10 anecdotes à connaître sur Top of the Rock
70 étages, une vue directe sur l’Empire State Building, et une histoire que presque personne ne connaît. Le Top of the Rock à New York mérite mieux qu’un simple coup d’œil depuis les terrasses. Voici 10 anecdotes sur le Top of the Rock qui changeront votre façon de voir cet observatoire new-yorkais.
1. Un observatoire conçu comme un paquebot de luxe

Crédit photo : Wikipedia – Daniel Schwen
En 1933, quand le Top of the Rock ouvre ses portes, les terrasses sont pensées comme les ponts d’un transatlantique. Chaises longues, parasols, promenades en hauteur : l’architecte Raymond Hood s’inspire délibérément des grands liners qui traversent l’Atlantique à la même époque. D’autres éléments comme les finitions en acajou, les touches de chrome, et les espaces étagés imitent les différents ponts d’un navire.
Cette logique de « ponts superposés » est encore lisible aujourd’hui dans la structure des 3 niveaux d’observation. Ce n’est pas un hasard si les terrasses s’enchaînent à des hauteurs différentes plutôt que de former une seule plateforme. C’est un choix architectural délibéré, inspiré de l’ère des grands voyages en mer.
2. Il a fermé ses portes pendant près de 20 ans
En 1986, l’observatoire ferme pour travaux. La raison officielle : une rénovation du Rainbow Room, le restaurant historique juste en dessous. Ce qui devait durer quelques mois s’étire sur 2 décennies, entre changements de propriétaires, tergiversations financières et projets abandonnés. Le Top of the Rock ne rouvre qu’en 2005, après une refonte complète du site.
L’ironie est réelle : pendant près de 20 ans, l’un des points de vue les plus convoités de Manhattan a été totalement inaccessible. Une génération entière de New-Yorkais et de visiteurs n’a jamais pu y monter. Ce que vous visitez aujourd’hui est donc, dans les faits, un observatoire qui a moins de 20 ans d’exploitation continue.
3. Gregory Peck y a bossé comme guide
Dans les premières années, des jeunes guides surnommés « Ask Me » répondaient aux questions des visiteurs depuis les terrasses. Leur rôle : identifier les bâtiments visibles, repérer les bateaux dans le port, indiquer quels spectacles tournaient à Broadway. Un service de médiation en direct, à 70 étages de hauteur. Parmi ces guides étudiants se trouvait Gregory Peck, avant qu’il ne décroche l’Oscar du meilleur acteur en 1963 pour Du silence et des ombres.
Cette anecdote sur le Top of the Rock change un peu la façon de regarder les terrasses. L’endroit a servi de boulot alimentaire à l’un des acteurs les plus respectés de Hollywood. Rien d’extraordinaire à l’époque, juste un job d’étudiant au-dessus de Manhattan.
4. La photo la plus connue de la construction était un coup de com’

Wikimedia – New York herald tribune
Lunch atop a Skyscraper, 1932 : 11 ouvriers déjeunent sur une poutre dans le vide, sans harnais apparent, à plusieurs centaines de mètres de hauteur. La photo est réelle, mais la scène a été organisée délibérément pour promouvoir le chantier du Rockefeller Center. La poutre se trouvait autour du 69e étage, là où se trouve aujourd’hui l’attraction The Beam, qui rejoue directement cette mise en scène.
C’est donc à la fois un document historique authentique et une opération de communication parfaitement maîtrisée. Les ouvriers étaient bien là, le chantier aussi. Mais personne ne déjeunait dans le vide par hasard : un photographe et une logistique précise étaient au rendez-vous.
5. Il a été construit en pleine Grande Dépression
Le projet démarre juste après le krach de 1929. John D. Rockefeller Jr. maintient les plans coûte que coûte, en partie par obligation contractuelle envers Columbia University (propriétaire des terrains), mais aussi par calcul politique. Au pic du chantier, le Rockefeller Center emploie jusqu’à 40 000 personnes dans une ville ravagée par le chômage.
Cette anecdote sur le Top of the Rock modifie la lecture du bâtiment. S’y rendre, c’est monter au sommet d’un projet construit contre vents et marées économiques, dans une Amérique en crise profonde. La prouesse n’est pas seulement architecturale : elle est aussi financière et sociale.
6. C’est le seul observatoire d’où on voit l’Empire State Building en face

Crédit photo : Flickr –
DeShaun Craddock
Le paradoxe est simple : depuis l’Empire State Building, on ne peut évidemment pas voir l’Empire State Building. Depuis le One World Trade Center, il est trop loin vers le sud. Depuis l’Edge, à Hudson Yards, il est de côté. Depuis le Top of the Rock, l’Empire State Building est là, en plein centre du panorama, à quelques centaines de mètres seulement.
C’est pour cette raison que les terrasses comptent parmi les spots photo les plus courus de New York. La vue vers le nord offre par ailleurs la meilleure perspective sur Central Park accessible depuis un observatoire de Midtown. Deux arguments visuels uniques sur un seul site.
7. Un lustre de 600 fils de cristaux en forme de bâtiment inversé
Dans le hall d’entrée, le lustre « Joie Crystal Water Fall » fait plus de 10 m de haut. Il est composé de 600 fils de cristaux Swarovski. Sa forme n’est pas décorative au hasard : il s’agit d’une réplique inversée du 30 Rockefeller Plaza vu depuis le dessus, suspendue au plafond comme un reflet vertical du bâtiment lui-même.
La majorité des visiteurs le traverse sans s’arrêter, pressés de rejoindre l’ascenseur. Prenez 30 sec pour lever les yeux avant de monter. C’est un des détails les plus soignés du site, et l’un des moins regardés.
8. L’ascenseur monte 213 mètres en moins d’une minute
Le Sky Shuttle faisait partie des ascenseurs les plus rapides du monde lors de son installation. Plafond de verre, jeu de lumières LED pendant la montée : la cage elle-même fait partie de l’expérience. Au 67e étage, avant d’accéder aux terrasses, un mur entier de géodes en cristal coloré Swarovski (la Radiance Wall) attend la majorité des visiteurs qui passent devant sans s’y arrêter.
C’est une autre particularité que les gens pressés ratent systématiquement. Le site a clairement misé sur une expérience de visite complète, de l’entrée au sommet. Ralentissez un peu le rythme : les ascenseurs et les couloirs font partie du lieu, pas seulement les terrasses.
9. Le 70e étage est totalement ouvert, sans vitres ni grillages
Les 3 niveaux du Top of the Rock ne se ressemblent pas. Le 67e est majoritairement intérieur. Le 69e est extérieur mais bordé de parois vitrées. Quant au 70e étage, il est entièrement ouvert : aucune vitre, aucun grillage, vent direct, ciel à 360 degrés. C’est rare pour un observatoire à cette hauteur à Manhattan, où la plupart des concurrents ont des protections pour des raisons d’assurance.
Pour les photographes : les trépieds standards sont interdits sur les terrasses, mais les mini-trépieds de moins de 20 cm sont tolérés. Prévoyez-le si vous montez en heure bleue ou de nuit.
10. Deux attractions rejouent des scènes historiques réelles
The Beam est une poutre métallique qui s’élève de quelques mètres au-dessus du 69e étage, avec harnais et photo souvenir à la clé. Elle rejoue directement la mise en scène de 1932. Skylift, lui, est une nacelle tournante qui monte l’équivalent de 3 étages supplémentaires au-dessus du 70e, avec plancher transparent en option. Les 2 sont payants en supplément : environ 25 $ pour The Beam, 35 $ pour Skylift.
Ces ajouts récents renforcent l’histoire du lieu plutôt que de simplement l’embellir. The Beam renvoie à la photo de construction, Skylift pousse plus haut l’idée originale des terrasses de 1933. Les attractions peuvent valoir le détour selon votre profil : frisson garanti pour les uns, gadget touristique superflu pour les autres.
Le Top of the Rock, c’est bien plus qu’une simple vue sur l’Empire State Building : c’est un siècle d’histoires et d’anecdotes superposées, étage par étage.
