Les Asturies comme les vivent les Asturiens : cidre, fabada et Picos de Europa

avatar
Réservez vos activités dans les Asturies Voir les offres

Ici, le sol des bars sent la sciure de bois, la pluie fine qu’on appelle orbayu colle aux vêtements 6 mois sur 12, et les falaises tombent droit dans l’Atlantique sans prévenir. Les Asturies ne ressemblent à aucune autre région d’Espagne : pas de soleil garanti, pas de sangria locale, pas de tour en bus climatisé. Ce que vous trouverez : du cidre asturien versé à bout de bras, de la fabada qui tient au corps, des Picos de Europa à 2h de la mer. Et depuis décembre 2024, l’escanciado est inscrit au patrimoine immatériel de l’Unesco.

Le cidre avant tout : comprendre l’escanciado

Cidrerie de Villaviciosa, Asturies

Crédit photo : Flickr – Xavier Vidal

Le geste est précis et pas négociable. La bouteille levée à bout de bras, le verre tenu bas, le cidre qui tombe en arc et s’oxygène dans l’air. Ce n’est pas un geste de façade. C’est ce que font les Asturiens après le boulot, debout au comptoir, chaque soir de la semaine. Les Asturies produisent environ 40 millions de litres de cidre naturel par an, soit 80 % de la production espagnole totale. En décembre 2024, l’Unesco a inscrit cette pratique au patrimoine immatériel de l’humanité.

Le culín, c’est le fond du verre, et il se boit d’un trait immédiatement après qu’on vous sert. Le cidre naturel s’évente en 30 sec à peine. Les gouttes qui tombent sur le sol en sciure, c’est normal et voulu. Dans une sidrería locale des Asturies, on commande à la bouteille, jamais au verre. Les deux adresses collectives à retenir : la Calle Gascona à Oviedo, une rue entière de sidrerías alignées. Et le quartier Cimavilla à Gijón, en hauteur sur le port, plus populaire et moins fréquenté par les groupes.

La fabada : un plat qui se mérite

La fabada asturiana

Crédit photo : Flickr – A and J SeppySills

La fabada asturiana est lourde, généreuse, et c’est fait exprès. Les fabes de la Granja sont des haricots blancs d’une taille hors norme. Cultivés localement dans les Asturies, ils arborent une texture beurrée qui ne ressemble à rien d’autre. Le compango accompagne : chorizo, morcilla fumée, lard. La cuisson dure plusieurs heures, et les Asturiens la font encore le dimanche en famille. En sidrería, comptez 10 à 15 € pour un menu complet avec cidre inclus. Les haricots arrivent d’abord, le compango souvent après dans une assiette séparée.

Le cachopo mérite aussi sa place sur la table. Il s’agit de deux filets de veau panés, fourrés jambon-fromage, généralement démesuré en portion. C’est un plat à partager entre deux ou trois personnes, pour 18 à 25 €. En juillet ou août, sachez que la fabada peut sembler trop lourde par 28°C. Certains Asturiens basculent alors vers le pote asturien (soupe de chou et haricots) ou misent sur les fruits de mer frais du port. Ce sont de bons réflexes à adopter.

Les fromages : plus de 40 références dans une seule région

Fromages des Asturies

Crédit photo : Flickr – Rosa G.

La gastronomie asturienne ne s’arrête pas au cidre et à la fabada. Les Asturies revendiquent la plus forte densité fromagère d’Europe rapportée à leur superficie, avec plus de 40 fromages recensés. Trois sont à connaître vraiment. Le Cabrales, est un bleu affiné en grotte naturelle dans les Picos de Europa, vendu enveloppé dans des feuilles, AOP, au goût puissant et humide. Le Gamonéu, est mi-cuit mi-fumé, avec une texture plus sèche. Il se produit en si petites quantités qu’il est souvent introuvable hors de la région. Le Casín constitue l’un des plus anciens fromages d’Espagne. La pâte est travaillée à la main plusieurs fois, goût très prononcé.

Achetez-les directement dans les marchés municipaux d’Oviedo ou de Gijón, pas en supermarché. Les prix sont similaires, mais la qualité diffère. Les habitants des Asturies les servent en fin de repas avec un verre de vin de Cangas, AOP local du sud-ouest de la région. Vignoble cultivé en altitude, on le commande rouge ou blanc selon l’humeur. Ce vin est quasi absent des caves françaises : c’est une bonne raison de le boire sur place.

La Costa Verde vue de l’intérieur

Cudillero, Asturies

Crédit photo : Flickr – Andres Rodrigo

Gulpiyuri, la Playa del Silencio, Torimbia : ces trois plages sauvages des Asturies sont réelles et valent le déplacement. Mais soyons clairs sur leurs conditions d’accès. Gulpiyuri est minuscule, enclavée dans les terres, et peut être noire de monde en août. La Playa del Silencio demande une descente à pied. Torimbia s’atteint après 15 min de sentier. Ce que fait un local des Asturies le week-end, c’est autre chose : il file sur les ports de pêche, Cudillero, Lastres, Tazones ou Luarca. Et commande des oricios (oursins, en saison de novembre à avril) ou du pixín (lotte) directement sur le port, et repart avant midi.

La senda costera mérite l’attention. Ce réseau de chemins côtiers balisés relie les villages entre eux. Fréquenté presque exclusivement par des locaux, il se parcourt le dimanche matin. L’orbayu, la pluie fine et persistante qui fait partie du quotidien asturien, n’est pas un mythe romantique : c’est un fait climatique. Prenez un imperméable léger dans votre sac, systématiquement. Les Asturiens ne regardent pas le ciel avant de sortir, ils partent et c’est tout.

Les Picos de Europa : la montagne à deux heures de la mer

Les Picos de Europa, Asturies

Crédit photo : Flickr – Jordi Carreras

Les Asturiens ont cette particularité rare de pouvoir choisir le matin entre la plage et la haute montagne. Le Parc national des Picos de Europa est le plus ancien d’Espagne. Créé en 1918, c’est un terrain de week-end pour les habitants de la région autant qu’une destination de randonnée. La Ruta del Cares est l’itinéraire le plus fréquenté. Le tracé de 22 km taillés dans la roche des gorges alterne entre parois verticales et ponts au-dessus du vide. Vérifiez l’état du sentier sur AllTrails ou sur le site du parc avant de partir, les conditions peuvent évoluer selon la saison.

Les Lagos de Covadonga, deux lacs glaciaires à 1 000 m d’altitude, sont accessibles en voiture ou à pied. En été, la route d’accès est régulièrement fermée aux voitures. Une navette existe depuis Covadonga, comptez 1h30 minimum pour l’aller. Pour les randonneurs expérimentés, le Naranjo de Bulnes culmine à 2 519 m. L’ascension est technique, sans équipement d’alpinisme mais avec un bon niveau physique requis. Ce n’est pas une balade, ne vous y engagez pas à la légère.

Quelques réflexes pour ne pas se tromper

Les horaires d’abord : les Asturiens dînent entre 21h et 22h30. Arriver dans une sidrería à 19h, c’est manger seul dans une salle vide. Attendez au moins 20h30 pour le dîner, 21h si vous voulez l’ambiance réelle. La meilleure période pour visiter les Asturies est juin ou septembre : moins fréquenté, températures correctes, mer praticable. Juillet-août attirent un tourisme espagnol intérieur important, avec parfois de la pluie malgré tout. Janvier-février conviennent si vous venez pour la gastronomie et la montagne, pas pour la côte.

Pour se déplacer, la voiture est la seule vraie option dès que vous quittez les grandes villes. Comptez 20 à 30 €/jour en réservant à l’avance. Le bus ALSA couvre Oviedo, Gijón et Avilés correctement, mais oubliez-le pour les villages côtiers. Depuis Paris, des vols directs existent à Orly vers Oviedo (OVD) avec Vueling et Volotea, en 1h45. Pas de direct depuis CDG. Depuis d’autres villes françaises, il faut passer par Madrid ou prendre la route via Bilbao. Le budget moyen tourne autour de 80 à 120 €/jour par personne, hébergement, repas en sidrería et déplacements inclus. C’est moins cher que le Pays Basque espagnol voisin, et largement inférieur à Barcelone.

Entre cidre versé à bout de bras, Picos de Europa à 2h de la mer et 40 fromages dans une seule région, les Asturies se vivent debout comme un local au comptoir d’une sidrería.

Plus d'inspiration

Depuis ma jeunesse, j'ai toujours été attiré par l'univers du tourisme et l'expérience de vivre à l'étranger. Alors, après avoir visité plus d'une trentaine de pays, j'ai décidé de m'installer dans un village au Sénégal en 2019 où j'ai la chance de vivre de ma passion pour les voyages.

0 Commentaire(s)
Laisser un commentaire

Generation Voyage Logo
Se connecter
Mot de passe oublié ?

Pas encore de compte ?

Generation Voyage Logo
Réinitialiser votre mot de passe

Créer un compte | Se connecter

Generation Voyage Logo
Réinitialiser votre mot de passe

Créer un compte | Se connecter

Generation Voyage Logo