
Le Parc national des Calanques déploie 200 km de sentiers entre Marseille et La Ciotat, où les criques de calcaire blanc plongent dans une Méditerranée turquoise. Les itinéraires traversent garrigues odorantes et falaises vertigineuses, du GR98 littoral aux valons secrets de Sormiou et Morgiou. L’accès reste réglementé l’été pour prévenir les incendies (privilégier les départs avant 8h et consulter le préfet13.gouv.fr). Les calanques de Sugiton et Port-Miou offrent des panoramas saisissants accessibles en 2 heures de marche depuis les parkings de Luminy.
Le Parc national des Calanques, l’un des plus emblématiques sites naturels du Sud de la France, s’étire entre Marseille et Cassis sur une vingtaine de kilomètres. Ce territoire protégé combine falaises calcaires urgoniennes blanches, vallons arides, garrigue parfumée et criques turquoise parmi les plus réputées de Méditerranée. Les sentiers de randonnée y sont variés, mêlant itinéraires familiaux et parcours plus sportifs. Les 12 itinéraires suivants regroupent les chemins les plus emblématiques du parc, chacun marqué par ses paysages uniques, sa réglementation d’accès et ses conditions de marche spécifiques.
Cette randonnée démarre au Parking de Luminy, à l’entrée de l’Université, sur un large chemin balisé menant en 45 minutes environ jusqu’au belvédère dominant Sugiton. L’aller-retour mesure environ 4 km pour 150 m de dénivelé, constituant un des parcours les plus accessibles du massif (prévoir chaussures antidérapantes, les dalles calcaires étant particulièrement lisses). En été, l’accès est régulé via un système de réservation obligatoire sur Predict Services selon les niveaux de risque incendie.
Depuis le belvédère, la vue embrasse les îlots du Torpilleur et la calanque nichée entre falaises abruptes. En descendant jusqu’à la mer, l’itinéraire devient plus raide mais permet de rejoindre une zone de baignade prisée où l’eau transparente révèle les roches blanches du fond. Les pins d’Alep qui bordent le sentier témoignent de la fragilité de l’écosystème méditerranéen, régulièrement soumis au mistral et au risque d’incendie (massif fermé en juillet-août).
Le départ s’effectue depuis Luminy pour une randonnée de 5 km aller-retour et 180 m de dénivelé. Le sentier monte doucement jusqu’au Col de Morgiou, offrant une vue dégagée sur la mer et le petit port traditionnel aux barques colorées (minimum 1,5 L d’eau recommandé, zone très exposée). La route d’accès est fermée en été, obligeant à partir à pied depuis les parkings autorisés.
La descente vers le port dévoile les anciennes restanques où subsistent figuiers et oliviers enracinés dans les anfractuosités du calcaire. Morgiou perpétue l’atmosphère des cabanons marseillais, ces refuges de pêcheurs où l’on vient chercher la bouillabaisse et les oursins de saison. Les vestiges de carrières témoignent de l’exploitation ancienne de la pierre de Cassis. La baignade y est agréable, surtout en matinée quand l’ombre des falaises rafraîchit encore l’eau translucide.
L’itinéraire débute au Parking de la Presqu’île de Cassis pour une boucle d’environ 7 km et 350 m de dénivelé. Le sentier mène d’abord vers Port-Pin avant de remonter un pierrier raide et instable, typique des passages techniques du massif. Les balises rouges et blanches du GR guident la progression (départ à l’aube impératif en été, vallon étouffant dès 10h). Un passage exposé nécessite parfois l’usage des mains.
La calanque d’En-Vau apparaît soudain entre deux parois verticales, formant un véritable canyon naturel ouvrant sur une eau d’un bleu profond. Fréquentée par les kayakistes et les grimpeurs qui viennent défier ses voies mythiques, elle demeure néanmoins sauvage et impressionnante. Le site est également un espace de nidification pour le puffin cendré et l’aigle de Bonelli, espèces protégées du parc national. La baignade dans cette cathédrale minérale reste un moment inoubliable malgré la foule estivale.
Cette balade démarre au Parking de la Presqu’île de Cassis (ou mieux, en navette maritime depuis le port pour éviter les galères de stationnement). L’itinéraire mène en une vingtaine de minutes à Port-Pin, pour un total de 3 km aller-retour et 120 m de dénivelé. Ce parcours ombragé, prisé des familles, constitue une excellente initiation aux randonnées côtières des calanques.
Port-Pin doit son nom aux pins parasols qui semblent flotter au-dessus de l’eau turquoise. La petite plage permet une baignade calme dans un décor typiquement méditerranéen où le contraste entre les eaux claires et les strates rocheuses crée une ambiance apaisante. Au printemps, le romarin et le thym en fleur parfument intensément le sentier, offrant la meilleure saison pour profiter du site sans la foule estivale.
Le départ se situe au terminus des Goudes pour une randonnée de 6 km et 280 m de dénivelé. Le sentier longe d’abord une côte découpée avant de s’élever progressivement vers le vallon menant à Marseilleveyre (partir tôt, exposition plein sud). Les anciennes batteries militaires de la Seconde Guerre mondiale jalonnent le parcours, témoignant du passé stratégique de ces falaises surveillant l’entrée du port de Marseille.
L’arrivée révèle une calanque sauvage et préservée, bordée de galets blancs polis par les vagues. L’eau y est particulièrement transparente, variant du turquoise au bleu saphir selon la profondeur. Peu fréquentée comparée à Sormiou ou En-Vau, elle offre une tranquillité rare à seulement 20 minutes du centre de Marseille. Les bouquetins réintroduits dans le massif sont parfois observables sur les crêtes au lever du jour.
Le départ se situe au Parking de la Gardiole, sur la route de Carnoux, pour une randonnée de 8 km et 250 m de dénivelé. Les pistes forestières faciles à suivre, ponctuées de balises jaunes, traversent une garrigue basse où dominent cistes et euphorbes (l’ombre étant rare, emporter suffisamment d’eau). Cette approche permet de profiter des panoramas du massif sans difficultés techniques.
Au belvédère, un promontoire naturel surplombe En-Vau de plusieurs centaines de mètres. Le point de vue révèle la géométrie presque parfaite de la calanque et ses parois vertigineuses plongeant dans la mer. Les grimpeurs ressemblent à des fourmis sur les grandes voies calcaires. Les faucons pèlerins nichent dans ces falaises et leurs cris stridents résonnent dans le canyon. Pas de baignade depuis ce versant, mais un panorama exceptionnel pour comprendre la formation géologique de ce littoral karstique.
Ce grand classique du GR51 alterne passages côtiers et crêtes hautes sur près de 20 km pour 900 m de dénivelé positif. Départ recommandé depuis Callelongue à l’aube (prévoir logistique retour en bus ou taxi depuis Cassis). Le balisage rouge et blanc reste globalement bon, mais certaines portions plus techniques nécessitent vigilance, surtout par mistral violent qui peut déséquilibrer. L’absence totale de points d’eau impose d’emporter 3 litres minimum.
Le parcours traverse les principaux vallons, offrant des vues successives sur Sormiou, Morgiou et En-Vau. Le plateau de l’Homme Mort dévoile une végétation rase typique des zones calcaires exposées, royaume de l’astragale de Marseille et du limonium. L’arrivée à Cassis se fait par les hauteurs du village, avec une descente progressive vers les vignes qui produisent le vin blanc réputé de l’appellation. Une journée complète qui synthétise toute la diversité du parc national.
Le départ se fait depuis Luminy pour une boucle de 9 km et 500 m de dénivelé. Le sentier emprunte un vallon pierreux avant de traverser un réseau de failles calcaires où les mains deviennent nécessaires. L’exposition demande prudence, spécialement en cas de mistral fort qui souffle fréquemment sur ces hauteurs dégagées (éviter les jours de vent supérieur à 60 km/h).
Du sommet à 563 m, point culminant du Parc national des Calanques, la vue embrasse Marseille, les îles du Frioul, la chaîne de l’Estaque et les principales crêtes du massif. Le sol est parsemé de thym et de lavande maritime dont le parfum monte dans l’air chauffé. Par temps clair, on distingue la Sainte-Victoire chère à Cézanne et même les Alpes au loin. Une randonnée incontournable pour comprendre la géographie de ce territoire unique, seul parc national européen terrestre, marin et périurbain.
Le sentier démarre depuis Luminy pour une randonnée de 6 km et 200 m de dénivelé. L’itinéraire traverse un vallon ombragé par des pins, idéal même en été quand le reste du massif étouffe (départ tôt conseillé malgré l’ombre). Le terrain, parfois caillouteux, reste accessible à la majorité des marcheurs. Comme toujours, la route menant à Sormiou est fermée de juin à septembre.
L’arrivée sur la calanque dévoile un large arc de sable entouré de cabanons typiques où résonne encore l’accent marseillais des parties de pétanque dominicales. L’eau turquoise fait de Sormiou l’une des calanques les plus réputées pour la baignade. Les pêcheurs y posent encore leurs filets en soirée, perpétuant une tradition locale qui remonte aux temps où Marcel Pagnol immortalisait ces paysages. À proximité, la grotte Cosquer immergée, ornée de peintures préhistoriques, rappelle que la mer était 120 mètres plus bas il y a 20 000 ans.
Cette boucle classique démarre depuis Luminy pour environ 10 km et 400 m de dénivelé. Le sentier grimpe vers le Col de la Candelle, passage aérien offrant une vue plongeante sur Sugiton d’un côté et Morgiou de l’autre (exposition vertigineuse, déconseillé par grand vent). Les dalles calcaires nécessitent une attention constante, surtout à la descente.
La crête du Devenson prolonge l’itinéraire en balcon au-dessus de la mer, entre ciel et roches blanches. Les grimpeurs fréquentent assidûment ces falaises qui offrent des centaines de voies d’escalade mythiques. La géologie urgonienne, formée il y a 130 millions d’années, se lit dans les strates horizontales du calcaire. Le retour par le vallon de la Mounine traverse une zone plus sauvage où subsistent les traces des anciens charbonniers qui exploitaient le bois au XIXe siècle.
Le départ s’effectue depuis le Col de la Gineste pour une boucle de 8 km et 300 m de dénivelé. L’intérêt majeur réside dans la Fontaine de Voire, unique point d’eau permanent du massif, nichée dans une anfractuosité ombragée où persistent fougères et mousses (source parfois faible en été, ne pas compter dessus pour s’approvisionner). Les anciennes bergeries témoignent du pastoralisme qui façonnait jadis ces vallons.
Le vallon de la Mounine offre ensuite un parcours technique entre rochers et passages délicats, réservé aux randonneurs aguerris. Les bouquetins fréquentent régulièrement cette zone tranquille, loin des foules qui se concentrent sur les calanques littorales. Le mistral y canalise parfois avec violence, créant des rafales surprenantes. L’automne y est magnifique quand les arbousiers rougissent et que les températures redeviennent clémentes après la canicule estivale.
Cette randonnée exigeante démarre depuis Luminy pour une boucle de 11 km et 450 m de dénivelé. Le sentier escalade les crêtes de Morgiou par un pierrier instable avant d’atteindre des passages aériens dominant la calanque de plus de 300 mètres (vertige assuré, progression lente nécessaire). Les câbles installés sur certains passages exposés facilitent la progression mais ne dispensent pas de vigilance.
Les panoramas depuis ces crêtes comptent parmi les plus spectaculaires du massif, embrassant simultanément plusieurs calanques dans un paysage minéral et vertical. Les grimpeurs évoluent souvent dans les parois en contrebas, rappelant que ce territoire est autant le domaine de l’escalade que de la randonnée. La descente par le versant opposé traverse des zones où nichent les goélands leucophées, espèce méditerranéenne qui colonise bruyamment les falaises. Le retour vers Luminy longe des restanques envahies par la végétation, vestiges des cultures d’oliviers abandonnées au début du XXe siècle.