
Naples offre des randonnées spectaculaires entre terre et mer, du sentier des Dieux sur la côte amalfitaine aux cratères fumants du Vésuve. Les chemins anciens traversent vignobles en terrasses, villages perchés et maquis méditerranéen parfumé. Le climat doux permet de randonner presque toute l'année, avec des panoramas embrassant le golfe turquoise et les îles. Privilégier le printemps ou l'automne pour éviter la chaleur estivale sur les sentiers côtiers exposés, et partir tôt le matin pour profiter de la lumière rasante sur la baie.
Autour de Naples, les sentiers alternent entre pentes volcaniques, crêtes calcaires et côtes où le maquis plonge vers la mer. Les chemins restent accessibles presque toute l’année, avec des nuances selon la chaleur ou l’humidité. Ce guide rassemble les itinéraires les plus typiques du territoire, depuis les coulées anciennes du Vésuve jusqu’aux corniches de la péninsule sorrentine, chacun avec son ambiance et son rythme. Idéal pour repérer les meilleures randonnées autour de Naples lorsqu’on prépare un séjour entre Vésuve, côte amalfitaine et Campi Flegrei.
La montée au Gran Cono démarre depuis le parking d’altitude de Quota 1000, accessible en navette depuis Ercolano et en train depuis Naples via la Circumvesuviana. L’ascension demande environ 1 h 30 aller-retour pour 150 m de dénivelé positif. Le sentier, taillé dans la cendre compactée, reste praticable même si les chaussures fermées s’imposent quand le vent soulève la poudre noire. Les parois du cratère passent du jaune soufré au rouge brique selon l’humidité, tandis que les fumerolles rappellent que le volcan surveille toujours le golfe.
Au sommet, la vue descend sur Pompéi, Torre del Greco et toute la baie jusqu’à Capri. Les gardiens racontent volontiers l’éruption de 1944, dernière colère du géant, dont les coulées noircissent encore le versant est. Le printemps apporte genêts en fleurs et air transparent, bien préférable à la brume estivale qui monte des quartiers côtiers. Par beau temps, on achète le billet sur place sans réservation, sauf en juillet-août où mieux vaut anticiper.
Le Sentiero degli Dei part de Bomerano, hameau d’Agerola accessible en bus SITA depuis Amalfi (bondés l’été, pensez aux horaires du matin). Le parcours jusqu’à Nocelle déroule 3 bonnes heures avec environ 600 m de dénivelé entre montées et descentes, sur dalles calcaires que les bergers empruntaient jadis pour rejoindre les villages maritimes. Les genévriers s’accrochent aux parois verticales, le fenouil sauvage embaume dès qu’on froisse une feuille, et la mer se découpe entre chaque lacet.
La lumière rasante du matin sculpte les reliefs de Positano et Praiano en contrebas, spectacle particulièrement net en automne quand l’air sèche après les premières pluies. Aucune fontaine sur le parcours, juste quelques troupeaux de chèvres près des bergeries en pierre. Depuis Nocelle, soit on remonte en bus, soit on pique vers Positano par un escalier interminable qui achève les genoux mais traverse les jardins de citronniers. À l’arrivée à Agerola, le fiordilatte encore tiède mérite amplement l’effort.
Le Monte Faito domine Castellammare di Stabia, accessible en téléphérique quand il fonctionne (souvent fermé des mois pour maintenance, vérifier avant) ou par la route tortueuse depuis Vico Equense. Plusieurs boucles serpentent dans la hêtraie centenaire, dont celle vers la Croce di Faito : 2 h 30, 350 m de dénivelé, sous des voûtes de feuillage qui gardent la fraîcheur même en juillet. Les troncs tordus racontent les vents d’hiver, tandis que le sous-bois exhale l’humus et les champignons après la pluie.
Depuis les crêtes dégagées, tout le golfe s’ordonne : Sorrente, Capri, le Vésuve alignés comme sur une carte postale. La Malga Faito, vieille auberge rustique, propose un arrêt bienvenu entre deux montées. Le printemps et l’automne offrent la meilleure lumière, sans la brume qui noie parfois le sommet en milieu de journée. Les châtaignes jonchent le sol en octobre, ramassées par les familles locales qui perpétuent une tradition séculaire.
La Riserva degli Astroni, cratère boisé endormi au cœur des Campi Flegrei, se rejoint en train Cumana depuis Naples puis bus ou courte marche. Le sentier principal fait le tour du fond de caldeira en 2 h, facile, à travers leccio et macchia mediterranea qui ont colonisé les pentes depuis l’extinction. Trois petits lacs occupent le plancher, refuge pour hérons et canards sauvages que les Bourbons venaient chasser depuis leur pavillon encore debout près de l’entrée.
Les parois du cratère montent doucement, tapissées de pins domestiques plantés au XIXe siècle pour stabiliser le terrain. L’atmosphère diffère totalement du chaos urbain de Pozzuoli à deux kilomètres : silence, fraîcheur, parfums de résine et de myrte. L’accès est réglementé (réservation obligatoire certains jours), mais cette préservation garantit une quiétude rare. Les Grecs anciens considéraient toute cette zone comme l’entrée des Enfers, impression compréhensible quand on connaît les fumerolles et cratères voisins.
La randonnée de Punta Campanella débute à Termini, hameau de Massa Lubrense accessible en bus depuis Sorrente. Le sentier épouse l’ancienne voie romaine qui menait au sanctuaire de Minerve (Athéna pour les Grecs avant eux), dressé à l’extrémité rocheuse de la péninsule. Environ 2 h aller-retour pour 180 m de dénivelé, entre murs en pierre sèche et terrasses d’oliviers abandonnées. La mer apparaît des deux côtés, Tyrrhénienne au nord et golfe de Salerne au sud, sensation insulaire unique dans la région.
L’air chargé d’iode et de parfums de ciste accompagne chaque pas, tandis que Capri semble si proche qu’on distingue les maisons d’Anacapri accrochées au Monte Solaro. Le printemps couvre les rochers de fleurs jaunes et mauves, l’été impose chapeau et départ matinal tant le soleil tape sur les dalles calcaires. Après la pluie, quelques passages deviennent glissants mais rien de technique. Les pêcheurs locaux connaissent chaque recoin de cette pointe stratégique, autrefois surveillée contre les raids sarrasins.
Le Monte Somma forme le demi-cercle nord du complexe Vésuve-Somma, vestige de l’ancienne caldeira effondrée lors de l’éruption de 79. Depuis Ottaviano (train depuis Naples), le Sentiero n°9 plonge dans la Valle del Gigante, 3 h de marche, 450 m de dénivelé à travers châtaigneraies centenaires et coulées pétrifiées. L’ambiance diffère radicalement du Gran Cono touristique : austère, silencieuse, presque mystique quand la brume s’accroche aux troncs moussus.
La vue sur le bord interne de la caldeira révèle la violence des éruptions passées, strates de cendre et de lave empilées comme un livre géologique ouvert. Quelques tronçons raides réclament des bâtons et du souffle, tandis que l’automne tapisse le sol de feuilles glissantes. Mi-saison reste idéale, quand l’air limpide permet d’observer le Vésuve sous un angle inédit, depuis les entrailles mêmes de son ancêtre. Les sangliers ont repeuplé la forêt, leurs traces marquent les sentiers boueux après pluie.
Cette vallée humide se rejoint depuis Amalfi (bus ou bateau depuis Sorrente et Naples) par un chemin qui longe les canaux des anciennes cartiere, papeteries médiévales qui firent la réputation de la république maritime. L’itinéraire déroule 3 h aller-retour, 250 m de dénivelé dans une végétation presque subtropicale où l’eau ruisselle en permanence. Les mousses recouvrent chaque roche, les fougères géantes (dont la rare Woodwardia radicans, relique préhistorique) déploient leurs frondes près des cascades.
Le bruit de l’eau accompagne chaque pas, obsédant et rafraîchissant à la fois. L’atmosphère contraste violemment avec la chaleur sèche des plages proches, changement apprécié quand le soleil cogne trop fort sur la côte. Le sentier reste praticable toute l’année sauf après fortes pluies qui transforment le fond en torrent boueux. Les escaliers irréguliers taillés dans la roche exigent de l’attention mais rien de technique. Au retour, les limoncello frappés des bars d’Amalfi récompensent l’effort.
Le Sentiero delle Creste court sur la ligne de crête des Monti Lattari, épine dorsale de la péninsule sorrentine entre Agerola et Positano. Plusieurs variantes existent, la plus spectaculaire reliant le Monte San Michele au Monte Sant’Angelo à Tre Pizzi (1444 m, point culminant). Compter 5-6 h, 800 m de dénivelé, niveau confirmé. Les crécerelles planent dans les thermiques tandis que les lézards verts filent entre les pierres chaudes.
La vue embrasse simultanément golfe de Naples et golfe de Salerne, sensation vertigineuse renforcée par les à-pics vertigineux de part et d’autre. Le printemps peint les alpages de couleurs vives, l’automne apporte une lumière dorée incomparable. Quelques tronçons exposés exigent le pied sûr et la tête froide, déconseillés par vent fort ou brouillard. Les bergers traversent encore ces hauteurs avec leurs troupeaux, perpétuant des chemins tracés avant les Romains. Les agriturismi d’Agerola accueillent volontiers les randonneurs affamés au retour.
Le Monte Epomeo, sommet d’Ischia à 789 m, se gravit depuis Fontana (bus depuis les ports de l’île, elle-même accessible en ferry rapide depuis Naples). La montée classique prend 1 h 30, 400 m de dénivelé sur sentier rocailleux qui se transforme en escalier taillé dans le tuf vert près du sommet. Ce tuf tendre a permis de creuser une petite église et un ermitage directement dans la roche, encore visibles près de la croix sommitale.
Du haut, tout l’archipel campanien se déploie : Procida, Capri, la péninsule sorrentine, le Vésuve et par temps clair jusqu’aux montagnes du Cilento au sud. Les vignes en terrasses descendent sur tous les versants, produisant les vins blancs dont Ischia reste fière. Le départ matinal évite la chaleur et garantit la lumière la plus nette, tandis que le coucher de soleil attire les romantiques (prévoir lampe frontale pour redescendre). La trattoria de Fontana récompense l’effort avec son coniglio all’ischitana, recette locale mijotée au vin blanc et tomates.