Budapest : les souvenirs qui valent le coup
À Budapest, les stands de la rue Váci débordent de souvenirs mais la plupart viennent de Chine. Pourtant, les bonnes adresses existent, il faut juste savoir où chercher. Paprika de qualité, pálinka artisanale, broderies Matyó cousues à la main ou Rubik’s Cube original… Voici ce qui vaut vraiment la peine d’être rapporté de Budapest, et ce qu’il vaut mieux laisser sur l’étagère.
Le paprika, le salami et tout ce qui rend service en cuisine

Crédit photo : Flickr – Adam Fagen
Le paprika hongrois existe en trois versions : doux (édes), fort (csípős) et fumé. Privilégiez les boîtes en métal ou les sachets scellés sous marque Kalocsai ou Szegedi. Surtout, évitez les petits pots à étiquettes criardes empilés près des caisses. Le salami Pick de Szeged, vendu sous vide, s’emporte sans problème en cabine et tient plusieurs semaines. Comptez 3 à 5 € le paquet, contre le double sur les étals touristiques.
Pour les condiments, trois références sont à retenir. Erős Pista est une purée de piment très relevée une cuillère suffit vraiment). Piros Arany est une pâte de paprika douce qui passe partout. Et le Gulyáskrém, en tube, est une base de goulash directement utilisable. Tous ces produits typiques à ramener de Hongrie se trouvent au Grand Marché Central, au rez-de-chaussée uniquement. L’étage est envahi par les stands touristiques avec des prix gonflés. En alternative honnête, un Spar ou un ABC du centre-ville propose exactement les mêmes produits.
Pálinka et vins : ce qui mérite une place dans la valise

Crédit photo : Wikimédia – Michal Osmenda
La pálinka est l’eau-de-vie nationale, distillée à partir de fruits : abricot (barack), prune (szilva), poire (körte) ou cerise (meggy). Le degré oscille entre 40 et 50 %. Les bouteilles fantaisie vendues sur les marchés en plein air ne garantissent ni l’origine ni la qualité. Passez plutôt par un caviste ou une boutique spécialisée. La chaîne Bortársaság dispose d’une quinzaine d’adresses à Budapest et sélectionne des producteurs sérieux.
Pour le vin, le Tokaji aszú reste la référence internationale la plus connue. Le Furmint en version sèche gagne aussi en reconnaissance depuis une quinzaine d’années. Pour le Tokaji aszú, les étiquettes mentionnent désormais des dénominations comme « Late Harvest » ou « Aszú » sans affichage systématique des puttonyos, suite aux réformes de l’appellation Tokaj.
L’Egri Bikavér, rouge sec de la région d’Eger, mérite aussi qu’on s’y intéresse. L’Unicum, liqueur d’herbes amère en bouteille ronde reconnaissable, se trouve partout, y compris au duty-free de l’aéroport. Attention en cabine : les liquides en bouteille de plus de 100 ml passent uniquement en soute ou en duty-free après le contrôle.
Artisanat : comment ne pas se faire avoir

Crédit photo : PxHere
Les broderies traditionnelles hongroises se déclinent en deux styles : le Matyó, dense et coloré, et le Kalocsa, floral et lumineux. Nappes, coussins, chemins de table : le choix est large. Pour distinguer le fait main du mécanisé, retournez le tissu. Une broderie artisanale présente des irrégularités à l’envers, des fils noués à la main et une légère variation dans les motifs. Si c’est trop régulier et trop parfait, c’est industriel.
Évitez les boutiques de la rue Váci. Pour un artisanat hongrois authentique à Budapest, visez Folkart Kézművesház. C’est dans le centre de Pest, à deux pas de Váci, avec une sélection d’artisans locaux. Pour la porcelaine, Herend (peinte et dorée à la main, haut de gamme, avec une boutique officielle à Budapest) et Zsolnay (manufacture basée à Pécs, reconnaissable à ses émaux irisés appelés éosine) sont les deux références.
Privilégiez les petites pièces, coupelles ou miniatures, plus faciles à transporter et moins risquées en soute. Les boîtes en bois à mécanisme secret (titkos doboz) sont aussi une option légère et solide, à condition de les acheter chez un artisan ou une boutique dont vous avez vérifié l’origine.
Le Rubik’s Cube : le souvenir hongrois qu’on oublie toujours

Crédit photo : Wikimédia – Gerwin Sturm
Ernő Rubik était professeur de design à Budapest quand il a conçu son cube en 1974. Il s’appelait Magic Cube à l’origine. Commercialisé sous le nom Rubik’s Cube à partir de 1980, il s’est vendu à plus de 400 millions d’exemplaires dans le monde depuis sa sortie. C’est l’un des objets les plus vendus de l’histoire, et il est hongrois. Peu de gens le savent, ce qui en fait un des souvenirs les plus originaux de Budapest avec une vraie histoire derrière.
On le trouve dans les magasins de jouets et les boutiques souvenirs du centre-ville, à partir de 8 à 10 €. Léger, incassable, bon cadeau pour des enfants comme pour des adultes amateurs de casse-tête. C’est souvent l’achat le plus simple à offrir une fois rentré.
Affiches, livres et objets graphiques : ce qui tient dans un sac

Crédit photo : Flickr – Alternative Budapest
Les affiches rétro de Budapest, trams, bains thermaux, architecture années 50, se trouvent dans les boutiques de musées et chez quelques librairies indépendantes. Évitez les reproductions plastifiées vendues à l’entrée des sites touristiques. La boutique Printa, dans le VIIème arrondissement (quartier juif), propose des sérigraphies locales contemporaines : affiches, tote bags, cartes postales illustrées par des artistes basés à Budapest.
Côté lecture, « Les Braises » de Sándor Márai constitue un excellent choix de cadeau littéraire. Ce roman sur l’amitié perdue et les non-dits dans la Hongrie austro-hongroise a été écarté du circuit officiel pendant toute la période soviétique. Márai avait choisi l’exil dès 1948 et était resté persona non grata jusqu’à sa mort en 1989. Disponible en français en poche. Tous ces objets, affiches roulées, livres, carnets, sont plats, légers, et passent sans discussion en bagage cabine.
Où acheter ses souvenirs à Budapest (et où ne pas perdre son temps)

Crédit photo : Flickr – Jorge Franganillo
Le Grand Marché Central (Nagyvásárcsarnok) est la bonne adresse pour le paprika, le salami, les condiments et le miel. Restez au rez-de-chaussée, l’étage s’adresse aux touristes pressés avec des prix en conséquence. Le marché est ouvert du lundi au samedi, fermé le dimanche. Pour les condiments courants, un supermarché local (Spar, ABC, Tesco) fait très bien l’affaire et coûte moins cher.
Pour la pálinka et les vins, passez par un caviste sérieux, Bortársaság en tête. S’agissant de l’artisanat hongrois authentique, Folkart Kézművesház est notre choix, pas la rue Váci. Les prix y sont élevés, la qualité médiocre, et la majorité des produits n’a rien de hongrois. L’aéroport reste un plan B acceptable pour le paprika et l’Unicum en duty-free, mais le choix est limité et les prix sont plus élevés qu’en ville.
Entre le paprika Szegedi, une bouteille de Tokaji aszú et une broderie Matyó achetée chez Folkart, vous repartez avec trois souvenirs typiques de Budapest qui ont un ancrage réel dans la culture hongroise.
