10 anecdotes à connaître sur le château du Wawel

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À Cracovie, Le Wawel trône sur la Vistule depuis le Xe siècle. Il a été résidence royale, caserne autrichienne, quartier général nazi, et reste aujourd’hui le symbole national le plus chargé de Pologne. La plupart des visiteurs en font le tour en quelques heures, appareil photo en main. Derrière les murs du complexe architectural, découvrez 10 anecdotes sur le château du Wawel que les guides ne racontent pas forcément.

1. Le dragon qui boit jusqu’à exploser

Château du Wawel à Cracovie

Avant que Cracovie ne devienne une ville, une créature terrorisait les habitants depuis sa grotte au pied de la colline. Son était le Smok Wawelski. La légende du dragon du Wawel raconte que la bête exigeait un tribut régulier en bétail, et que personne ne parvenait à l’arrêter. C’est un cordonnier nommé Skuba qui en vient à bout, non par les armes, mais en lui tendant une peau de mouton bourrée de soufre. Le dragon la dévore, prend feu de l’intérieur, et boit la Vistule jusqu’à en crever.

La grotte existe toujours. Elle comprend 270 m de galeries calcaires et son accès est gratuit d’avril à octobre. Devant l’entrée, une statue en fer crache du vrai feu à intervalles réguliers. C’est l’une des rares attractions du site qui ne coûte rien, et elle vaut l’arrêt même en visite rapide. Pensez à vérifier les dates d’ouverture si vous venez hors saison.

2. Une tête sculptée qui a brisé le silence

La Salle des Ambassadeurs, aussi appelée salle des têtes, possède un plafond à caissons orné de 194 têtes sculptées en bois. Il s’agit de portraits de personnages du XVIe siècle. La légende raconte que l’une d’elles prit la parole pour intercéder en faveur d’une veuve condamnée injustement. Le roi Sigismond, troublé, ordonna qu’on lui bâillonne la bouche. Une tête manque effectivement sur le plafond, et personne ne l’a remplacée depuis.

La salle fait partie des Chambres Royales, accessibles avec un billet séparé (environ 23 zł, soit un peu moins de 6 €). Prenez le temps de lever les yeux dès l’entrée dans la pièce. Le plafond est à 3 m au-dessus de vous, et l’effet est immédiat. En haute saison, réservez votre créneau horaire à l’avance pour éviter d’attendre.

3. Les tapisseries qui ont survécu en fuyant au Canada

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Le château du Wawel abrite 138 tapisseries flamandes commandées par Sigismond II Auguste au XVIe siècle. C’est l’une des plus grandes collections royales d’Europe. En septembre 1939, pour les soustraire aux nazis, elles sont évacuées en catastrophe via la Roumanie, la France, l’Angleterre, puis le Canada, où elles passent toute la guerre à Ottawa. Leur retour à Cracovie s’étale sur plusieurs années : les négociations diplomatiques entre la Pologne communiste et le Canada sont longues et difficiles. Les tapisseries ne regagnent le Wawel que progressivement, le gros du convoi arrivant en 1961 après 22 ans d’exil.

Aujourd’hui, ces Arrases sont exposées dans les Chambres Royales. Certaines mesurent plusieurs mètres de haut et couvrent des pans entiers de mur. C’est une anecdote sur le château du Wawel que beaucoup de visiteurs ne connaissent pas en entrant dans la salle et qui change le regard qu’on pose dessus. Le billet des Chambres Royales les inclut.

4. Les joyaux de la couronne fondus en pièces de monnaie

En 1795, après le troisième partage de la Pologne, les troupes prussiennes pillent le Trésor royal du Wawel. Couronnes, sceptres, orbes : tout est emporté à Berlin et fondu pour battre monnaie. Un seul objet échappe au massacre : le Szczerbiec, l’épée de couronnement des rois polonais depuis 1320. C’est aujourd’hui l’une des seules reliques royales médiévales polonaises encore intactes, exposée dans le Trésor de la Couronne.

Le billet pour le Trésor de la Couronne est séparé, autour de 30 à 35 zł selon la saison (environ 7 à 8 €). L’épée en elle-même est modeste à regarder, mais savoir ce qu’elle représente dans l’histoire du château royal du Wawel lui donne un poids particulier. Notre recommandation : documentez-vous un minimum sur le contexte avant d’entrer, ça fait toute la différence.

5. Un gouverneur nazi dans les appartements royaux

Château du Wawel Cacovie

Entre 1939 et 1945, Hans Frank, gouverneur général de la Pologne occupée, s’installe dans les appartements royaux du Wawel. Il fait restaurer certaines salles à son goût et dirige depuis le château l’administration d’un territoire sous occupation totale. Le contraste avec ce que le lieu représente pour les Polonais est difficile à ignorer quand on marche dans ces couloirs. C’est ici, dans ce symbole de l’identité nationale polonaise, que s’organisait l’occupation du pays.

Contrairement à Varsovie, rasée en grande partie lors du repli allemand, Cracovie et le Wawel sont préservés en janvier 1945. Cette préservation tient à plusieurs facteurs encore débattus par les historiens. La rapidité de l’avancée soviétique, la position géographique de la ville, et la désorganisation partielle de la retraite allemande ont tous joué un rôle. Le château a traversé la guerre dans un état de conservation remarquable, quelle qu’en soit la raison exacte. L’histoire est inconfortable, et c’est précisément pour ça qu’elle vaut d’être connue.

6. La cloche qui nécessite 12 personnes pour sonner

Coulée en 1520, la cloche de Sigismond (Dzwon Zygmunta) pèse environ 11 tonnes et se trouve dans la tour de la cathédrale du Wawel. Elle ne sonne que pour les grandes occasions nationales : élection d’un pape polonais, victoires militaires, funérailles d’État. Pour actionner le battant manuellement, il faut une douzaine de personnes. La croyance populaire veut que toucher ce battant avec la main gauche porte chance en amour.

On peut monter dans la tour avec le billet cathédrale pour voir la cloche de près et profiter d’une vue dégagée sur les toits de Cracovie. C’est un des points hauts accessibles en ville, et la montée est courte. Comptez quelques zlotys pour l’accès à la cathédrale, inclus dans un billet combiné avec les cryptes royales.

7. Le chakra que personne ne voit mais que tout le monde cherche

Cour intérieure du Château de Wawel Cracovie

Parmi les anecdotes insolites du château Wawel, celle-là détonne : selon une croyance ésotérique répandue en Pologne, la colline du Wawel abriterait l’un des sept chakras majeurs de la Terre, aux côtés de Jérusalem ou Delhi. Un point précis de la cour intérieure, près de la cathédrale, serait le foyer de cette énergie. Des visiteurs viennent régulièrement s’y appuyer les mains à plat sur la pierre pour « recharger ». L’endroit n’est pas signalé, mais il se repère à ceux qui s’y arrêtent les yeux fermés.

On ne tranche pas sur la véracité de la chose. Mais observer le manège est en soi une expérience de visite : des gens venus de toute l’Europe, en silence, les paumes contre la pierre d’un château royal polonais. C’est un des moments les plus étranges et les plus mémorables qu’on puisse vivre dans la cour du Wawel, et c’est totalement gratuit.

8. Les os géants à l’entrée de la cathédrale

À l’entrée de la cathédrale du Wawel, de gros ossements sont suspendus par des chaînes. La tradition populaire dit que ce sont des os de dragon. Il s’agit en réalité d’ossements de baleine, de mammouth et de rhinocéros laineux datant de l’ère glaciaire, retrouvés aux alentours de Cracovie. La légende locale précise que si ces os tombent, la fin du monde est proche. Ils tiennent depuis plusieurs siècles.

C’est l’une des curiosités du Wawel que presque tous les visiteurs passent devant sans s’arrêter. Prenez 30 secondes pour lever la tête en entrant : les ossements sont là, bien visibles, suspendus juste au-dessus du porche. Le contraste entre l’atmosphère solennelle de la cathédrale et ces reliques préhistoriques accrochées à l’entrée vaut à lui seul un regard.

9. Le panthéon inattendu sous la cathédrale

Château du Wawel, Cracovie

Crédit photo : Pierre Bougnol

La cathédrale du Wawel n’enterre pas que des rois. Sous ses voûtes reposent aussi des héros militaires comme Tadeusz Kościuszko, des poètes nationaux comme Adam Mickiewicz et Juliusz Słowacki, et le maréchal Józef Piłsudski. En 2010, après le crash de l’avion présidentiel à Smolensk, le président Lech Kaczyński et son épouse y sont inhumés, déclenchant un débat national profond et durable sur qui mérite d’être enterré ici. Le Wawel n’est pas qu’un musée : c’est un lieu où la Pologne continue de s’interroger sur elle-même.

Notez que les cryptes royales sont accessibles avec le billet cathédrale. Prévoyez un minimum de temps pour descendre et circuler entre les tombeaux. L’atmosphère est dense, les épitaphes sont en polonais et en latin, et chaque sépulture a sa propre histoire. C’est une des visites les plus chargées du site, dans le bon sens du terme.

10. Un château construit par des Italiens au cœur de la Pologne

Au début du XVIe siècle, un incendie ravage le château. Sigismond Ier charge des architectes venus de Florence de le reconstruire. Ce qui sort des travaux est une grande cour intérieure à triple galerie d’arcades, considérée comme l’une des plus belles cours Renaissance d’Europe centrale. On s’attend à un château gothique polonais, et on se retrouve dans quelque chose qui ressemble davantage à un palazzo florentin.

L’accès à l’enceinte du château est gratuit, et la cour intérieure est visible sans billet. C’est le meilleur endroit pour saisir l’identité architecturale du Wawel avant d’entrer dans les musées. Arrivez tôt le matin pour la voir sans foule : la lumière rasante sur les arcades à cette heure-là est l’un des meilleurs moments visuels que Cracovie peut offrir.

À travers ses anecdotes, le château du Wawel concentre 10 siècles d’histoire polonaise avec son lot de curiosités. Prévoyez au moins une demi-journée pour parcourir la totalité du site, réservez vos billets à l’avance, et commencez par la cour intérieure.

Plus d'inspiration

Depuis ma jeunesse, j'ai toujours été attiré par l'univers du tourisme et l'expérience de vivre à l'étranger. Alors, après avoir visité plus d'une trentaine de pays, j'ai décidé de m'installer dans un village au Sénégal en 2019 où j'ai la chance de vivre de ma passion pour les voyages.

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