Budva hors de la stari grad : l’été tel que le vivent les Monténégrins

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En juillet-août, Budva concentre plus de touristes que n’importe quelle autre ville de la côte adriatique monténégrine. Transats au coude à coude sur Slovenska Plaža, basses qui durent jusqu’à 4h du matin dans la vieille ville, files d’attente devant chaque restaurant avec une vue. Mais à quelques rues de là, ou à quelques kilomètres vers le nord ou le sud, une autre Budva existe. Celle du café turc qui dure 2h, des plages sans loueur de transats, des familles qui montent dîner dans les villages en hauteur. Découvrez Budva comme un local et loin des touristes, qu’on documente ici.

Le matin appartient aux locaux

Pekara à Budva

Crédit photo : Flickr – Julia Dzhan

Avant 9h, Budva est encore une ville monténégrine. Dans les quartiers résidentiels de Lazi, Rozino ou aux abords du monastère de Podmaine, à l’écart du front de mer, les terrasses de café se remplissent lentement. Un espresso ou un café turc, une conversation qui s’étire sur 2h : c’est le rythme local à Budva. Personne ne dépose l’addition sans qu’on la demande. Passé 10h, la ville bascule. Les groupes arrivent, les klaxons commencent, et ce Budva-là disparaît jusqu’au lendemain matin.

Commencez par une pekara avant d’aller à la plage. Ces boulangeries de quartier se nichent toujours en retrait de l’avenue principale. Elles servent un burek fromage ou viande avec un yaourt liquide à boire, le tout pour moins de 2 €. C’est le petit-déjeuner des gens du coin, et c’est largement suffisant pour tenir jusqu’au déjeuner. De là, les plages de Mogren 1 et 2 se rejoignent à pied en 10 à 15 min depuis les remparts sud de la Stari Grad, en passant par un tunnel creusé dans la roche. À cette heure, l’eau est calme, les falaises font de l’ombre, et il n’y a pas un transat en vue.

Les plages que les Monténégrins fréquentent vraiment

Plage de Mogren au Monténégro

Shutterstock – nadtochiy

Slovenska Plaža, soyons clairs, les locaux l’évitent en pleine saison. Ou alors ils y vont à l’aube, avant que les loueurs installent leurs rangées de parasols et transforment le bord de mer en parking de chaises longues. Mogren 1 et 2 sont une autre affaire : pas d’accès voiture, pas de location de transats. L’eau y est nettement plus propre grâce à l’absence de passage de bateaux. Apportez votre serviette, il n’y a rien à louer, et c’est précisément pour ça que les gens du coin y reviennent. Le meilleur créneau reste après 17h, quand les touristes rentrent se doucher avant le dîner.

Jaz Beach se trouve à environ 4 km au nord de Budva, accessible en taxi ou à pied via le sentier côtier. Sur 1,2 km de galets fins, les familles monténégrines débarquent avec glacière et parasol personnel. En haute saison, la plage attire autant de vacanciers étrangers que de locaux. Et l’atmosphère « bord de mer familial » que certains lui prêtent relève d’une vision un peu idéalisée. Bars, musique et monde sont au rendez-vous dès 11h.

Attention : le festival Sea Dance s’y tient chaque été, et les dates varient selon les années. Vérifiez avant d’y aller, parce que l’ambiance passe du bord de mer animé au camping de festival en 24h. Sveti Nikola, l’île surnommée Hawaii, se rejoint en bateau depuis le port pour environ 5 € aller-retour. Les locaux connaissent le côté sud, plus sauvage et moins aménagé, même si la fréquentation reste réelle en haute saison.

L’après-midi, personne ne bouge

Salade shopska

Crédit photo : Flickr – Tannitta

Entre 13h et 17h, il fait entre 33 et 38 °C à Budva. Les Monténégrins rentrent chez eux, ferment les volets, et dorment. Ce n’est pas de la paresse, c’est du bon sens face à une chaleur qui rend toute activité extérieure inconfortable. Lutter contre la chaleur à la plage entre 13h et 17h ne sert à rien, l’expérience est mauvaise pour tout le monde.

Le repas de midi local ne ressemble pas aux cartes plastifiées de la vieille ville de Budva. C’est une salade shopska, tomates, concombres, oignon et fromage sir émietté par-dessus. Elle est parfois accompagnée d’un poisson grillé avec de la blitva, des blettes cuisinées avec des pommes de terre et de l’huile d’olive. Ce plat se mange à la maison, chez l’habitant, ou dans une konoba sans enseigne lumineuse. Si vous êtes en visite, c’est le meilleur moment pour traverser la Stari Grad. La foule se réduit légèrement pendant la sieste collective, et la lumière de début d’après-midi est correcte pour les photos des ruelles en pierre.

Le marché, le vrai pouls de la ville

Marché Zelena Pijaca

Crédit photo : Flickr – Art Galat

La Zelena Pijaca forme le marché local situé à proximité du centre commercial TQ Plaza de Budva. C’est l’endroit où les habitants s’approvisionnent vraiment. Figues fraîches, fromage de chèvre, tomates mûres, huile d’olive artisanale, miel de montagne venu de l’arrière-pays : les vendeurs arrivent tôt et repartent avant que la chaleur s’installe. Visez avant 9h30 pour trouver les étals complets. Les prix n’ont rien à voir avec ceux des boutiques de la Stari Grad, où le même pot de miel coûte facilement trois fois plus cher avec une étiquette en cinq langues.

Composez un petit-déjeuner ou un pique-nique de plage depuis le marché. Cela revient à quelques euros, la qualité est réelle, et vous évitez les cafés du front de mer qui facturent l’emplacement autant que le café. C’est aussi l’un des rares endroits à Budva en été où vous avez une chance d’engager une vraie conversation avec quelqu’un qui vit ici toute l’année, pas seulement pendant la saison.

Le soir, on monte ou on s’éloigne

Terrasse calme à Rafailovići

Crédit photo : Flickr – gorianaz

Deux logiques coexistent chez les locaux en soirée. La première : monter dans les villages de l’arrière-pays, Maine ou Pobori, perchés au-dessus de la baie. On y accède en voiture depuis Budva en une quinzaine de minutes, sans liaison régulière en transport commun. Les konobas familiales y servent de la viande cuite ispod sača, sous une cloche en fonte recouverte de braises, avec du jambon de Njeguši et du fromage local. Pas de DJ, pas de basses, pas de rabatteur à l’entrée. Juste une terrasse sous les oliviers et une vue sur la côte qui compense largement n’importe quel restaurant de la vieille ville.

La deuxième logique, c’est le korzo du soir version moins saturée : pas Slovenska Obala bondée, mais du côté de Bečići et Rafailovići, à 15 à 20 min à pied du centre. Ces deux stations se sont fortement développées ces dernières années et n’ont plus rien d’un coin épargné par le tourisme. Mais le rythme y reste plus familial que dans la Stari Grad en soirée. Les familles se retrouvent, les enfants courent, les adultes boivent un café en terrasse sans avoir à crier pour se parler.

Le dîner local ne commence pas avant 21h, souvent 21h30 dans les konobas qui ne ciblent pas les touristes. Les restaurants de la place principale de la Stari Grad avec menus plastifiés et hôte posté sur le trottoir représentent exactement ce qu’il faut éviter. Une rue en retrait suffit pour diviser l’addition par deux.

Pržno, le village que les locaux n’ont pas encore tout à fait perdu

Village de Przno à Budva Riviera, Monténégro

Shutterstock — Farion_o

Pržno se trouve à une quinzaine de minutes en voiture au sud de Budva, juste à côté de Sveti Stefan. C’est un village de pêcheurs avec des maisons en pierre, un bord de mer à taille humaine. Des familles monténégrines y viennent déjeuner le week-end comme si c’était une tradition gravée dans le marbre. Le contraste avec Sveti Stefan, à 200 m, est brutal. L’îlot voisin est entièrement privatisé par le groupe Aman, inaccessible au public, avec des chambres qui démarrent autour de 750 € la nuit. Pržno, lui, reste praticable.

Le classique du déjeuner ici, c’est une orade ou un loup de mer grillé. Mais aussi de la blitva, du pain fait maison et un verre de vin blanc local. Comptez 20 à 30 € en taxi depuis Budva selon le chauffeur et la saison. Ou alors, 3 € en bus sur la ligne régulière vers Sveti Stefan, dont les horaires restent irréguliers en dehors des créneaux de pointe.

Le sentier côtier à pied fait environ 8 km, mais il n’est pas balisé de façon uniforme. Certaines portions passent en plein soleil sans ombre. Il reste réaliste uniquement tôt le matin ou en soirée, jamais en plein après-midi en juillet. Les bouchons sur la route côtière en haute saison sont réels. Partez avant 9h ou après 17h pour éviter de passer 1h dans un embouteillage sur 15 km.

Ce que Budva en intersaison change vraiment

En mai-juin ou en septembre, la Stari Grad est toujours debout. Les plages sont utilisables et les konobas sont ouvertes. Mais les prix de l’hébergement chutent de 40 à 60 % par rapport à juillet-août. Les files d’attente disparaissent, et les locaux de Budva reprennent leurs espaces. Les Monténégrins de l’intérieur du pays fuient eux-mêmes la ville certains week-ends de juillet. Ils préfèrent aller à Petrovac ou Bar, plus au calme. Quand les habitants d’une ville partent en week-end pour en fuir l’ambiance, c’est un signal clair.

La fermeture saisonnière est réelle et documentée. La majorité des restaurants et hébergements touristiques ferment entre mi-novembre et fin avril. Ne planifiez rien hors saison sans vérifier au cas par cas. Si l’objectif est de comprendre Budva au-delà de la carte postale, notre recommandation est tranchée. Viser juin ou septembre permet de combiner les deux. Le bord de mer vivant et l’accès à la ville réelle, sans avoir à choisir entre les deux à chaque heure de la journée.

Découvrir Budva comme un local, c’est possible : partez hors saison touristique, en juin ou septembre. C’est la même vieille ville, les mêmes plages de Mogren, le même poisson grillé à Pržno, avec 40 à 60 % de prix en moins sur l’hébergement.

Plus d'inspiration

Depuis ma jeunesse, j'ai toujours été attiré par l'univers du tourisme et l'expérience de vivre à l'étranger. Alors, après avoir visité plus d'une trentaine de pays, j'ai décidé de m'installer dans un village au Sénégal en 2019 où j'ai la chance de vivre de ma passion pour les voyages.

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