10 anecdotes à connaître sur le Machu Picchu

10 anecdotes à connaître sur le Machu Picchu

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Chaque année, plus d’un million de personnes visitent le Machu Picchu, dans la région de Cuzco, au Pérou. La plupart des visiteurs repartent avec de belles photos et peu de clés de lecture pour comprendre réellement ce qu’elles ont vu. Ce site inca du XVe siècle est bien plus complexe, mystérieux et mal compris qu’il n’y paraît. Voici 10 anecdotes sur le Machu Picchu pour arriver sur place avec des connaissances solides.

Le nom ne désigne pas la cité

« Machu Picchu » signifie littéralement « vieille montagne » en quechua, la langue des Incas, encore parlée aujourd’hui par plusieurs millions de Péruviens. C’est la signification du nom Machu Picchu qui surprend la plupart des visiteurs : il désigne le sommet qui surplombe le site, pas la cité elle-même. Le nom original de la ville inca reste inconnu à ce jour. La montagne emblématique qu’on voit sur toutes les photos, celle au profil pointu, s’appelle Huayna Picchu, soit « jeune montagne ».

Cette confusion est quasi universelle, y compris dans beaucoup de guides touristiques. Quand vous êtes sur le site, vous regardez donc un lieu sans nom connu, depuis une montagne qui porte un nom, vers une autre montagne qui en porte un différent. Une anecdote qui change la façon de lire le paysage du Machu Picchu.

Hiram Bingham cherchait autre chose

Vue panoramique du Machu Picchu avec montagnes et jungle au Pérou

Crédit photo : Shutterstock / Matyas Rehak

En 1911, l’explorateur américain Hiram Bingham n’était pas à la recherche du Machu Picchu. Il cherchait Vilcabamba, le dernier refuge des Incas après la conquête espagnole. C’est un paysan local, Melchor Arteaga, qui lui a signalé des ruines sur la montagne, moyennant quelques pièces. Un enfant de 11 ans a guidé Bingham jusqu’au site. Arrivé sur place, Bingham a cru avoir trouvé Vilcabamba mais il se trompait.

Ce point est souvent omis dans l’histoire de la découverte du Machu Picchu, mais il change tout : le site n’avait jamais été oublié par les populations locales. Des familles cultivaient encore sur les terrasses au moment de l’arrivée de Bingham. Quant au lien entre Bingham et Indiana Jones, il est souvent évoqué mais reste débattu parmi les historiens et les créateurs de la saga.

Les Espagnols ne l’ont jamais trouvé

C’est l’une des raisons principales de l’état de conservation du site. Cuzco, Coricancha, Sacsayhuaman : tous ces sites ont été pillés ou partiellement démolis par les conquistadors pour en récupérer les pierres. Le Machu Picchu, lui, n’a jamais été localisé par les Espagnols. Certains historiens avancent que le prince inca Manco Capac II aurait fait détruire les routes d’accès vers 1536 pour couper la zone des colonisateurs.

Résultat : la citadelle inca est restée intacte pendant près de 4 siècles. Pas de pillage, pas de démolition, pas de récupération de matériaux. Ce que vous voyez aujourd’hui n’a pas été reconstruit, ni reconstitué en grande partie : il s’agit de la structure originale.

60 % de la structure est sous terre

machu picchu dans les nuages mysteres

Crédit photo : Shutterstock / Craig Hastings

Ce que les visiteurs voient ne représente qu’une fraction du site. Les archéologues estiment qu’environ 60 % de la construction est souterraine : fondations profondes, canaux de drainage, couches successives de roches concassées et de sable. Ce système permet d’évacuer les pluies tropicales torrentielles sans que la cité ne glisse sur le flanc de la montagne. Sans ce génie hydraulique invisible, rien de ce qui est visible ne tiendrait.

Le réseau de 16 fontaines en cascade, alimentées par une source de montagne via des canaux de pierre taillée, fonctionnait même en pleine saison sèche. Quand vous déambulez sur le site, vous marchez littéralement sur plusieurs siècles d’ingénierie inca.

Les pierres tiennent sans mortier

Les Incas utilisaient une technique dite « ashlar » : les blocs de granit sont taillés avec une précision telle qu’ils s’assemblent sans aucun liant. Pourtant, certains blocs pèsent plusieurs dizaines de tonnes. La lame d’un couteau ne passe même pas entre 2 pierres. Aucune roue, aucun outil en fer, aucun animal de trait n’apparaît dans les vestiges retrouvés sur le site. La méthode exacte de transport et d’assemblage de ces pierres du Machu Picchu reste partiellement inexpliquée.

L’autre dimension de cette technique : elle est antisismique. Lors d’un tremblement de terre, les blocs bougent légèrement, puis reprennent leur position. Dans un pays aussi sismique que le Pérou, c’est un choix délibéré et toujours efficace. La preuve : les structures tiennent depuis plus de 500 ans.

L’Intihuatana, une horloge solaire taillée dans la roche

les secrets du machu picchu

Crédit photo : Shutterstock / Jerome Stubbs

L’Intihuatana est l’une des trois constructions majeures du site avec le Temple du Soleil et la Chambre des Trois Fenêtres. Son nom quechua signifie « l’endroit où l’on attache le soleil ». Cette pierre sculptée directement dans la montagne servait de repère astronomique pour marquer les solstices et organiser le calendrier agricole et rituel des Incas. C’est l’un des rares Intihuatana encore intact au Pérou : les Espagnols détruisaient systématiquement ceux qu’ils trouvaient sur les autres sites.

Il est aujourd’hui interdit de le toucher. Cette règle existe notamment depuis 2000, quand une caméra de tournage d’une publicité a partiellement endommagé la pierre. Approchez-vous, regardez, mais respectez le périmètre balisé.

La cité n’a été habitée qu’une centaine d’années

Le Machu Picchu a été construit vers le milieu du XVe siècle, vraisemblablement sous le règne de l’empereur inca Pachacútec. Il aurait été abandonné vers la fin du XVIe siècle, au moment de la conquête espagnole et des épidémies qui ont ravagé la population andine. On estime qu’entre 300 et 1 000 personnes y vivaient, issues des élites de l’Empire inca.

La fonction exacte du Machu Picchu reste débattue : résidence royale, sanctuaire religieux, observatoire astronomique, ou une combinaison des trois. Aucun consensus n’existe à ce jour. Ce que vous visitez est donc un site occupé pendant à peine un siècle, abandonné précipitamment, et dont on ne sait toujours pas avec certitude à quoi il servait vraiment.

Les artefacts ont voyagé jusqu’à Yale pendant un siècle

Après sa redécouverte en 1911, Hiram Bingham a exporté des milliers d’objets vers l’Université de Yale, aux États-Unis. Le Pérou a réclamé leur restitution pendant des décennies. Yale a finalement accepté en 2011 de rendre plus de 35 000 pièces, soit 100 ans après leur départ. Une grande partie est aujourd’hui visible au Musée Casa Concha, à Cuzco.

Si vous passez par Cuzco avant ou après la visite du Machu Picchu, ce musée vaut le déplacement. Les collections donnent un contexte que la visite du Machu Picchu seul ne suffit pas à fournir.

Une porte peut-être scellée au cœur du site

porte secrete machu picchu

Crédit photo : Shutterstock / Narongsak Nagadhana

En 2011, l’archéologue français Thierry Jamin a identifié ce qui ressemble à une entrée murée à la base d’un bâtiment du site. Des relevés électromagnétiques suggèrent la présence de chambres souterraines et d’objets métalliques en quantité importante. Le gouvernement péruvien a refusé les autorisations de fouille pour ne pas fragiliser les structures existantes.

Le sujet reste ouvert. L’accès à cette zone est interdit aux visiteurs, mais son existence alimente les hypothèses sur des secrets et des trésors non découverts au Machu Picchu. Cette anecdote sur le Machu Picchu n’est pas une légende : c’est une piste archéologique active, suspendue par des contraintes de conservation réelles.

Le règlement interdit les déguisements

Depuis plusieurs années, l’entrée en costume, avec des bannières, des drapeaux ou des instruments de musique est formellement interdite sur le site. Cette anecdote sur le Machu Picchu peut prêter à sourire mais la mesure a été prise face aux dérives liées aux réseaux sociaux : mises en scène, performances, tenues extravagantes. Les contrevenants peuvent dorénavant se voir refuser l’accès sans remboursement.

D’autres règles pratiques s’appliquent avant de visiter le Machu Picchu : pas de nourriture dans certaines zones, pas de perche à selfie sur l’ensemble du site, circulation uniquement sur les circuits balisés. Les règles changent régulièrement, notamment sur les horaires et le nombre de visiteurs par créneau. Vérifiez les conditions en vigueur au moment de réserver votre billet.

Le Machu Picchu intrigue autant qu’il fascine, et ces anecdotes en sont l’illustration. De quoi redécouvrir ce site sacré bien au-delà de sa simple image de carte postale.

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Depuis ma jeunesse, j'ai toujours été attiré par l'univers du tourisme et l'expérience de vivre à l'étranger. Alors, après avoir visité plus d'une trentaine de pays, j'ai décidé de m'installer dans un village au Sénégal en 2019 où j'ai la chance de vivre de ma passion pour les voyages.

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