Rhodes hors des sentiers touristiques : le quotidien des Rhodiens

avatar
Réservez vos activités à Rhodes Voir les offres

Rhodes attire plus de 2 millions de touristes par an pour une île de 1 401 km² et 115 000 habitants permanents. La vieille ville médiévale, classée Unesco, concentre l’essentiel de l’attention. Le reste de l’île, lui, continue de vivre. Ce texte ne parle pas des remparts ni de Lindos. Il parle du Rhodes et de sa vie locale, celle qui existe avant le lever du soleil sur les plages bondées et bien après la fermeture des boutiques à souvenirs.

La ville moderne, premier choc pour qui sort des remparts

Ville moderne de Rhodes

Crédit photo : Flickr – Ning Goldtranquil

Franchissez la porte d’Eleftherias vers le nord-ouest. Ên quelques mètres, vous passerez d’un décor médiéval à une ville grecque ordinaire du XXIe siècle. Neochori, est le quartier moderne qui s’étend au nord et au nord-ouest de la vieille ville. Il s’articule autour de ses artères à quatre voies, ses enseignes grecques, ses immeubles résidentiels des années 1970-1990, ses pharmacies, ses banques, ses aires de jeux. C’est ici que vivent et travaillent la grande majorité des Rhodiens, loin des calèches et des menus en 5 langues.

Regardez bien certaines façades de Neochori et des quartiers proches du centre administratif. L’occupation italienne entre 1912 et 1943 a laissé des bâtiments néoclassiques. Mais aussi des arcades et des immeubles à la géométrie sobre qui donnent à quelques rues un caractère inattendu. Ce n’est pas un quartier à « visiter » au sens classique. C’est une ville fonctionnelle, avec ses embouteillages le matin, ses écoles bruyantes à 8h30, et ses boulangeries qui vendent des koulouri chauds pour moins d’un euro.

Le café, institution nationale

Café traditionnel, Rhodes

Crédit photo : Flickr – angelikacorral

À Rhodes comme partout en Grèce, le café n’est pas un moment de la journée : c’est une activité autonome. Dès 8h du matin en été, les terrasses des cafés de quartier se remplissent de freddo espresso servis dans des verres avec de la glace pilée. Un freddo dans un café de Neochori tourne entre 2,50 et 3,50 €. Le même café sur le port de Mandraki ou dans la vieille ville dépasse facilement 5 à 6 €. La différence n’est pas dans le café, elle est dans le public visé.

Les kafeneia traditionnels existent encore, souvent occupés par des hommes plus âgés autour d’une partie de tavli (backgammon). Ces endroits ne cherchent pas à vous séduire : pas de panneau en anglais, pas de wifi affiché en vitrine. Les cafés modernes, fréquentés par les jeunes Rhodiens, fonctionnent différemment. La terrasse sert de bureau, de salon, de lieu de rendez-vous prolongé pendant 1 à 2h minimum. Commandez, installez-vous, et n’attendez pas qu’on vous presse de partir.

Faire ses courses loin des boutiques à souvenirs

Marché à Rhodes

Crédit photo : Flickr – Ian Jacka

Chaque quartier de Rhodes ville a son fourno, sa boulangerie de quartier qui sort le pain en milieu de matinée. Le marché hebdomadaire, la laïki agora, réunit producteurs locaux et habitants. Vous y trouverez fruits de saison, olives en vrac, fromage frais, herbes aromatiques, légumes du coin. C’est là que s’achètent les vrais produits de l’île à des prix normaux, pas dans les boutiques de la vieille ville qui vendent l’huile d’olive et le miel dans des emballages cadeaux à prix majoré.

Vous voulez ramener quelque chose de Rhodes qui a du sens ? Passez par un supermarché de quartier ou un épicier local. Le miel de thym du Dodécanèse, les câpres en saumure, les vins produits sur l’île sont des produits réellement fabriqués ici. Ce n’est pas du marketing : la viticulture et l’apiculture locales sont des activités agricoles actives à Rhodes. Évitez les conditionnements touristiques avec une illustration de l’Acropole d’Athènes, qui n’ont rien de rhodien.

La sieste, la mer, et le sens du temps

Plage peu fréquentée à Rhodes

Crédit photo : Flickr – Emilija Jovanovic

Entre 14h et 17h en été, une partie des commerces de quartier ferme. La ville ne s’endort pas complètement, mais elle ralentit clairement. Ce rythme n’est pas un vestige folklorique. Quand les températures dépassent régulièrement 35°C de juin à août, faire une pause méridienne est une décision logique. Les Rhodiens qui travaillent dans le tourisme, eux, n’ont pas ce luxe. Ils sont sur le pont 6 à 7 jours par semaine pendant 5 à 6 mois, sans sieste et souvent sans week-end. La haute saison nourrit l’île, mais elle l’épuise aussi.

La mer reste un recours quotidien pour les habitants, mais pas les plages bondées de Faliraki ou de Tsambika. La plage de Zefyros, au sud de la ville moderne, est une des plages de proximité fréquentées par les Rhodiens. Peu de transats payants, peu de touristes. Les locaux y arrivent avant 10h ou après 18h, quand la chaleur baisse et que les groupes sont repartis vers les buffets de leurs hôtels. Adoptez le même réflexe et vous verrez une plage différente.

Les tavernes de quartier, l’autre table

Plat gemista, Rhodes

Crédit photo : Flickr – Krini Constantinou

Un menu avec photos plastifiées à l’entrée et un serveur qui vous interpelle depuis le trottoir : fuyez. Ce n’est pas de l’élitisme, c’est du pragmatisme. Dans une taverne de quartier à Rhodes, un repas complet avec entrée, plat, carafe de vin et eau tourne entre 10 et 15 € par personne. Le même cadre dans la vieille ville ou sur le port monte facilement à 25-35 €, pour une cuisine souvent moins soignée.

Cherchez les restaurants avec une ardoise écrite à la main en grec, des clients qui se connaissent entre eux, et une salle sans décoration pensée pour Instagram. Demandez les pitaroudia : ce sont des beignets de pois chiches aux herbes aromatiques (menthe fraîche, oignons). Typiques de Rhodes, cette spécialité locale est à distinguer des plats grecs génériques que vous retrouvez partout en Grèce. Goûtez aussi les gemista (légumes farcis au riz et aux herbes) et le poisson du jour grillé, sans sauce ni artifice. C’est la cuisine qu’on mange ici depuis des décennies, pas une interprétation pour touristes.

La volta et la vie sociale du soir

Fête de village, panigyria

Crédit photo : Flickr – Peter Molz

La volta, la promenade du soir, n’est pas un concept inventé par les offices de tourisme. Les familles rhodiennes marchent effectivement en fin de journée, mais plutôt dans leurs propres quartiers résidentiels (Zefyros, Analipsi, Trianta). Elles s’écartent du port de Mandraki, qui reste très touristifié en saison. Les panigyria, fêtes de villages organisées autour des saints patrons, sont parmi les rares moments où la vie locale est réellement visible pour les voyageurs qui cherchent à découvrir Rhodes autrement.

Ces fêtes se tiennent entre juin et septembre dans les villages de l’intérieur de l’île : Archangelos, Embonas, Siana, Monolithos. Au programme : messe orthodoxe, musique traditionnelle grecque, danse, et nourriture partagée. Ces événements sont ouverts, personne ne vous chassera. Mais arrivez seul ou à deux, intégrez-vous discrètement, et évitez le groupe organisé avec guide et micro. La différence entre un voyageur qui observe et un touriste qui consomme se joue souvent là.

Hors saison, une autre île

Olives à Rhodes

Crédit photo : Flickr – Anaïs Nannini

En novembre, les saisonniers sont repartis sur le continent ou à l’étranger. Rhodes ville retrouve alors son volume normal. Le campus rhodien de l’Université de l’Égée, une institution multi-îles présente aussi à Lesbos, Chios ou Syros, ramène une vie étudiante qui anime les cafés et les bars de quartier pendant l’hiver, sans pour autant transformer l’île en ville universitaire.

Entre novembre et mars, les températures oscillent entre 10 et 16°C. Les hébergements sont moins chers, et les habitants ont du temps. Prévoyez des pluies fréquentes de novembre à février : c’est la période la plus humide de l’année. Ce n’est pas une saison morte mais plutôt une saison différente.

La période de la récolte des olives tombe aussi entre novembre et janvier. Les oliveraies de l’intérieur de l’île sont en activité, et certains producteurs acceptent de montrer leur travail. Les sentiers de randonnée sur les collines de l’arrière-pays deviennent praticables sans souffrir de la chaleur. La pêche côtière artisanale continue. Pour un voyageur qui veut comprendre la vie quotidienne à Rhodes hors saison plutôt que simplement parcourir l’île sous le soleil d’août, mars ou novembre offrent un accès à une île que la haute saison efface presque complètement.

Rhodes compte une vie locale active qui travaille et mange loin des remparts médiévaux. Commencez par Neochori, un freddo à 3 € et une ardoise en grec, et vous verrez que l’île a un tout autre visage.

Plus d'inspiration

Depuis ma jeunesse, j'ai toujours été attiré par l'univers du tourisme et l'expérience de vivre à l'étranger. Alors, après avoir visité plus d'une trentaine de pays, j'ai décidé de m'installer dans un village au Sénégal en 2019 où j'ai la chance de vivre de ma passion pour les voyages.

0 Commentaire(s)
Laisser un commentaire

Votre voyage - Rhodes

Generation Voyage Logo
Se connecter
Mot de passe oublié ?

Pas encore de compte ?

Generation Voyage Logo
Réinitialiser votre mot de passe

Créer un compte | Se connecter

Generation Voyage Logo
Réinitialiser votre mot de passe

Créer un compte | Se connecter

Generation Voyage Logo