Nos meilleures idées d'activités dans le Parc national du Prince Albert
La randonnée jusqu'à la cabane de Grey Owl
Cette marche de 20 kilomètres (aller simple) traverse la forêt boréale jusqu'au lac Ajawaan, où Archibald Belaney – un Anglais qui se faisait passer pour un Indien – vécut ses dernières années sous le nom de Grey Owl. Son imposture révélée après sa mort n'a rien enlevé à son rôle pionnier dans la conservation canadienne. La cabane en rondins, préservée comme il l'a laissée en 1938, raconte cette histoire troublante et fascinante que vous pouvez compléter en consultant les
informations officielles du Parc national du Prince Albert.
Le sentier longe d'abord Kingsmere Lake avant de plonger dans cette forêt dense où le silence devient presque palpable. Partez à l'aube (le stationnement ouvre à 6h) pour croiser moins de monde et surprendre peut-être un orignal près des zones humides. Prévoyez huit heures aller-retour et de bonnes réserves d'eau – il n'y a aucun point de ravitaillement une fois lancé.
Le canot-camping sur le circuit Bagwa
La vraie essence du parc se découvre en pagayant plusieurs jours dans sa moitié nord, cette wilderness accessible uniquement par l'eau. Le circuit Bagwa (cinq jours, 80 kilomètres) traverse des lacs miroirs où vous serez parfois les seuls humains à des dizaines de kilomètres à la ronde. Chaque portage révèle une forêt boréale intacte où les loups laissent leurs traces dans la boue.
Les Cris utilisaient ces voies d'eau bien avant la création du parc en 1927. Leurs anciens campements jalonnent encore certaines rives, discrets rappels d'une présence millénaire. Les sites de camping rustiques n'offrent qu'un emplacement de tente et un cercle de pierres pour le feu – exactement ce qu'on vient chercher ici. Réservez avant mai pour les départs de juillet, la période où les moustiques faiblissent enfin.
Observer les bisons de Sturgeon River
Une trentaine de bisons des prairies – parmi les derniers descendants des troupeaux qui couvraient autrefois les Grandes Plaines – paissent librement dans cette zone protégée au sud du parc. Ces géants de 900 kilos incarnent la transition unique entre forêt boréale et prairie-parc qui caractérise le territoire. Leur réintroduction dans les années 1960 fut l'un des premiers projets de restauration d'espèces au Canada.
Les guides locaux (disponibles au Visitor Centre de Waskesiu) connaissent leurs zones de prédilection et expliquent les efforts de conservation en cours. Venez tôt le matin quand la lumière rasante sculpte leurs silhouettes massives dans la brume. Gardez au minimum 100 mètres de distance – ces animaux peuvent charger sans prévenir, surtout entre juillet et septembre durant le rut.
Le village historique de Waskesiu
Waskesiu demeure le seul townsite permanent à l'intérieur d'un parc national canadien, curiosité administrative née dans les années 1930 quand le gouvernement voulait encourager le tourisme. Ses chalets colorés et sa marina paisible respirent cette époque où l'on venait en train depuis Prince Albert (90 kilomètres au sud) pour fuir les chaleurs estivales des Prairies.
La rue principale conserve son allure rétro avec le Hawood Inn (ouvert depuis 1935) et ses boutiques d'artisanat cri. Le matin, le café local sert des banniques maison – ce pain traditionnel autochtone frit qu'on tartine de confiture de saskatoon, cette baie sauvage qui pousse partout dans le parc. C'est aussi votre point de départ logistique pour louer canots, kayaks ou vélos avant de rayonner dans le parc.
Le Boundary Bog Trail et ses plantes carnivores
Cette courte promenade d'un kilomètre sur passerelle de bois traverse une tourbière acide unique, vestige des dernières glaciations. Les sarracénies pourpres y déploient leurs urnes spectaculaires entre juin et août, piégeant les insectes pour compenser la pauvreté du sol en nutriments. On trouve aussi des droseras, ces minuscules plantes aux feuilles collantes scintillantes de rosée.
Les panneaux d'interprétation détaillent cet écosystème boréal fragile où cohabitent mousses sphaignes, mélèzes et orchidées sauvages. C'est l'introduction parfaite à la diversité du parc si vous n'avez qu'une journée – accessible, instructif, et pourtant spectaculaire dans sa singularité. Les photographes macro adorent ce sentier tôt le matin quand les gouttes de rosée perlent encore sur les feuilles carnivores.
Pagayer sur les Heart Lakes
Ces trois lacs connectés au nord-ouest du parc offrent un circuit en boucle idéal pour une journée de canot tranquille. Les rives boisées abritent une concentration remarquable de pygargues à tête blanche – on en compte parfois six ou sept simultanément, perchés sur les grands pins morts où ils scrutent l'eau à la recherche de poissons. Leur cri aigu, si différent du hurlement majestueux qu'Hollywood leur prête, résonne sur l'eau calme.
Les portages entre les lacs restent courts (300 mètres maximum) et bien entretenus, parfaits si vous initiez quelqu'un au canot-camping sans l'épuiser. Le lac du milieu possède deux sites de camping rustiques où passer la nuit amplifie l'expérience – entendre les huards lancer leurs appels fantomatiques sous les étoiles reste un souvenir qui vous marque longtemps.
Le ski de fond sur Freight Trail en hiver
Dès que la neige recouvre le parc (novembre à mars), une cinquantaine de kilomètres de pistes damées s'offrent aux skieurs dans le secteur de Waskesiu. Le Freight Trail, 15 kilomètres de boucle classique, suit une ancienne route d'exploitation forestière – le parc fut intensivement coupé jusqu'aux années 1920 avant sa protection. Le silence de la forêt enneigée n'est troublé que par le crissement de vos skis et le tambouronnement occasionnel d'un pic.
La lumière hivernale ici possède une qualité cristalline particulière, presque bleue à travers les épinettes chargées de neige. Le chalet de Waskesiu loue tout l'équipement nécessaire et entretient un refuge chauffé à mi-parcours où vous pourrez dégeler vos mains autour d'un thermos de chocolat chaud. Les températures descendent facilement à -30°C en janvier – habillez-vous en multicouches et couvrez toute peau exposée.
L'observation de la faune à Kingsmere Lake
Ce grand lac au cœur du parc concentre une biodiversité remarquable, particulièrement au lever du jour. Les orignaux viennent brouter les plantes aquatiques dans les baies peu profondes (surtout en juin-juillet), plongeant leur tête entière sous l'eau avant de ressortir, panaches ruisselants. Les cerfs de Virginie traversent parfois d'une rive à l'autre, et les balbuzards pêcheurs plongent en vrille spectaculaire pour harponner leurs proies.
Installez-vous discrètement près du quai nord avant 7h du matin avec des jumelles et de la patience. Les photographes animaliers viennent de tout le Saskatchewan pour ces conditions idéales – eau calme en miroir, lumière dorée, et animaux habitués à une présence humaine respectueuse. Gardez toujours 30 mètres minimum avec les orignaux, particulièrement les femelles avec leur veau qui peuvent se montrer agressives si elles se sentent menacées.
Le Treebeard Trail jusqu'au lac Namekus
Ce sentier de 8 kilomètres (aller-retour) grimpe progressivement vers le lac Namekus à travers une forêt mixte d'épinettes, de peupliers et de bouleaux centenaires. Le nom fait référence à ces arbres anciens aux formes tourmentées qui évoquent effectivement les créatures de Tolkien. Le lac final, petit et reculé, offre une solitude rare et de belles chances d'apercevoir des loutres de rivière joueuses.
C'est l'un des sentiers préférés des locaux précisément parce que les visiteurs pressés lui préfèrent Grey Owl ou les sentiers courts près de Waskesiu. La montée finale révèle un point de vue surprenant sur la canopée boréale s'étendant à perte de vue – ce paysage ondulant où la forêt dense laisse place çà et là à des prairies humides, cette fameuse transition écologique qui rend le parc unique au Canada.
La pêche sur Lavallee Lake
Ce lac isolé accessible par une piste de gravier cahoteuse (20 kilomètres depuis la route principale) attire les pêcheurs sérieux en quête de dorés jaunes et de grands brochets. L'effort d'accès garantit une pression de pêche légère et des eaux poissonneuses – les dorés de 60 centimètres ne sont pas rares en juin quand ils remontent vers les eaux peu profondes après le frai.
La mise à l'eau rustique accommode les petites embarcations à moteur, mais un simple canot suffit amplement pour explorer les baies productives. Assurez-vous d'avoir votre permis de pêche national (disponible en ligne ou à Waskesiu) et respectez les quotas – le parc pratique une gestion durable qui garantit cette qualité de pêche depuis des décennies. Les pygargues nichent dans les grands pins morts en bordure et vous surveillent pêcher, espérant récupérer vos déchets de poisson.
Le camping sauvage à Beaver Glen
Ce terrain de camping forestier de 150 emplacements sous les grands pins gris offre le confort moderne (douches chaudes, toilettes à chasse, eau potable) tout en préservant une vraie ambiance nature. Les écureuils roux vous réveillent avec leurs bavardages territoriaux à l'aube, et les geais gris viennent quémander au petit-déjeuner avec une audace déconcertante – ne les nourrissez jamais, ça déséquilibre leur régime naturel.
C'est votre camp de base idéal pour rayonner vers les sentiers et lacs du secteur sud. Les emplacements semi-ombragés garantissent une fraîcheur bienvenue durant les chaudes journées d'août (qui montent régulièrement à 28°C). Réservez au moins deux mois d'avance pour les week-ends de juillet – les familles de Regina et Saskatoon ont découvert ce spot depuis longtemps et reviennent religieusement chaque été, souvent aux mêmes emplacements qu'ils connaissent par cœur.