prévoyez un budget activités séparé.

Un verre dans un yokocho couvert

Yurakucho, Tokyo

Crédit photo : Wikimédia – Stephen Kelly

Un yokocho est une ruelle d’izakaya étroite, comptoirs serrés, bière froide, brochettes de yakitori, ambiance Showa. Certains sont couverts ou semi-couverts, ce qui en fait des refuges naturels par mauvais temps. Yurakucho, sous les voies ferrées, est notre préféré pour ça : les rails forment un toit naturel, les izakaya y sont là depuis l’après-guerre américain, ce qui explique la morphologie particulière du quartier, et l’atmosphère est authentiquement tokyoïte.

Ebisu Yokocho est couvert et animé même en semaine. Shimbashi offre une ambiance de salarymen de fin de journée, bruyante et franche. C’est une façon concrète de voir comment les locaux passent une soirée sous la pluie à Tokyo, loin des restaurants à menu anglais. Arrivez avant 19h pour trouver de la place sans attendre.

Le Kabuki-za de Ginza : une heure suffit

Théâtre Kabuki-za de Ginza, Tokyo

Crédit photo : Wikimédia – Rs1421

Le Kabuki-za propose des billets à l’acte, appelés « single act tickets ». Ils permettent d’assister à une séance d’environ 1h sans s’engager sur le spectacle complet (qui dure 4 à 5h). Les prix se situent entre 1 000 et 2 500 yens selon l’acte. Un audio-guide en français ou en anglais est disponible pour suivre l’intrigue. Arrivez en avance pour les billets à la caisse du jour : les places sont limitées.

Ce n’est pas un show conçu pour les touristes. C’est du théâtre classique japonais, avec 400 ans d’histoire derrière lui, des costumes élaborés, une mise en scène codifiée et une attention au détail que même les non-japonophones peuvent apprécier visuellement. Le bâtiment reconstruit en 2013 reprend l’esthétique de la façade d’avant-guerre. Mais l’intérieur a été entièrement modernisé et une tour de bureaux intégrée au-dessus, une décision architecturale qui a fait débat. La façade mérite le coup d’œil depuis l’extérieur avant d’entrer.

Entre les souterrains de la gare, les onsen de Shinjuku, les salles d’arcade d’Akihabara et les yokocho couverts de Yurakucho, une journée de pluie à Tokyo n’est pas une journée perdue. Commencez par réserver TeamLab avant que les créneaux ne disparaissent.

Plus d'inspiration

Depuis ma jeunesse, j'ai toujours été attiré par l'univers du tourisme et l'expérience de vivre à l'étranger. Alors, après avoir visité plus d'une trentaine de pays, j'ai décidé de m'installer dans un village au Sénégal en 2019 où j'ai la chance de vivre de ma passion pour les voyages.

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