Que ramener de Lisbonne : nos achats préférés
Lisbonne est l’une des rares capitales européennes où les souvenirs valent vraiment quelque chose. Les conserves sous blister cèdent la place à des boîtes illustrées millésimées, les savons industriels à des savonneries fondées au XIXe siècle, les gadgets plastique à des objets en liège fabriqués à 50 km de là. On a fait le tri entre ce qui mérite d’entrer dans la valise et ce qu’il vaut mieux laisser sur l’étagère, avec les prix, les adresses et les pièges à éviter.
Des conserves de poisson, et pas que des sardines

Crédit photo : Wikimédia – Yelkrokoyade
Les conserves portugaises n’ont rien à voir avec ce qu’on trouve en supermarché. Le poisson est conditionné à la main, souvent à l’huile d’olive. Il se présente dans des boîtes illustrées façon affiche vintage des années 30 à 50, avec des motifs qui ressemblent à des objets de collection. Certaines boîtes sont même millésimées, comme un vin.
Le choix va bien au-delà des sardines : maquereau au citron, poulpe à l’huile, mousse de thon, anguille fumée. On privilégie les préparations à l’huile d’olive ou pimentées. Et on évite les versions à la tomate, qu’on trouve partout en Europe sans intérêt particulier.
Comptez 2 à 8 € la boîte selon la gamme. La Conserveira de Lisboa, fondée en 1930 dans le quartier de la Baixa, est l’adresse de référence. Le personnel parle français, la sélection est large et les conseils sont bons. Un point pratique à ne pas négliger : le samedi, la boutique sature. En semaine, vous y passez 10 min au lieu d’attendre dehors à faire la queue. Avantage logistique non négligeable : les boîtes passent sans problème en bagage cabine. Cela en fait le souvenir idéal si vous voyagez léger à Lisbonne.
La ginjinha, à boire et à rapporter

Crédit photo : Wikimédia – Gerd Eichmann
La ginjinha est une liqueur de cerises griottes à environ 22 degrés, ancrée dans la culture lisboète depuis le XIXe siècle. On la boit debout, au comptoir, dans un petit verre, parfois avec les cerises qui ont macéré à l’intérieur. Les bouteilles souvenir avec les fruits entiers sont bien plus intéressantes qu’une bouteille nue. Elles donnent à voir le produit et voyagent bien. Le bar A Ginjinha, place du Rossio, est l’adresse historique pour la découvrir et repartir avec une bouteille achetée directement sur place.
Comptez 8 à 15 € selon la taille. Attention cependant : les boutiques à touristes de la Baixa et de l’Alfama vendent des liqueurs génériques sous le même nom, avec une qualité bien inférieure. Sur l’étiquette, vérifiez la mention « Óbidos », seule appellation bénéficiant d’une reconnaissance d’origine sérieuse. Une bouteille qui mentionne simplement « Lisboa » indique un lieu d’embouteillage, pas une garantie de qualité. Tout le reste, on laisse.
Les azulejos, mais pas n’importe lesquels

Crédit photo : Flickr – Biblioteca de Arte-Fundação Calouste
Les azulejos sont des carreaux de faïence émaillée que l’on retrouve sur les façades, dans les gares, les églises, les palais. C’est un art décoratif propre au Portugal, avec plusieurs siècles de pratique derrière lui. Parmi les souvenirs typiques de Lisbonne les plus copiés, ils figurent en bonne place. Sur certains marchés, des vendeurs proposent de « vrais » azulejos anciens. On les évite : ces pièces sont souvent arrachées illégalement à des façades de bâtiments. Leur revente est illégale, et les acheter alimente directement la dégradation du patrimoine urbain.
Ce qu’il faut acheter à la place : des reproductions peintes à la main, des sous-plats ou des carreaux décoratifs neufs avec des motifs traditionnels. Rendez-vous à la manufacture Sant’Anna, dont les origines remontent au XVIIIe siècle. Elle est toujours en activité aujourd’hui et produit des pièces authentiques. Comptez 5 à 30 € selon la taille et la finition. Prévoyez un emballage rigide ou glissez-les entre des vêtements dans votre valise, c’est fragile !
Les objets en liège

Crédit photo : Flickr – ccnull
Le Portugal produit environ 50 % du liège-matière mondial et assure plus de 70 % de sa transformation industrielle à l’échelle mondiale. Ce n’est pas un argument marketing : c’est une vraie filière implantée depuis des siècles, essentiellement dans l’Alentejo et le Ribatejo.
On trouve à Lisbonne des porte-monnaie, sacs, carnets, coques de téléphone, bijoux et ceintures en liège naturel. Il s’agit d’une matière légère, souple et résistante à l’eau. Parmi les souvenirs authentiques, à rapporter de Lisbonne, les objets en liège sont sans doute ceux qui illustrent le mieux le savoir-faire local. Les boutiques classiques proposent des pièces accessibles à partir de 5 €. Les enseignes spécialisées comme Pelcor ou Cork & Co proposent des articles plus travaillés, entre 20 et 80 € pour un sac.
Un point de vigilance : certains produits vendus comme « liège portugais » sont assemblés en dehors du Portugal. Vérifiez systématiquement la mention « Made in Portugal » sur l’étiquette avant d’acheter. C’est rapide, et ça évite de ramener chez soi un produit qui n’a de portugais que le nom.
Les cosmétiques rétro, un achat qu’on ne regrette pas

Crédit photo : Flickr – elasticated
Deux marques méritent qu’on s’y arrête. Claus Porto est une savonnerie fondée à Porto en 1887. Ses savons artisanaux aux parfums travaillés (orange amère, violette, mousse marine) sont emballés dans du papier imprimé Art déco. On en trouve facilement à Lisbonne, au Chiado notamment. Mais la marque est portoise d’origine et se vend aujourd’hui dans toute l’Europe. Comptez 8 à 20 € le savon.
Benamôr, marque d’apothicaire fondée en 1925, est connue pour sa crème mains « Alantoïne » et ses packagings pastel à l’ancienne. Sa boutique historique dans la Baixa vaut le détour autant pour l’adresse que pour les produits. Prix : entre 5 et 15 €, parfait pour un cadeau soigné sans exploser le budget.
Pour les petits cadeaux, pensez aussi au dentifrice Couto. Ce tube orange inchangé depuis des décennies se vend autour de 2 €. On le trouve dans la plupart des pharmacies lisboètes. C’est l’achat anecdotique qui fait toujours son effet. Ces trois produits passent sans problème en cabine, en solide ou en petit format.
La céramique Bordallo Pinheiro

Crédit photo : Flickr – Fatima
Bordallo Pinheiro est une manufacture fondée au XIXe siècle. Elle est reconnaissable entre toutes pour ses pièces en barbotine représentant des légumes, des poissons, des grenouilles ou des feuilles de chou frisé. Le style est assumé ! Entre artisanat traditionnel et kitsch revendiqué, ces céramiques ont une vraie identité et comptent parmi les idées souvenirs de Lisbonne les plus caractéristiques. L’andorinha, l’hirondelle en céramique symbole de la ville, est la pièce la plus accessible. Misez à partir de 15 €, souvent vendue en décoration murale.
La marque dispose d’une boutique officielle au Chiado, ce qui garantit l’authenticité des pièces. Les imitations existent et circulent dans les boutiques génériques, à des prix proches. N’achetez Bordallo Pinheiro que dans un point de vente officiel ou une boutique reconnue. Un avertissement honnête sur la logistique : c’est lourd et encombrant. À réserver si vous avez une valise en soute, pas pour un vol retour avec bagage cabine uniquement.
Les pastéis de nata, si vous vous y prenez bien
La tartelette à pâte feuilletée croustillante, flan vanillé, cannelle et sucre glace : le pastel de nata n’est plus à présenter. Incontournable parmi les spécialités à rapporter de Lisbonne, il demande néanmoins quelques précautions. La version de référence vient de la Pastéis de Belém, selon une recette gardée secrète depuis 1837. Comptez environ 1,50 € pièce. Les ramener chez soi est possible, mais il faut être honnête sur les conditions. Ils ne se conservent que 2 à 3 jours et perdent leur croustillant assez vite dès qu’ils refroidissent.
Le conseil pratique qui change tout : achetez-les le matin du départ, dans leur boîte carton prévue à cet effet. Et passez-les 5 min au four à 180 degrés à la maison pour leur redonner le croustillant. Si votre vol de retour dure plus de 4h, c’est un souvenir qui perdra beaucoup en chemin. On préfère les déguster sur place, mais avec cette méthode, le résultat à la maison reste très correct.
Où faire ses achats à Lisbonne sans se faire avoir

Crédit photo : Flickr – KotomiCreations
Trois types de lieux, trois logiques différentes. Les boutiques de souvenirs génériques autour de l’Alfama et de la Baixa de Lisbonne sont pratiques pour les petits cadeaux rapides (magnets, cartes postales, répliques du tram 28). Mais beaucoup de produits y sont fabriqués hors Portugal. A Vida Portuguesa est la référence absolue pour les produits 100 % portugais. Cosmétiques, conserves, papeterie, objets du quotidien : tout est sélectionné avec soin. Il existe plusieurs adresses (Chiado, Intendente), personnel formé, présentation soignée. Comptez 15 à 40 € par article.
La Feira da Ladra, marché aux puces qui se tient le mardi et le samedi, est idéale pour chiner des vinyles de fado, des livres illustrés ou des vêtements vintage. Rappel sur les azulejos anciens évoqués plus haut : évitez-les ici aussi. Enfin, l’aéroport reste un recours valable pour les conserves et les bouteilles de ginjinha si vous avez oublié d’en acheter en ville. Les prix y sont généralement 20 à 40 % plus élevés qu’en ville. Mais le choix est correct et les liquides en soute ne posent aucun problème.
Entre les conserves millésimées de la Conserveira de Lisboa, les savons Claus Porto et les pièces en liège Made in Portugal, Lisbonne vous offre des souvenirs qui tiennent la route, à tous les budgets, à condition de savoir où chercher.

