Budapest pas cher : que voir, que faire ?

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Un ticket de métro à Budapest coûte 500 forints, soit environ 1,20 €. Un lángos, la galette frite typique, revient à 3-5 €. Une entrée aux thermes tourne autour de 12 à 30 € selon l’établissement. Budapest est l’une des capitales européennes où le budget ne dicte pas vraiment ce qu’on fait. Cet article couvre les visites gratuites, les activités qui valent l’investissement, et celles qu’on peut éviter sans rien rater.

Se déplacer pour presque rien

Tramway, Budapest

Crédit photo : Wikimédia – Steve Morgan

Le réseau de transport budapestois est dense, fiable et sous-utilisé par les voyageurs qui préfèrent les taxis. Le ticket unitaire est à environ 500 HUF (1,20 €), le pass 72h à environ 3 500 HUF (8,50 €). Il se rentabilise dès le premier jour si vous bougez un minimum. À ne pas manquer : le tramway ligne 2, qui longe la rive de Pest face au Parlement et à la colline de Buda. C’est la plus belle ligne de la ville, et ça coûte le prix d’un ticket ordinaire. Oubliez la croisière payante si le budget est serré, ce tramway fait une bonne partie du travail.

La monnaie locale est le forint (HUF). Ne changez pas à l’aéroport ni à l’hôtel, les taux sont mauvais. Préférez les bureaux de change en ville ou une carte sans frais de change comme Revolut ou Wise pour payer directement en forints. Pour rejoindre le centre depuis l’aéroport, le bus 100E dessert directement le centre toutes les 10 min en journée pour environ 5,50 €. C’est largement suffisant.

Le Parlement depuis les quais

Parlement de Budapest

Shutterstock — Yevhenii Chulovskyi

La façade du Parlement côté Danube est gratuite à regarder. Et elle suffit à comprendre pourquoi c’est l’image de la ville. Construit entre 1885 et 1902 dans un style néo-gothique, c’est l’un des plus grands bâtiments parlementaires du monde. La meilleure position pour l’observer : la rive opposée, côté Buda, en fin d’après-midi quand la lumière frappe directement la façade dorée. Comptez une vingtaine de minutes de marche depuis le Bastion des Pêcheurs pour rejoindre ce point de vue.

La visite intérieure existe et donne accès à la salle du dôme et aux joyaux de la couronne hongroise. Elle est payante (environ 6 500 HUF, soit 15 € pour les ressortissants européens). Réservez à l’avance sur le site officiel du Parlement hongrois car les créneaux partent vite. Ce n’est pas indispensable sur un séjour petit budget à Budapest, mais si l’histoire hongroise vous intéresse, ça vaut le détour. Sinon, les quais et la rive opposée offrent déjà tout ce qu’on vient chercher ici.

Les chaussures au bord du Danube

Le Mémorial des chaussures en bord du Danube à Budapest

Shutterstock — Sebastiano Photography

Juste au sud du Parlement, sur les berges de Pest, une soixantaine de paires de chaussures en bronze sont scellées dans la pierre. Ce mémorial rappelle les exécutions commises par la milice des Croix Fléchées pendant la Seconde Guerre mondiale. Les victimes juives étaient forcées de retirer leurs chaussures avant d’être fusillées au bord du Danube. L’accès est gratuit, le mémorial est visible à toute heure. Les faits parlent d’eux-mêmes.

La Hongrie faisait partie de l’Axe. Entre 550 000 et 600 000 Juifs hongrois ont péri pendant la guerre, dont environ 440 000 déportés vers Auschwitz entre mai et juillet 1944, en moins de 2 mois. Ce mémorial s’enchaîne naturellement avec une visite du quartier juif, à 15-20 min à pied vers le sud-est. Prévoyez un moment calme pour le voir, pas en passant entre deux visites. Le matin tôt ou en soirée, la lumière rase et la quiétude des quais changent vraiment l’atmosphère de l’endroit.

La colline de Buda : château, bastion, coucher de soleil

Le Bastion des Pêcheurs à Budapest

Shutterstock – ZGPhotography

La colline de Buda est en travaux depuis plusieurs années. Certains bâtiments sont encore inaccessibles ou défigurés par les palissades. Malgré ça, deux sites valent le déplacement. Le Bastion des Pêcheurs offre l’une des vues les plus directes sur le Parlement et le Danube depuis ses 7 tourelles néo-romanes. Astuce : certaines zones sont payantes en journée (environ 1 200 HUF), mais l’accès devient gratuit après 20h en été et en hiver. Les cours extérieures du Palais Royal, qui abrite la Galerie nationale hongroise et le Musée de Budapest, sont accessibles sans frais pour votre budget depuis les terrasses.

Pour monter, évitez le funiculaire : il est lent et payant (environ 4 500 HUF aller-retour). La montée à pied par les escaliers prend moins de 15 min depuis les quais. Arrivez en milieu d’après-midi et flânez entre les deux sites. Attendez le coucher du soleil depuis le bastion pour voir Budapest s’illuminer progressivement. Le week-end en haute saison, le bastion est bondé en journée. Misez sur la soirée pour profiter du lieu sans la foule.

Le quartier juif et les ruin bars

Ruin bars à Budapest

Shutterstock — Albertolpzphoto

Le 7e arrondissement se visite sous deux angles qui ne s’excluent pas. L’histoire d’abord : c’est l’édit de tolérance de Joseph II en 1783 qui a permis à la communauté juive de s’installer librement à Pest. La Grande Synagogue de la rue Dohány est la plus grande d’Europe, avec une capacité de 3 000 personnes. La visite est payante (environ 6 000 HUF). Elle inclut un musée et un mémorial, et vaut l’investissement si le sujet vous touche. Plusieurs mémoriaux sont accessibles gratuitement dans les rues alentour.

La vie actuelle du quartier est portée par les ruin bars. Il s’agit d’établissements ouverts dans des immeubles abandonnés reconvertis avec une décoration délibérément chaotique. Le Szimpla Kert est le plus connu : entrée gratuite, clientèle aujourd’hui très majoritairement touristique. Pour le voir sans la foule du week-end soir, passez en fin d’après-midi. Le street art dans les rues adjacentes se découvre à pied, sans dépenser un forint. Programmez une demi-journée pour explorer le quartier correctement, ou une soirée complète si vous voulez enchaîner avec plusieurs bars.

Les bains thermaux : combien et lesquels

Les bains, c’est l’expérience centrale à Budapest quel que soit votre budget. Mais les prix varient du simple au double selon l’établissement. Széchenyi, le grand complexe néo-baroque jaune dans le parc Városliget, propose 3 bassins extérieurs chauffés entre 30 et 38°C et 15 bassins intérieurs. L’entrée tourne autour de 25-30 €, à réserver à l’avance sur leur site officiel, surtout le week-end. Les bains Gellért affichent des tarifs similaires dans un cadre art nouveau plus élaboré. Les deux sont bien, mais les deux sont touristiques.

Pour un séjour petit budget à Budapest qui veut quand même l’expérience thermale, les bains Rudas sont notre recommandation. Moins fréquentés par les touristes, ils proposent un bassin sur le toit avec vue sur le Danube et des tarifs autour de 12-15 € en semaine. Apportez des tongs et un bonnet de bain (obligatoire dans certains bassins). Évitez le week-end en pleine journée dans tous les établissements, la fréquentation rend l’expérience nettement moins agréable. Les plus de 65 ans ressortissants de l’UE bénéficient de l’entrée gratuite dans les bains municipaux.

Parc Városliget et château de Vajdahunyad

Château de Vajdahunyad vu depuis l'eau

Shutterstock — Farkasb

Le parc Városliget est un espace vert gratuit à 20 min à pied du centre. Il concentre plusieurs sites intéressants sans débourser grand-chose. À l’entrée, la Place des Héros (Hősök tere) est encadrée par deux colonnades avec les statues des héros nationaux hongrois. L’accès à la place et au parc est entièrement gratuit. Deux musées la bordent (Musée des Beaux-Arts, Műcsarnok) si vous voulez passer à l’intérieur.

Au fond du parc, le château de Vajdahunyad mérite l’arrêt. Construit en bois pour l’exposition du millénaire de 1896, le bâtiment devait rester temporaire. Les visiteurs refusèrent pourtant de le voir disparaître. On le reconstruisit donc en dur pour conserver cette architecture originale. Le bâtiment mélange volontairement les styles roman, gothique et Renaissance. Il reconstitue ainsi l’architecture hongroise à travers les âges. Les autorités l’avaient commandé pour célébrer les mille ans d’histoire du pays.

L’accès à la cour est gratuit. La statue de l’Anonymus, le chroniqueur médiéval dont personne ne connaît l’identité réelle, trône au milieu. En hiver, le lac se transforme en patinoire. Le musée hongrois de l’agriculture à l’intérieur est dispensable. Redescendez ensuite à pied le long de l’avenue Andrássy, classée au patrimoine de l’Unesco.

Manger hongrois sans se ruiner

langos

Shutterstock — Pozhar_s

Le lángos est la valeur sûre : une galette de pâte frite garnie de crème aigre et de fromage fondu pour 3 à 5 €. Le kürtőskalács (gâteau cheminée), cette pâtisserie cylindrique caramélisée, revient deux fois moins cher dans les kiosques de rue hors zones touristiques que près des sites. Pour les repas assis, cherchez les cantines qui affichent un napi menü, le menu du jour. Vous pourrez commander une soupe plus plat pour 5 à 8 €. Deux ou trois rues en retrait de Váci Utca, l’artère touristique principale, les prix chutent sensiblement.

Les plats à connaître : le gulyás (une soupe, pas un ragoût, au bœuf et paprika, originellement un plat de cowboys de la Grande Plaine). Le pörkölt (le vrai ragoût mijoté, servi avec des pâtes nokedli) et le poulet au paprika. Le Grand Marché couvert (Nagycsarnok) est agréable à parcourir. L’entrée est gratuite, et on peut grignoter au rez-de-chaussée. Les restaurants à l’étage sont orientés touristes, les prix le reflètent. Pour le vin, l’Egri Bikavér en rouge et le Tokaj Aszú en blanc moelleux, premier vignoble classé d’Europe avant Bordeaux, s’achètent en supermarché pour quelques euros. Pas besoin de restaurant pour les goûter.

Ce qui vaut l’investissement (et ce qui peut attendre)

Notre recommandation sans hésiter : les bains thermaux. Même sur un petit budget, c’est le cœur de l’expérience à Budapest. Choisissez les Rudas si Széchenyi dépasse votre enveloppe. La croisière courte sur le Danube (à partir de 9-11 € via des opérateurs locaux hongrois) change vraiment le point de vue sur la ville. Cela reste abordable, surtout si le tramway ligne 2 ne suffit pas à votre appétit de Danube. La Budapest Card, disponible à partir de 24h, couvre transports, plusieurs musées et les thermes Lukács. Calculez si votre programme inclut plusieurs musées, elle peut être rentable sur 2-3 jours.

Ce qu’on peut zapper sans regret : le funiculaire vers la colline de Buda (l’escalier est gratuit et plus rapide). Les visites guidées payantes (les free tours en français existent et sont de qualité correcte). Et les croisières avec dîner et musique live (belles sur le papier, autour de 110 € par personne, pas obligatoires). La montée dans la coupole de la basilique Saint-Étienne (environ 5 €) offre une belle vue sur la ville. C’est une option honnête si le Bastion ne suffit pas. La visite intérieure du Parlement, elle, est à envisager uniquement si l’histoire hongroise vous intéresse vraiment.

Entre le tramway à 1,20 €, les thermes à partir de 12 € et les rues du 7e arrondissement entièrement gratuites, Budapest livre l’essentiel de ce qu’elle a à offrir sans forcer le budget. Commencez par vous rendre sur les quais de la capitale hongroise.

Plus d'inspiration

Depuis ma jeunesse, j'ai toujours été attiré par l'univers du tourisme et l'expérience de vivre à l'étranger. Alors, après avoir visité plus d'une trentaine de pays, j'ai décidé de m'installer dans un village au Sénégal en 2019 où j'ai la chance de vivre de ma passion pour les voyages.

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