
Découvrez avec Generation Voyage les meilleures idées d’activités et de sorties à Koh Lipe, idéal pour un week-end, un voyage en couple ou des moments en famille. Entre plages turquoise, visites incontournables et expériences autour de l’île, profitez d’un concentré d’évasion au cœur de l’une des perles thaïlandaises.
Le parc national de Tarutao protège l’un des derniers sanctuaires marins de la mer d’Andaman. Autour de Koh Rawi et Koh Adang, les récifs abritent encore des poissons-perroquets géants, des bénitiers centenaires et des bancs de fusiliers qui tourbillonnent comme des nuages argentés. Les clubs de plongée de l’île organisent des sorties quotidiennes vers ces sites où la visibilité dépasse souvent les 20 mètres (privilégiez les départs matinaux entre novembre et avril, quand la mer est d’huile).
Cette richesse sous-marine reste fragile : le tourisme massif a déjà détruit près de 40% des coraux proches de Koh Lipe en vingt ans. Les opérateurs sérieux comme Forra Dive ou Castaway Divers sensibilisent désormais les plongeurs aux bonnes pratiques. Flotter au-dessus de ces jardins coralliens rappelle ce que l’île était il y a trois décennies, quand seuls les Chao Lay naviguaient dans ces eaux.
Sunrise Beach reste le spot de snorkeling le plus accessible de Koh Lipe, directement depuis le sable. À une dizaine de mètres du rivage, quelques formations coralliennes résistent encore et attirent poissons-papillons, demoiselles et parfois des tortues vertes venue
brouter les algues. L’eau transparente permet d’observer ce ballet même avec un simple masque de location (évitez les heures de marée basse où les coraux affleurent dangereusement).
Ce qui frappe ici, c’est le contraste entre beauté et fragilité. Les zones mortes se mêlent aux coraux vivants, témoignage visible de la pression touristique. Les anciens de l’île racontent qu’il y a quarante ans, toute la baie n’était qu’un jardin corallien continu. Aujourd’hui, snorkeler à Sunrise Beach devient aussi un acte de conscience : observer ce qui reste pour mieux comprendre ce qui disparaît.
Depuis la plage principale de Koh Adang (accessible en longtail depuis Pattaya Beach en 15 minutes), un sentier s’enfonce dans la jungle dense du parc national. La montée vers le viewpoint prend une bonne quarantaine de minutes à travers une forêt où nichent encore des calaos et où les varans traversent parfois le chemin. Au sommet, Koh Lipe se dévoile entièrement : Sunrise Beach à l’est, Pattaya Beach au centre, Sunset Beach à l’ouest.
Ce panorama rappelle brutalement combien l’île s’est transformée. Les anciens Chao Lay qui accompagnaient parfois les premiers voyageurs dans les années 90 montraient du doigt une île quasi vierge, juste quelques cabanes de pêcheurs. Aujourd’hui, la densité des constructions saute aux yeux depuis ce belvédère. Pensez à partir tôt le matin avec suffisamment d’eau, et attention après la pluie : la latérite devient glissante comme du savon.
Louer un kayak à Sunrise Beach (environ 200 bahts les deux heures) permet de rejoindre Koh Usen, petit îlot rocheux flottant à quelques centaines de mètres. La traversée facile convient même aux familles, et l’eau si transparente laisse apercevoir le fond sableux pendant toute la navigation. En contournant l’îlot, vous croisez parfois des bancs de carangues ou des raies pastenagues glissant près de la surface.
Cette activité reste l’une des rares à Koh Lipe qui n’a pas changé depuis trente ans. Les Chao Lay pagayaient déjà vers ces îlots dans leurs pirogues traditionnelles pour pêcher ou ramasser des coquillages. Le matin offre les meilleures conditions, avant que le vent de mer ne se lève en fin de matinée. Restez dans les zones peu profondes si vous débutez, et méfiez-vous du trafic de longtails près des plages principales.
Sunset Beach justifie pleinement son nom : chaque soir, le soleil plonge derrière les silhouettes montagneuses de Koh Adang dans un dégradé d’orange, de rose et de violet qui embrase tout le ciel. Contrairement à Pattaya Beach surpeuplée et illuminée, ici l’ambiance reste plus calme, presque méditative. Quelques bars en bambou proposent des jus de fruits frais, mais le mieux reste de s’installer au nord de la plage, côté rochers, où les longtails ancrés créent des silhouettes graphiques sur l’eau.
Les photographes adorent ce spot, surtout entre janvier et mars quand l’air sec intensifie les couleurs. Les anciens Chao Lay racontaient qu’autrefois, ils synchronisaient leurs retours de pêche sur ces couchers de soleil pour naviguer à vue vers la plage. Aujourd’hui, touristes et locaux se mêlent dans ce rituel quotidien, l’un des rares moments où Koh Lipe retrouve un semblant de quiétude.
Koh Tarutao, l’île principale du parc national située à une heure de longtail, reste étonnamment préservée malgré son histoire mouvementée. Entre 1939 et 1948, la Thaïlande y déporta prisonniers politiques et criminels dans des conditions épouvantables. Les ruines de la prison se visitent encore aujourd’hui, envahies par la jungle, témoignage fantomatique d’une époque où gardiens et prisonniers, abandonnés pendant la Seconde Guerre mondiale, survécurent en devenant pirates.
Cette excursion d’une journée complète offre un contrepoint saisissant à Koh Lipe : jungle primaire, plages désertes, crocodiles d’eau douce dans les mangroves. Quelques bungalows sommaires permettent même d’y passer la nuit pour les aventuriers (réservation obligatoire au bureau du parc). Les opérateurs organisent des tours combinant snorkeling et visite historique, une manière de comprendre que le paradis touristique de Koh Lipe n’existe que depuis trois décennies à peine.
Koh Hin Ngam fascine par sa plage entièrement recouverte de galets noirs polis par les vagues, phénomène géologique rare dans la région. Les Chao Lay considéraient cette île comme sacrée et racontaient que quiconque emportait une pierre serait maudit : la plage est aujourd’hui couverte de cailloux que des touristes repentis ont renvoyés par la poste après avoir connu des malheurs. Ces pierres accompagnées de lettres d’excuse s’empilent au bureau du parc national.
L’île se visite lors des excursions combinées dans le parc de Tarutao. Au-delà de la légende, le snorkeling y est exceptionnel : les eaux profondes attirent parfois des raies mantas entre février et avril. Les longtails accostent généralement une heure, le temps d’explorer la plage et de nager dans les eaux turquoise. Ne cédez pas à la tentation de ramener un galet : la superstition reste ancrée, et les rangers surveillent attentivement.
Le longtail boat reste l’emblème des mers thaïlandaises, et Koh Lipe en regorge. Ces longues pirogues équipées de moteurs de camion recyclés assurent toutes les liaisons : vers Koh Adang, entre les plages de Koh Lipe (30 bahts le trajet), ou pour les excursions dans le parc. Le rugissement caractéristique de leur moteur et la gerbe d’écume blanche font partie intégrante de l’atmosphère de l’île.
Les Chao Lay ont adapté leurs pirogues traditionnelles à ce système ingénieux il y a plusieurs décennies, créant ainsi leur principale source de revenus face à la raréfaction du poisson. Aujourd’hui, la plupart des opérateurs de longtails descendent directement de ces familles de marins. Négocier une excursion privée en longtail (autour de 1500 bahts la journée) permet de découvrir les spots moins fréquentés qu’ils connaissent depuis l’enfance, et d’échanger quelques mots sur la transformation radicale de leur île.
Au sud de Pattaya Beach, en retrait des hôtels, subsiste le village Chao Lay, cœur historique de Koh Lipe. Ces « gitans de la mer » Urak Lawoi peuplaient l’archipel bien avant que la Thaïlande ne revendique ces îles. Semi-nomades, ils vivaient de pêche et de cueillette marine, changeant d’île selon les saisons. Aujourd’hui sédentarisés, ils jonglent entre traditions ancestrales et économie touristique qui a bouleversé leur mode de vie en deux décennies.
Se promener dans ce quartier révèle une autre réalité de Koh Lipe : maisons sur pilotis, filets qui sèchent au soleil, dialecte particulier mêlant malais et thaï. Quelques familles proposent encore du poisson séché traditionnel ou des fruits de mer grillés selon les recettes Chao Lay. Observer respectueusement ce quotidien permet de comprendre que l’île ne se résume pas à ses plages Instagram : elle reste le territoire d’un peuple dont l’identité se dilue progressivement dans le flot touristique.
Stonehenge doit son nom à ses piliers rocheux dressés entre 8 et 25 mètres de profondeur, cathédrale sous-marine où évoluent bancs de barracudas et forêts de coraux-lilas. Les plongeurs intermédiaires comme confirmés y vivent des moments intenses, notamment au lever du soleil quand la lumière traverse la surface en rideaux dorés. Ce site emblématique de Koh Lipe justifie à lui seul le détour pour les amateurs de plongée bouteille.
Les clubs comme Forra Dive et Adang Sea Divers y organisent des sorties quotidiennes (réservation conseillée en haute saison, de décembre à mars). Le briefing sécurité est systématique : les courants peuvent surprendre près des formations rocheuses. Descendre entre ces piliers rappelle que la nature sculpte sous l’eau des paysages aussi monumentaux qu’à la surface, œuvres de millénaires que le réchauffement climatique menace désormais aussi sûrement que le sur-tourisme.
Koh Lipe s’est tellement développée que la pollution lumineuse noie désormais le ciel au-dessus de Pattaya Beach et du centre. Mais en remontant vers l’extrémité nord de Sunset Beach, là où les constructions se raréfient, la Voie lactée réapparaît les nuits sans lune. Les constellations tropicales scintillent avec une intensité oubliée en Europe, et le bruit des vagues remplace les basses des beach bars.
Les Chao Lay naviguaient autrefois en se guidant aux étoiles, connaissance transmise de génération en génération avant que le GPS ne rende ces savoirs obsolètes. Quelques anciens savent encore lire le ciel, mais leurs petits-enfants travaillent désormais dans les resorts. S’allonger sur le sable avec une serviette et laisser ses yeux s’habituer à l’obscurité une dizaine de minutes suffit : le spectacle céleste rappelle qu’au-delà du béton et du tourisme de masse, l’île reste un point minuscule sous l’immensité cosmique.
Le stand up paddle s’est imposé à Koh Lipe ces dernières années comme activité matinale prisée. Sunrise Beach offre les meilleures conditions : mer d’huile avant 9h, eau transparente permettant d’observer coraux et poissons depuis la planche. La sensation de glisser en silence au-dessus des fonds marins procure une perspective unique, entre snorkeling et bateau, suspendu entre deux mondes.
Les loueurs jalonnent la plage (environ 300 bahts l’heure), et les débutants s’en sortent facilement dans ces eaux protégées. Gardez votre équilibre en fixant l’horizon plutôt que vos pieds, restez dans les zones balisées pour éviter les longtails, et portez impérativement un t-shirt anti-UV : le soleil tape durement même le matin. Les Chao Lay observent parfois ces touristes en équilibre précaire avec un sourire amusé, eux qui pagayent debout dans leurs pirogues depuis l’enfance.
Au-delà des restaurants internationaux de Walking Street qui servent une cuisine thaïe standardisée pour touristes, quelques gargotes tenues par des familles Chao Lay perpétuent les recettes traditionnelles. Poisson séché au soleil, calamars grillés marinés au tamarin, soupes de fruits de mer relevées au piment oiseau : ces plats racontent une culture de la mer et de la frugalité, où rien ne se perd. Les locaux connaissent ces adresses qu’aucun guide ne référence.
Ces établissements modestes, souvent sans nom officiel, se reconnaissent à leurs tables en plastique et leur carte manuscrite en thaï. Pointer du doigt ce que mangent les voisins fonctionne généralement bien. L’approvisionnement compliqué (tout arrive par bateau de Pak Bara) explique pourquoi certains ingrédients manquent parfois. Mais partager un repas dans ces lieux authentiques connecte davantage à l’âme de Koh Lipe qu’une semaine dans un resort tout-inclus : vous goûtez littéralement à l’histoire d’un peuple.
Koh Lipe possède une particularité unique : aucune route goudronnée ne défigure l’île. Tous les déplacements se font à pied sur des chemins de sable et de corail concassé qui serpentent entre les trois plages principales. Walking Street, artère commerçante centrale, reste interdite aux véhicules motorisés (sauf quelques scooters clandestins qui slaloment entre les piétons malgré l’interdiction théorique). Cette contrainte géographique préserve une échelle humaine malgré le sur-développement.
Marcher de Pattaya Beach à Sunrise Beach prend quinze minutes, vers Sunset Beach vingt minutes. Les locaux effectuent ces trajets pieds nus quotidiennement, comme leurs ancêtres depuis toujours. Attention cependant : le sable corallien chauffe terriblement en milieu de journée, et certains passages rocailleux punissent les plantes de pieds européennes trop sensibles. Cette obligation de ralentir, de marcher, crée paradoxalement l’un des derniers charmes de Koh Lipe face à la modernisation galopante.